Policier & Thriller

  • D'un côté Claire, sympathisante des milieux nationalistes basques ; de l'autre, Ygal, agent du Mossad.

    La description des relations entre Claire et Ygal joue sur les correspondances, comme un jeu de miroirs qui oscille entre sensualité et onirisme.

    Ygal surgit dans la vie de la jeune femme. Il est là en mission, doit la séduire. Rien n'est plus fragile que la faculté de Claire d'admettre la réalité et elle ne tardera pas à être saisie par la passion amoureuse.

    Et puis tout semble limpide, tandis que la petite histoire rencontre la grande, de l'Espagne à la France et Israël en passant par la Crète : les identités sont claires, les rôles établis, les vérités vraies.

    Sauf que le réel est double et que, jusqu'au dernier instant, dans ce livre à mi-chemin entre le polar et les fragments d'un discours amoureux avec, en arrière-plan, l'Histoire - celle notamment des Juifs du pays Basque - toujours le même renversement : ce que nous tenions depuis le début pour objectif devient, au fur et à mesure, factice.

    Qui est Claire ? Sa naissance ne relègue-t-elle pas, en filigrane, une situation plus étrange que sa vie ordinaire pourrait le laisser penser ?

    Jusqu'à la dernière page, nous sommes pris par cette palpitante intrigue, à la recherche de la pièce manquante d'un puzzle éclaté, jusqu'au moment de l'aube où surgit la clarté.

  • Bon à tirer

    Jean Bellaïche

    Bon à tirer est un quartet de personnages funestes, auquel se joint, au dernier acte du drame, un ange de la mort, incarné dans le corps juvénile d'un auto-stoppeur italien.
    Personnage qui n'est pas sans rappeler celui, mystérieux et d'une étrange beauté, qui s'immisce dans une riche famille milanaise et entretient des rapports sexuels avec chaque membre de la famille, changeant radicalement la vie de chacun, dans Théorème de Pasolini. Bon à tirer n'est ni un polar ni un roman noir selon la définition classique du genre. Le ressort dramatique de Bon à tirer délaisse le récit rationnel et organisé d'une enquête policière au profit de l'élégance du style et d'une minutieuse et virtuose investigation psychologique des personnages.
    Les circonstances du crime se dévoilent à travers les tensions et les rapports de force sentimentaux entre les protagonistes. La description implacable de la cruauté des rapports interpersonnels et sociaux dans les hautes sphères du pouvoir a rarement atteint ce degré de maestria. La mise à nu de l'hypocrisie et du cynisme de la bonne société annonce par son attachement à un formalisme timoré et trompeur, l'arrivée de la tyrannie du « politiquement correct ».
    Lorsqu'un coup de feu retentit dans une luxueuse villa du Cap Ferrat, l'écran de la bienséance se brise.

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