Cnrs

  • Qu'est-ce que qui fait société ?
    Ce ne sont ni les rapports de parenté, ni les rapports économiques, mais bien les rapports politico-religieux (les rites d'initiation, les institutions, les valeurs, etc.). L'analyse de ces rapports politico-religieux est essentielle à la compréhension des identités en conflit... ces identités plus que jamais réaffirmées et revendiquées avec l'entrée dans l'économie capitaliste mondialisée. Pour mieux saisir les grands enjeux actuels de notre monde globalisé et fracturé, l'anthropologie est plus utile que jamais.

  • Le principe d'intangibilité des frontières a été adopté par les chefs d'État africains en 1964, au moment des indépendances. Depuis, les États se sont appropriés cet héritage d'une période coloniale. Il est donc temps d'en finir avec le mythe de cicatrices coloniales, tracés artificiels qui seraient responsables des conflits actuels et du mal-développement. Les frontières d'Afrique sont bel et bien devenues des frontières africaines. Et quoique parfois encore imprécises ou sources d'insécurité, elles fonctionnent néanmoins comme une ressource et comme autant d'interfaces utilisées par les réseaux marchands, acteurs d'une mondialisation par le bas.

  • En juin 2019, la France déclarait l'état d'urgence climatique. L'enjeu, initialement politique et économique, est devenu juridique et citoyen mais également médiatique. La crise climatique a appelé à de nouvelles formes de mobilisation de la société civile, le droit devenant le bras armé de cette lutte. L'objectif de la justice climatique est double. D'abord, lutter contre les inégalités créées par le changement climatique. Ensuite, sensibiliser la communauté internationale à la nécessité absolue d'agir de manière ambitieuse. C'est à l'étude de ces nombreuses actions en justice climatique que ce livre est consacré.

  • La diffusion rapide du virus SARS-CoV2 nous a récemment rappelé la fonction protectrice de la frontière. Mais au-delà de cette situation pandémique, comment interpréter le retour des frontières constaté depuis quelques années ? Contrairement à ce que l'on croit souvent, cette réaffirmation des frontières, quand elles ne sont pas réduites à des murs mais envisagées en tant que limites, est une bonne nouvelle. Car une frontière a une histoire, c'est une institution issue de conflits et de traités, de négociations et de décisions. Abolir les frontières, c'est faire disparaître les États. Or, un monde sans frontières est un monde barbare, ce que l'horreur daechite nous avait rappelé.

  • Entre la peur et la compassion, entre le besoin de sécurité, de limites et de frontières d'une part, et le sentiment d'un devoir de sauvetage des victimes d'un monde chaotique d'autre part, y a-t-il place pour un principe partagé, universel, qui ferait des migrants, plutôt qu'un problème, une cause pour tous, au sens d'une épreuve qui nous tire en avant, vers la compréhension et le désir d'un monde commun ?

  • "Notre quotidien, au Parlement, c'est d'être interrompues de manière intempestive, de subir en bruit de fond les bavardages et parfois les moqueries, de ne pas être écoutées. Prendre la parole pour dire que nous ne voulons plus subir les violences sexistes ou sexuelles que certains hommes nous infligent : voici l'urgence."

  • Penser ou cliquer ?

    Michel Blay

    Pourquoi renoncer à penser ce que nous sommes au profit du monde plat des circuits électroniques, de la fascination des écrans et des comportements devenus quasi instinctifs imposés par les touches des machines ?

    Sommes-nous encore capables de construire nos existences ?

