Littérature générale

  • L'histoire se déroule dans l'Amérique des années 1950, encore frappée par la ségrégation. Dans une Amérique où le « White only » ne s'applique pas qu'aux restaurants ou aux toilettes, mais à la musique, au cinéma, à la culture populaire. L'Amérique de Home est au bord de l'implosion et bouillonne, mais c'est ici la violence contre les Noirs américains, contre les femmes qui s'exprime. Les grands changements amorcés par le rejet du Maccarthisme, par la Fureur de vivre ou le déhanché d'Elvis n'ont pas encore commencés. En effet, les Noirs Américains sont brimés et subissent chaque jour le racisme et la violence institutionnalisés par les lois Jim Crow, qui distinguent les citoyens selon leur appartenance « raciale ». Pour eux, le moindre déplacement, même le plus simple, d'un état à l'autre, devient une véritable mission impossible. En réponse à cette oppression, l'entraide et le partage ? facilités par l'utilisation du Negro Motorist Green Book de Victor H. Green qui répertorie les restaurants et hôtels accueillant les noirs dans différents états ? sont au coeur des relations de cette communauté noire dans une Amérique à la veille de la lutte pour les droits civiques.
    La guerre de Corée vient à peine de se terminer, et le jeune soldat Frank Money rentre aux Etats-Unis, traumatisé, en proie à une rage terrible qui s'exprime aussi bien physiquement que par des crises d'angoisse. Il est incapable de maintenir une quelconque relation avec sa fiancée rencontrée à son retour du front et un appel au secours de sa jeune soeur va le lancer sur les routes américaines pour une traversée transatlantique de Seattle à Atlanta, dans sa Géorgie natale. Il doit absolument rejoindre Atlanta et retrouver sa soeur, très gravement malade. Il va tout mettre en oeuvre pour la ramener dans la petite ville de Lotus, où ils ont passé leur enfance. Lieu tout autant fantasmé que détesté, Lotus cristallise les démons de Frank, de sa famille. Un rapport de haine et d'amour, de rancoeur pour cette ville qu'il a toujours voulu quitter et où il doit revenir. Ce voyage à travers les États-Unis pousse Frank Money à se replonger dans les souvenirs de son enfance et dans le traumatisme de la guerre ; plus il se rapproche de son but, plus il (re)découvre qui il est, mieux il apprend à laisser derrière lui les horreurs de la guerre afin de se reconstruire et d'aider sa soeur à faire de même.


    Home est le dixième roman de Toni Morrison. À travers l'histoire dure et torturée de ce jeune soldat, c'est un roman de la rédemption que nous offre ici l'auteur. Ce retour à l'Amérique du XX e siècle, avec une focalisation sur les années 1950, est un développement nouveau dans l'oeuvre de Toni Morrison, mais on retrouve pourtant les thèmes qui caractérisent son oeuvre. Elle laisse le lecteur découvrir ces années 1950 qui ne sont finalement que suggérées qu'à travers de petits indices. Elle laisse le souvenir de cette époque se reconstruire à travers les images distillées dans notre inconscient collectif. C'est encore et toujours dans la suggestion que l'art de Toni Morrison se révèle. Elle réussit à faire d'un roman finalement assez court une véritable oeuvre tout en subtilité, en vérités voilées qui se glissent progressivement jusqu'au lecteur avant d'exploser au grand jour.

  • « La disparue s'appelait Rebecca, ou Becky, ou Bex. Elle avait treize ans au moment de sa disparition. » S'esquisse alors le tableau d'un village anglais dont les habitants ne s'effraient pas tant du drame que du constat implacable de leur ignorance des faits, dans laquelle ils se savent bientôt voués à demeurer. Nulle énigme policière à résoudre mais un mystère avec lequel il va falloir vivre. Jon McGregor nous décrit, en treize chapitres, soit treize ans divisés chacun en treize mois lunaires, l'évolution d'une communauté face aux vicissitudes de l'existence, dans un paysage qui, bien que métamorphosé par la construction de treize réservoirs, résiste à merveille aux outrages du temps.
    Jones, le concierge de l'école primaire, s'estime à la fois coupable et victime d'une erreur judiciaire ; James, le petit ami de passage, est hanté par l'événement ; Jane Hughes, le prêtre, quitte le village sans se justifier ; Gordon, séducteur impénitent, voit son charme disparaître avec l'âge ; Irène n'ose avouer son soulagement d'avoir perdu son époux ; Susanna s'installe au village pour fuir un époux violent ; Lynsey et James, adolescents, découvrent le plaisir dans une fougue secrète ; Richard Clark retrouve quelque temps un amour de jeunesse ; Bruce présente son nouveau partenaire à ses proches... Jon McGregor réalise une fine analyse psychologique de tous ces personnages.
    Par sa structure rigoureuse agrémentée de fines variations, Réservoir 13 donne à observer, entendre, découvrir ou reconstituer la vie de villageois au gré du temps et de leurs souvenirs, sans jamais laisser leur imagination - ni la nôtre - triompher d'une réalité qui se refusera toujours à entièrement apparaître. Réservoir 13 n'est pas un puzzle auquel manquerait une pièce, mais un kaléidoscope aux subtiles nuances de lumière. Et c'est peut-être alors par la neutralité parfaitement maîtrisée de son style, alliée à un rythme unique, que Jon McGregor fait le mieux valoir son éclatante audace.

