Contrechamps

  • « Musique et sentiment » est le titre donné par Charles Rosen (1927-2012) à une série de conférences prononcées à l'Université de Bloomington en 2000 et publiées en 2010, deux ans avant sa disparition. L'auteur y analyse les changements stylistiques intervenus dans l'histoire de la musique entre les époques baroque et moderne, s'attachant à la manière dont les idées musicales se construisent à travers l'interaction entre les données du langage et les formes de représentation. À partir de tout un ensemble d'exemples musicaux, il montre comment le sens musical se constitue, se différencie et se transforme. Pour Charles Rosen, il n'existe pas de contradiction entre forme et expression, entre intelligibilité et émotion. Une leçon précieuse pour les interprètes comme pour les auditeurs.

  • La première partie de l'ouvrage rappelle brièvement les fondements du « style Ligeti » en évoquant les éléments d'évolution et de permanence légués par les ouvrages (et les écrits) du compositeur. Elle sonde la crise induite par l'achèvement du Grand Macabre, puis décrit la réorientation de l'esthétique au début des années quatre-vingts avec laquelle coïncide l'achèvement du Premier livre d'études. Elle retrace le contexte des deux dernières décennies du siècle, définit le genre de l'étude et son renouvellement après 1945, puis peint les sources de l'imaginaire en s'attachant notamment au domaine scientifique (les théories du chaos, la géométrie fractale, les écrits de Karl Popper), aux influences musicales (du jazz à la musique subsaharienne), aux illusions acoustiques et au retour à la Hongrie manifeste alors chez le compositeur.

  • Le compositeur Dieter Schnebel fait partie des compositeurs les plus prolifiques de l'avantgarde musicale européenne. Tout en proposant une synthèse des problématiques centrales de son époque, il se démarque toujours de ses contemporains par une pensée, complexe et pluridisciplinaire, fondée sur une vaste connaissance musicologique, philosophique et théologique. Né en 1930 à Lahr, Dieter Schnebel commence la musique en 1942 et s'inscrit en 1949 à la Musikhorschule de Freiburg-im-Breisgau. Entre 1952 et 1956, il poursuit son cursus musicologique à l'Université de Tübingen où il étudie également la philosophie et la théologie protestante.

  • Ce nouvel ouvrage du musicologue Jean-Louis Leleu est consacré à la musique du compositeur Arnold Schoenberg, figure majeure de la musique du XXe siècle. Dans son livre, l'auteur pose la question de l'unité de la démarche du compositeur sur l'ensemble de sa trajectoire et fait apparaître la cohérence de sa pensée harmonique, que ce soit dans le contexte atonal ou sériel, avec ou non des réminiscences tonales et modales.

  • Karlheinz Stockhausen (1928-2007) a été, dans les années 1950, l'une des figures dominantes de l'avant-garde musicale ; un compositeur inventif, audacieux et visionnaire.
    Chacune de ses oeuvres constituait un événement et une avancée ; chacune était accompagnée d'une réflexion suggérant de nouveaux concepts et de nouvelles perspectives. Ce sont ces textes, essentiels pour comprendre l'évolution de la pensée musicale, que nous proposons aux lecteurs francophones.
    Ils s'attachent, parallèlement à toute une série d'oeuvres qui ont marqué leur époque, à la construction d'une nouvelle syntaxe et de nouveaux rapports entre les différentes dimensions du langage, à une conception repensée de la forme et de l'espace et aux problèmes de notation ainsi posés, enfin, à toutes les expérimentations réalisées dans le domaine électronique, où Stockhausen fit oeuvre de pionnier. Si le premier texte, daté de 1952, glorifie l'artisanat du compositeur, le dernier, en 1961, sous le titre « Invention et découverte », se présente comme la synthèse provisoire d'une décennie de recherches.
    Document essentiel pour comprendre tout ce qui s'est pensé dans cette période flamboyante qui constitue le socle de toute l'aventure musicale contemporaine, ce volume tant attendu paraît dix ans après la disparition du compositeur, et ce dans une traduction due à Christian Meyer et Laurent Cantagrel.

