Sciences & Techniques

  • Depuis l'invention du paysage, le spectacle visuel a déterminé l'essentiel de notre rapport à l'arbre et à la forêt. Regardeur du monde, l'homme peut-il aussi l'écouter ?
    En nous invitant à l'écoute attentive des sons naturels comme du silence, ce livre nous sort puissamment du parti pris du « spectacle » pour redonner toute sa place à la part « sylvestre » de l'homme. Sont convoquées les oeuvres d'art qui ont inventé la beauté de la forêt : la musique, la littérature, la poésie, le cinéma dont la beauté s'origine aussi dans le son.
    Par ailleurs, le souci écologique voisinant avec le plaisir esthétique, géographes et chercheurs en biologie donnent voix à la notion d'environnement et nous disent pourquoi le paysage sonore peut devenir un précieux instrument de diagnostic de la biodiversité.

  • Trois interrogations que nous jugeons essentielles sont examinées dans ce livre.
    D'abord il va être question de la constitution d'un langage - la nomenclature chimique -, un langage dont les mots veulent, doivent exprimer la nature des corps ainsi désignés. Il ne s'agit plus d'une étiquette, mais joue la correspondance " voco-structurale ". Problème voisin : comment représenter par une figure l'architecture même de substances complexes ? Pourra-t-on, à l'aide de quelques lignes, donner à voir et à penser l'organisation de telle ou telle substance ? Enfin, - les chimistes, mis en présence d'une multitude de composés qui ne cesse de croître, doivent les répartir de telle façon que les plus proches soient réunis et les différents nettement séparés.
    Et chacun sait que Mendeleïev réussira cette distribution exemplaire, elle-même source de nouvelles découvertes. Bref, le mot, la figure, la fresque nous retiennent, les chimistes ayant inventé une discipline à la fois linguistique, iconique et topographique. F. D.

  • « Tu sais comme est belle l'eau qui baigne les rivages de France, tu la regardes volontiers au ras des plages ou bien, en surplomb, du haut de falaises prodigieuses. Caps, criques, baies, lagunes, dunes, horizon, tu aimes la lumière, le vent, le scintillement et l'écume. Près de la mer ont poussé des maisons, des immeubles, des ports de plaisance et des raffineries de pétrole. Comment conserver la beauté du monde dans un pays moderne ? » Odile Marcel évoque dans cette promenade littéraire très personnelle l'invention du Conservatoire du littoral, en 1975. Elle raconte son travail, depuis trente-sept ans, pour obtenir la protection de près de sept cents sites « pour tous et pour toujours ».
    En racontant plus particulièrement les histoires, heureuses et mouvementées, de neuf sites sur les rivages de l'hexagone et d'outre-mer (la Guyane, L'anse de Paupilles, le Domaine de Rayol, Agriate, l'abbaye de Beauport.), elle décrit la mission du Conservatoire, une initiative institutionnelle originale qui oeuvre à construire un accord entre les propriétaires, les habitants et les élus. Une telle démarche a permis de protéger déjà plus du dixième des littoraux en France, illustrant la persistante capacité des citoyens à instituer le territoire en bien commun, à le tenir pour une ressource à partager dans le respect de la part qui doit rester à la nature.
    Comme si les hommes, autour de bonnes lois et par des processus de fortes concertations, savaient trouver en eux le ressort pour s'entendre afin de favoriser la durée des choses.

  • Entre prouesses mécaniques et mythe littéraire, les automates, les androïdes, les machines pensantes ont toujours suscité le rêve ou la crainte.
    Or voici qu'en 1948 un mathématicien de génie en entreprend la théorie. Dans un langage à la fois simple et rigoureux, John von Neumann se situe d'emblée au niveau des plus récentes recherches contemporaines (théorie des automates, théorie de la complexité).
    Né à budapest en 1903, John von Neumann est à l'origine de la construction du premier ordinateur. Considéré comme l'un des pères fondateurs de l'informatique, il en jette les bases théoriques, qui servent aujourd'hui encore dans nos micro-ordinateurs.
    Surtout, il comprend dès 1950 que l'ordinateur n'est pas seulement un calculateur mais aussi une machine capable de travailler sur des informations autres que numériques. Il prévoit qu'une comparaison entre l'homme et la machine peut être fructueuse pour la science. S'intéressant alors à la biologie et plus particulièrement à la neurobiologie, il défend l'idée de réseaux de neurones formels, c'est-à-dire de machines conçues sur le modèle de notre cerveau, trente ans avant que de telles réalisations viennent sur le devant de la scène scientifique et technique.
    Par là même, John von Neumann fonde les bases de ce qui deviendra la science des automates.
    Ce texte constitue donc un moment de l'histoire de la pensée scientifique et technique, en même temps qu'un document d'actualité, par le caractère prémonitoire de la réflexion.

