Littérature générale

  • Les gouvernantes

    Anne Serre

    Ce sont "les gouvernantes" . Elles sont trois, dans une grande maison au fond d'un parc, comme des reines, protégées du monde extérieur par des grilles d'or. Tour à tour follement gaies, tendres ou cruelles, mais toujours ardentes et puissamment vivantes, elles s'allient, se séparent, se déchirent ou se poursuivent dans d'étranges jeux qui sont ceux de la vie. Observées par l'oeil implacable d'une lunette qui ne les perd pas de vue, "les gouvernantes" jouent pour nous le charme et la magie d'un songe de nuit d'été...

  • Marie dit la vie la vie tu n'as que ce mot aux lèvres c'est vrai j'avoue la vie est le seul refuge, je ne sais plus trop à force si "j'écris sur vous au lieu de mourir" ou pour rejoindre un verbe au présent "et me sentir mille choses heureuses à la fois" ayant atteint "la bienveillance du réel" du genre ces bras entre nous respirés alors c'est gagné la vie la vie

  • La caractéristique de ce conte de moins de cent pages au ton facétieux et guilleret, c'est d'être écrit dans une langue inventée par l'auteur qui s'en explique dans une préface et une postface. Mais si les mots sont déformés ou créés, la syntaxe, le rythme et le ton du conte subsistent. Le lecteur peut ainsi suivre et comprendre l'histoire :
    Trois vagabonds (« Tom, Elem et moi ») se promènent sur la lande, où ils rencontrent divers personnages qui se joignent à eux et avec qui ils nouent d'intenses relations amoureuses, érotiques, filiales, ou fraternelles : la Vierge, le marin de Poinsec, la mère de Tom, Alistair le pendu. Cette création d'une langue peut évoquer celle d'aînés fameux.
    Grande Tiqueté sera dit sur scène par l'auteur. Le texte est en cours de traduction anglaise.

  • Féerie

    Sophie Loizeau

    Féerie est un livre protéiforme, éroticfantastique, dédié aux hommes aimés - aux amants. Il y a de vraies histoires d'amour et puis d'autres qui partent dans des délires : des délires égyptiens (Thot le dieu savant magicien), sorciers (la mandragore), indiens (Navajos), ésotériques (les fantômes), féeriques (les fées, les anges). Il y a l'univers d'Odilon Redon, Les lais de Marie de France, et tout ça fait de Féerie une sorte de livre des Merveilles.

  • «Il arrive qu'un instant sans durée concentre en lui-même la valeur d'un long intervalle et fasse tenir le maximum de ferveur dans le minimum de temps. Il arrive qu'une jouissance continuée et plus ou moins diluée se ramasse au foyer d'une joie-éclair. [...] Or qu'est-ce que la vie entière perdue dans l'océan de l'éternité, sinon « un grand instant » ? . Cet extrait de La Mort de Jankelevitch, dans un chapitre intitulé «La vie brève», circonscrit le point d'attention réunissant des poèmes remontant à des époques diverses (enfance et jeunesse, temps présent) mais pour tenter d'en restituer et déplier l'intensité particulière, seul trait qui les rassemble, et pourrait faire de la vie reparcourue par coups de sondes un grand instant.

  • « Qu'il serait bien là, s'il n'était pas loin de moi. Et les beaux moments que nous passerions, s'ils n'étaient pas déjà passés. Max quand nous sommes ensemble, c'est comme sur le quai d'une gare, du regard ailleurs, le cap déjà pris, le camp déjà foutu, il a déjà changé de vie, oh Max ne t'en va pas ».

    Sur fond d'intrigue policière dans les milieux hypocrites de la politique et des ong, une lente descente aux enfers, la relation complexe d'un avocat humanitaire, escroc des grands mots, flambeur flamboyant, et d'une femme fragile, fascinée par la puissance de cet homme. La tragédie intime se superpose à celle d'un peuple massacré et réduit au silence, comme la narratrice.

    Sur commande
  • La littérature assure un rôle essentiel dans la constitution d'une pensée critique de la culture matérielle de l'âge industriel. Avant les sciences sociales et la philosophie, les textes littéraires, à partir des années 1830, problématisent les mutations d'une culture matérielle en expansion et l'ébranlement que celle-ci provoque dans l'ordre des catégories existentielles et esthétiques.
    Comment la littérature pense les objets présente l'avènement au XIXe siècle d'une véritable culture des objets et la redéfinition majeure des fonctions et des champs d'action de la littérature et des arts qui en découle. En observant les objets sous toutes leurs coutures (sociologique, esthétique, ontologique) le livre pose les bases d'une théorie générale et actuelle des objets, instituée par la fiction.

