Comite Des Travaux Historiques Et Scientifiques

  • Notre rapport aux objets intimes (meubles, boîtes, tableaux, luminaires, services de table, vêtements, bijoux...) est historiquement daté. Sans une certaine conscience de soi, nous n'aurions pu leur accorder autant de sens :
    Leur demander de satisfaire des besoins et des désirs, tout en les inscrivant dans des chaînes relationnelles et symboliques multiples. Ce changement advient au XVIIIe siècle et se perçoit actuellement encore dans nos sociétés de consommation. À l'heure où la planète croule sous les déchets et où l'objet du quotidien par excellence devient le téléphone portable, il semble important de s'interroger sur les fondements de notre être aux choses.
    Comment parler des objets intimes et du lien empathique que l'on tisse avec eux ? Quel langage et quelle sensibilité sont-ils les plus à même d'exprimer leur part technique et poétique, leur empreinte historique et leur aura transgénérationnelle ? Comment penser la culture matérielle occidentale au regard des contacts qu'elle a entretenu avec les autres cultures étrangères ?
    En puisant dans l'historiographie féconde de ce domaine, profondément renouvelée ces dix dernières années avec les apports des Cultural Studies et de la Global History, l'auteur esquisse une voie de rencontre où s'associent les discours, entre approche historique, sociale, littéraire, anthropologique et muséale.

  • Aux sources de la paix ; les archives du service francais de la SDN Nouv.

    L'année 2020 marque un double anniversaire, celui des 75 ans de la fondation des Nations unies mais aussi le centenaire de la création de la Société des Nations (SDN), qui a posé les premières pierres du système multilatéral à l'issue de la Première Guerre mondiale.
    Au-delà de son impuissance à éviter le déclenchement d'un second conflit mondial, il s'agit dans cet ouvrage de rendre accessibles des sources françaises permettant de mieux comprendre l'action de la SDN. Celle-ci s'est pleinement affirmée dans le domaine de la collaboration fonctionnelle en jouant un rôle pionnier et important en matière d'organisation internationale dans de multiples domaines. Elle a ainsi été chargée de gérer au mieux les territoires coloniaux détenus en 1914 par l'Allemagne ou par la Turquie, confiés sous son autorité à la suite des traités de paix par le système des mandats à des puissances victorieuses, ouvrant la voie à la décolonisation.
    Le rôle économique et financier de la SDN n'est pas moins important. Par le biais de comités d'experts et de grandes conférences internationales en faveur des pays dont les finances avaient été désorganisées par la Grande Guerre, elle a abordé presque toutes les questions qui se sont posées dans ce domaine.
    La protection des minorités est devenue, à l'initiative du président Wilson, une mission essentielle de la SDN, rendue indispensable par les bouleversements territoriaux subis par l'Europe centrale. Le rôle humanitaire au profit des plus faibles a été également une des priorités de cette organisation internationale. Soulignons qu'après la Grande Guerre, la constitution d'un droit international en matière sociale lui est confiée. Enfin, puisque ce volume est consacré à l'inventaire des archives françaises relatives à la SDN, il est également frappant de constater à quel point la France était déjà investie dans ces premiers efforts pour mettre en place un ordre international. De nombreuses reproductions de documents et photographies dont certaines sont inédites, contribuent à nourrir la réflexion sur l'importance que revêt aujourd'hui, comme hier, un système international basé sur la coopération plutôt que sur la confrontation.

  • À la fin du XIXe siècle, la publicité s'empare des nouvelles tech- nologies d'éclairage. Gagnée par la fièvre de l'électricité, New York fait émerger une forme de communication inédite suscitant l'engouement des autres métropoles. Vitrines des grandes marques et entreprises, ces illuminations embléma- tiques de la modernité urbaine offrent un spectacle féérique dans l'Europe de l'entre-deux-guerres jusqu'au black-out de 1939 qui marque un tournant. Désormais les lumières com- merciales renaissent de façon inégale à Paris comme à Londres.
    Critiquées par les pouvoirs publics, elles tendent à disparaître au profit des écrans numériques plus économes en énergie.
    En croisant l'histoire des techniques, de l'urbanisme et les études sociales, Stéphanie Le Gallic montre comment ces dispositifs de captation du regard ont influencé durablement notre perception du paysage nocturne.

