Corti

  • Voici rééditée pour la 4 ème fois cette seule édition intégrale com- mentée de l'ensemble des 201 contes des frères Grimm auxquels sont joints les 28 textes qu'ils ont supprimés dans la dernière mouture de leur recueil, et 10 légendes pour les enfants.
    Nous l'avons cette fois réédité en 1 volume de 1175 pages.
    Extrait de la presse unanime et élogieuse à la sortie du livre en 2009.
    Enfin paraît en France la première édition intégrale des 239 contes collectés par les frères Grimm, y compris les censurés, y compris les retranchés. Cette édition est indis- pensable à tous ceux qui aiment les livres. (...) Il y a au fond du conte, continuant de rêver, en état de rébellion à l'état pur, en état de splendeur à l'état pur, un jadis animal aussi intraitable que l'enfant incorrigible.
    Pascal Quignard, Le Monde des livres Les contes des Grimm doivent leur magie à la souffrance qui les fixe et la liberté qui les porte. (...) La plupart des auteurs feraient de cet enfer des machines moralistes, des manuels édifiants, ou, pire encore, des romans psychologiques. Ici, rien de tel. Lire est un acte libre.
    L'imagination est l'action : elle va vite, comme une vie courte réduite à l'essentiel.
    Philippe Lançon, Libération Classées au patrimoine mondial de l'Unesco, les 239 histoires recueillies par les frères Grimm, « vivent encore aujourd'hui », comme on dit de leurs héros.
    Cette nouvelle traduction leur rend fraîcheur et rugosité.
    Isabelle Rüf, Le temps Soit donc deux beaux volumes, copieusement annotés et soigneusement illustrés (...). Postface, notes copieuses, index précis : l'appareil critique est sans faille, mais jamais pesant - libre au lecteur de choisir de l'oublier ou d'en faire son miel.
    Nathalie Crom, Télérama

  • La collecte réalisée par Stith Thompson demeure indépassable pour plusieurs raisons. Il a eu accès aux meilleures sources anciennes. Les premières collectes commencent dès 1633 avec les Jésuites et, en les comparant avec des versions plus récentes, Thompson a pu vérifier que leur forme avait été très peu altérée, surtout pour les contes de Création, et retenir des contes ancestraux. Il a pu aussi profiter des vagues successives de collectes : une seconde entreprise de collecte commence en effet dans la seconde moitié du XIXe siècle. Elle a le mérite d'être massive mais a souvent le défaut de ne pas toujours coller au style du conteur d'origine et de ne pas prendre assez en compte les variantes. Sous l'influence de Franz Boas, les collectes deviendront plus scientifiques et plus systématiques, couvrant l'ensemble du continent nord-américain.
    Aucun peuple primitif n'aura gardé autant la trace de ses mythes, contes et légendes, étant entendu qu'il est impossible et vain scientifiquement de vouloir en entreprendre le classement de ce point de vue. Disposant donc d'un corpus immense (issu de rapports, de journaux, de publications antérieures ou récentes des sociétés savantes, des collectes antérieures), Stith Thompson, déjà célèbre pour la classification de tous les contes européens avec Anti Aarne, qui est encore la " bible " de tous ceux qui s'intéressent aux contes (avec la célèbre numérotation AT qui figure dans The Types of Folk-tales : a classification and bibliography, Helsinki, 1961), va tenter avec cette anthologie de choisir à la fois les contes les meilleurs et les plus représentatifs des différentes tribus en couvrant la totalité des régions d'Amérique du Nord et d'organiser l'ensemble en neuf chapitres mettant ainsi en relief tous les types de contes, tout en ayant conscience que les contes peuvent déborder les principes de classification et qu'ils pourraient parfois être intégrés à des chapitres différents. Par rapport à toutes les collectes existantes actuellement, plus d'une cinquantaine, dont certaines récentes, celle de Stith Thompson reste incomparable, d'autant que les annexes permettent de relier chaque conte à son origine géographique, à sa tribu comme aux motifs qu'il contient.
    Même si nous devons être conscients que lors du passage de l'oral à l'écrit, de la langue tribale d'origine à l'anglais, nous avons sûrement perdu quelque chose, le trésor rassemblé par Thompson n'en reste pas moins un trésor qui sans son travail aurait disparu (les collectes ou les tentatives de mises à l'écrit les plus récentes auprès de certaines tribus sont souvent décevantes, comme si, comme en Europe, quelque chose avait été définitivement perdu au XXe siècle).