  • Il existe à New York une rue au nom évocateur: Division Avenue. Elle se situe dans une partie spécifique de Brooklyn, le quartier juif orthodoxe. C'est là que vit Surie Eckstein, qui peut s'enorgueillir d'avoir vécu une vie bien remplie: mère de dix enfants, elle passe des jours tranquilles avec sa famille. Alors qu'elle pensait être ménopausée, Surie découvre qu'elle est enceinte. C'est un choc. Une grossesse à son âge, et c'est l'ordre du monde qui semble être bouleversé. Surie décide de taire la nouvelle, quitte à mentir à sa famille et à sa communauté. Ce faisant, Surie doit aronter le souvenir de son ls Lipa, lequel avait - lui aussi - gardé le silence sur une part de sa vie. Un secret peut avoir de multiples répercussions; il permettra peut-être à Surie de se réconcilier avec certains pans de son passé.
    Avec Division Avenue, Goldie Goldbloom trace le portrait empathique, tendre et saisissant d'une femme à un moment charnière de son existence. Et nous livre un roman teinté d'humour où l'émancipation se fait discrète mais pas moins puissante.

  • Lorsque Jiselle, hôtesse de l'air, rencontre le beau pilote Mark Dorn, veuf et père de trois enfants, cela ressemble au début d'un conte de fées. Le passé compliqué de Jiselle, ses sentiments confus envers son père et son désir de plaire la poussent dans les bras de Mark. Il l'épouse, lui permettant de démissionner et d'oublier les mille tracasseries quotidiennes de son travail (accrues depuis l'apparition de la grippe de Phoenix qui rendait les passagers plus nerveux et les allers-retours continuels plus complexes). Au bout de quelques semaines, Jiselle se retrouve dans une ville inconnue : elle emménage dans le chalet de Mark et commence une nouvelle vie avec trois beaux-enfants à sa charge. Alors qu'elle s'évertue à gagner leur amour et à trouver sa place en tant que mère au foyer, Jiselle s'interroge sur la sincérité des sentiments de Mark à son égard. Elle s'inquiète des raisons pour lesquelles il l'a épousée et se demande s'il ne la considère pas plus comme une simple nounou que comme sa femme. En quelques mois, sa vie prend un tour dramatique. Jiselle a de plus en plus l'impression que les filles de Mark, avec lesquelles elle se trouve seule la plupart du temps - leur père étant souvent retenu en Allemagne - la détestent. La grippe de Phoenix, d'abord circonscrite à un périmètre maîtrisable, se transforme en épidémie et son quotidien devient une question de survie. Alors que les événements s'accélèrent autour d'elle, la vie que Jiselle pensait avoir choisie se trouve bouleversée. En effet, tandis que la mystérieuse maladie se répand rapidement à travers le pays, elle commence à se rendre compte que son mariage, ses beaux-enfants et leur monde parfait courent un terrible danger... Mais Jiselle s'endurcit et reprend confiance en elle grâce à la tendre relation qu'elle parvient finalement à construire avec les enfants de Mark. Rassurée, elle se découvre une force intérieure qui lui donne la stature d'une véritable héroïne alors même que le monde semble s'écrouler autour d'elle. Laura Kasischke a étudié à l'Université du Michigan, elle a gagné de nombreux prix littéraires pour ses ouvrages de poésie ainsi que le Hopwood Awards; elle a également reçu la Bourse MacDowell. Ses poèmes ont été publiés dans de nombreuses revues. Ses romans La vie devant ses yeux et A suspicious river ont été adaptés au cinéma. Elle vit dans le Michigan, et enseigne l'art du roman au collège de Ann Arbor. " L'oeuvre de [Kasischke]...
    Nous dévoile un monde parallèle et nous permet d'y vivre. " New York Times Book Review " Dans ce septième roman, qui arrive à point nommé, Kasischke décèle la beauté au milieu de l'apocalypse. [...] Son penchant pour les histoires troublantes, mais prenantes, est à l'oeuvre. Tout comme sa facilité à manier la langue. Elle allie des images saisissantes, et parfois violentes, à une narration remarquablement détachée afin de créer un monde fictionnel dans lequel la terreur, la beauté et le chaos se côtoient. " (Publishers Weekly) " Entre un début obsédant et une fin fascinante, voici un conte sur la beauté, la résilience, l'amour, le sacrifice, et même la grâce, qui surgit aux endroits les plus improbables. Dans un monde vraiment `parfait', chaque livre que je lis devrait m'inspirer autant que celui-ci. " Katrina Kittle, auteur de The Kindness of Strangers " En un monde parfait nous offre une plongée étonnante et sensible au coeur de la nature humaine, tout en révélant un monde terrifiant, et pourtant crédible, que je n'avais encore jamais imaginé. Cette histoire à couper le souffle vous emportera rapidement. " Jessica Anya Blau, auteur de The Summer of Naked Swim Parties " [Kasischke] écrit avec une intensité empreinte d'une expérience du monde, avec une beauté fulgurante, mais aussi avec un humour sournois. [...] Nous sommes inexorablement entraînés vers une série de questions brûlantes, au premier rang desquelles : à quand la suite... ou n'est- ce qu'un espoir impossible ? " (Elle) " C'est un livre du Jugement dernier sous la forme d'un drame familial finement observé, montrant comment les relations dysfonctionnelles évoluent et s'adoucissent face à une menace effrayante. Le lecteur parviendra peut-être à se défaire de l'impression qu'un sort a été tout à la fois jeté et brisé. " (Los Angeles Times) PAGE 1

  • Des dieux sans majuscule Nouv.

