Comite Des Travaux Historiques Et Scientifiques

  • En 1800, au moment où la France révolutionnaire bascule vers le Consulat, forme inédite de pouvoir personnel, Jefferson, nouveau président des États-Unis, ne renouvelle pas les alliances déjà distendues entre son pays et la France.
    Quant à Thomas Paine, inspirateur des Révolutions transatlantiques, symbole du lien originel entre les deux Révolutions, il rentre aux États-Unis dans ce contexte nouveau, pour n'y plus rencontrer que désillusions et rejets. Ainsi, en ces années post-révolutionnaires, en France comme aux États-Unis, se figent codes sociaux et ordres politiques. La montée du nationalisme, des deux côtés, la crainte d'un déclin économique induit par les révoltes serviles, dont la victoire des esclaves de Saint-Domingue apparaît comme la préfiguration à l'échelle du continent entier, expliquent en grande partie la fin des transferts révolutionnaires à travers l'Atlantique nord, que va regretter l'abbé Grégoire.
    Ces transferts vont pourtant se poursuivre, mais selon un axe sensiblement décalé vers le sud : entre la France et l'Amérique espagnole, au gré des aléas des Révolutions de la partie sud du continent. Dans cette perspective on étudiera le rôle des émigrés, exilés, voyageurs, officiers, qui vont s'approprier et transformer les modèles européens tout en édifiant un nouvel ordre politique en Amérique latine.
    Pour comprendre cette période charnière des relations entre l'Europe et les Amériques, il faut conjuguer quatre facteurs : race, économie, nation et politique, selon les multiples combinaisons où chaque élément peut jouer un rôle dominant. Ce sont ces aspects de l'histoire croisée des Révolutions transatlantiques que les contributions réunies ici s'efforcent d'éclairer, en s'appuyant sur les recherches récentes.

  • L'encerclement par l'ennemi d'une communauté humaine est une des formes les plus emblématiques de la guerre depuis le siège de Troie jusqu'au siège d'Alep. La révolution militaire née à la fin du XVe siècle rend plus étroite encore l'intrication de la guerre et de la politique qui résulte de la guerre de siège. Pourtant les guerres de la Révolution et de l'Empire semblent la rendre obsolète, paraissant lui préférer le mouvement, l'offensive et la bataille décisive, les sièges n'étant plus que la manifestation d'une brutalisation grandissante du conflit au cours duquel la population civile est prise en otage.
    Parce qu'on s'en tenait à cette vision classique, une relative pauvreté historiographique s'ensuivit, qui ne tenait pas compte de l'abondance d'une documentation sur laquelle au contraire ont voulu s'appuyer les auteur/e/s des interventions réunies dans ce volume. Nuançant la vision classique, voire la remettant en cause, ces études de cas déploient leur analyse selon des perspectives à la fois géostratégique, politique, sociale, juridique et mémorielle.
    Elles étudient les luttes civiles, telles celle de Vendée, les soulèvements contre la conquête napoléonienne, ainsi ceux de la Péninsule ibérique où le siège se transforme en symbole national, et, à mi-chemin de la guerre civile et de la guerre étrangère, sa fonction dans les nouveaux départements belges et rhénans. Elles revisitent les campagnes de la Révolution, notamment celle des Flandres en 1794, Carnot s'avérant un disciple de Vauban, les campagnes de Bonaparte en Italie, terre d'élection de la guerre de siège, comme pendant la Renaissance. De 1792 à 1814, son importance demeure cruciale. Les difficultés de sa mise en oeuvre pendant la campagne de 1814 ne comptent pas peu dans l'échec final de Napoléon.

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