  • Les tribus

    Maurice Godelier

    En bref L'éloge, vivant, pédagogique et enjoué, de l'anthropologie, comme
    besoin irrépressible d'une compréhension culturelle de l'homme à l'heure de la
    mondialisation. Par l'une des grandes figures de cette discipline fondamentale.
    Le livre Le plus éminent disciple de Claude Lévi-Strauss revient ici sur le
    sens ultime de la discipline qu'il a savamment illustrée. Qu'est-ce que
    l'anthropologie ? Quelle révolution a-t-elle causé au sein des sciences
    humaines ? Et de quelle vision de l'histoire et des civilisations témoigne-t-
    elle ? En un essai d'intervention, brillant et incisif, ce sont tous nos
    présupposés, nourris par la société mondiale du marché, qu'interroge Maurice
    Godelier. Oui, la compréhension des cultures est la clé du monde de demain.
    Non, la globalisation ne peut se faire au prix d'un consumérisme indifférencié.
    La quête de sens, venue du fond des âges, persiste. Elle s'est désormais donnée
    des outils savants pour découvrir l'altérité. Car il n'est d'unité que des
    différences et il ne saurait y avoir d'universalité qui ignore le particulier.
    Un plaidoyer pour l'homme, et pour tous les hommes. Un livre éclairant sur les
    vraies urgences d'aujourd'hui. L'auteur Normalien, agrégé de philosophie,
    directeur d'études à l'EHESS, ancien directeur scientifique du département SHS
    du CNRS et du musée du Quai Branly, Maurice Godelier est l'auteur d'une oeuvre
    féconde, couronnée de nombreux prix et traduite à l'étranger, dont Au fondement
    des sociétés humaines qui, en 2007, a rencontré un vif succès. Arguments *
    Ventes de Communauté, société, culture : 3 000 exemplaires * Le manifeste du
    disciple de Lévi-Strauss * Une clé essentielle pour comprendre le XXIe siècle

  • Qu'est-ce que les OGM ? Des productions de laboratoires qui, pour certaines, demeurent au service des scientifiques, et ne sortent pas des laboratoires. Mais les plus connues, les plantes génétiquement modifiées (PGM), sont des créatures volages que leurs promoteurs s'efforcent de substituer aux plantes natives, sans prendre en compte les bouleversements imposés au monde paysan, aux plantes indigènes et aux êtres vivants. Elles bénéficient de l'énorme appareil commercial des multinationales, qui les brevètent, les vendent et vantent leurs résultats pour les imposer sur le marché mondial.
    C'est parce que la révolution génétique a conduit à une conception atomisée du vivant que les OGM existent : les secrets de la vie, des spécificités individuelles, des pathologies et des traitements, tout serait décelable et modifiable dans la molécule d'ADN, et la modification ou l'addition d'un gène ne modifierait que la fonction accordée à ce gène. La négation de la complexité du vivant permet ainsi la culture d'un OGM sans s'embarrasser des études et des expertises toxicologiques.
    Une situation grave parce qu'elle relève autant des intérêts d'une industrie que de l'idéologie.
    La controverse échappera-t-elle toujours à la science ? Et la seule question qui vaille n'est-elle pas : à qui profitent les OGM ?

  • Après avoir théorisé et imposé l'expression " national-populisme " dans le champ intellectuel à l'orée des années 1980, Pierre-André Taguieff revient, 30 ans plus tard, sur les mutations de ce concept et s'interroge sur son devenir à l'heure de la mondialisation et des bouleversements socio-économiques contemporains. Le nouveau national-populisme désigne aujourd'hui aussi bien les droites radicales européennes que les régimes autoritaires latino-américains ou certaines théocraties islamistes. Un " style " politique arc-bouté sur des principes communs : valorisation des particularismes identitaires, défense du " peuple " contre les " élites ", dénonciation du multiculturalisme, refus de la globalisation... Les nouveaux visages du populisme hantent la démocratie et profitent des formidables ressources de la Toile pour se développer. Une poussée inquiétante que Pierre-André Taguieff appelle à combattre par un retour assumé aux grands principes du pacte républicain.