    Rosary, Californie. Ici, pas de palmiers et de plage dorée mais une raffinerie de pétrole, une décharge de pneus et de fervents chrétiens évangéliques. C'est ici que Helen tente de vivre une adolescence normale, malgré le décès de sa mère et un père à côté de la plaque. Heureusement, elle peut compter sur le soutien de sa bande d'amis plus ou moins marginaux, les « Têtes-de-bite », et sur celui de sa tante, une voyante mal tolérée par la communauté.
    Alors que les adolescents se cherchent à coups d'Action ou Vérité et d'antiques romans porno, la tension monte à Rosary : le cabinet de voyance de la tante de Helen est de plus en plus menacé, et quelques-uns de ses amis commettent des actes qui pourraient leur coûter cher.
    Des dieux sans majuscule déborde de personnages aussi tordus que touchants. À les voir se lancer dans l'exploration hasardeuse de leurs coeurs respectifs, on glane de quoi réviser sa copie sur l'art et la manière de bâtir une famille face à un avenir dont on ignore tout.

  • À onze ans, Gael Foess a hâte d'être adulte. Elle prend soin de son petit frère sujet à des crises d'épilepsie nombreuses, apprend à conduire en cachette et envie la liberté de ses parents. Carriéristes, ils inculquent à leurs enfants l'idée que la réussite est essentielle. Lorsque le krach boursier de 2008 ruine sa famille quelques années plus tard, Gael comprend à quel point les idéaux et les ambitions peuvent être compromis. Décidée à subvenir aux besoins des siens, la jeune femme quitte son Irlande natale pour Londres et New York, où elle fréquente les galeries d'art. Car son frère a des visions lors de ses crises, qu'il peint sous forme de toiles abstraites - celles-ci pourraient bien être la clef du succès tant désiré. Jusqu'où Gael ira-t-elle pour prouver au monde combien il est facile de retourner le système contre lui??
    Avec Sélection naturelle, Caoilinn Hughes nous livre un roman d'ambition contemporain vif, furieux et électrisant, dans lequel elle décrit des personnages à la dérive et un monde où tous les coups semblent être permis pour s'en sortir.

  • Ils sont trois, une femme et deux hommes. Alors qu'il est toujours plus difficile d'accéder à l'emploi au sortir de ses études, ces trois personnages banals et sans liens apparents se voient proposer un travail à l'Usine.
    L'Usine, un gigantesque complexe industriel de la taille d'une ville et qui s'étend à perte de vue, jusqu'aux montagnes environnantes. C'est là qu'ils vont désormais travailler, à des postes pour le moins curieux : l'un d'entre eux est chargée d'étudier des mousses pour végétaliser les toits, un autre relit des écrits de toutes sortes et les corrige. La dernière, elle, est préposée à la déchiqueteuse, et passe ses journées à détruire des documents. Très vite, la monotonie et l'absence de sens les saisit, mais quand on n'a pas le choix car il faut bien gagner sa vie, on est prêts à accepter beaucoup de choses... Même si cela implique de voir ce lieu de travail pénétrer chaque strate de leur existence ?
    Dans une ambiance kafkaïenne où la réalité perd peu à peu de ses contours, et alors que d'étranges animaux commencent à rôder dans les rues, les trois narrateurs se confrontent de plus en plus à l'emprise de l'Usine.
    Hiroko Oyamada livre un roman sur l'aliénation au travail où les apparences sont souvent trompeuses.

  • « Mallarmé ou Rimbaud ? » demande Marguerite Duras à son locataire qui aspire à écrire, ne comprend pas, une fois de plus, sa question et s'en étrangle. C'est que, lui avait expliqué un camarade d'exil, Marguerite parle
    un français supérieur.
    De fait, en l'interrogeant sur son destin littéraire, elle lui demande de choisir entre l'option nomade (Rimbaud, Hemingway, la virilité) et l'option sédentaire (Mallarmé, même domicile à vie). Malgré son inclination pour la première, le narrateur se prononce pour la deuxième parce qu'il craint que Duras ne l'enjoigne à quitter Paris et à libérer ainsi la mansarde dont il oublie de lui payer le loyer. En revisitant ironiquement ses jeunes années à Paris, ce double de Vila-Matas s'inscrit dans une lignée d'écrivains exilés, dont le plus célèbre est Ernest Hemingway, à qui il s'identifie : « Il y a, je ne sais combien d'années, que je bois, grossis et crois (...) que je ressemble de plus en plus à l'idole de ma jeunesse, Hemingway. » Hemingway qui, dans Paris est une fête, évoque le temps où il était très pauvre et très heureux.
    En revanche, le héros de Paris ne finit jamais est, lui, très pauvre et très malheureux.
    Rejeté par la moitié du monde, y compris par la concierge valencienne de l'immeuble (« Les Français ne veulent plus travailler, ils veulent tous écrire. Il ne manquait plus que les Catalans se mettent à vouloir les imiter. »), le
    narrateur découvre au fil des jours que, comme dit John Ashbery, après avoir vécu à Paris, on est incapable de vivre ailleurs, y compris à Paris.