  • Institution éminemment liée à la monarchie, reflet de son faste et de ses ambitions, le Garde-Meuble de la Couronne voit son existence prestigieuse remise en cause au moment de la Révolution. Bien qu'amoindri dans ses attributions, il résiste temporairement à l'austérité républicaine avant de disparaître en mai 1798, faute de soutien à son action artistique.
    Aleth Tisseau des Escotais s'est intéressée au sort mouvementé de cette administration, de sa dépossession à sa renaissance maîtrisée avec l'Empire sous le nom de Mobilier impérial. Elle retrace son fonctionnement concret et l'évolution de ses différentes missions à des périodes charnières de son histoire au tournant des XVIIIe et XIXe siècles.

  • Le mot « explorateur » fait son entrée dans le Dictionnaire de l'Académie française en 1718. Cependant, les premiers voyages d'exploration remontent au moins à l'Antiquité. La curiosité a de tout temps poussé les hommes à se mettre en quête d'une réalité qui leur était encore inconnue, mais qu'ils pressentaient.
    La tradition classique abonde de récits plus ou moins mythiques attestant que l'ambition d'élargir les limites du monde connu a conduit les Anciens à entreprendre des navigations parfois périlleuses. L'esprit de découverte s'est perpétué et développé à travers les temps, notamment dans le cadre des grands voyages d'exploration de l'Âge classique et du Siècle des lumières. Mais, aux XVIIe et XVIIIe siècles, il s'agit moins de conquérir de nouveaux territoires et de s'emparer de leurs richesses que de parfaire l'image qu'on a du monde et sa connaissance. S'ouvre alors un véritable âge d'or pour les voyageurs savants, philosophes et naturalistes, désireux de collecter des savoirs nouveaux.
    Le XIXe siècle a vu les explorateurs s'élancer à la conquête des larges taches blanches que comportent encore alors les cartes ; en Afrique, en Asie et en Amérique, s'ouvrent de vastes champs à leurs curiosités.
    En même temps, l'intérêt des voyageurs explorateurs s'élargit plus systématiquement de la connaissance des faits de nature à celle des hommes et de leurs moeurs.

  • L'économie de la zone non occupée dite " zone libre " par les troupes allemandes jusqu'au 11 novembre 1942 n'avait jamais fait l'objet d'une étude spécifique.
    Or, ce vaste territoire méridional, même s'il est à dominante agricole, n'est pas sans importance industrielle. la politique du régime de vichy s'y applique hors de l'intervention directe des occupants. les allemands et, à l'est du rhône, les italiens, n'en sont cependant pas entièrement absents, avec renvoi par les administrations militaires d'occupation d'inspecteurs de contrôle dans les usines d'armements.
    Des accords commerciaux établissent également des échanges directs entre les occupants et les entreprises. enfin, si les principales restrictions au trafic des marchandises ont été levées dès mai 1941, les effets de la ligne de démarcation ne disparaissent pas entièrement avec son franchissement par les allemands en novembre 1942.
    Les textes rassemblés dans ce volume analysent la situation particulière dans laquelle sont placées les entreprises implantés dans la zone non occupée.
    Comment adaptent-elles leurs activités aux pénuries de matières premières quelles relations commerciales conservent-elles avec le reste de la france, l'empire colonial et les pays tiers, ou développent-elles avec les occupants ? la politique d'" aryanisatíon " des entreprises considérées comme " juives " présente-elle des particularités dans sa mise en oeuvre.

