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  • La bienveillance dans les relations internationales

    Frédéric Ramel

    • Cnrs
    • 27 January 2022

    En faisant de la bienveillance une composante des relations internationales, ce livre propose un regard plus sensible sur notre temps et offre une boîte à outils pour l'action politique à venir.
    Car la bienveillance ne rime pas qu'avec mièvrerie et bons sentiments.
    Et elle ne se cantonne ni dans la neutralité ni dans l'hégémonie cultivée par certains États. Disposition morale, elle se retrouve dans plusieurs conduites diplomatiques, des commémorations aux négociations. En tant que pratique, elle promeut la non-nuisance, la tempérance ou encore l'attention à l'égard des vulnérables. En témoigne la modération dans l'usage de la force en droit international, la protection des biens publics mondiaux, ou l'hospitalité d'individus ordinaires envers les migrants. Mais elle est surtout au coeur d'un projet politique global ancien, le solidarisme de Bourgeois, prix Nobel de la paix en 1920. Car une solidarité naturelle, de fait, nous lie tous les uns aux autres, nations comme individus. Reconnaître les effets de ces interdépendances est crucial pour l'humanité tout entière.
    Explorer et décrire de manière lucide ces formes de bienveillance est une nécessité. Un geste qui ouvre des voies pour réinterpréter le passé, mais aussi pour agir au sein de notre monde, eu égard aux menaces et aux risques qui nous affectent, des pandémies aux changements climatiques.

  • Comment sortir de la violence ? : enjeux et limites de la justice transitionnelle Nouv.

    La justice transitionnelle désigne l'art de pacifier des sociétés au lendemain de périodes violentes - qu'il s'agisse de dictature, de guerres civiles, voire de génocides. Organisations internationales et conseillers des gouvernements l'ont élaborée à partir des années 1990. Poursuites pénales, dialogues, enquêtes et débats publics organisés par des commissions de vérité pour établir la réalité des exactions, réparations matérielles ou symboliques aux victimes, réformes du système judiciaire et des services de sécurité : il s'agit d'abord de rompre avec le passé. Les promoteurs de ces initiatives entreprennent aussi de « guérir » des sociétés perçues comme malades et d'offrir une reconnaissance à des victimes traumatisées. Ils entendent former pour l'avenir des individus apaisés et tolérants susceptibles d'assurer la paix.
    D'aucuns voient dans le développement important de ces diverses démarches une extension continue des droits humains et une contribution décisive à la fabrication de paix justes. Mais la violence peut-elle être assimilée à une maladie ? Par ces dispositifs d'apaisement, les criminels politiques sont-ils vraiment punis ? Que sait-on, au juste, de ce que veulent les victimes de violences politiques ?
    Cette enquête de vaste ampleur retrace l'émergence et l'essor de la justice transitionnelle, analyse les trajectoires de ses acteurs, scrute les écarts entre les déclarations morales consensuelles et les mises en oeuvre concrètes, de l'Argentine à l'Afrique du Sud, du Pérou au Rwanda. En interrogeant ses différents présupposés comme ses résultats concrets, elle déjoue nombre d'évidences et ouvre la voie vers une réflexion renouvelée sur les modalités de sortie de la violence et les déterminants de la paix.

  • Frontières d'Afrique ; pour en finir avec un mythe

    Michel Foucher

    • Cnrs
    • 2 May 2014

    En juillet 2014, le principe d'intangibilité des frontières adopté par les chefs d'État au Caire en 1964 au moment des indépendances sera en application depuis un demi-siècle. Il a été globalement respecté et continue de l'être. Les États se sont appropriés cet héritage d'une période coloniale qui fut assez brève (1885-1960) au regard de la durée de l'histoire politique du continent et des perspectives de long terme (2013-2063) tracées par l'Union africaine. Il est donc temps d'en finir avec le mythe de cicatrices coloniales : des tracés artificiels dans un continent qui aurait ignoré les limites politiques, gérés de manière coercitive et incohérente par l'administration coloniale et entraînant des effets négatifs et responsables des conflits et du mal-développement.
    Cet essai déconstruit cette doxa qui ne manquera pas de ressurgir en 2014 et qui fait l'impasse sur les réalités politiques (des frontières assumées depuis cinquante ans par les États et les nations) et sur les dynamiques de terrain (des frontières gérées de manière pragmatique comme une source d'opportunités et comme une ressource par les sociétés). Les frontières africaines font encore souvent défaut même si elles progressent, mais elles fonctionnent comme autant d'interfaces utilisées par les réseaux marchands, acteurs d'une mondialisation par le bas. Les frontières d'Afrique sont bel et bien devenues des frontières africaines.

  • Le droit d'émigrer

    Catherine Wihtol De Wenden

    • Cnrs
    • 3 October 2013

    "Dans un monde où tout circule librement, le droit à la mobilité des êtres humains ne va pas de soi. Il y a urgence à définir un droit international des migrants. C'est à ce prix que les mouvements migratoires ne seront plus considérés comme une menace par les uns et une utopie par les autres, mais enfin comme la clé d'un développement plus équitable.".
    C.W.W.

