Littérature traduite

  • La Révolution française a refondé le système de propriété existant jusqu'en 1789, avec deux grands objectifs : chasser la puissance publique de la sphère de la propriété et sortir la propriété de celle de la souveraineté. En abolissant les formes privatives de pouvoir, comme la juridiction seigneuriale et l'office public vénal et en démantelant le domaine de la Couronne, les révolutionnaires ont fait de l'Etat une pure souveraineté. Cette grande démarcation opéra une distinction radicale entre la propriété et le pouvoir, d'où découla la distinction fondamentale entre le politique et le social, l'Etat et la société, la souveraineté et la propriété, le public et le privé. Cette transformation révolutionnaire de la propriété d'Ancien Régime contribua à inaugurer la modernité politique.
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  • Varsovie, 19 septembre 1940 : un officier de réserve polonais se fait volontairement arrêter lors d'une rafle par l'armée allemande.
    Son nom : Witold Pilecki.
    Sa mission : être interné dans le camp d'Auschwitz pour y constituer un réseau de résistance.

  • Entre 1450 et 1750, à travers toute l'Europe, plus de 100 000 personnes, pour la plupart des femmes, furent persécutées par des tribunaux séculiers et ecclésiastiques pour crime de sorcellerie et culte rendu au diable.
    Pourquoi ces procès ? Pourquoi se multiplient-ils soudain à cette période de l'histoire européenne, pour atteindre leur apogée au début du XVIIeme siècle ?
    Pourquoi la chasse aux sorcières a-t-elle été plus virulente dans certains pays que dans d'autres ? Qui furent les accusés et qui furent leurs juges ? Et pourquoi ces procès disparaissent-ils au terme de deux siècles de persécutions ? T elles sont les questions explorées par Brian P. Levack dans cet essai synthétique et pédagogique qui permet de dépasser les explications univoques au phénomène.

  • En 1936, le magazine illustré de la BBC, The Listner, sollicitait l'économiste Keynes pour introduire une enquête internationale sur les rapports entre l'Art et l'Etat, en Europe et aux Etats-Unis. Sur fond de montée des totalitarismes, ce panorama des politiques artistiques contemporaines invitait à réfléchir à la nécessaire distinction entre art et propagande. Voici le feuilleton de cette enquête où se croisent d'un côté les paroles officielles d'un urbaniste soviétique, d'un dignitaire de l'Allemagne nazie et du poète futuriste Marinetti pour l'Italie mussolinienne, et de l'autre, les réflexions du philosophe américain Mumford, du critique d'art anglais Bell et du byzantiniste français Duthuit qui lui évalue la politique culturelle du Front populaire. Un document inédit en français !

  • Les récits du déclin environnemental du Maghreb racontés depuis les Romains sont acceptés sans réserve aujourd'hui pour justifier les projets d'aménagement et de conservation autour du bassin Méditerranéen. Tirant les conséquences de recherches récentes sur l'écologie des terres arides et des indices paléoécologiques, Diana K. Davis nous raconte que ce mythe de la déforestation et du surpâturage a été construit par les savants français et les administrateurs de la période coloniale en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Écrivant l'une des premières histoires environnementales du Maghred, Diana K. Davis ébranle de manière magistrale des certitudes bien acquises.

  • Fidele au rendez-vous

    Berger/John

    " Les lieux, je les visite.
    Les années, je les vis. Ceci est un livre sur les rendez-vous et ce que l'on en conserve. (Il en est que j'ai manqués, mais ce serait une autre histoire.) Chaque évocation commence par une image suscitant quelque chose du lieu où le rendez-vous a eu lieu. Certains de ces lieux ne sont pas faciles à trouver sur une carte, d'autres, oui. Mais tous, bien entendu, d'autres voyageurs que moi les ont vus. J'espère que les lecteurs se surprendront à dire : " Moi aussi, j'ai été là...
    ". " Qu'il s'agisse d'une méditation sur l'oeuvre de Jackson Pollock ou de J.M.W. Turner, de la contemplation de Paris, de la découverte du Palais idéal du facteur Cheval, de la conduite à moto ou de l'ultime visite à sa mère mourante, le rendez-vous le plus significatif est toujours celui de l'auteur et de son lecteur. Les lumineux essais de Fidèle au rendez-vous, nous offrent à voir le monde tel que le voit John Berger.
    Dans son mystère et sa merveille.

  • La Première Guerre totale propose une nouvelle interprétation des changements considérables qui se sont produits en Europe dans l'art de la guerre à l'époque des Lumières, de la Révolution française et de Napoléon. En quelques années, le régime de retenue et de normes aristocratiques de comportement caractérisant jusqu'alors les conflits européens et permettant de modérer les ravages causés disparaît totalement. Stigmatisée pour ses horreurs, ou au contraire présentée comme un phénomène régénérateur, voire rédempteur et sacré, la guerre devient la lutte du bien contre le mal, de la lumière contre l'obscurité, de la liberté contre le despotisme. Elle pousse les sociétés à la mobilisation générale et à la recherche de la destruction systématique de l'ennemi : il faut vaincre ou mourir. Cette dynamique ou guerre totale fait émerger un chef de type nouveau, à la fois politique et militaire - Napoléon Bonaparte -, créature, maître et victime de cette nouvelle forme de guerre.