  • Chants maoris ou altaïques, cérémonies indiennes, épopées et louanges d'Afrique, hymnes d'Égypte ou du Pérou, cosmogonies d'Asie centrale, du pays Dogon, d'Australie, légendes d'Irlande et de Chine, inscriptions sumériennes, rites de possession, définitions aztèques, " poèmes en prose " esquimaux... Les Techniciens du sacré présentent tout d'abord un corpus exemplaire de textes " traditionnels ", de toutes provenances géographiques et temporelles. Mais loin de s'en tenir à une approche strictement documentaire, Jerome Rothenberg a composé son ouvrage comme une anthologie active inscrite dans le présent, développant au fil de nombreux commentaires un singulier parallèle entre ces textes immémoriaux et la poésie du XXe siècle. Selon lui, les diverses révolutions modernes ont en effet replacé les créateurs (et singulièrement les poètes) dans une posture qui n'est pas sans équivalent - au moins a titre analogique - avec celle des chanteurs, chamans ou devins des sociétés dites sans écriture ", en leur confiant le soin d'arpenter les domaines que recouvre la part obscure du langage : le rêve, les visions, la parole des morts... Composé au beau milieu de la grande tornade utopique et rebelle des années 1960, ce livre a eu outre-Atlantique une influence notable sur la poésie de son temps. La version qu'en propose Yves di Manno rouvre aujourd'hui ce débat- dans le contexte français.

  • Dans la version de Perrault, lorsque le petit Poucet et ses frères arrivent à la maison éclairée, de l'autre côté de la forêt, la femme qui les accueille leur dit que c'est « la maison d'un ogre qui mange les petits enfants ». Le Poucet répond que de toute façon ce sont les loups de la forêt qui les mangeront : « Et cela étant, nous aimons mieux que ce soit Monsieur qui nous mange ». Même en faisant la part de l'humour noir qui rend les contes de Perrault si délicieux pour les adultes, on peut se poser la question : en quoi est-il préférable d'être mangé par l'ogre plutôt que par le loup ?
    On a tendance à croire que les ogres sont comme les loups, qu'ils dévorent les petits enfants tout crus et sans pain. Or, contrairement à ce stéréotype tenace, l'ogre des contes est un être de culture, qui connaît le feu, mange des nourritures cuisinées, et a des manières de table. Mais c'est justement cette part d'humanité qui le perdra : assez socialisé pour être dans le circuit de la communication, il ne l'est cependant pas assez pour la maîtriser, de sorte qu'il se fait duper par l'enfant malin. Le parleur est toujours plus fort que le mangeur.
    Martine Courtois, à partir d'un corpus généreux, plus d'une vingtaine de contes, montre que la figure de l'ogre est beaucoup plus riche et complexe qu'on ne le croit généralement.

  • Heinrich von Wlislocki (1856-1907) est le premier à s'être consacré à l'étude des Tziganes, le premier à avoir accompagné une tribu dans ses voyages, de la Transylvanie au Banat (Hongrie), et à avoir recueilli ses contes, pratiquant avant la lettre l'ethnologie participative à une époque où le folklore tzigane de Transylvanie était à son apogée. Sa collecte comporte, comme toutes celles de cette époque de pionniers, des contes et des légendes, mais si certains rappellent les contes types d'Antti Aarne, il est rare qu'ils y correspondent. Les motifs qui s'y rencontrent sont inhabituels et souvent non répertoriés par les index internationaux. Une des principales caractéristiques de la collecte de Wlislocki est de s'adosser à des croyances : aux esprits élémentaires, à l'au-delà et à des rituels. Les êtres surnaturels forment les vestiges d'une mythologie tzigane : les éléments sont personnifiés et les astres (soleil et lune), appelés « rois », sont mis en scène. Parmi les créatures fantastiques, se rencontrent le mashurdalo, le phuvush, le locholitscho, les hommes-chiens, des êtres mi-homme, mi-poisson, des hommes à plusieurs têtes... Wliskocki a aussi souligné le trait marquant de l'âme tzigane : la compréhension de la nature et de ses changements, ainsi que l'amour qu'elle lui porte. » Heinrich von Wlislocki a rassemblé un trésor narratif très original et largement méconnu, surtout en France, qui, sans lui, eût été perdu pour toujours.