  • Le libéralisme politique et son avenir

    Alain Policar

    • Cnrs
    • 4 October 2012

    Encensé par les uns, décrié par les autres, toujours invoqué mais rarement défini, le libéralisme serait-il la nouvelle Hydre de Lerne des sciences politiques ? Quelles sont les notions fondamentales sur lesquelles il s'appuie, son histoire, ses textes fondateurs ? Quelles controverses a-t-il suscité et suscite-t-il toujours ?

    Attentif à la longue durée, cernant au plus près l'évolution des concepts, Alain Policar signe une somme majeure qui démonte les idées reçues et les fausses évidences. Il montre qu'avec les écrits de Locke, Montesquieu, John Stuart Mill et d'autres, la philosophie libérale entend d'abord substituer le « gouvernement des lois » au pouvoir personnel et arbitraire du monarque de droit divin. Le libéralisme politique, c'est une vision des valeurs et des institutions indispensables à la protection des libertés publiques et des droits individuels : en cela, il s'oppose radicalement tant au capitalisme qu'à l'ultralibéralisme qui voit en l'État une menace pour les libertés individuelles. Mais, pour être fidèle à ses promesses, il doit accorder un soutien attentif aux plus démunis et renforcer l'universalisme moral, socle de sa fonction émancipatrice.

    Une étude qui renouvelle notre connaissance des idées politiques.

  • Le choix des armes ; theories, acteurs et politiques

    William Genieys

    • Cnrs
    • 3 February 2005

    Qui gouverne dans les politiques de Défense ? Les transformations de la guerre changent-elles la façon dont les États se préparent à la mener ?
    La France, pays producteur et exportateur d'équipements militaires, semble se désintéresser du sujet. Cette étude de science politique,
    en prenant en compte la riche littérature anglo-saxonne sur ce thème relance ces questions selon deux axes : le complexe militaro-industriel et
    la politique bureaucratique.

    L'ouvrage répond à ces problématiques en alliant deux approches :
    la sociologie politique et les politiques publiques. La transformation des représentations élitaires aux sommets de l'État est alors centrale.
    Ainsi, l'âge d'or de la Direction générale de l'armement (DGA) et des tout-puissants ingénieurs généraux de l'armement semble être en pleine mutation.

    L'analyse de deux politiques d'armement autour du char Leclerc et de l'Airbus militaire (l'A400M) est révélatrice de ce changement. Ces deux analyses de cas, les premières du genre, s'appuient sur une cinquantaine d'interviews d'acteurs français et anglais qui ont conduit les programmes. Elles nous délivrent une vue d'ensemble unique sur les politiques de l'armement depuis une trentaine d'années. En outre, cet ouvrage nous permet de mesurer les problématiques émergentes dans le cadre de la future Europe de la Défense.



  • Le crime organisé en Chine ; des triades aux mafias contemporaines

    He Bingsong

    • Cnrs
    • 6 September 2012

    L'insolente réussite économique chinoise masque une réalité alarmante : une criminalité endémique qui gangrène l'ensemble de la société. Avec ce tableau sans concession de la criminalité organisée dans la Chine actuelle, l'on découvre que ce fléau s'est considérablement développé avec la politique d'ouverture menée depuis trente ans. Jusqu'à ce jour, Pékin niait cette réalité mais devant l'ampleur du phénomène, a décidé de la dévoiler au grand jour, y compris en Occident. Trafics de drogue, d'êtres humains, d'armes, d'organes, corruption des fonctionnaires du Parti, proxénétisme, contrefaçons, attentats sur gage, blanchiment d'argent : les bandes organisées et les mafias étendent aujourd'hui leur pouvoir sur des sphères entières de la société et menacent la stabilité du pays.
    Le livre dresse d'abord un état des lieux - ahurissant pour le lecteur occidental - des milliers de crimes de sang ou violents perpétrés depuis trente ans par les gangs, les triades et les mafias chinoises. Les 2 000 organisations criminelles démantelées au cours des dix dernières années donnent une idée du phénomène.
    Une seconde partie fait le passionnant historique des triades et autres sociétés secrètes chinoises depuis le XVIIe siècle et la fameuse Société du Ciel et de la Terre jusqu'aux gangs de Shanghai qui contrôlaient le trafic d'opium avant l'ère maoïste.
    Une troisième partie détaille comment l'Etat organise aujourd'hui sa lutte contre le crime organisé. La mise en place d'un appareil pénal qui se veut plus conforme au droit et l'appel à la coopération internationale en constituent les avancées les plus significatives.