  • Ce livre se propose d'introduire dans le débat intellectuel français l'un des champs de recherche les plus novateurs de ces dernières années : l'histoire environnementale, dont la portée dépasse largement les frontières de la discipline historique, pour s'adresser à l'ensemble des sciences sociales et humaines mais aussi des sciences de la nature, des sciences de la vie et des sciences exactes. Les défi s environnementaux qui engagent le futur de nos sociétés ont contribué à décloisonner cette discipline, dont les approches ne sont plus aujourd'hui l'apanage des seuls historiens mais des questions partagées par tous : comment en sommes-nous arrivés là et de quelle manière les di. érentes sociétés humaines sont-elles caractérisées par un certain type de relation à ce qui les entoure ?

  • Cet ouvrage original est le récit captivant de la constitution en France dès les années 60 d'une société vert clair, alliant à la fois modernité technologique et considérations environnementales. La teinte vert clair évoque non seulement la modération, les compromis et les demi-mesures, mais aussi l'ambiguïté profonde qui a caractérisé la réception des idées écologiques par les citoyens français. En parallèle au développement technologique effréné destiné à rattraper un retard rendu responsable de la défaite en 1940, on assiste en France à la montée en puissance des idées et des mouvements écologistes, très critiques vis-à-vis de la société technologique.
    Cet ouvrage a reçu le Prix G.P. Marsh de l'American Society for Environnemental History.

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  • L'impact des développements scientifiques et technologiques sur l'évolution de la société et sur les modes de vie n'est plus à démontrer.
    Cette dernière moitié du vingtième siècle, en particulier, a connu l'accélération considérable d'un processus d'intégration d'éléments technologiques aux modes de production économique et à la vie sociale. Plus largement, depuis trois siècles, les développements scientifiques marquent profondément nos représentations culturelles. Les méthodes de production des savoirs scientifiques conduisent à une parcellisation de la connaissance et à un oubli du point de vue de la globalité.
    Par ailleurs, les producteurs du savoir pratique tendent à répondre aux attentes des commanditaires, essentiellement guidés par la rentabilité économique de leurs entreprises. Paradoxalement, nos sociétés profondément modelées par le processus constant de développement des connaissances et d'innovation technologique manquent d'instances d'analyse et d'évaluation de ces processus. Doit-on se résigner à une science proposant des savoirs parcellaires au service d'un développement économique aveugle ? Quelles seraient les conditions pour susciter un processus d'innovation technologique attentif aux implications sociales de toute nouveauté ? Pourquoi la science ? aborde ces questions selon quatre orientations : les relations entre sciences et techniques, l'impact de la science et des techniques sur la culture, le rapport à l'économie, les régulations du développement scientifique.
    Dialogue contrasté entre disciplines et orientations philosophiques variées, l'ouvrage interroge les enjeux du développement scientifique et technologique dans une société démocratique.

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  • Ce livre se veut une archéologie - à la fois coups de sonde en direction des fondations et restitution d'une mémoire.
    Il vise non à reconstituer une histoire, mais à repérer les strates sur lesquelles repose le présent et à partir desquelles il peut, aussi, être ébranlé. Il interroge la forme prise par nos savoirs et, plus encore, par nos moyens techniques. Nul ne conteste que, dans la vaste autant qu'obscure recomposition que les hommes, individuellement et collectivement, entretiennent entre eux, avec la Nature, avec leur mémoire comme avec leurs projets, un rôle essentiel ne soit dévolu à la dynamique qui associe connaissance et puissance dans la mouvance désignée par le terme de Techno-science.
    Il s'agit, pour délimiter la nouveauté d'un moment - le nôtre - d'en comprendre la provenance et de cerner sa part d'héritage. Plus que dans la figure contemporaine des savoirs et des appareillages, c'est dans l'entrelacs des liens noués entre eux et leur environnement, tant naturel que social et culturel, que se font jour les " nouvelles donnes " auxquelles nous sommes déjà confrontés en cette fin du vingtième siècle.
    Ce qui apparaît comme recherche scientifique et développement technologique déplace les défis et modifie les enjeux de nos rivalités comme de nos solidarités. Faire le point sur le parcours que nous suivons et dont nous occupons le terme provisoire devient un préalable à toute décision, c'est-à-dire, aussi, un devoir pour chacun.