  • E.E. Cummings a lui-même défini la poésie comme ce qui ne peut être traduit. Entendons : le poème est la parole absolument singulière qui, d'un même mouvement, dynamite - et dynamise aussi - la langue pour inventer la sienne dans le refus de tout ce qui est commun, ou qui relève, disait avant lui Mallarmé, de l'universel reportage. Comme une lettre d'amour, le poème n'a pas de public, il n'a pour destinataire, si nombreux qu'ils puissent être, que des lecteurs singuliers, visés chacun dans ce qui le différencie, dans son être unique, dans ce qui, de lui, demeure farouchement et irréductiblement rebelle à toute négation et dissolution de soi dans une pseudo-identité sociale ou collective, mortifère par essence, si l'on ose dire ; mortifère dans le refus de la condition de mortel qui la sous-tend. En chaque lecteur le poème s'adresse au poète et au vivant mortel qu'il est aussi, à l'amoureux, au fou, à l'enfant, à l'idiot qu'il demeure. Et par là, par un paradoxe qui n'est qu'apparent, la singularité du poème rejoint une authentique universalité humaine, quand tous les " -ismes " n'offrent que des leurres. Même si Cummings a poussé son allergie à tous les communautarismes jusqu'à un aveuglement consternant, et que rien ne saurait justifier, il faut arrêter de penser ce qui distingue comme ce qui sépare et l'hermétisme comme une clôture : il n'y a pour penser de la sorte que les totalitaires, partisans d'un nivellement par le bas, à leur profit ; et si la poésie de Cummings a pu paraître en son temps d'avant-garde, elle ne résiste au temps que parce qu'elle est fermement ancrée, sans nul traditionalisme, dans cette tradition qui remonte à la plus haute antiquité, celle d'Orphée, éveillant tous les sens et animant toute la création par la vertu de son chant.
    Je me suis donc, après d'autres, confronté à l'intraduisible - y compris sans doute en anglo-américain - du poème-et-de-la-langue-Cummings ; entreprise dont tous s'accordent à juger qu'elle est folle (et désespérée), mais précisément en ceci qu'elle pousse à l'extrême le paradoxe de l'essence même de la traduction, qui est que seul ce qui ne peut être traduit mérite finalement de l'être. Tout autre tentative de justification serait inutile, pour ne pas dire indécente.

  • Blanche-Neige est l'un des écrits décisifs de cet écrivain suisse (né en 1878 à Bienne et mort en 1956 près de l'établissement psychiatrique d'Herisau), comme le souligne Walter Benjamin, dès 1929 :
    « (.) Blanche-Neige, l'une des oeuvres les plus profondément significatives de la poésie récente. Elle suffit à elle seule à faire comprendre pourquoi cet écrivain, apparemment le plus fantaisiste de tous, fut un auteur de prédilection pour l'inflexible Kafka. » « Cendrillon et Blanche-Neige, écrit l'auteur à l'éditeur Ernst Rowoht, sont entièrement Poésie.Elles visent le style et la beauté ; l'essentiel dans ce cas est le plaisir qu'on prend au livre. Elles sont accordées pour la parole et la langue, pour la mesure et le plaisir du rythme. » Mais alors, que reste-t-il du conte éponyme ?
    « C'est un mensonge noir et fou, dur à entendre, bon à faire peur aux enfants. Va-t'en mensonge ! » répond Blanche-Neige.
    Soit, mais pas seulement, car la Blanche-Neige des Grimm sert de prologue implicite à cette oeuvre poétique-dramatique où tout se joue une fois « qu'ils furent heureux » entre une Belle-mère équivoque et bien vivante, un chasseur viril et un prince fuyant.

    [Indépendamment d'une chronologie de la vie de Robert Walser sont données en lectures subsidiaires dans le dossier complémentaire, établi par Fabienne Raphoz-Fillaudeau, quatre variantes du conte (bretonne, celte, roumaine et espagnole]

  • Comme pour certains grands créateurs, un média ne suffit pas à Kubin : d'une main, il dessine, de l'autre, il écrit ; "il n'est que trop malaisé de déterminer qui influe sur l'autre, c'est la même main qui écrit et dessine". Son seul roman, L'Autre côté, qu'Herman Hesse, déjà, considérait comme un livre majeur, est devenu, depuis sa parution, en 1909, une des oeuvres-clés de la littérature dite moderne. L'Autre Côté a influencé Kafka, Jünger et les surréalistes, de même que le groupe du Cavalier Bleu auquel Alfred Kubin appartenait. Comme la plupart des livres qui comptent, L'Autre Côté, son Empire du rêve - tel un avatar angoissant des confins - ne se résume pas. Théâtre de fantasmagories échevelées, de métamorphoses hallucinées et de décompositions de toutes sortes, L'Autre Côté de Kubin est le contrepoint même du rêve. Tout est rêve tant que tout demeure en deçà des frontières de l'Empire éponyme : le voyage, la quête, la lumière ; au-delà c'est-à-dire au-dedans, le cauchemar éveillé : ciel lourd, resserrement, prémonition jusqu'à la lente dégradation mortifère. Voici donc une parodie de l'utopie, du voyage extraordinaire, et du Merveilleux ! Depuis l'édition de Pauvert, de 1964, ce livre manquait.
    Contenu du Dossier Complémentaire :
    - « Quelques souvenirs de ma vie », autobiographie subjective d'Alfred Kubin ;
    - Une lecture du libraire Laurent Évrard ;
    - Une chronologie de l'auteur.