  • " Ad nauseam. Nous ne parlons plus que de ça : la disparition de Leu et celle d'Alexis de Saint-Ours, plus vu depuis. Enfin du neuf à remâcher. Il faut dire que dans le monde du tango, rien ne se passe jamais. Quelques chassés-croisés, les années d'abondance. Des amourettes foirées. Plus qu'à notre tour, nous attendons, et rien ne vient. " Voyage dans le monde clos et moite du tango parisien, dans lequel les aficionados se jettent à corps perdu et vivent la danse comme une addiction, Ego tango est aussi un chassé croisé amoureux entre quatre personnages dont les rapports sont ceux qui s'expriment, sur un plan métaphorique, dans le tango lui-même (j'avance, tu recules).

  • En 1965, Randall Webb annonçait à ses phrères que l'Amérique se dotait enfin de son corps électrique, il aurait pour nom le Psycho-Batave. Trois ans après le Psycho-Batave entrait déjà dans son crépuscule, ni moins beau ni poignant que les neuf années de ténèbres qui succéderaient, avec l'exil en Europe du Conducteur Randall Webb.
    Lorsque Don Creux, « la clef de voûte » du Psycho- Batave, décède dans sa Floride natale, la dissolution s'achève. Escorté de Sred Sweign et de sa pupille, l'adolescent Jeremiah, Randall Webb accomplit un périple jusqu'au Désert des Mojaves, où seront dispersées les cendres de Don Creux. Il a toujours su qu'on ne meurt que pour mieux ressusciter. Jeremiah sera initié aux arcanes du Psycho-Batave, afin qu'une deuxième fois la bonne nouvelle soit répandue.

  • Le XIXe siècle est d'emblée un siècle en réseaux. Avec la fin des sociétés de classe, c'est l'ensemble des relations entre les personnes, entre les institutions, qui prend la forme d'un tissu décentralisé :
    Les hiérarchies en gigogne du village, de la préfecture, de la région, celles de la famille, de l'entreprise, prennent du jeu et sont peu à peu mise en connexion avec des espaces et des milieux lointains, par la magie des voies ferrées et du télégraphe. A l'ordre spatial, qui contraignait en grande partie l'ordre social, se substitue peu à peu des réseaux invisibles reliant des personnes qui ne se sont parfois jamais rencontrées. C'est cette transformation généralisée en rhizomes des structures de la société au XIXe siècle que ce numéro voudrait interroger.

  • Jura

    Thierry Hesse

    quel lien existe-t-il entre andres escobar, footballeur colombien assassiné à medellin le 2 juillet 1994, et samuel richard, dit sam, romancier français venu au bord du lac de neuchâtel écrire le portrait de sa mère disparue ? dix jours avant sa mort, escobar, au cours d'un match de coupe du monde, marqua un but contre son camp, provoquant la défaite colombienne.
    que se passe-t-il dans notre vie quand nous marquons contre nous-mêmes ? quand nous oublions notre enfance, nos combats ? quand nous trahissons nos promesses ou nos pères ? est-ce le moment de dire adieu oe

  • Référence explicite au fameux recueil de Ronsard, Les Amours , ce livre revisite la tradition de la poésie amoureuse et en propose une suite avec des outils contemporains. Dans Les Amours suivants , opportunément pluriels, le poète propose de multiplier les muses, de penser l'amour comme une fi gure d'engagement dans la vie multiple, faire du monde mondialisé une surface de surf sur corps et visages où les a ects obéissent à la même logique que celle de chacun de nos jours :
    Une sorte d'accessibilité de tout partout, une disponibilité maximale, un bonheur qui ne cesserait de se répandre, ici et ailleurs. Un monde à foison où l'amour cesserait d'avoir un seul visage.

  • Vie commune

    Stéphane Bouquet

    Cet ouvrage rassemble trois poèmes, une pièce de théâtre et trois récits sur le thème du vivre ensemble et des projets individuels ou collectifs pour faire renaître un espoir commun.

  • Voici un roman d'action écrit à la manière d'un Jules Verne très en verve. Ayant connaissance d'un mystère géographique - le lac Kob-Nor se déplace périodiquement dans le désert du Takla-Makane - le savant aventurier Evariste Combalescot décide qu'il le rattrapera. Non par le chemin des dunes mais en descendant à bord d'une péniche les dangereux cours d'eau qui l'alimentent.
    Nous sommes en Chine dans les années trente.
    On rencontrera aussi Olaf Erikkson, l'amant d'une momie; Marmaduke Blount, le voleur de montres; Gorlok, le baron hippopotame; Gracchus, le fox à poil dur... et puis Zoé et Varvara, jeunes femmes échangistes.
    Il y aura des tempêtes d'eau et de sable, des scènes d'abordage, des traîtrises, des usurpations d'identité. On parlera de jalousie et de sexe sous des fourrures.