  • L'histoire de la vigne et du vin est l'histoire d'une quête de la qualité. Elle ne peut être comprise pleinement qu'à travers les parcours des hommes et des femmes qui, face aux menaces pesant régulièrement sur la vigne et le vin, oeuvrent à l'amélioration des techniques de viticulture, au perfectionnement des méthodes de vinification et à une meilleure promotion du produit.
    Nombreux sont ceux qui écrivent cette histoire. Aux côtés des vignerons et des négociants, des scientifiques, des journalistes, des médecins, des architectes ou encore des politiques contribuent à dynamiser l'activité et l'économie de la filière vitivinicole. Le vin, produit dont le prestige n'a cessé de s'affirmer au fil des siècles, est ainsi devenu l'affaire de tous.
    Inspiré par les recherches présentées lors du 134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, cet ouvrage offre une galerie de portraits d'hommes de la vigne et du vin, célèbres ou oubliés, dans toute leur diversité.

  • Au tournant des XIVe et XVe siècles, courte période d'accalmie au sein de la guerre de Cent ans, la vie artistique rayonne d'un éclat tout particulier.
    Autour des princes du sang gravite une cour brillante qui rivalisant de luxe et de prodigalité, attire marchands et artisans d'art. Les cours fastueuses s'ornent d'une parure étincelante d'or et de pierres précieuses. Les inventaires royaux et princiers sont le reflet d'un art d'un grand raffinement et dont la somptuosité n'a d'égale que la beauté. En 1879 Jules Labarte publiait, dans la Collection des documents inédits de l'histoire de France, l'inventaire du " mobilier " de Charles V, que le souverain avait fait dresser à la veille de sa mort, en 1380.
    La comparaison de ce document avec les inventaires établis entre 1418 et 1422 - et qui révèlent, quant à eux, l'extrême pauvreté des collections royales à la fin du règne de Charles VI - invitent à s'interroger sur le sort de ces collections au cours du long règne du " roi fou ". L'inventaire de 1400, publié dans son intégralité, présente un tableau complet des collections royales et une description de l'ensemble des pièces.
    L'édition intégrale de cet inventaire est précédée d'une introduction retraçant l'histoire des collections royales pendant le règne de Charles VI. Confirmant la disparition d'un grand nombre d'objets depuis 1380, il recense cependant nombre de joyaux nouveaux, merveilleuses créations de l'orfèvrerie parisienne qui, à de très rares exceptions - dont le magnifique " Goldenes Rössl ", offert par Isabeau de Bavière à son royal mari et aujourd'hui conservé dans le trésor d'Altötting (Bavière) - ne nous sont connues que grâce aux descriptions qu'en font cet inventaire.
    Les indications fournies par ce document sur les lieux et les modes de conservation des objets qu'il décrit ajoute encore à son intérêt.

  • Le travail construit et transforme des paysages.
    L'agriculture, dans la très longue durée, a façonné ses espaces de travail. Qu'il s'agisse d'irrigation, de grande culture ou de jardinage, de pacages, de déforestation, nous sommes confrontés à un feuilleté d'histoire dont il faut tenter l'archéologie. L'industrie a tôt marqué sa place, dans le plat pays, par les travaux miniers ou dans le tissu des villes, en créant des bâtiments de toutes tailles voués à la production marchande.
    A côté des lieux de travail, un nouvel habitat s'est créé, massif, répétitif. Les friches industrielles et les terres délaissées constituent un moment de transition majeure dans l'histoire de ces paysages. Des politiques ont été élaborées, qui souhaitent combiner le maintien d'une activité et le traitement de ces espaces mutilés. Suffit-il de verdir les terrils ou de protéger des haies rélictuelles pour redonner du sens à ce qui n'en a plus ? Pour aborder ces questions vives, des historiens, des géographes, des ethnologues, des agronomes ont associé leurs méthodes et leurs outils.
    La plus longue durée était nécessaire : ce livre circule de l'Egypte des pharaons à la France médiévale et à l'Allemagne contemporaine. Enfin un jeu d'échelles, allant d'un site ou d'un ruisseau à une région entière, rend bien la richesse de la démarche.