  • Les Éditions Contrechamps publient le troisième et dernier volume des écrits du compositeur d'origine hongroise György Ligeti (1923-2006), l'une des personnalités les plus marquantes de la musique de l'après-guerre.
    Après un volume composé par Ligeti lui-même, regroupant neuf essais qui étaient pour lui représentatifs de ses réflexions sur la musique, puis un volume consacré aux textes autobiographiques et aux commentaires sur ses oeuvres, ce dernier volume regroupe les textes plus théoriques et ceux qu'il a consacrés à d'autres compositeurs.
    Les trois volumes couvrent ainsi l'ensemble des textes du compositeur.
    Ce troisième volume comprend les premiers essais écrits en Hongrie avant 1956 et les textes liés à sa participation aux cours de Darmstadt, où sont posées les questions de la composition de timbres et de textures, de la musique électronique, de la spatialisation, des problèmes de l'enseignement et même d'une écriture moderne pour l'orgue. Plusieurs essais datant de sa première période sont consacrés à Bartók, alors que ceux liés à l'époque de Darmstadt sont centrés sur Webern. Ligeti réfléchit par ailleurs sur les techniques de collage chez Mahler et Ives, évoque Hindemith, Cehra, Cage, Vivier et la musique minimaliste américaine, rend hommage à Kurtág ainsi qu'à plusieurs personnalités telles qu'Adorno, Dahlhaus, Arom, Lutoslavski, Rosbaud, Ernest Bour.
    La plupart de ces textes furent à l'origine des conférences ou des émissions de radio. Si les tous premiers ont été rédigés en hongrois, la plus grande partie de ces écrits ont été rédigés en allemand (les textes hongrois ont par ailleurs fait l'objet d'une traduction en allemand sous la supervision de Ligeti lui-même). Ils adoptent tous un style direct et visent, avec sobriété et précision, à cerner des problématiques compositionnelles fondamentales. S'ils sont moins spéculatifs que ceux de Stockhausen, avec lequel Ligeti travailla après sa fuite de Hongrie, ils abordent les problèmes de la composition de façon originale. Sur la question du timbre, par exemple, Ligeti montre dans quelle mesure un changement de paradigme dans la pensée musicale est en jeu. Le compositeur manifeste une totale indépendance d'esprit dans ses approches, loin du dogmatisme qui régna dans les cercles d'avant-garde de l'époque, et il ne néglige jamais de replacer les problèmes contemporains dans la continuité de l'histoire.
    Ces textes sont essentiels pour comprendre non seulement la démarche du compositeur, mais aussi les enjeux de la musique de la seconde moitié du XXe siècle.
    Ils ont été traduits par Catherine Fourcassié, qui a non seulement traduit la quasitotalité des textes des deux volumes précédents, mais avait de plus travaillé sur le premier avec Ligeti lui-même.

  • Beat Furrer est un compositeur suisse né en 1954 à Schaffhouse. Il s'est installé dès 1975 en Autriche, où il a contribué à la création de l'ensemble Klangforum. Il est l'une des figures les plus importantes de la musique actuelle et a été révélé au grand public grâce à Claudio Abbado et à la réalisation de plusieurs opéras de conception originale.
    Beat Furrer a développé un style très personnel, dans lequel l'attention à la vie interne du son et aux frontières entre son et bruit s'inscrit à l'intérieur de constructions formelles extrêmement rigoureuses.
    Dans le livre qu'il lui a consacré, Daniel Ender suit l'évolution du compositeur, analysant ses oeuvres principales avec finesse et dégageant leurs significations profondes. À travers cette étude détaillée, il fait apparaître l'importance du principe de métamorphose, emprunté à Ovide, que Furrer a mis en musique : il donne son titre à l'ouvrage et renvoie au fondement même de la pensée musicale de Furrer, ainsi qu'à son imaginaire.
    L'ouvrage original en allemand est paru en 2014. Pour la version française, Daniel Ender a complété son texte en l'actualisant. La traduction française a été réalisée par Catherine Fourcassié.