  • Avec Love, son dernier roman, Toni Morrison travaille sur la mémoire et l'obsession. Nous y découvrons un groupe de personnages féminins littéralement captivés par un homme, décédé depuis vingt-cinq ans au moment où s'ouvre le roman, vers le milieu des années 1990.
    Cet home, Bill Cosey, possédait jadis un hôtel pour Noirs fortunés, sur la côte est des USA. L'hôtel connut son heure de gloire au milieu du 20ème siècle ; tout ce que la communauté noire comptait d'artistes, de médecins, d'hommes d'affaire ou de femmes du monde venait s'y retrouver pour prendre du bon temps au bord de l'océan.
    Le mouvement pour les droits civiques et la déségrégation ont bouleversé cet univers présenté comme idyllique, si l'on oublie le caractère très exclusif de la politique commerciale mise en place par Bill Cosey, qui refusait l'accès à son établissement aux plus pauvres de sa communauté. L'hôtel a fini par fermer, et la demeure familiale est devenue le champ de bataille de deux femmes, Heed, la veuve de Cosey, et Christine, la petite -fille du maître des lieux. Ce sont d'anciennes « meilleures amies » d'enfance, mais leur amitié connut un tournant fatal lorsque Cosey, lui-même veuf, choisit de se remarier avec Heed, qui avait alors onze ans.
    La différence d'âge entre cet homme, déjà grand-père, et cette petite -fille n'est pas le seul sujet de scandale. Heed vient par ailleurs d'une famille extrêmement pauvre et illettrée et elle a le plus grand mal du monde a tenir sa place dans un univers familial très critique. Heed et Christine deviennent peu à peu les meilleures ennemies du monde, surtout après la mort de Cosey, qui laisse derrière lui un testament fort ambigu. La lutte des deux femmes, pour savoir qui est l'« enfant chérie » à laquelle reviendra la fortune de Cosey, constitue un des moteurs du roman. Christine veut faire appel de la décision du juge, pendant que Heed, qui a recruté une jeune fille, une tête brûlée du nom de Junior, entend fabriquer avec elle un faux testament, qui serait plus indiscutable.
    À la toute fin du roman, les deux femmes se retrouvent dans l'hôtel abandonné, dans des circonstances dramatiques, qui seules leur permettront de se parler enfin, de se retrouver et de comprendre que chacune n'a finalement plus que l'autre, avant le retournement final, dû à la voix narrative, venue d'outre -tombe, de L, une autre de ces femmes qui gravitaient autour de Bill Cosey.
    Love, en apparence, ne semble pas s'attaquer à de grandes et tragiques questions, comme avait pu le faire Beloved. Il n'empêche que Toni Morrison nous plonge à la fois dans une réflexion sur l'histoire de la communauté afro-américaine qui est tout sauf conventionnelle, et dans un huis clos psychologique, qui lui permet une présentation extrêmement pénétrante des relations entre les femmes et l'homme, des relations des femmes entre elles, toujours en rivalité pour être l'élue de cet homme aux multiples facettes, qui sont autant de facettes imaginaires qu'elles ont elles-mêmes mises en place. De fait, Love est également bel et bien un roman qui parle d'amour, qui parle de l'amour.

  • Alexandr et Christine, Lydia et Zachary partagent une amitié très intime depuis leur rencontre alors qu'ils avaient 20 ans. Trente ans plus tard, Alex et Christine reçoivent un appel bouleversé de Lydia : Zach est mort. Ce décès les touche profondément, les trois amis encore vivants paraissent subitement partir à la dérive : tous s'accordent pour dire que Zach était le plus sain et le plus gentil d'entre eux, celui qu'ils ne pouvaient se permettre de perdre. Plutôt que de les rapprocher, la perte de Zach déforme leur relation, faisant remonter à la surface les enchevêtrements passés, les griefs tus. L'amour et le chagrin qui auraient pu les réunir se transforment en colère et amertume.

    Occasions tardives explore les entrelacs des relations les plus intimes. Sous la surface des arrangements et compromis de l'existence, reposent d'autres configurations, différentes, insondables, qui, bien que semblant appartenir au passé, demeurent la trame essentielle des amitiés et des amours unissant ces quatre protagonistes. Et quand un fil rompt, tout se détricote, la trame réaffirme sa présence. Naviguant encore une fois entre présent et passé, Tessa Hadley raconte avec délicatesse de quelle manière ces quatre amis demeurent régis, presque malgré eux, par les premiers liens qu'ils ont noués. L'espace que laisse la mort de l'un d'eux bouscule l'équilibre de leur arrangement. Comment le retrouver ?

  • " En ces heures où le paysage est une auréole de vie, j'ai élevé, mon amour, dans le silence de mon intranquillité, ce livre étrange... " qui alterne chronique du quotidien et méditation transcendante.
    Le livre de l'intranquillité est le journal que Pessoa a tenu pendant presque toute sa vie, en l'attribuant à un modeste employé de bureau de Lisbonne , Bernardo Soares. Sans ambition terrestre, mais affamé de grandeur spirituelle, réunissant esprit critique et imagination déréglée, attentif aux formes et aux couleurs du monde extérieur mais aussi observateur de " l'infiniment petit de l'espace du dedans ", Bernardo Soares, assume son "intranquillité" pour mieux la dépasser et, grâce à l'art, aller à l'extrémité de lui-même, à cette frontière de notre condition ou les mystiques atteignent la plénitude " parce qu'ils sont vidés de tout le vide du monde ". Il se construit un univers personnel vertigineusement irréel, et pourtant plus vrai en un sens que le monde réel.

    Le livre de l'intranquillité est considéré comme le chef-d'oeuvre de Fernando Pessoa.