  • « Avec la mondialisation de l'information, le moindre événement est rendu visible, et apparemment plus compréhensible. Pour autant, il n'y a pas de lien direct entre l'augmentation du nombre d'informations et la compréhension du monde. Telle est la nouvelle donne du siècle qui s'ouvre : l'information ne crée pas la communication.
    Voici donc le point de départ du XXIe siècle : la rupture entre information et communication, la difficulté de passer de l'une à l'autre. On savait les cultures différentes, mais on pensait que la même information pouvait être plus ou moins acceptée par tous. On s'aperçoit du contraire : un fossé se creuse entre information et communication. Cette vérité empirique, on l'avait découverte, parfois douloureusement, au niveau des États-nations ; on la retrouve plus nettement à l'échelle du monde. C'est un certain modèle universaliste - en réalité occidental -de l'information et du lien entre information et communication qui s'effondre. »
    Dominique Wolton

  • Quelle est l'importance de la menace du phénomène désigné comme terroriste ? La confusion véhiculée par les médias n'aide guère à la comprendre. La perception partagée par les opinions publiques occidentales est que l'islamisme militant, sous sa forme djihadiste, constitue la menace majeure de notre époque. Cette perception fait-elle sens ? En prêtant moins d'attention à ce qui fait sensation qu'aux lames de fond, cet essai cherche à souligner que le djihadisme ne modifie guère le statu-quo mondial si on le compare aux États qui, comme la Chine, influent sur les rapports de force à tous les niveaux.

  • Comment une Europe démocratique, ouverte, libérale a-t-elle pu en quelques années engendrer des tendances profondes au repli et au souverainisme ? Pourquoi le besoin de fermeture et d'autorité le dispute-t-il désormais au désir d'ouverture et de liberté ? En réalité, nous avons failli collectivement, États membres et institutions européennes. Ne faudrait-il pas envisager de modifier certaines de nos politiques ? Prêter davantage attention au citoyen plutôt qu'au consommateur, à la démocratie plutôt qu'au libéralisme ? L'Europe ne combattra en effet le désamour des peuples qu'en inventant une troisième voie. Une Europe à la fois libérale et sociale, mondialisée et protectrice, afin que nos héritiers comme nous-mêmes ne soient jamais contraints de choisir entre deux pires : l'ultralibéralisme des uns et le populisme autoritaire des autres.

  • L'urgence, pour les juifs, pour les musulmans, mais aussi pour le pays lui-même, est aujourd'hui à retisser les liens, à renouer le dialogue, en renonçant aux faux-semblants, aux paroles creuses, à la bonne volonté de pur affichage. À dire - à se dire - les choses avec franchise et dans le respect mutuel. Avec un objectif immédiat, qui est le vivre-avec. Sans renoncer pour autant à un autre, plus lointain mais plus ambitieux, faire société au-delà de ce qui nous sépare.

  • Depuis une dizaine d'années, les conséquences sécuritaires et politiques du changement climatique sont devenues un sujet de préoccupation. On parle de "guerres climatiques". On explique la révolution puis la guerre civile syrienne par des années de sécheresse. On imagine l'effondrement d'Etats, des déplacements de millions de réfugiés climatiques, la multiplication des conflits de grande ampleur, un monde sombrant possiblement dans le chaos.
    Ces craintes sont-elles, réellement et scientifiquement, fondées ? Point par point, Bruno Tertrais revient sur cette question essentielle. Point par point, et de manière extrêmement documentée, il montre que, si le changement climatique actuel est porteur d'incertitudes pour l'avenir, il s'agit, précisément, de ne pas les ériger en certitudes ni de dramatiser : ce n'est qu'à ce prix que nous pourrons développer des discours et des politiques responsables.

  • " La géographie est la science qui permet de mieux habiter la planète, de mieux en partager les richesses, de mieux vivre ensemble dans la diversité des cultures ouvertes sur l'échange, d'être meilleur citoyen du monde.
    Elle est l'antidote du choc des civilisations, de la fin de l'histoire et de toutes les peurs millénaristes. C'est en outre le plus sûr moyen de réenchanter le monde " Jean-Robert Pitte.