  • Schoenberg

    Carl Dahlhaus

    Cet ouvrage du grand musicologue allemand Carl Dahlhaus (1928-1989) n'est pas la traduction d'un livre constitué en tant que tel, mais le rassemblement des textes qu'il a consacrés à Schoenberg, publiés entre 1964 et 1988. Une telle édition n'existe ni en allemand ni en anglais. Elle regroupe des essais de différentes natures portant aussi bien sur les questions esthétiques et théoriques que sur les questions purement compositionnelles soulevées par la musique de Schoenberg. En ce sens, elle constitue un ensemble cohérent et aborde les multiples aspects d'une oeuvre et d'une pensée qui ont marqué en profondeur la musique du XXe siècle.
    La méthode de Dahlhaus consiste à cerner des problématiques et à les traiter au travers d'une analyse intrinsèque, que l'on pourrait qualifier d'objective, tout en les situant historiquement, du point de vue musical et théorique. Sa démarche, qui vise à faire apparaître le sens profond des oeuvres et des idées, se situe à l'écart de celle d'Adorno et des exégètes de la première heure, ou de celle des jeunes compositeurs de l'après-guerre, pour lesquels Schoenberg était un enjeu sur lequel ils projetaient leurs propres idées.
    Ce livre capital offre non seulement une lecture éclairante de l'univers schoenbergien, mais est aussi un exemple du point de vue méthodologique.
    L'honnêteté et la rigueur de la démarche dahlhausienne s'incarnent dans une langue très dense et riche de multiples nuances qui a donné lieu à un long travail de traduction. Le présent ouvrage constitue la réédition de celui publié en 1997, et désormais épuisé.

  • Le compositeur anglais Brian Ferneyhough, né en 1943 à Coventry, est l'une des personnalités dominantes de la scène contemporaine depuis les années 1970. Découvert au Festival de Royan avec des oeuvres de jeunesse d'une étonnante maturité, il apparut très rapidement comme le représentant principal de ce que l'on a appelé la « New Complexity » (nouvelle complexité). Sa musique présente en effet une densité et un degré de formalisation qui se reflètent dans la notation elle-même et qui exige des interprètes une virtuosité aussi bien digitale que mentale. Cette complexité, toutefois, vise à une grande intensité expressive et à la revalorisation de la subjectivité.

  • Charles Ives est souvent présenté comme le père de la musique américaine : c'est le premier à avoir développé dans ce pays un style original et de valeur universelle. Né en 1874, la même année que Schoenberg, il fut très marqué par l'enseignement de son père et par les différents aspects de la culture américaine, notamment populaire, tout en étant un novateur sur bien des plans. Ives a écrit très tôt des oeuvres atonales, concevant des polyrythmies complexes, expérimentant les quarts de ton, la spatialisation des sources sonores, le mélange de musiques différentes.
    Comme Schoenberg, il était foncièrement idéaliste et rêvait d'une musique libre de toute entrave. En cherchant à célébrer les grandes figures d'une culture américaine progressiste, il se tourna dans sa maturité vers les Transcendantalistes qui, dans les années 1830, avaient établi à Concord (près de Boston) une communauté d'esprit éclairée. Les différents mouvements de sa Deuxième Sonate pour piano, intitulée justement « Concord », sont liés à certains d'entre eux : le philosophe et essayiste Raoul Waldo Emerson, le philosophe Amos Bronson Alcott, l'écrivain Nathaniel Hawthorne et David Henry Thoreau, l'auteur de Walden et d'un Traité de désobéissance civile.