    Après le succès considérable de la première édition française, parue en deux volumes (1988 et 1992), puis de la seconde édition, intégrale, en un volume (1999), nous présentons aujourd'hui cette troisième édition, entièrement revue et corrigée, d'après le dernier état de l'édition portugaise (8e édition, 2009), publiée par Richard Zenith. Celui-ci a en effet introduit de nouvelles et nombreuses modifications, rectifiant ainsi les multiples erreurs de lecture qui entachaient l'édition portugaise originale (parue en 1982) ; figurent en outre dans le présent volume de nombreux inédits retrouvés par Richard Zenith depuis la première publication au Portugal. L'ordre des textes adopté ici, comme auparavant dans la 2e édition, diffère de l'ordre suivi dans la 1ère édition, pour obéir à une organisation thématique, mais plus dynamique et plus fidèle, dans la mesure du possible, à la chronologie des différents fragments. Enfin, la traduction proprement dite a fait à son tour l'objet d'une nouvelle révision approfondie par la traductrice elle-même, qui s'est efforcée de rendre, avec le maximum de transparence, la force poétique et dramatique de ce texte, l'un des chefs-d'oeuvre de la littérature du XXe siècle.

  • L'Arsenal de Rome détruite Nouv.

    Aurelio Picca est un amoureux de Rome, mais la Rome qu'il aime n'a rien à voir avec celles des guides de voyage et du tourisme de masse : c'est la Rome des bas-fonds, celle où les garçons des rues côtoient les prostituées dans des bars louches, où les malfrats disparaissent dans les ruelles, où les conflits se règlent parfois en assassinats aux yeux de tous.
    Aurelio Picca arpente sa ville et voyage dans ses souvenirs : on lira dans L'Arsenal de Rome détruite le récit de nuits passées dans le quartier de l'EUR, le portrait de quelques criminels qu'il a croisés et avec qui, parfois, il est devenu ami. C'est un ouvrage fourmillant d'anecdotes où se découvre l'envers de la Ville éternelle : une cité brinquebalante, à la fois maîtresse et amante, lumineuse et sale. L'auteur y démontre qu'il a bien mérité son surnom de « Henry Miller des Castelli Romani ».

  • Donald, un métis Chippewa-Finnois de 45 ans, est marié à une femme blanche, et père de deux enfants. Atteint d'une sclérose en plaque, il réalise que personne ne sera capable de transmettre à ses enfants l'histoire de leur famille après sa mort. D'un naturel peu bavard, il commence alors à dicter à sa femme Cynthia des histoires qu'il n'a jamais partagées - sur sa relation à un héritage spirituel unique ou sur la façon dont voilà trois générations sa famille s'installa dans le Michigan et fit fortune dans l'industrie du bois. Pendant ce temps, autour de lui, sa famille lutte pour l'aider à mourir avec la même dignité que celle qui l'a caractérisé toute sa vie. Cynthia a fondé cette famille avec lui pour échapper à l'influence diabolique de son père. Pendant l'année qui suit la mort de Donald, ses proches cherchent un sens à ce deuil. Sa fille se plonge dans l'étude des idées Chippewa sur l'au-delà à la recherche d'indices sur la religion de son père. Cynthia et son excentrique frère David découvrent bien plus tard que la rédemption n'est pas une cause perdue. Jim Harrison écrit sur le coeur de ce pays comme personne, sur la culture de l'Amérique indigène, sur notre place dans le monde naturel et les plaisirs qui élèvent la vie jusqu'au sublime. Dans son nouveau roman, Jim Harrison propose une expression éloquente du deuil à travers le personnage de Donald. Jim Harrison sonde les motifs qu'il a explorés tout au long de sa prolifique carrière : le pouvoir cicatrisant de la Nature, le lien profond entre la sensualité et le spirituel, le royaume des esprits, la vie dans un chalet perdu en pleine nature, la pêche et la chasse. Un beau roman mélancolique et trépidant, plein de rêves et de visions d'ours. « La nourriture est un excellent thème littéraire. La nourriture dans l'éternité, la nourriture et le sexe, la nourriture et le désir. La nourriture fait partie intégrante de la vie. Elle n'est pas à part. » (Jim Harrison)

    Scénariste, critique gastronomique et littéraire, journaliste sportif et automobile, Jim Harrison, né en 1937 dans le Michigan, décide de devenir écrivain à l'âge de douze ans. D'abord enseignant à l'Université de New York, il retourne dans sa région natale et connaît ses premiers succès avec sa poésie, puis bifurque vers le roman. Depuis, il a publié quatre recueils de nouvelles, sept de poésie, sept romans et une autobiographie, En marge. Lauréat de multiples prix (National Endowment for the Arts 1968-1969), ses romans ont été adaptés à plusieurs reprises au cinéma.

  • Des rapaces parcourent le ciel, des chiens gambadent et des couguars se tapissent parmi les arbres. Les plaines sont balayées par les vents, les forêts sont lugubres ou enchanteresses et quand il ne neige pas, c'est qu'il va neiger. Dans La Rivière en hiver, Rick Bass se consacre aux fluctuations météorologiques, à la terre et à ceux qui l'habitent, solitaires et touchants. Que les hommes affrontent la nature ou la négligent, cette dernière les fascine au point de leur couper le souffle. Et si ses personnages s'adonnent à des activités quotidiennes - pister un élan, veiller sur un énorme poisson-chat ou trouver le parfait sapin de Noël - celles-ci se transforment, sous la plume de Rick Bass, en une expédition aux allures mythologiques parfois périlleuse, toujours mémorable.
    Rick Bass, considéré comme l'un des écrivains majeurs de l'Ouest américain, démontre avec La Rivière en hiver qu'il excelle dans la forme courte. Les huit nouvelles de ce recueil ont la densité et la force des meilleurs romans.