  • Quel écrivain conçoit l'écriture d'un roman comme un strip-tease à l'envers ?
    Quel confrère voulut bâtir son oeuvre comme une robe, au motif qu'une nouvelle mode de Worth avait autant d'importance que la guerre de 70 ? Lequel soutient que nous ne changeons pas plus d'opinions et de maîtres que de chaussettes ? Quel poète aurait préféré être renversé et dardé par l'éblouissement d'une jupe relevée plutôt que par un garçonnier pantalon? Quel personnage célèbre ne porta jamais de bonnet de nuit, ni de robe de chambre, ni de peignoir, ni de pantoufles ?
    Le lecteur amateur de vêtements et de livres trouvera la réponse à ces questions considérables - et à bien d'autres encore - dans ce livre frivole et savant qui explore les liens multiples entre mode et littérature.

  • « Au soir de ce jour-là, j'ai résolu de garder une trace de ce qui arrivait, qui avait commencé, sans que je sache vraiment ce qui avait commencé. » C'est une réflexion intime, tout intérieure que « note » le narrateur de ce roman au charme puissant qui interroge le « colombier de la mémoire », cette volière d'où s'échappent trop souvent les pigeons du souvenir. Après tant d'années riches de leurs mémoires partagées, Vivien est profondément troublé lorsque Julie, sa compagne architecte, évoque des souvenirs très précis de chantiers qui n'ont pour lui aucune réalité, et qu'il met en doute. Le monde clos de leur entente amoureuse et intellectuelle ouvert sur le jardin et ses ciels se fragilise, soudain menacé par la traversée inquiétante de ces « sourdes contrées » que fabrique à notre insu le Temps qui passe. Qu'il s'agisse d'un être ou d'un projet d'architecture, quelle est la réalité de nos souvenirs dès lors qu'ils sont aussi nourris de nos rêves et de nos rêveries ? ce sont ces troublantes confusions que scrute Jean-Paul Goux dans ces « notes » teintées d'une mélancolie non dénuée d'ironie, et dans une langue somptueusement poétique.

  • J'habite ici

    Jean-Claude Pinson

    Où il est question d'une ronéo dans un garage.
    D'un palmier aperçu au milieu de jardins ouvriers. De copies à corriger. D'un moteur mis au point sous les pins. D'un port où les noms des bateaux de pêche forment comme un poème grandeur nature. D'un estuaire où le fleuve coule dans les deux sens. Où il est question d'habiter, au gré d'une poésie qu'on rêve lisible par beaucoup, une ville à la fois banale et singulière : Saint-Nazaire.

  • Ma maîtresse forme souligne non seulement la primauté de la nature mais aussi la nécessité vitale de l'écriture, et plus particulièrement en poésie. Montaigne dit que chacun s'il s'écoute découvrira en lui un caractère dominant (forme sienne, maîtresse forme, forme universelle). C'est au moyen de celle-ci que la nature se fait sentir en nous. Et c'est bien la nature, la terre matricielle, qui se fait entendre ici: la terre, la forêt, les bêtes, puis l'écriture et ses lieux, l'enracinement et la filiation, le souvenir et le deuil, et enfin les invisibles.
    Mais le point central de ce livre est qu'il est conçu comme un livre bilingue, où une langue serait écrite et l'autre entendue, entendue en quelque sorte de la bouche même de l'auteure, avec tout ce que l'écoute peut avoir de singulier.

  • Le présent numéro propose d'explorer les multiples facettes de l'« universel cabotinage » : on s'interrogera sur la prégnance du modèle du spectacle pour penser et représenter le monde social du XIXe siècle, ce qui se traduit à la fois sur le plan des pratiques concrètes (on songe à la médiatisation des comportements par le théâtre, la presse et la littérature) et dans le domaine théorique..

  • L'idiot de village

    Jude Stéfan

    « En six nouvelles, un Idiot de village offrira cette particularité d'aussi bien incarner un Professeur extasié, une Adolescente perplexe, des Soeurs perdues, qu'un Aveugle aimé, un Utopiste comblé, un Obèse transi, un Amant rompant, enfin un Suicidant définitif : de la Littérature, c'est-à-dire une Idiotie première. » Variations dans ces nouvelles désabusées sur les thèmes chers à l'auteur : le temps, la mort, le suicide, la vieillesse, la femme toujours, amante, prostituée, soeur, mère, l'amour charnel et la littérature encore comme ultimes refuges contre l'ennui existentiel. Au service de ce cynisme dont l'humour n'est pas exclu, une langue admirable, à la syntaxe abrupte, syncopée. La voix - grinçante, acide, tendre aussi - d'un des plus grands poètes et nouvellistes actuels.

  • Dans Sortilège, sorte d'autobiographie fictive, Ezra Bembo, visité par le rêve de son père défunt, quitte tout pour fuir dans le désert. Il a rencontré la chose, l'irreprésentable, celle qui ne peut être nommée. Cette image détermine la suite de son destin. Sa fuite hallucinée le pousse à quitter les humains. Retiré dans une grotte, il fait le choix d'une solitude identifiée à l'absolu. Serpents, mouvements du ciel, silence assourdissant et l'étrange compagnie d'une squelette à ses côtés. Si Ezra pourra faire halte auprès d'une autre exilée, Misra, son destin l'entraîne ailleurs, plus loin, plus profond en lui-même encore.

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