  • La correspondance entre la pianiste soviétique Maria Youdina et Pierre Souvtchinsky, émigré russe installé en Europe, est un document exceptionnel non seulement en raison de la personnalité des deux protagonistes, mais aussi de l'éclairage apporté sur deux mondes séparés par le rideau de fer. Pierre Souvtchinsky, qui fut très proche de Stravinski avant la guerre, puis de Boulez juste après, décrit le mouvement de la musique nouvelle européenne avec une acuité de jugement exceptionnelle. Les lettres de Maria Youdina, beaucoup plus torturées et exaltées, brossent un portrait non moins détaillé de la vie culturelle en Union soviétique et dévoilent ses conceptions musicales, philosophiques et spirituelles.
    Document inédit hors de Russie, cette correspondance complète la connaissance que l'on a de Pierre Souvtchinsky et constitue le premier ensemble de textes en français de Maria Youdina, dont sera fêté en 2020 les cinquante ans de sa mort. L'échange de lettres qui s'étend de 1959 à 1968 est traduit du russe et présenté par le pianiste Jean-Pierre Collot, qui fut longtemps membre de l'Ensemble Recherche.
    Ce volume entre dans la série de témoignages que les éditions Contrechamps ont publiés jusqu'à ce jour, comme la correspondance entre Schönberg et Kandinsky, celle entre Varèse et Jolivet, ou les entretiens avec Claude Helffer.

  • Ce nouveau volume français des écrits de l'un des plus grands compositeurs des XXe et XXI e siècles complète les Neuf essais sur la musique publiés par Contrechamps du vivant du compositeur en 2001.
    Ce nouveau volume français concerne donc les essais de Ligeti sur sa vie et son oeuvre, avec de nombreux textes encore inédits en français. Quatre chapitres orientent successivement le lecteur vers des articles autobiographiques - par exemple "Souvenirs musicaux de mon enfance et de ma jeunesse" ou "Ma judaïté" -, des lettres et textes de circonstance faisant apparaître tantôt quelques expériences particulières, des épisodes de son existence, ses prises de position ou ses jugements face à certaines questions politiques et sociales ("Schott", "Lettre ouverte"), des textes plus ou moins développés et transversaux touchant sa musique ("Les effets de la musique électronique sur mon travail de composition", "Il se passe dans ma musique quelque chose de très aventurier", etc.), et enfin les nombreux textes de Ligeti sur ses oeuvres, avec pour certaines d'entre elles différents commentaires rédigés à divers moments de sa carrière. Ces chapitres correspondent au découpage du second volume de l'édition allemande, hormis certains textes que nous n'avons pas jugés indispensables parmi ceux consacrés aux oeuvres, surtout lorsqu'ils recoupaient en grande partie le contenu d'un ou de plusieurs autres essais. Certaines correspondances avec Ove Nordwall ont été rajoutées à propos de quelques oeuvres des années 1960.

  • Dans ce livre qui complète une série d'études menées sur la culture durant l'époque nazie, l'historien Michael Kater suit le parcours de huit compositeurs très différents les uns des autres, auscultant le comportement d'artistes qui avaient déjà, au moment de l'avènement de Hitler en 1933, une réputation dans la sphère musicale allemande et internationale.
    Son étude minutieuse, qui s'appuie sur une documentation en partie inédite, d'une exceptionnelle richesse, suit la trajectoire de personnalités qui choisirent ou bien la collaboration et l'opportunisme, ou bien la résistance et l'exil. Dans la première catégorie, les deux compositeurs postromantiques, Strauss et Pfitzner, s'accommodèrent du pouvoir nazi au nom de la grande tradition germanique ; Hindemith partageait cette position, mais le modernisme qu'il avait incarné sous la République de Weimar suscitait un rejet qui le contraignit finalement à l'exil.
    Orff et Egk saisirent l'occasion de faire carrière et de représenter la nouvelle Allemagne par leurs oeuvres et leur activité. À l'opposé, Schoenberg et Weill, qui étaient juifs, prirent immédiatement le chemin de l'exil. Hartmann, enfin, cessa de composer, restant à l'écart de la vie publique jusqu'à la fin de la guerre. Ces huit destins croisés mettent cruellement en jeu les rapports entre l'esthétique et la politique, sur fond de lutte entre les Anciens et les Modernes.