  • L'écrivain anglais Samuel Pepys, probablement le plus connu en Grande-Bretagne après Shakespeare, est célèbre pour son étonnant Journal, inépuisable source de documentation pour les historiens. La traduction de la biographie de ce personnage fantasque par Claire Tomalin, la seule disponible en France aujourd'hui, nous entraîne dans une fascinante traversée de l'histoire de l'Angleterre mais aussi de la vie quotidienne à Londres à la fin du dix-septième siècle. Des sujets aussi variés que l'éducation, la chirurgie, le théâtre, les tavernes, la vie à la cour, les aventures galantes, les problèmes avec les domestiques, les conflits au travail ou les justifications devant les commissions parlementaires côtoient les anecdotes toujours cocasses qui émaillent la vie du diariste.

  • Cet ouvrage original est le récit captivant de la constitution en France dès les années 60 d'une société vert clair, alliant à la fois modernité technologique et considérations environnementales. La teinte vert clair évoque non seulement la modération, les compromis et les demi-mesures, mais aussi l'ambiguïté profonde qui a caractérisé la réception des idées écologiques par les citoyens français. En parallèle au développement technologique effréné destiné à rattraper un retard rendu responsable de la défaite en 1940, on assiste en France à la montée en puissance des idées et des mouvements écologistes, très critiques vis-à-vis de la société technologique.
    Cet ouvrage a reçu le Prix G.P. Marsh de l'American Society for Environnemental History.

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  • Guerres mondiales, essor et chute du communisme, diffusion de la démocratie : voici les événements qui forment l'histoire habituelle du XXe siècle. Mais, durant ce siècle, l'impact des hommes sur l'atmosphère, l'eau, le sol et la biosphère a atteint une intensité sans précédent. Avec le recul, le changement environnemental apparaîtra sans doute comme le phénomène le plus important de l'histoire du siècle. Réunissant anecdotes, données chiffrées et analyses pertinentes, John McNeill nous propose le passionnant récit de « l'expérience gigantesque et incontrôlée menée sur la terre » par l'espèce humaine au XXe siècle.

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  • " Quand j'ai refermé ce livre, j'ai pensé à un passage de l'Evangile de saint Luc.
    C'est un jour, dans l'été. Les apôtres traversent un champ de blé et ils arrachaient et mangeaient des épis en les froissant dans leurs mains ". Eh bien ce livre est écrit comme ça: par un homme qui est plusieurs, par un homme qui a douze voix pour nommer son amour, par un homme qui traverse l'épaisseur du monde pour suivre son amour, ralentissant à peine son pas pour se nourrir des beaux épis du songe.
    La fuite d'un lièvre, l'entêtement des pauvres, la brillance d'un lilas, la lassitude d'une postière ou le gémissement d'un arbre, tout lui est nourriture, élément d'une lettre à l'aimée. Celui qui aime est en exil dans son amour. Jamais il ne rejoindra celle qu'il aime, même dans la rivière du lit, même dans le feuillage de ses bras. Cette distance entre les amants est celle aussi qui sépare l'ouvrier de sa peine, le peintre de la lumière, les vivants des morts.
    Dans cette distance infranchissable s'enflamment ces mots : je te découvre dans tout ce qui t'éloigne. je te rejoins dans tout ce qui me manque. C'est tout. C'est tout ce que pour l'heure je saurais dire de ce livre insensé - à peine un livre en vérité un sillage dans le milieu des blés, un chemin tout vibrant de lumière. ".

  • Le critique d'art et écrivain John Berger aborde ici les questions fondamentales posées par les arts plastiques. Lorsqu'il parle du cubisme, il ne parle pas seulement de Braque, de Léger, de Picasso ou de Juan Gris, mais aussi de ce moment, au début du vingtième siècle, où le monde s'est rassemblé autour d'un formidable sentiment de promesses en l'avenir. Quand il étudie l'oeuvre de Modigliani, il voit dans l'étirement des formes du modèle l'infini de l'amour humain. Cheminant librement de la Renaissance à l'explosion atomique de Hiroshima, des rives du Bosphore aux gratte-ciel de Manhattan, des sculpteurs sur bois d'un village savoyard à Goya, Dürer ou Van Gogh, et embrassant aussi bien le sentiment personnel de l'amour et de la perte que les bouleversements politiques majeurs de notre temps, L'Oiseau blanc démontre une fois de plus la singularité de John Berger.

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