Champ Vallon

  • L'envie, une passion tourmentée

    André Rauch

    • Champ vallon
    • 28 October 2021

    En couverture, L'Allégorie de l'envie, qu'incarne une femme minée par l'âge, que flétrissent ses cheveux hirsutes, ses yeux exorbités, son regard torve, ses côtes saillantes et ses bras musculeux, inspire l'effroi. C'est de cette représentation dégradante que traite ce livre. Mais qu'est-ce que l'envie et quelle est son histoire ? Alors que selon les Ecritures la création divine est admirable, cette passion démoniaque ne connaît que la dévastation et la dégénérescence.
    Elle attaque certes l'ordre divin, mais sème aussi le schisme et la discorde, pervertit la justice humaine, mine les relations sociales et corrompt la quête de la vérité. Sans plaisir à la clef, médisance, diffamation et calomnie présagent le chaos. Au XIXe siècle, romanciers, poètes et autres artistes s'en servent pour sonder le tréfonds des désirs et des angoisses qui animent le ressentiment. N'est-il pas à la source de toutes sortes de haines, raciales ou antisémites ? Aujourd'hui, arbitre de la société de consommation, la jalouse envie explose sur les plates-formes d'Internet qui "hébergent" le cyber-harcèlement.
    La virulence de l'envie perce les textes sacrés, littéraires, politiques les plus classiques, dont un grand nombre composent l'étoffe de l'éducation et de l'enseignement scolaire. En suivant son cours qui se propage et revit à chaque génération, le lecteur est invité à revisiter ces figures. Cette traque jette un éclairage inédit sur une passion tourmentée.

  • La Révolution française a refondé le système de propriété existant jusqu'en 1789, avec deux grands objectifs : chasser la puissance publique de la sphère de la propriété et sortir la propriété de celle de la souveraineté. En abolissant les formes privatives de pouvoir, comme la juridiction seigneuriale et l'office public vénal et en démantelant le domaine de la Couronne, les révolutionnaires ont fait de l'Etat une pure souveraineté. Cette grande démarcation opéra une distinction radicale entre la propriété et le pouvoir, d'où découla la distinction fondamentale entre le politique et le social, l'Etat et la société, la souveraineté et la propriété, le public et le privé. Cette transformation révolutionnaire de la propriété d'Ancien Régime contribua à inaugurer la modernité politique.

  • L'école aux colonies ; entre mission civilisatrice et racial

    Carole Reynaud-Paligod

    • Champ vallon
    • 7 January 2021

    La volonté de « civiliser » les populations colonisées grâce à l'école fut proclamée par les colonisateurs français mais qu'en fut-il réellement ? Cette enquête, effectuée à partir des archives coloniales, restitue les débats et les réalisations de la politique scolaire. Dès 1815, le projet colonial fut établi : les colonies devaient fournir des matières premières mais aussi être des débouchés pour les produits manufacturés de la métropole. La mission de l'école s'imposa :
    Apprendre le français, le calcul et quelques bribes de civilisation. Très vite, les limites apparurent, il fallait se garder de trop instruire. La volonté de dispenser un savoir pratique, de bannir un savoir trop intellectuel, de freiner la mobilité sociale provoqua les déceptions et la colère des colonisés.

  • À rebours de l'association persistante entre hospice et mouroir, le développement d'établissements pour la vieillesse au XIXe siècle témoigne d'un souci nouveau dans la société française, celui de prendre soin de ses vieux. A Paris particulièrement, en amont des grandes lois républicaines, un vaste dispositif d'assistance nourrit et loge à vie des milliers de vieux résidents. Vivre et mourir à l'hospice ou en maison de retraite devient une expérience ordinaire de la fin de vie. Révélant la place ambiguë que la société française post-révolutionnaire réserve à ses aînés, faite de rejet et de bienveillance, l'analyse de la vie privée des hospices permet d'avoir accès au regard des premières générations d'assistés sur l'aide sociale en France au XIXe siècle.

  • Vitriol ; les agressions à l'acide du XIXe siècle à nos jour

    Karine Salomé

    • Champ vallon
    • 6 February 2020

    Entre 1870 et 1930, les agressions à l'acide se multiplient en France. Majoritairement accomplies par des femmes issues des classes populaires, qui entendent se venger de leur ancien compagnon ou de leur rivale en leur projetant du vitriol au visage, elles sont considérées, de manière réductrice, comme des crimes passionnels. Reléguées dans la rubrique des faits divers, elles suscitent toutefois des peurs et des fantasmes, alimentent les débats sur les droits des femmes et les relations entre les sexes, convoquent l'imaginaire d'un peuple volontiers barbare et frondeur.
    La vitrioleuse devient une figure criminelle qui incarne la cruauté féminine et dont le geste conduit à défigurer sa victime, détruire ses traits et annihiler son identité. Loin d'avoir disparu de nos jours dans certains pays, ces agressions, bien souvent masculines, désormais interprétées comme des crimes d'honneur, sont devenues le symbole des violences faites aux femmes.