  • Dans Introduction à la sociologie de la musique, écrit au début des années soixante, Theodor W. Adorno cumule les expériences, les observations et les intuitions d'une vie entière, au long de laquelle la musique tint un rôle capital, indissociable de la réflexion philosophique plus générale. Mais la force de cet ouvrage, l'un des grands classiques de la musicologie du XXe siècle, tient également dans sa dimension visionnaire, d'une portée aujourd'hui encore tout à fait singulière. En effet, à l'heure où la sphère musicale, dans son ensemble, est de plus en plus soumise aux conditions de production de masse et aux impératifs médiatiques, les analyses développées ici révèlent plus que jamais leur pertinence. La démarche adornienne ne se limite pas à décrire sous quelles formes et dans quelles conditions la musique est reçue dans la société. Elle s'attache plutôt - et c'est son originalité profonde - à déceler le contenu intrinsèquement social des oeuvres et des genres musicaux. De plus, débordant le cadre strictement musical, l'ouvrage d'Adorno s'ouvre constamment vers les horizons d'une philosophie cri-tique de la culture. «La dimension sociale des oeuvres d'art n'est pas seulement leur adaptation aux desiderata externes des commanditaires ou du marché, mais constitue précisément leur autonomie et leur logique immanente.»

  • Les oeuvres et les idées de Mallarmé ont joué un rôle majeur dans l'évolution de Pierre Boulez : fasciné par le poème intitulé Un coup de dés, qu'il envisagea de mettre en musique à la fin des années quarante, il fut influencé par sa conception du Livre pour sa Troisième Sonate et pour Pli selon pli.
    Cette dernière couvre, objet du présent livre, apparaît comme un aboutissement et une apothéose. Parallèlement, Boulez poursuivait une réflexion théorique qui culmina, au même moment, avec son ouvrage Penser la musique aujourd'hui. Les auteurs de ce livre consacré à l'une des oeuvres majeures de la musique des cinquante dernières années, présentent différents aspects de cette vaste composition, ainsi que la place qu'occupe la réflexion théorique chez Boulez.
    Un texte sur les rapports de Mallarmé avec la musique complète cet ouvrage, qui s'ouvre sur un entretien inédit avec Pierre Boulez.

  • Cette histoire de la musique américaine replace les différents courants et genres musicaux dans leur contexte économique et social.
    Elle ne se limite pas aux compositeurs, de Charles Ives à John Adams, mais inclut les différentes formes de musique populaire, depuis la chanson engagée jusqu'au jazz, en passant par les comédies musicales de Broadway. Laurent Denave analyse les tensions entre une sphère savante tôt divisée entre des créateurs originaux et des compositeurs conservateurs ou académiques, et une sphère populaire dominée par les critères commerciaux et davantage faite pour le peuple que par lui.

    Que ces critères commerciaux s'introduisent à l'intérieur de la musique savante, c'est précisément ce que l'auteur montre à travers différents exemples historiques, qui conduisent à la musique répétitive, assimilée ici à la révolution conservatrice qui eut lieu sur le plan politique. Laurent Denave souligne à quel point le critère de la modernité musicale aux Etats-Unis est lié à la capacité d'autonomie des compositeurs et comment, à partir de la figure isolée de Charles Ives, qui fonda sa propre compagnie d'assurances et composa durant son temps libre, cette autonomie a tenté de se structurer socialement à travers différentes institutions, dont l'Université a finalement été l'une des plus importantes.
    Mais il montre aussi comment cette modernité a été tout au long du siècle aux prises avec les diverses formes de conservatisme et de populisme, ainsi qu'avec les intérêts commerciaux de l'industrie musicale.
    L'analyse sociologique des conditions mêmes de la musique savante fait apparaître l'exclusion de certaines catégories sociales. Fondé sur une documentation impressionnante, écrit d'une plume alerte et vivante, cet ouvrage nous permet de traverser de façon originale une histoire encore mal connue, et jamais présentée ainsi dans son ensemble dans un ouvrage français.