  • Un soir de printemps, Driss Guerraoui quitte le diner dont il est propriétaire. Au moment de traverser une intersection sombre de sa ville en Californie, dans le désert du Mojave, il est tué par un chauffard. Seul un homme est témoin de cette scène : Efraín Aceves, un père de famille d'origine mexicaine. Son statut de sanspapiers et la peur de l'extradition l'empêchent de témoigner. La mort de Driss est-elle un accident ? Ou bien découle-t-elle d'autre chose ? Un crime haineux, raciste ?
    Au fil du roman, plusieurs habitants de cette ville de Californie prennent alternativement la parole à l'instar d'un choeur de tragédie, leurs histoires se chevauchent, faisant de ce roman l'un des textes les plus saisissants sur l'immigration contemporaine. Dans une société qui se divise toujours plus, Laila Lalami nous rappelle que nous sommes tous l'étranger de quelqu'un.

  • Le 7 février 2009, les flammes ont ravagé le bush australien et causé la mort de 173 personnes. Un des incendies les plus meurtriers de l'histoire de l'Australie.
    Derrière ce géant de flammes et de fumée se dessine bientôt la silhouette d'un monstre à taille humaine, accusé d'avoir délibérément mis le feu avant de contempler, assis sur le toit de sa maison, les eucalyptus brûler à perte de vue. Dans la vallée minière reculée de Latrobe, dominée par les énormes cheminées de la centrale à charbon la plus polluante du monde, Chloe Hooper se lance sur la piste du présumé pyromane, dix ans après les faits.
    Qui devient incendiaire, et pourquoi ? Thriller psychologique documentaire aux allures de chasse à l'homme, L'Incendiaire met à nu les ambiguïtés de la société australienne et aborde de front son rapport à la crise environnementale contemporaine.

  • Le syndrome de Gilles de la Tourette est-il héréditaire ? Qu'est-ce que la clupéophilie ? Comment appréhender les expériences de mort imminente ? Autant de questions abordées par Oliver Sacks dans Chaque chose à sa place. Qu'il parle de natation, des musées londoniens, de ses dissections de seiches, qu'il décrive des cas neurologiques ou aborde des sujets aussi variés que la vie ex¬tra-terrestre, les fougères et autres plantes de Park Avenue, c'est toujours avec le même précieux mélange d'érudition, de sensibilité et d'humour qu'il dépeint, explique ou théorise. Le lecteur découvrira l'homme derrière l'écrivain neurologue, un formidable pédagogue capable de nous passionner en toute chose.

  • Quand il découvre un éléphant rose et luminescent qui brille au fond de la grotte où il passe ses nuits, Schoch, un sans-domicile-fixe porté sur l'alcool, croit d'abord à une hallucination, puis à une plaisanterie. Mais le petit animal qui lui fait face bouge, bat des oreilles et lève la trompe. Peut-être pour l'avertir de ce qui va suivre : parce qu'il est impliqué, malgré lui et sans le savoir, dans un projet de manipulation génétique, Schoch est à partir de cet instant traqué par un chercheur véreux, un vétérinaire jaloux et un géant chinois bien décidés à le retrouver et à lui arracher l'animal.
    Conte de fée moderne, Éléphant est aussi un livre authentique et poignant sur la vie des sans-abri, sur la résilience et une magnifique histoire d'amour, un roman qui raconte comment on peut rester un être humain en des temps de barbarie scientifique, comment on peut refuser à la fois la fatalité de l'échec et la logique implacable de la réussite. Martin Suter y retrouve le ton, l'imagination et la profondeur de ses plus grands livres, Small World, La Face cachée de la lune ou Le Temps, le Temps. La structure extraordinairement précise entrelace les scènes de différentes époques avec maestria, chacune éclairant les autres et entretenant le suspens.
    Comme à son habitude, Martin Suter a bâti son roman sur des recherches approfondies : il a rencontré le directeur de l'institut Hertie de Recherche clinique sur le cerveau à l'université de Tübingen, la directrice et titulaire de la chaire de médecine génétique à l'université de Zurich, un expert en éléphants et conservateur senior au zoo de Zurich, ainsi qu'un expert international en fécondation artificielle d'éléphants à l'institut Leibniz de Recherche sur les animaux de zoo et sur les animaux sauvages de Berlin.

  • Jungle au vert intense, fleuve boueux et langueur tropicale : nous sommes dans la ville de San Cristobál en 1993. Là, le pittoresque côtoie la noirceur, comme le découvre notre narrateur : jeune fonctionnaire aux affaires sociales, il doit y mettre en place un programme d'intégration des communautés indigènes de la région. Très vite, la torpeur locale est perturbée par l'arrivée d'enfants, inconnus et presque sauvages, qui pillent les rues. Mais d'où sortent tous ces enfants ? Quelle est cette langue qu'ils parlent et qui n'appartient qu'à eux ? D'abord étonnante et vaguement inquiétante, leur présence aura des conséquences tragiques. Vingt ans plus tard, l'ancien fonctionnaire se souvient et revient sur la succession d'événements ayant conduit au drame.
    Dans une échappée à l'ordre établi par les adultes, Andrés Barba nous invite à redéfinir notre idée même de l'enfance avec cette grande fable qui nous hantera longtemps.

  • Canada, 1903. Mary Bolton, 19 ans, vient de tuer son mari. Poursuivie par ses beaux-frères, des jumeaux géants et roux assoiffés de vengeance, la jeune veuve s'enfuit. En chemin, elle rencontre une série de personnages hauts en couleurs auxquels elle s'attache un temps avant de toujours reprendre la route...
    Gil Adamson bâtit un grand récit picaresque, à la fois captivant et émouvant, la plongée volontaire d'une jeune femme dans les espaces du grand Nord américain.