  • Athlète d'État, dopage omniprésent, tutelle pesante du KGB... La liste des croyances collectives sur le sport soviétique est bien ancrée dans les mémoires.
    Cet ouvrage, le premier en français sur ce sujet, éclaire à partir de sources inédites le processus de fabrique des champions en URSS et leurs conditions sociales d'existence. Les «?héros du sport?», incarnations du régime dans les stades au moment de la Guerre froide, ont été pour les Soviétiques des figures qui ont donné corps à la patrie et à ses succès. Ils eurent à démontrer par leurs performances la capacité à «?rattraper et dépasser?» les États capitalistes et à réaliser des «?hommes nouveaux?». Loin d'une seule machine à broyer les vies, le sport s'est avéré aussi un moyen de faire partie des promus du régime.

  • Voici la première enquête historique jamais réalisée sur la prostitution à l'heure de la Révolution française, une période clé pour comprendre les origines des politiques contemporaines de la prostitution.
    La Révolution française marque en effet un tournant inédit dans l'appréhension de la prostitution. En dépénalisant en 1791 cette activité tout en maintenant un contrôle policier sur les femmes qui l'exercent, elle fait des prostituées, « femmes infâmes » de l'Ancien Régime, des citoyennes diminuées de la République.
    Dans cette riche enquête historique où se côtoient femmes publiques, bons bourgeois, policiers et hommes de loi, la prostitution vient révéler les frontières morales du projet révolutionnaire et proposer une histoire de la sexualité sous la Révolution française.

  • À l'époque révolutionnaire, la famille ou " petite patrie " est souvent présentée comme l'unité élémentaire de la Grande Patrie, la Nation, et le creuset de la citoyenneté.
    À travers une correspondance d'un millier de lettres, ce livre décrit la vie sociale et politique, mais aussi intime et sentimentale, de deux couples, l'un à Paris (les Vitet, bourgeois enrichis) et l'autre à Lyon (les Morand de Jouffrey, aristocrates quasi ruinés). L'intérêt de ces couples n'est pas seulement d'avoir vécu à une période où se redessinent les frontières entre le domestique et le politique; où les événements obligent à quitter les siens et à repenser l'ordonnancement traditionnel des responsabilités familiales. Il est aussi dans le pari qui est le leur du bonheur conjugal, ce qui véritablement est alors une idée neuve en Europe.

  • La Première Guerre totale propose une nouvelle interprétation des changements considérables qui se sont produits en Europe dans l'art de la guerre à l'époque des Lumières, de la Révolution française et de Napoléon. En quelques années, le régime de retenue et de normes aristocratiques de comportement caractérisant jusqu'alors les conflits européens et permettant de modérer les ravages causés disparaît totalement. Stigmatisée pour ses horreurs, ou au contraire présentée comme un phénomène régénérateur, voire rédempteur et sacré, la guerre devient la lutte du bien contre le mal, de la lumière contre l'obscurité, de la liberté contre le despotisme. Elle pousse les sociétés à la mobilisation générale et à la recherche de la destruction systématique de l'ennemi : il faut vaincre ou mourir. Cette dynamique ou guerre totale fait émerger un chef de type nouveau, à la fois politique et militaire - Napoléon Bonaparte -, créature, maître et victime de cette nouvelle forme de guerre.

  • L'homme altéré ; races et dégénérescence (XVIIe-XIXe siècles)

    Claude-Olivier Doron

    • Champ vallon
    • 31 March 2016

    Cet ouvrage propose une histoire conjointe des notions de race et de dégénérescence qui essaie de se déprendre de certains lieux communs de l'histoire du racisme. Etudiant les liens systématiques entre ces deux notions entre le XVIIe et le XIXe siècle, il souligne l'existence d'un racisme de l'altération, qui saisit les différences anthropologiques moins sous le mode de l'altérité radicale que comme des versions dégénérées de l'identité humaine, qu'il convient de corriger ou perfectionner; et fonde des dispositifs de pouvoir sur une volonté d'inclusion, d'amélioration produisant ses propres effets de domination et d'exclusion.
    Repartant d'une histoire rigoureuse des différents concepts de race, ce livre interroge ensuite l'histoire du racisme, objet historiographique si complexe à manier.