  • Prenant pour guide une carte du pays de Sévérac-le-Château au début du XVIe siècle, cet ouvrage est conçu comme un voyage à travers les paysages et les communautés du Rouergue.
    Doté de riches illustrations, il offre un éclairage inédit sur la morphologie des mas (hameaux) et sur l'architecture des châteaux, églises et demeures qui fondent le réseau de peuplement. Portant le regard à l'intérieur des maisons, il nous invite au coeur des familles-feux en analysant leurs stratégies et leurs pratiques, et pose la question de leur intégration dans les réseaux de solidarité et de pouvoir.
    Rares sont les travaux qui proposent une étude approfondie d'un pays d'habitat dispersé à la fin du Moyen Age. Juliette Dumasy donne ici la possibilité de combler cette lacune en révélant la dynamique des rapports sociaux et des relations bourg/ hameaux. En écho aux travaux sur l'habitat groupé, elle parvient avec succès à mettre en avant l'existence d'un modèle d'organisation économique et sociale propre aux terres de mas.

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  • Découvrez Héros et héroïnes de la Révolution française, le livre de Serge Bianchi

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  • Passer du statut d'invention à celui d'institution, difficile objectif que la télévision remplit pourtant parfaitement au cours des années 1945-1985.
    Suivant ce constat, l'auteur tente dans cet ouvrage de comprendre comment la "boîte aux images", ignorée de neuf Français sur dix dans les années 1950, est devenue en une trentaine d'années seulement la "télé", cet élément incontournable du quotidien. En saisissant les différents moments clés de l'histoire d'un objet devenu culte, elle détaille ici sa fulgurante ascension à travers trois grands moments : d'un produit de laboratoire, "l'étrange lucarne" incarne ensuite la convoitise pour finir comme un banal objet du quotidien, symbolique de l'accès aux loisirs et au bien-être, dans les années 1980.
    Revisitant la période des Trente Glorieuses par le prisme d'une histoire de la consommation de masse, Isabelle Gaillard parvient dans cette étude à mettre en avant le rôle des divers acteurs du marché de la télévision, à en déterminer les enjeux. Plus que l'histoire d'un objet, c'est celle des protagonistes d'une société de biens en pleine mutation qu'elle transmet dans ce livre.

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  • Survivances de l'antiquarisme hérité de l'époque moderne, l'histoire et l'archéologie monumentale s'inscrivent comme pratiques culturelles dominantes chez les élites provinciales entre 1800 et 1870. Comprendre comment la culture des « antiquaires » a pu servir à la fois le projet historiographique national rêvé par le régime de Juillet et contribuer à l'exaltation des identités locales, tel est le sens d'une enquête exemplaire jamais conduite à ce jour à une échelle aussi vaste.

    Dans cet ouvrage, Odile Parsis-Barubé sait redonner vie à ce « moment antiquaire » en décrivant l'invention de l'histoire locale, qu'elle inscrit dans une série de scènes de la vie de province. Elle donne les moyens de mieux comprendre l'articulation du national au local, qui structure toute l'histoire de la culture politique française au XIXe siècle.

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  • Dans les zones tropicales et équatoriales de l'Amérique coloniale moderne, et encore pour une bonne part à l'époque contemporaine, la plantation coloniale esclavagiste présente des caractéristiques fondamentales. Elles tiennent à la fois à un type de mise en valeur, à l'originalité de ce que produit une agriculture manufacturière, et surtout à un rapport au travail marqué par le recours à une main l'oeuvre servile largement issue de la traite négrière transatlantique. Mais si la plantation est une structure, elle est aussi une conjoncture. Les bouleversements du XIXe siècle, première abolition dans les terres françaises, portée par la Révolution et le soulèvement des esclaves à Saint-Domingue, émancipation des populations serviles de la Caraïbe anglaise 1833-1838), deuxième abolition française (1848), posent dans toute son ampleur la question du passage du travail de l'esclave à celle du nouveau libre. Il s'agit d'une des grandes réflexions de l'époque, réflexion que la nôtre redécouvre, en s'interrogeant sur l'esclavage et la mise en esclavage, et sur la relation si particulière qui s'est établie entre ces " îles fortunées " et le malheur du travail forcé.

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