  • La première grande collecte de contes islandais date de 1862-64.
    Jon Arnason réunit deux volumes qui feront désormais autorité en Islande, à l'instar des Kinder and Haus-Märcbert des Grimm en Allemagne. Son travail fut considérable, tant en amont (collecte, tri, etc.) qu'en aval (relecture, uniformisation, etc.). Sans que la notion de typologie des contes soit encore d'actualité, il a déjà quelques idées de regroupement par thème, de " classification ". Il compose ses recueils en dix parties : les mythes (comprenant les fameuses histoires d'Elfes, de Trolls et de géants), les histoires de fantôme, de magie, d'animaux, les récits religieux, les histoires de proscrits, les contes merveilleux proprement dits, etc.
    Il est également un peu intervenu dans les textes, simplifiant les passages obscurs, corrigeant les fautes de grammaire et les maladresses, supprimant les particularités propres à chaque conteur et, se conformant aux voeux des Islandais instruits de son époque, faisant disparaître toute influence étrangère dans la langue. Quant au style proprement dit, Jon Arnason chercha à l'uniformiser, à le rendre proche de la langue quotidienne des gens du peuple, tout en lui gardant un certain raffinement.
    Ce faisant, il créa ce qu'on pourrait appeler le style du conte populaire islandais : en réalité un style littéraire, qui allait exercer une grande influence sur ses successeurs. Parmi ce vaste ensemble, Jean Renaud - à qui la collection Merveilleux doit déjà la belle collecte danoise de Kristensen - et Asdis Magnusdottir - professeure de littérature médiévale à Reykjavik - ont choisi les plus représentatifs, tant par leur étrangeté singulière propre à l'Islande - cette touche nordique si particulière qu'on retrouve dans les sagas et jusque dans la littérature contemporaine - que par leur beauté.

  • À l'âge d'or du collectage, qui suivit la parution des Contes de l'enfance et du foyer, tous les amoureux des traditions populaires formaient un réseau centré autour des Grimm.
    Le corpus des deux frères Zingerle fut recueilli soit directement de la bouche des gens du peuple, soit grâce à des correspondants à partir de 1851.
    Ils pressentaient qu'ils devaient aller vite car, comme l'avait annoncé George Sand, le « progrès » menaçait les traditions populaires : « Encore un ou deux ans peut-être, et les chemins de fer passeront leur niveau sur nos vallées pro- fondes, emportant avec la rapidité de la foudre nos antiques traditions et nos merveilleuses légendes. » Leur collecte concerne le Tyrol autrichien et italien, les héros ne sont pas toujours sympathiques, la vertu n'est pas toujours récompensée, la société dépeinte est essentiellement rurale, les caractères sont typés et la palette est large, le milieu naturel est essentiellement la montagne. C'est grâce à tous ces facteurs que ce nouveau recueil (les 48 contes les plus remarquables sont ici retenus) est un complément bienvenu aux autres grandes collectes de langue allemande.

  • C'est dans sa Podolie natale, à Vinnitsa et dans les shtetls alentour, véritables mines d'or du folklore juif, que cet ethnologue avait commencé sa collecte de contes, poursuivie ensuite à Kiev, à Leningrad, en évacuation et dans les
    camps. On trouve parmi ses informateurs les gens les plus divers : des enfants et des adultes, des habitants des villes et des campagnes, des femmes au foyer et des ingénieurs, des professeurs, des cordonniers, des tailleurs, des instituteurs, le rabbin Arn Prouss, Moïsseï Belenki, spécialiste en « athéisme scientifique », et même un truand. La particularité du recueil de Raïzé tient aussi au fait qu'il y avait parmi ses informateurs de nombreux écrivains, dont quelques-uns des plus grands poètes juifs : David Hofstein, Haïm Lenski, Hersh Ochérovitch, Shmouel Halkine.
    Le manuscrit original en yiddish de cet énorme travail ayant malheureusement disparu, il n'en reste « que » la version russe.
    Ces contes sont publiés avec des commentaires abondants et passionnants de Valery Dymchitz, ils sont suivis, en fin d'ouvrage, de renseignement précis : sur la date et le lieu où chaque conte a été recueilli, sur la personne qui l'a noté et, lorsque cela s'avère nécessaire, sur sa correspondance avec le conte-type auquel il se rattache.

  • Malgré son titre rébarbatif, ce livre qui a été traduit dans de nombreuses langues ne l'était pas encore en français alors que c'est une oeuvre extrême- ment originale, qui fait penser parfois à Kafka, ou à un conte à la Voltaire.
    Tainaron consiste en une série de lettres envoyées par une femme d'une ville qui porte ce nom à un ancien ami ou amant resté au pays, de l'autre côté d'un vaste océan. On ignore pourquoi elle s'y trouve. C'est une ville peuplée d'insectes où un ami qu'elle s'est fait sur place, le Capricorne, la guide à tra- vers le dédale de ses rues, l'étrangeté de ses us et coutumes, les dangers et la beauté d'un monde en perpétuelle métamorphose.
    /> Chaque lettre ou presque nous parle d'un aspect particulier de cette ville inquiétante et extraordinaire : de ses jardins aux fleurs géantes qui peuvent vous gober tout entier, d'un curieux cortège qui emplit les rues comme un fleuve, d'immolations sur une colline dominant la cité, d'une reine des bour- dons qui collectionne les souvenirs heureux des autres, d'un prince oublié de ses propres sujets... Au milieu de tout cela, la narratrice cherche son chemin et sa place, entre les souvenirs de son monde ancien et les sollicitations d'une étrangeté à la fois inquiétante et fascinante.