  • Face à la solidité des États-Nations, nul ne semblait plus être en mesure de contester la validité de cette entité politique qui structure en profondeur les relations internationales. Or, depuis une décennie, des organisations terroristes ont pour objectif final de détruire l'État-Nation en cherchant à instituer de nouveaux espaces, sur une base surtout religieuse mais parfois aussi ethnique ou idéologique, qui dépassent les frontières admises. C'est le cas de l'État Islamique en Irak et au Levant (Daesh). C'est également le cas des rebelles pro-russes dans l'Est de l'Ukraine, qui revendiquent un État sur une base anti-occidentale. Ces conflits violents, difficiles à comprendre dans leur totalité, annoncent-ils une remise en cause générale du concept même d'État-Nation ? Préfigurent-ils de nouvelles formes de revendication territoriale qui déboucheraient sur la constitution d'États qui ne seraient plus « nationaux » mais religieux ou ethniquement purs ? Ce nouveau livre de la collection « Débats », incisif et argumenté, répond à ces questions.

  • La récente polémique franco-chinoise sur la restitution de bronzes du Palais d'Eté, celle sur les Cariatides du Parthénon, ou encore la restitution des momies égyptiennes illustrent le débat de plus en plus vif qui oppose les pays « spoliés » aux pays, musées et collectionneurs « détenteurs » d'oeuvres d'art considérées comme universelles.
    Le livre d'Emmanuel Pierrat pose la question : quelle est la légitimité de ces revendications ? Sont-elles seulement l'expression de la volonté de récupérer un patrimoine pillé autrefois par les Européens ? Au-delà des querelles sur la conservation des oeuvres d'art et leur mise à disposition du public, ces revendications sont devenues un enjeu politique majeur et un point de friction « culturelle » avec des Etats qui veulent récupérer leur histoire.
    Dans ce texte percutant et parfaitement informé, l'auteur expose aussi la position de la France et ses ambiguïtés : elle n'a ratifié qu'en 1997 le traité international adopté le 14 novembre 1970 à Paris et n'a toujours pas ratifié la Convention « Unidroit » de 1995 sur les biens culturels volés ou illicitement exportés. Nul ne s'étonnera que la patrie des Arts et des Lettres traîne des pieds : les collections publiques contiennent trop d'oeuvres pillées au gré des invasions et de la colonisation, sans même évoquer la Shoah.
    Problème complexe mêlant droit, morale, argent, préjugés, et conservatisme, la restitution des oeuvres d'art est abordée ici de façon érudite et émaillée d'anecdotes édifiantes.

  • Un essai fort d'Esther Benbassa dans lequel elle questionne son identité juive après les événements de Gaza.
    L'offensive israélienne contre Gaza, en décembre 2008 et janvier 2009, et les dégâts humains et matériels qu'elle a causés, ont marqué une étape nouvelle et dramatique dans l'histoire du conflit israélo-palestinien. Les images diffusées dans les médias et l'émotion qui s'en est suivie ont fait sauter mythes, tabous, et représentations et ce au risque de toutes les banalisations. Comment, après Gaza, continuer d'être juif en diaspora ? Dans quelles conditions et avec quelle représentation de soi ? Comment aborder le regard de ceux qui confondent Israélien et Juif ? Désormais quelle éthique pour Israël et quelle éthique pour le Juif ? Comment regarder le monde en face, dans les yeux, avec ses propres yeux, des yeux qui ont perdu l'innocence en découvrant les centaines de cadavres de femmes, d'enfants et de civils palestiniens ?

    Apprendre à être de nouveau juif, mais autrement, voila le défi des années à venir.

    Intellectuelle française, Esther Benbassa est aussi universitaire.
    Après avoir été directrice de recherche au CNRS (1989-2000), elle est aujourd'hui directrice d'études à l'EPHE où elle occupe la chaire d'histoire du judaïsme moderne et contemporain.

    - Un sujet d'actualité brûlant, qui passionne - Un auteur largement médiatisé

  • " Permettez-moi un petit examen de conscience sur cette formule pieuse, le dernier dogme d'un monde sans dogme, à la fois cri de détresse et protestation contre la détresse, je veux dire : "le dialogue des cultures". Que veut dire ce mantra et que faire pour qu'il ne tourne pas à l'exutoire, voire à l'exorcismeoe " Le 28 juin 2007 Régis Debray inaugure le grand symposium qui rassemble des penseurs venus des quatre coins de la Méditerranée et qu'accueille à Séville la Fondation des Trois Cultures. Ce discours va bouleverser l'audience et modifier les travaux de l'assemblée. Il représente en fait un tournant dans la pensée de l'après 11 septembre.
    En tant que tel, il est donc apppelé à demeurer comme un rare exercice philosophique de lucidité.