  • Le grand jeu ; chroniques géopolitiques de l'eau

    Franck Galland

    • Cnrs
    • 20 March 2014

    Les guerres de l'eau ont déjà commencé. Partout, elles frappent les plus démunis. Alors que l'Éthiopie, le Soudan et l'Égypte cherchent à dominer le Nil, et que la Chine et la Russie se disputent le fleuve Amour, la Turquie, la Syrie et l'Irak bataillent pour le contrôle des bassins du Tigre et de l'Euphrate... Les changements climatiques, la croissance démographique, l'augmentation des besoins alimentaires accentuent dangereusement la pression sur la ressource hydraulique. L'absence ou l'insuffisance d'eau potable, sa mauvaise qualité, tuent dix fois plus que l'ensemble des conflits armés. Traitant tout à la fois des problématiques planétaires ou régionales, des données techniques (les barrages, l'assainissement, le dessalement) comme des conséquences économiques et gouvernementales, voici un livre crucial sur la géopolitique de l'eau.
    Un ouvrage qui reprend les thèmes de son précédent livre L'eau. Géopolitique, enjeux et stratégies en les actualisant, en augmentant le nombre de régions étudiées, et en approfondissant certaines problématiques géopolitiques.

  • Musulmans de france et d'europe

    Rémy Leveau

    • Cnrs
    • 1 September 2005

    Comment l'Europe perçoit-elle les musulmans qui vivent dans sa région depuis les événements du 11 septembre 2001 ? Qui sont ces hommes et ces femmes, issus de l'immigration, difficiles à nommer, à compter et dont les revendications en termes de citoyenneté et d'identité déstabilisent et inquiètent ?
    Les contributions de cet ouvrage mettent en exergue les nouvelles dimensions de la construction, en Europe, d'une société et d'un espace politique où le multiculturel cherche à faire reconnaître sa légitimité. Les auteurs étudient chacun sous un angle différent le lien entre islam et politique (discrimination et formes diverses d'exclusion, islam en milieu fermé comme l'école ou la prison, double identité et inscriptions citoyennes et institutionnelles).
    Les réflexions ici menées montrent que l'on a bien dépassé l'analyse classique de l'intégration. Car aujourd'hui, en dépit d'un débat frileux et exalté, la culture musulmane cherche et trouve progressivement sa place dans les sociétés française et européenne.

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  • La privatisation de l'Etat

    ,

    • Cnrs
    • 3 January 2013

    En 1900, il semblait inenvisageable que l'État devienne propriétaire d'entreprises, qu'il se transforme en industriel, en marchand ou en banquier. N'était-ce pas risquer d'aboutir un jour au collectivisme ? Un siècle plus tard, c'est l'amorce d'une privatisation de l'État, oxymore que certains jugent scandaleux et inadmissible, qui est à l'ordre du jour ? y compris lorsqu'un ministre brandit contre un groupe industriel la menace d'une nationalisation.
    Selon une approche héritée de la Révolution, l'État ne saurait être que res publica, la chose de tous, échappant radicalement à toute privatisation.
    Pourtant, certaines structures étatiques ont, ou ont pu avoir, des rapports beaucoup plus complexes et plus nuancés avec la sphère privée : et en particulier l'État français sous l'Ancien régime, moderne, structuré et décentralisé, qui n'hésite pas à déléguer à l'initiative privée une large part de ses missions régaliennes. La figure de l'État exclusif et monopolisateur n'est donc pas une fatalité, et il est d'autres façons de le concevoir.
    Cette privatisation de l'État constitue du reste une tendance lourde dans la plupart des pays développés, où cette évolution se réalise selon deux modalités : la première (« l'État vers le privé ») correspondant à un transfert graduel de compétences, la seconde, plus novatrice (« l'État comme privé »), tendant à assimiler l'État à une personne privée, sans qu'il soit tenu compte de la singularité irréductible qui résulte de son objet et de sa nature.
    Pour le juriste, pour l'économiste et le financier, pour le politique, et plus largement, pour le citoyen, l'État et son devenir sont plus que jamais au centre du débat.

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  • Le monde en marche

    Renaud Girard

    • Cnrs
    • 16 January 2014

    Éditorialiste et chroniqueur passionné de politique internationale au Figaro, Renaud Girard nous livre sa vision - parfois iconoclaste - des événements souvent dramatiques qui ont rythmé la vie internationale depuis janvier 2013. Guerre civile en Syrie, intervention française au Mali, révoltes égyptiennes, retour des talibans en Afghanistan, tensions entre Russes et Américains ou conflits sanglants entre sunnites et chiites, impuissance européenne, puissance chinoise, dossier nucléaire iranien : rien n'échappe à la pensée au scalpel d'un familier des coulisses diplomatiques qui a couvert lui-même de nombreuses guerres depuis trente ans (Afghanistan, Balkans, Proche-Orient, Rwanda). Entre ses analyses décapantes et son refus des idées conventionnelles, Renaud Girard nous livre dans ces pages autant une chronique étonnamment vivante des événements de l'année qu'une vision panoptique du monde en marche et un outil pour le comprendre. Des repères chronologiques, des cartes, des rappels historiques complètent ce tableau des conflits et des crises en cours qui est aussi un tableau de nos hésitations, aveuglements ou erreurs de jugement.
    Le livre d'un observateur lucide et franc-tireur sur les douloureuses mutations d'un monde qui ne sait plus très bien où il va.

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