  • Il était une fois des créatures fantastiques sur lesquelles on croit tout savoir, et même si elles portent bien des noms, on les appelle les nains. Ils ont inspiré non seulement les écrivains comme Hermann Hesse ou Charles Nodier auquel nous devons Trilby ou le lutin d'Argail, mais aussi des poètes et des compositeurs. Pour tout un chacun ce nom évoque les homoncules qui recueillent Blanche-Neige ou encore ces statuettes que l'on aperçoit dans les jardins. Malgré des études érudites, ces individus sont encore nimbés de mystère. Les contes et légendes rapportant leurs faits et gestes ont plus accrédités des stéréotypes que dévoilé leur véritable nature. Bref, les nains forment un ensemble d'une complexité redoutable, eux dont la pérennité est des plus étonnantes, et l'image que nous avons d'eux est issue d'une longue tradition dont nous tenterons de cerner les contours.
    Le vocable « nain » est un terme générique qui recouvre des êtres formant quatre groupes distincts : les génies domestiques, les génies de la nature, les esprits tapageurs et les nains proprement dits. Au fil des siècles, ces groupes se sont confondus et leur spécificité respective s'est estompée.
    Pour cette anthologie, nous avons essentiellement retenu des récits de croyance et, pour bien les distinguer de la littérature, des contes et légendes empruntés à divers pays. Le lecteur pourra constater combien la facture est différente, notamment en comparant certaines narrations avec leur adaptation littéraire que nous transcrivons lorsque cela est possible. La majeure partie des textes provient du monde germanique, de recueils inconnus en France parce que jamais traduits et souvent rédigés en dialecte local. Le classement en chapitre est destiné à procurer une vue d'ensemble des traditions, mais il est évident que chaque texte relève de plusieurs chapitres, selon le thème principal retenu.
    Cet ensemble de textes confrontera le lecteur à des motifs rares, voire inconnus ici. Qui sait que les nains ne peuvent venir à la surface du sol que quelques jours par an , que la perte de leur bonnet ou d'une chaussure les prive de sommeil , que les objets sacrés les fixent sur place Ces récits au bois dormant méritent de sortir de leur léthargie séculaire.

  • Cet exercice de style éblouissant allie le fantastique poétique à l'humour avec les moyens linguistiques de l'essai, du document et va de la méditation philosophique à la parodie.
    L'auteur propose ici comme thème celui de la métamorphose : les sept protagonistes, à double identité. y compris le narrateur (calmar), après avoir connu une vie terrestre humaine, vivent actuellement dans l'élément marin et entretiennent des relations qui ne sont pas sans rappeler celles que tout un chacun entretient dans la société humaine. Paradis ? Purgatoire ? Phase transitoire ? Comment suivre Christoph Ransmayr lorsqu'il nous présente un " calmar des récifs à grandes nageoires " - des photos en attestant la merveilleuse réalité, qui fut gardien de musée dans une première vie.
    Mais pourquoi ne pourrait-on devenir calmar quand on sait que l'oeuf de l'insecte se métamorphose en chenille, puis en nymphe et enfin en papillon, qui abandonne son destin terrestre inerte ou rampant pour la vie aérienne ? Les mythes de la métamorphose sont si profondément ancrés dans notre mémoire et notre imagination, depuis les origines de l'humanité, que, dès les premières lignes, nous croyons à ces destins, autant que nous avons cru à Narcisse, devenu fleur, à Io métamorphosée en vache.
    Nous y avons cru et voulons y croire encore : pour le plaisir. (N.T.)