  • Sur la question syrienne, les désaccords interétatiques sont aujourd'hui criants. Est-il vraiment possible de parler de coopération internationale quand les vetos russes et chinois paralysent le Conseil de Sécurité de l'ONU et empêchent tout accord sur une politique commune en Syrie, où l'on compte déjà plus de 100 000 morts ?
    Saisie par des crises internationales de plus en plus spectaculaires, l'opinion commune peut difficilement croire à l'existence d'une communauté internationale soudée et à l'efficacité d'une coopération mondiale. Car les actes de violence éclipsent les gestes de concorde et les discours sur le multilatéralisme sont assimilés à la croyance naïve en un monde idéal.
    Pourtant, la création de nombreuses instances internationales depuis la fin du XIXe siècle, de l'Union télégraphique à l'Organisation Mondiale de la Santé, en passant par la Société des Nations, a contribué à un lent processus d'unification et de pacification du monde. Car les coopérations techniques et politiques permettent de réduire l'incertitude et de rendre le monde un peu moins éclaté. Sans idéalisme, elles nous rapprochent sans faire disparaître les rapports de force, elles produisent des visions communes sans supprimer les différences, elles pacifient sans éradiquer la violence. La coopération internationale existe, elle construit notre monde, elle l'améliore en silence.
    La coopération internationale : le seul chemin vers un monde pacifié.

  • Deux mille ans de culpabilité chrétienne relayée par les droits de l'homme se sont réinvestis, au nom de la défense des individus, dans la mise en accusation et la disqualification radicale de la France. Et l'école publique s'est engouffrée dans la brèche avec d'autant plus d'ardeur qu'à la faveur du multiculturalisme elle a trouvé dans cette repentance et ce masochisme national une nouvelle mission.

    Après avoir été le vaisseau pilote de l'humanité, la France est devenue ainsi l'avant-garde de la mauvaise conscience universelle. Lourde rançon. Singulier privilège.

    Pierre Nora

  • Et si l'omniprésence du numérique signait non seulement une nouvelle ère, un changement culturel majeur mais aussi une rupture profonde, une transformation radicale de l'humanité ? Et si le numérique constituait, après l'invention de l'écriture et celle de l'imprimerie, la troisième grande révolution ? A ces questions, Michel Wieviorka en ajoute une autre : l'ère du numérique ne pourrait-elle pas susciter en France aussi le renouveau des sciences humaines et sociales (SHS) ? Sa réponse est oui. Dans ce manifeste, le sociologue met en évidence le retard des SHS françaises dans la prise en compte et l'utilisation des nouveaux outils numériques. Sans doute ceux-ci représentent-ils un risque pour les libertés individuelles. Mais ils sont aussi un formidable outil de travail pour le chercheur en sciences sociales, fertile en innovations, nouvelles pratiques et nouvelles méthodes : le monde virtuel ne pourrait-il pas, par exemple, constituer un nouveau terrain d'enquête ? L'histoire, dont Fukuyama prédisait la fin, ne devient-elle pas une histoire à la fois globale et individuelle grâce aux Big data et leurs millions de données consultables en open access ? De sujet d'étude, l'homme et la société ne deviennent-ils pas acteurs/auteurs de leur propre récit ? Pour Michel Wieviorka, les sciences humaines et sociales doivent être partie prenante des nouvelles technologies de l'information. Comment ? En utilisant données et réseaux sociaux du web 2.0 pour échanger, communiquer, travailler de manière collaborative et produire des Humanités numériques - référence aux anciennes Humanités. Exemples à l'appui, il explique tout le parti qu'elles pourraient tirer du numérique et propose une nouvelle organisation de la recherche afin de dépasser le système des disciplines, véritable frein à l'innovation intellectuelle. Un saut qualitatif propice à l'éclosion des figures d'intellectuels qui nous font aujourd'hui défaut.

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