    « La veuve est un roman tout simplement superbe. À travers la beauté de son écriture, on sent que Gil Adamson a tout pour devenir un grand écrivain. [...] Le suspense de ce livre est tel que l'on en ressent physiquement la tension, un effet produit uniquement par les meilleurs romans. » (Jim Harrison) « Un premier roman remarquable, plein de verve, magnifiquement écrit dans la tradition des grands romans d'aventure. » (Michael Ondaatje)

    Sur commande
  • Plusieurs récits traversent à des vitesses et à des profondeurs différentes ce
    roman constitué par le journal d'Udo Berger. Leur enchevêtrement de ces récits
    fait de ce roman un objet inquiétant, à la puissance sombre duquel il est
    difficile d'échapper. Le premier récit suit la transformation d'Udo, ce jeune
    Allemand champion de jeux de guerre, venu passer quelques jours sur la côte
    méditerranéenne espagnole avec son amie, Ingeborg. Sa passion des jeux est
    telle que, plutôt que d'aller à la plage, il préfère passer son temps à mettre
    au point la stratégie qui le fera gagner au Troisième Reich, une reconstitution
    de la Deuxième Guerre Mondiale qu'il aborde d'un point de vue purement
    intellectuel, sans signification historique. Il finit par trouver un adversaire
    pour une partie de ce jeu en la personne du Brûlé. Cet individu, qui au départ
    ignore tout de ce jeu, vit sur la plage, dans une forteresse de pédalos, et
    doit son surnom aux séquelles des tortures qui lui ont été infligées sans doute
    dans un pays d'Amérique latine. Contre toute attente, le champion est battu et,
    de retour en Allemagne, cette défaite l'éloigne peu à peu des jeux et du monde
    des joueurs. En même temps qu'Udo entame sa difficile évolution, nous faisons
    connaissance d'un autre couple de jeunes Allemands, Hanna et Charly, eux aussi
    en vacances. Ce couple entretient des rapports difficiles, voire violents, dont
    Udo ne connaît pas les raisons. Le petit groupe rencontre deux Espagnols, assez
    louches, qui vont souvent réapparaître aux côtés des jeunes Allemands. Un crime
    - un viol- a peut-être été commis. Ces deux hommes sembleraient y être mêlés de
    près ou de loin. Rien n'est clairement explicité. Mais que ce crime ait eu lieu
    ou non, il plane au-dessus des personnages comme une sorte de malédiction liée
    aux mensonges et à l'indifférence de ceux qui savent. Alors que la relation
    entre Hanna et Charly prend un tour plus apaisé, ce dernier saisit sa planche à
    voile et disparaît en mer. Hanna rentre alors en Allemagne. Ingeborg repart
    elle aussi. Seul Udo refuse de quitter les lieux, sous prétexte d'attendre la
    découverte du cadavre de Charly. C'est à ce moment-là qu'il se met à jouer avec
    le Brûlé. Finalement, dans l'hôtel où il a séjourné avec ses parents, Udo
    retrouve Frau Else, la propriétaire dont il était amoureux quand il était
    adolescent. Il la poursuit de ses assiduités. Elle n'y est pas complètement
    insensible. Udo croit comprendre que le mari de celle-ci, pourtant gravement
    malade, aide le Brûlé dans le combat qu'il livre au Troisième Reich, comme une
    manière de se venger de lui. Malgré l'été et le soleil, c'est une atmosphère
    sombre qui imprègne l'ensemble du roman. Alternant des passages d'une grande
    précision technique quant aux développements de la guerre et d'autres plus
    contemplatifs, dont on ne sait s'ils sont le produit de la réalité ou le reflet
    d'hallucinations d'Ugo, Roberto Bolaño offre un roman crépusculaire ou il
    questionne de nouveau l'Histoire et le Mal. Roberto Bolaño est né à Santiago du
    Chili en 1953. Après avoir vécu au Mexique, il retourne dans son pays d'origine
    au moment du coup d'État de Pinochet. Il y sera brièvement incarcéré. Revenu au
    Mexique, il fonde « l'infraréalisme », groupe littéraire d'avant-garde,
    héritier de Dada et de la Beat Generation, entre autres. Il est arrivé comme
    une bombe sur la scène littéraire espagnole avec, d'abord, La littérature nazie
    en Amérique, puis Les détectives sauvages. Il a reçu le Prix Herralde en 1998,
    le Prix Romulo Gallegos, le plus prestigieux d'Amérique latine, en 1999.
    Héritier hétérodoxe de Borges, de Cortázar, de Artl, d'Onetti, à la fois poète
    et romancier, il saisit à bras le corps la littérature et l'histoire de sa
    génération, et est passé maître du brassage des registres, situations et
    personnages. Roberto Bolaño est mort en juillet 2003 à Barcelone à l'âge de 50
    ans. Dans ce roman crépusculaire, on retrouve quelques-uns des thèmes chers à
    l'auteur, ses préoccupations éthiques, repris plus tard, remaniés, amplifiés,
    bouleversés, dans la Littérature nazie en Amérique, Étoile distante, Nocturne
    du Chili et 2666. Sur 2666 : « 2666 n'est pas un roman mais un bréviaire pour
    les temps présents, un immense manuel de deuil et de mélancolie. [...] Chant
    d'adieu, de tristesse et de colère où viennent saluer quelques-unes de ces
    émotions dont on peine à se déprendre: l'art, l'errance, l'histoire, l'amitié,
    les utopies. On y lit une esthétique de l'indécision qui ne ressemble à rien de
    connu, si ce n'est les variations morbides chères à David Lynch. C'est un livre
    moderne, indifférent à la modernité. Inoubliable. » (Olivier Mony, Le Figaro
    Magazine) Sur Le Secret du mal : « Le secret du mal est un recueil de nouvelles
    de l'outre-monde. Des textes posthumes de l'immense écrivain chilien Roberto
    Bolaño, qui a su saisir à bras-le-corps la littérature et l'histoire de toute
    une génération. L'auteur nous réjouit parce qu'il joue en permanence du fossé
    entre le ciel supposé des poètes et la réalité terrestre, encombrée d'un grand
    nombre de catastrophes, sans jamais céder à ce fameux réalisme magique qui a
    fini par empoisonner le roman sud-américain. Bolaño, qui ne croyait ni aux
    littérateurs ni à la littérature, a accouché d'une oeuvre pyramidale  sur
    laquelle, à la fois grand prêtre et victime, il s'est éviscéré. Ce que l'on
    souhaiterait, c'est que la découverte de nouveaux écrits de Bolaño continue. »
    (Joseph Macé-Scaron, Marianne) Sur Conseils d'un disciple de Morrison à un
    fanatique de Joyce : « Roman de la circulation, des échanges incessants, les
    Conseils... constituent autant d'aboutissements que de pistes, de plaisirs que
    de frustrations. » (Hugo Pradelle, La Quinzaine littéraire) PAGE 1