  • Le grand intérêt de la collecte de Franz Obert est de nous livrer des contes authentiques, c'est-à-dire non revus, corrigés, littérarisés pour rencontrer le goût du public de l'époque ; ils sont « natures », contrairement à ceux des frères Grimm, souvent retouchés, édulcorés, euphémisés. Bref, ce sont des monuments d'oralité. Certes, leur qualité littéraire ne peut rivaliser avec celle des recueils d'une Pauline Schullerus ou d'un Popu Reteganul qui arpentèrent eux aussi la Transylvanie, mais tels qu'ils sont, ils nous offrent un excellent reflet des traditions narratives populaires de cette province. Pour comprendre l'originalité de ces contes, il est nécessaire de faire un peu d'histoire.
    Les contes possèdent leur propre destin, comme ceux recueillis par Franz Obert de la bouche d'un conteur de Bazna/Baassen, en Transylvanie, et qui se sont perdus, seule a survécu la traduction allemande qui parut de 1856 à 1858 dans le supplément d'un quotidien d'Augsbourg et dans deux autres revues. Vers 1841, le pays comptait 1 700 000 habitants et cette province fut, de facto, un extraordinaire creuset où se fondirent les traditions orales de peuples différents, ce dont Obert fut témoin :
    « Dans les années cinquante du siècle précédent, alors que j'étais professeur au lycée de Mediaþ, j'eus l'occasion de collecter des contes grâce à mon séjour à Bazna où je passais quelques jours tous les ans, pendant la récolte et les vendanges, afin de recueillir les revenus des terres que mes parents possédaient. Ma mère en avait hérité de son père, l'agriculteur Simon Binder, et mes parents les faisaient cultiver par les habitants de la localité.
    En effeuillant le maïs dans la grange de mon cousin, où de nombreux journaliers nous aidaient jusque tard dans la nuit, je fis connaissance d'un conteur, un Povestitor, qu'hommes et femmes au travail écoutaient avec tant d'attention que je fus captivé et fasciné. Je décidais donc de le retrouver un autre soir chez un voisin. Quand il se présenta, il narra des contes pendant des heures. Rentré à Mediaþ, ce Povestitor ne me sortit plus de l'esprit et je finis par me décider à le faire venir et à le payer afin qu'il me récitât des contes. Je n'ai réalisé ce projet qu'en partie. Il m'a retrouvé chez moi avec ponctualité, et j'ai recueilli de sa bouche de nombreux contes tandis qu'il parlait en fumant et en buvant. »

  • Ce retour aux sources a d'abord pour but de procéder à une étude comparative de la tradition orale des peuples ibéroaméricains. Toutefois, en 1920, date de son voyage, alors que de nombreuses collectes scientifiques ont déjà été établies en Europe au XIXe siècle (les Grimm en Allemagne, Kristensen au Danemark, Arnason en Islande, Afanassiev en Russie, Bladé, Cosquin ou Luzel en France, etc.), Espinosa s'aperçoit vite que tout reste à faire dans le domaine hispanique.
    C'est ainsi que cinq mois durant, il parcourt ville et villages d'Espagne où il note à la main des centaines d'histoires. Il choisira de publier deux cent quatre-vingt contes. Son seul critère ? L'authenticité des sources. Toutefois, le critère scientifique, commun à la plupart des collecteurs, ne va pas sans une certaine subjectivité et tous les contes qu'il juge incomplets ou peu esthétiques seront rejetés de même qu'il avouera une prédilection pour le conte La Jeune fille sans bras dont il retient trois variantes et que nous présentons dans le dossier complémentaire.
    Dans le présent recueil, première traduction en français, nous avons choisi d'établir l'édition complète des cinquante-neuf « cuentos de encantamiento » à savoir des contes merveilleux proprement dits. La liste typologique de ceux-ci a été établie par Maxime Chevalier et Julio Camarena, auteurs du catalogue des contes d'Espagne.

  • Fille

    Rahel Hutmacher

    Fille : dans ces quelques pages, serrées et vibrantes, une mère, Rahel Hutmacher , face à sa fille, en une sorte de huis clos. Mais huis clos qui est ouvert sur la nature, traversé par les vents et la neige, envahi par tout un bestiaire mouvant. Ce « monde » est, réellement et apparemment, celui du conte. Et Rahel Hutmacher ne se prive pas de jouer à la sorcière. Cependant, de même qu'une sorcière n'est pas que méchante, qu'elle détient des savoirs, pouvoirs et secrets transmissibles, de même, le conte « de fées », déjà dans la tradition, n'est pas qu'idyllique. Et, si Rahel Hutmacher s'entend merveilleusement à jouer du merveilleux, c'est pour nous faire entendre, comme par antiphrase, de quelles tensions, de quelles inquiétudes, voire de quelles violences la relation mère-fille, immémoriale et ultramoderne, est tissée, jusqu'au déchirement.
    Dans cette prose, tout est bref : le livre entier (publié en allemand en 1983), chacun de ses chapitres qui sont autant de poèmes en prose, chaque phrase, chaque mot. Ce que le lecteur retiendra sans doute au terme, c'est un certain rythme, unique, inimitable, comme une respiration haletante d'attention et d'inquiétude. C'est donc à une enfilade de variations musicales sur quelques motifs désespérément obstinés que nous sommes invités.

  • Les récits traditionnels recueillis par Achille Millien (1838-1927) dans le Nivernais et le Morvan, à la fin du XIXe sont réputés pour leur nombre comme pour leur valeur. Il a recueilli également plus de deux mille chansons accompagnées de leurs mélodies ainsi que de nombreux témoignages de coutumes et de croyances. Il a ainsi constitué la collecte la plus importante jamais faite en France. Cette richesse est restée largement inconnue, bien que Paul Delarue, celui- là même qui inaugura l'étude scientifique du conte français, poursuivie par Marie-Louise Tenèze, en ait transcrit une part très importante. Le corpus des chansons bénéficia, pour sa part, du travail de mise en ordre et de publication entrepris par Georges Delarue et menée à bonne fin.