  • Une dimension tout à la fois religieuse et politique. Compositeur engagé, Huber refuse en effet la conception de "l'art pour l'art", l'idée de la musique pure. Pour lui, la modernité doit être chargée d'un sens qui dépasse la seule sphère esthétique ; elle est solidaire des plus démunis, dénonçant l'injustice, l'oppression, l'asservissement et la réification.
    Proche des mystiques ainsi que des tenants de la théologie de la libération, Huber veut provoquer par sa musique une prise de conscience, un retournement. En se solidarisant avec les formes de résistance en Amérique latine ou au Moyen Orient, il a fait la rencontre de figures telles que celles du prêtre et poète nicaraguayen Ernesto Cardenal ou du poète palestinien Mahmoud Darwich, qui lui ont inspiré des oeuvres importantes, mais aussi du poète russe Ossip Mandelstam, auquel il a consacré un opéra.
    Son intérêt pour la musique arabe, au moment où éclatait la première Guerre du Golfe, l'a conduit à utiliser des échelles avec tiers et quarts de ton et à expérimenter de nouvelles conceptions harmoniques, polyphoniques et formelles. Ce recueil d'écrits comporte un choix d'essais et l'intégralité des notices que le compositeur a écrites sur ses oeuvres, ainsi que deux entretiens et un appareil critique.

  • Ce volume regroupe tous les essais de Carl Dahlhaus sur la Musique Nouvelle publiés entre 1965 et 1971.
    Ils traitent des problématiques soulevées par la musique de l'après-guerre, sous un angle tantôt technique, tantôt esthétique, tantôt sociologique. Les questions du rythme, du timbre, de la notation, du matériau, de la forme croisent ainsi les concepts d'avant-garde et d'oeuvre autonome, les problèmes du sens et du non-sens, de la musique engagée, des genres musicaux... La méthode de ce musicologue aux connaissances encyclopédiques vise à cerner aussi objectivement que possible une notion, une idée, une oeuvre ou une tendance tout en les replaçant dans un vaste contexte esthétique et historique.
    Elle se présente ainsi comme une médiation indispensable entre les oeuvres proprement dites, les conceptions qui leur sont liées, et une réception riche de sens. " La réflexion qui s'attache à la musique, ou même à la littérature, n'est aucunement étrangère à la musique : elle en fait partie en tant qu'événement historique, voire en tant qu'objet de perception. Ce qui se perçoit de la musique dépend, en partie, de ce qu'on a lu à son propos ".

  • Tous les textes rassemblés par les Editions Contrechamps dans le présent ouvrage sont inédits en français. A n'en pas douter, ils contribueront à faciliter la circulation des idées entre les sphères francophone et germanique qui, dans le domaine musical en particulier, présente de grandes lacunes.
    En traduisant un vaste choix de textes de Hans Zender, les Editions Contrechamps poursuivent leur effort consistant à mettre à la disposition des lecteurs français les textes essentiels traitant de la musique des XXe et XXIe siècles, et notamment ceux des compositeurs eux-mêmes, qui sont une source primordiale.
    L'ouvrage de Hans Zender s'inscrit dans une série de traductions antérieures portant sur Schoenberg, Webern, Zimmermann, Lachenmann, Rihm..., et comprenant aussi les premières traductions en français du grand musicologue Carl Dahlhaus ou celles de plusieurs ouvrages de Theodor W. Adorno.

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