  • « Les voix du Pamano est une saga catalane sur la haine et le meurtre, sur un amour presque monstrueux dont la violence perdure des décennies après la mort, sur une gigantesque falsification de l'Histoire, sur le pouvoir de l'argent dans les mains d'une femme fascinante mais aussi formidablement assoiffée de vengeance. Une vengeance née du terrible été 1936, lorsque la jeune Elisenda Vilabrù voit son père et son frère se faire brutalement tuer par les anarchistes de son village. [...] Ce roman est un mélange fascinant de temps, de personnages et d'événements. En une phrase, l'histoire peut avancer de 60 ans avant de revenir au point de départ. [...] Ce livre a un charme remarquable, il est éminemment poétique. Sans compter qu'il est rarissime d'avoir envie de relire un livre depuis la première page après avoir tourné la dernière.» (Ariane Thomalla, Arte) « Cabré raconte avec une habilité stupéfiante une histoire de sentiments et de passions qui, de 1944, nous emmène à la période actuelle comme s'il s'agissait d'un présent continu, captivant. » (Andrea Camilleri)

  • Nunavut, fin des années 1970. Dans ce territoire isolé du nord du Canada, la rudesse de la nature et du froid est redoublée par le mépris dans lequel sont tenus ses habitants, les Inuits.
    Une adolescente grandit. Elle connaît l'amitié, l'amour parental, l'art du camouflage et de la survie. Elle connaît l'ennui et l'intimidation. Les ravages de l'alcool, la violence sourde, la menace des hommes, le courage d'aimer les petites peurs. Elle connaît le pouvoir des esprits. Elle scande en silence la puissance brute, amorale, de la glace et du ciel.
    C'est l'histoire d'une fille qui devient femme, en s'appropriant son corps, sa culture, sa voix.
    Croc fendu chronique les jours terribles d'un village écrasé sous le soleil de minuit. Mêlant descriptions hallucinées et plongées intimistes, ce portrait d'une héroïne inoubliable nous pousse à reconsidérer la différence entre le bon et le mauvais, l'animal et l'humain, le réel et l'imaginaire.

  • Un jeune sous-lieutenant, après avoir servi en Angola pendant vingt-sept mois, rentre au pays où il ramène un tout jeune orphelin. Cet enfant noir, qui a survécu à la destruction de son village et au massacre des siens par l'armée portugaise, il va l'élever comme son propre fils. Plus de quarante ans plus tard, le vétéran et sa femme ont fait le trajet depuis Lisbonne pour rejoindre la vieille maison de famille, dans un village reculé et quasi abandonné, quelque part au pied des montagnes. Dans trois jours, conformément à la tradition, on tuera le cochon. Comme chaque année, leur fille, leur fils adoptif et son épouse, les rejoignent pour l'occasion. Dès le prologue, on apprend que ces retrouvailles connaîtront un dénouement tragique : le jour de la tue-cochon, l'animal ne sera pas le seul à se vider de son sang.
    Dans les vingt-trois chapitres que compte le livre, à mesure que l'on s'approche du terme fatal de ces trois journées, on entendra alternativement les voix des différents membres de la famille, tout particulièrement celles du père, que l'Angola « ne lâche pas », et de son fils adoptif. L'ancien militaire n'en finit pas de revivre les horreurs de la guerre : toutes les attentions de sa femme, pourtant elle-même forcée de se battre contre un cancer, et les séances collectives de psychothérapie à l'hôpital n'y font rien.
    Quant à son fils, c'est une autre guerre qu'il mène : sans cesse renvoyé à son identité de « Nègre », il est en butte à l'hostilité générale et au racisme le plus vil, y compris de la part de sa propre épouse, qui le méprise et l'humilie. Après des décennies de non-dits, de souvenirs escamotés, d'interrogations refoulées, quelles relations ces êtres peuvent-ils encore entretenir ?
    Dans ce nouveau livre de Lobo Antunes, poignant, brutal, violent, mais qui sait également être tendre, délicat, une fois encore chacun fait de son mieux pour sauver sa peau - et sa part d'humanité.

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