  • Né à Brooklyn (N. Y.) en 1931 - sa famille avait émigré de Pologne au début des années 1920 - Jerome Rothenberg s'est peu à peu imposé comme l'un des plus importants poètes nord-américains de la seconde moitié du XXe siècle. Par son ouvre propre, tout d'abord, qui opère une synthèse originale entre plusieurs héritages : celui des fondateurs du modernisme américain (Pound, Williams, Stein) et des avant-gardes européennes (dada, futurisme, surréalisme) qu'il a contribué à mieux faire connaître outre-Atlantique ; mais aussi à travers une relecture globale de la poésie des origines (notamment rituelle) dans une perspective active, étrangère à tout passéisme.
    Jerome Rothenberg a fait paraître une quinzaine de recueils majeurs, parmi lesquels on citera Poems for the Game of Silence (1971), Poland/1931 (1974), Vienna Blood (1980), Khurbn (1989), The Lorca Variations (1993), Seedings & other poems (1996), A Book of Witness, (2003) - et ce Seneca journal, qui fait le lien avec son anthologie les Techniciens du sacré, publiée chez Corti en 2008.

    Journal seneca, recueil le plus « ethnopoétique » de Jerome Rothenberg, a été écrit après un séjour de deux ans dans la réserve indienne Seneca à l'Ouest de l'État de New York. Dans Journal seneca, dit Jerome Rothenberg, je pars à la recherche de moi-même, et soudain, quelque chose d'autre commence à surgir :

    « Je suis devenu castor. Richard Johnny John a été mon père. La cérémonie, qui s'est déroulée dans la maison longue, a été très courte. Ils ont dit quelques mots en seneca. J'ai reçu un nouveau nom. Je ne sais pas s'ils étaient sérieux, mais le nom était superbe. Ma femme et mon fils sont devenus grands hérons. Elle a été nommée Celle Qui Voyage, il a été nommé Le Parleur. Thelma Ledsome a été la sour de ma femme et Effie Johnson, sa mère. Je me suis intéressé aux castors quatre ans plus tard, quand nous sommes allés vivre à Salamanca. Salamanca est un relais ferroviaire situé juste sur la réserve. Je l'ai vu, un jour, sur une carte allemande de l'Amérique où ne figurait pas Albany. C'est maintenant une ville de 7?000 habitants, des Blancs pour la plupart. Charles Olson écrivait?: l'Histoire est le nouveau localisme. Et Ezra Pound?: une épopée est un poème qui inclut l'Histoire. Quand je mourrai, mon nom retournera là d'où il est venu. Un Seneca viendra le chercher. »

  • La soirée était belle, quoique fraîche.
    Les membres de la famille de M. Hugo se réunirent dans un des petits salons du Château de Chasse, où ils furent joyeusement accueillis par le premier feu de cheminée de l'automne. Les bougies brûlaient déjà dans les candélabres aux quatre coins de la pièce. Les auditeurs prirent place les uns à côté des autres, s'apprêtant à écouter le récit du soir.

  • Que connaît-on vraiment clé Daniel Defoe (1660-1731) ? Robinson, bien sûr Moll Flanders et Journal de l'année de la peste, peut-être.
    Mais qui sait que cet homme, dont la vie fin aussi mouvementée due celle de ses héros, outre ces trois chefs-d'oeuvre est l'auteur d'une production énorme, gigantesque, de quelque 560 livres et brochures ? Et qu'il fut non seulement romancier mais journaliste, pamphlétaire, essayiste politique, économique et religieux, grand voyageur et espion pour le compte de Guillaume III, entrepreneur parfois heureux, plus souvent malheureux...
    ? L'Histoire de Duncan Campbell (1720), jamais encore traduite en français, ouvre une échappée sur l'un de ces Defoe encore parfaitement inconnus ici. l'amateur de paranormal et le fin connaisseur du monde de l'Etrange. Elle relate la vie d'un sourd-muet venu s'établir à Londres comme diseur de bonne aventure, et dont les prédictions et la capacité de double vue défrayaient la chronique au début du XVIIIe siècle.
    Pourtant, quelle part de vérité y a-t-il clans ce livre ? C'est un point difficile à déterminer. Est-ce une mystification ou un texte sérieux ? Avec Defoe. on ne sait jamais exactement quel est le rapport entre ce qu'il raconte et la réalité qui lui a servi de point de départ. Est-il passionné de fiction au point de ne pouvoir écrire une histoire vraie sans l'assaisonner de détails inventés, ou bien épris de vérité jusqu'à truffer ses canulars de détails véridiques ? Plus encore que la vie de son héros, c'est la façon dont Defoe la traite qui retient l'intérêt du lecteur moderne.
    Dans ce récit hybride, qui prétend même parfois à un caractère scientifique avec argumentations raisonnées et appels à l'autorité des grands auteurs, se juxtaposent différents éléments du genre romanesque sous une forme qui reste composite : narrateur protéiforme, changements de ton, digressions fréquentes et centres d'intérêt multiples. C'est dire qu'il s'agit là d'un texte précieux aussi bien pour l'étude de l'histoire du roman que des mentalités, pour la fascination exercée sur Defoe par les phénomènes paranormaux que pour l'analyse de son écriture, dont les aspects très variés, du polémique au documentaire en passant par le comique se déclinent plus librement dans un ouvrage tel due celui-ci que clans ses romans.
    A ces divers titres, l'Histoire de Duncan Campbell permet une plongée fascinante dans l'univers de cet auteur génial et dans son art. Quant à la préface érudite de George Aitken, qui " par souci d'exhaustivité " a choisi de joindre à l'Histoire deux autres récits qui y font écho, elle entretient avec une extrême élégance plutôt qu'elle ne dissipe ce flou cher à Defoe entre réalité et fiction, en ajoutant comme un parfum " borgesien " à l'ensemble.