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  • Fidèle à son principal objet, ce livre est une (longue) errance, un vagabondage assez spécial, hasardeux et répétitif à la fois, qui ne se réclame d'aucune perspective systématique mais croise au contraire les regards, les disciplines : histoire, droit, sociologie, psychologie, biologie et médecine, technologie...
    Sans doute le vagabondage est-il un thème mythique, aussi ancien que l'Homme lui-même et qui trouve, dans notre histoire, de multiples expressions. Pourtant, malgré l'ambiguïté des valeurs que maintient en particulier la tradition franciscaine, il est une époque (1880-1910) où le vagabond devient, sur le fond d'une politique rigoureuse des populations ouvrières urbaines, un enjeu passionné. Il désigne la forme ultime d'un pathologique social qui gouverne d'autres catégories d'exclus (mendiants, clochards, prostituées, chômeurs, mauvais pauvres...) et dont on prévoit alors la suppression définitive : c'est, de fait, le premier " génocide scientifique " des temps modernes, dérisoire et banal peut-être mais qui prélude à d'autres, moins " bénins ".
    En même temps, le vagabond devient un objet privilégié de la médecine mentale en plein développement : Charcot crée pour le qualifier, en 1888, la notion d'Automate ambulatoire.
    On peut s'interroger alors sur la cohérence profonde de ce monde industriel puisque la même image, l'Automate, sert à désigner de manière " scientifique " à la fois le déchet humain, le résidu insupportable et l'idéal du nouvel " homme technique " vissé à sa fonction productive, assimilé à la Machine, normalisé dans son travail, sa vie et sa pensée.
    Au-delà de cette époque cruciale, l'ambivalence en question nous renvoie à des doctrines aussi fondamentales que le Mécanisme " cartésien " revu et corrigé dans le nouveau contexte, le Darwinisme (et ses applications sociales), également certaines conceptions de la dégénérescence, de l'hérédité qui n'ont pas dit aujourd'hui leur dernier mot.
    Finalement c'est la question philosophique de l'Individu qui peut sans doute servir de boussole dans ce voyage au bout de la nuit des vagabonds.
    La fin de l'individu qui se réfracte dans le miroir brisé du vagabondage (où tremble encore le souvenir rêvé de quelque enfance de l'humanité) s'inscrit dans une nouvelle logique : celle d'une nature devenue vraiment mauvaise ; celle surtout d'un nouveau personnage qui prend force dans l'histoire du XIXe siècle et n'a cessé depuis lors de hanter nos nuits comme un vieux fantôme vagabond : la Mort.

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  • Programmes, machines, réseaux, missiles, cerveaux, sociétés, électeurs, protéines... L'ensemble des choses dont nous pouvons dire aujourd'hui de manière banale qu'elles " traitent de l'information " forme une collection hétéroclite, mais qui, à l'abri de son évidence, échappe au questionnement. Le discours de l'information s'est immiscé dans toute notre culture, dans les discussions à propos de l'informatique et des réseaux bien sûr, mais aussi dans les sciences du vivant, les sciences de l'homme et de la société. Mais que voulons-nous dire au juste lorsque nous parlons ainsi quotidiennement d'information pour désigner des choses aussi diverses ? Le Moment cybernétique offre une généalogie de ce discours de l'information, à la source duquel il remonte à travers l'histoire de la cybernétique. Mouvement scientifique, accompagnant la naissance de l'informatique et de la théorie des télécommunications pendant la seconde guerre mondiale, la cybernétique a par la suite étendu l'empire de l'information en direction du vivant, de la société ou de l'esprit. L'enquête nous conduit ainsi des laboratoires Bell, où s'élaborent les concepts scientifiques de message et de contrôle, au monde des recherches de guerre qui voit se développer les analogies entre le vivant et la machine, l'intelligence et le calcul, jusqu'aux derniers engagements politiques de Wiener, le fondateur de la discipline, en lutte contre la militarisation de la science américaine à l'aube de la guerre froide. Au fil d'une exploration minutieuse de la formation du concept d'information, qui conjugue de manière toujours accessible les dimensions techniques, scientifiques mais aussi philosophiques et politiques, le livre de Mathieu Triclot apporte des éclaircissements originaux sur les tensions qui traversent la vie de la cybernétique. Il défend l'idée que le concept d'information apparaît toujours clivé entre le code et le signal. Si le code est une suite de symboles, de zéros et de uns, susceptible de s'incarner dans n'importe quelle matière, le signal est une matière qui prend forme, l'expression d'un ordre matériel. La cybernétique a fait, à la différence de l'intelligence artificielle, le choix du signal contre le code, proposant une véritable physique de l'information. C'est à la redécouverte de ce programme de recherche original, qui éclaire les débats contemporains sur la nature de l'information, que nous invite ce livre, attentif à la part d'invention philosophique des sciences et des techniques.

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