  • Chanson de geste crétoise en cinq parties ou chants de plus de dix-mille vers, écrite au XVII° siècle, peu avant que la Crète, après une résistance farouche, ne passe sous la domination turque, l'EROTOCRITOS est, non seulement pour la Crète, mais pour la Grèce, un poème fondateur, à la fois populaire et nourri de culture savante. Son auteur, Vitzentzos CORNAROS, noble crétois ou vénitien, est manifestement l'héritier de la tradition lyrique des troubadours et des chansons de geste françaises et italiennes, et son oeuvre se situe dans l'immense mouvement de translation créatrice en langues vulgaires de ce qui constitue le fonds de la culture et de la civilisation occidentale, à la fin du Moyen-Age et durant toute la Renaissance. Ce qui est cependant remarquable, c'est que cette oeuvre écrite ait été jusqu'à nos jours relayée par la tradition orale, au point que de larges passages en sont connus par coeur par de simples paysans, aussi bien que par des universitaires, et que les membres de toutes les couches de la société semblent se reconnaître et communier en elle. Il est de ce point de vue frappant de constater combien son rythme même - le vers iambique de quinze syllabes - a imprégné la diction et le phrasé de la langue communément parlée. Tous les grands poètes grecs, de Solomos à Séféris, ont célébré ce poème et dit ce qu'ils lui devaient. Que ces dix-mille vers n'effraient pas : il conte les amours contrariées d'Erotocritos pour Aréthuse, fille de roi. Lui sera exilé, elle sera emprisonnée. Sur fond de tournois de chevalerie, de combats héroïques, et de métamorphoses jusqu'aux retrouvailles, ce long poème aux accents raciniens, se lit comme un roman de cape et d'épée. Cette traduction, sous l'égide de l'Atelier Européen de la traduction et de la Scène Nationale d'Orléans, s'est faite à partir du texte grec, tel qu'il a été établi et annoté par Stylianos ALEXIOU. Elle est le fruit d'un collectif qui réunit trois personnes, Louisa MITSAKOU, Klairi MITSOTAKI et Constantin BOBAS, grecques de langue et d'origine - dont une crétoise - aux compétences multiples et reconnues, ainsi qu'un poète et traducteur français, Robert DAVREU qui par sa formation, est à même de lire le grec et de reconnaître, sur le plan lexical et sémantique, l'étymologie (ce qui veut dire aussi nombre d'arrière -plans culturels et philosophiques) sous la langue du XVII° siècle. Ce dernier a été chargé, à partir d'un mot à mot rigoureux, de donner à lire et à entendre en français une version définitive qui, au-delà d'un document, soit un poème. Le texte sera accompagné d'un CD où il sera donné à entendre Erotocritos tel qu'il est chanté, aujourd'hui encore en Crète par les bergers.

  • Une longue caravane, autrefois, traversait le désert.
    Sur la vaste étendue n'offrant à la vue que le sable et le ciel, on entendait de loin tinter les clochettes des chameaux et les petits grelots d'argent des chevaux ; l'épais nuage de poussière qui la précédait annonçait son approche et lorsqu'un coup de vent dissipait cette nuée, l'oeil était ébloui par l'étincellement des armes et par l'éclat des couleurs des amples vêtements.

  • Loin d'ici existe un beau Pays que nul oeil humain n'a jamais vu aux heures de veille.
    Au-delà du Crépuscule il s'étend, là où l'horizon lointain marque la frontière du jour, et où les nuages, resplendissants de lumière et de couleur, sont comme une promesse de la gloire et de la beauté qui l'entourent.

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