  • Russie : la république interdite

    Julie Grandhaye

    • Champ vallon
    • 23 February 2012

    A travers une relecture des projets constitutionnels des décembristes, ces jeunes aristocrates militaires russes qui fomentèrent un coup d'état le 14 décembre 1825 pour obtenir une constitution du futur Tsar Nicolas 1er, Julie Grandhaye entreprend de rendre compte de la densité de la pensée politique qui émerge en Russie entre 1770 et 1830, et de l'émergence de la république autocratique.
    Plusieurs approches se croisent dans ce travail brillant - histoire, science politique et anthropologie politique - pour saisir pleinement ce moment fondamental où la Russie entre en modernité politique. L'enjeu est d'importance : en mettant au jour les rouages et les dysfonctionnements de la république russe à l'aube du XIXe siècle, l'auteur donne des clés de lecture pour comprendre, par-delà les ruptures politiques évidentes et soudaines, les éléments de la culture politique russe au début du XXIe siècle. Car si les difficultés auxquels les décembristes se heurtent - immensité du territoire national, définition de la citoyenneté, isocratie politique, modalités de la représentation - se voient apporter des réponses caduques, les questions que ceux-ci soulèvent ne peuvent être éludées pour comprendre la Russie contemporaine. Cet essai d'histoire politique jette ainsi les bases d'une histoire anthropologique du politique, afin d'éclairer, sous un jour nouveau, les problèmes auxquels se heurte la république russe aujourd'hui.

  • Composante singulière du débat démocratique depuis deux siècles, la satire politique fait régulièrement l'objet de vives controverses.
    La caricature en poire de Louis-Philippe constitue un élément fondateur de cette tradition française, saluée en son temps par Victor Hugo ou Stendhal, et figure à ce titre au coeur de nombreuses études et expositions au début de notre XXIe siècle. Son succès exceptionnel invite à la considérer non comme un détail mais comme un objet historique. Un passionnant essai d'histoire politique et culturelle, abondamment illustré de caricatures, qui montre de quelle manière la France comprend et accueille « la civilisation bourgeoise » à partir de ce premier tiers du XIXe siècle.

  • Marat a-t-il été assassiné par Charlotte Corday, ou par les historiens eux-mêmes ? L'événement, pris dans les tourbillons de la mémoire depuis le 13 juillet 1793 et longtemps rejeté par les historiens universitaires, ne fut très vite ressenti qu'à travers la figure de Corday et a fini par s'échouer sur les rives incertaines du patrimoine antirépublicain. Ce sont les pilleurs qui semblent aujourd'hui avoir gagné la bataille du passé, bradant les restes aux mieux-disants : Marat est mort une seconde fois, noyé sous le charisme encore exercé par Corday, transformée en énième figure de la société compassionnelle. Prendre parti au sein des débats mémoriels, ce n'est pas seulement retrouver les sources politiques du fameux attentat. C'est aussi inviter le lecteur à remonter le cours de la mémoire et accepter de plonger, avec Corday, Marat et leurs historiens, dans le grand bain du passé.

  • Comment écrire une histoire intime des catégories populaires en l'absence de témoignages écrits directs de leur part ? Grâce au vivant fourmillement des archives judiciaires, l'auteur étudie comment les catégories populaires du XVIIIe siècle français se sont pensées elles-mêmes comme groupes et comment les individus jusque dans leur rapport le plus intime à leur corps ont construit une image d'eux-mêmes. Mais la manière dont les classes populaires se pensent et se vivent dépend de la manière dont elles sont pensées et parlées par ceux qui ont le pouvoir de définir les places et les parts, par les élites. La Nature du peuple est donc également une histoire intellectuelle des types de discours (académiques, moralisants, discours de l'économie politique naissante...) et des types de porteurs du discours sur les catégories sociales.

  • Les historiens vivent, travaillent et pensent dans la cité. Un mois après le massacre de la rédaction de Charlie, des Historiens se réunissent à l'école de la rue d'Ulm, pour penser ensemble comment depuis le XVIe siècle le rire a été une puissante arme politique, utilisée sous diverses formes, de la dérision subtile au rire féroce, en passant par la franche moquerie de l'adversaire. Il est un marqueur d'intelligence, de culture et s'inscrit durant les périodes de violence tel un processus de civilisation, forme de continuation d'une lutte sans e usion de sang... jusqu'à ce que les censeurs et les ignorants, tentent de l'interdire ou le tuent, réellement, avant qu'il ne reparaisse, toujours...

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  • L'embaumement, une passion romantique ; France XIX siècle

    Anne Carol

    • Champ vallon
    • 20 October 2015

    L'embaumement connaît au XIXe siècle un petit âge d'or, dans les années 1840-1870, où il sort de la sphère sociale où il était enfermé (élites) avant de décliner à la fin du siècle, et de réapparaître vers 1960, via un détour par les Etats-Unis, sous la forme de la thanatopraxie.
    Le renouveau de cette pratique surprenante pose toute une série de questions : pourquoi cette vogue ? en quoi constitue-t-elle une rupture par rapport à l'embaumement traditionnel ? qui porte cette pratique ? qui y recourt ? pourquoi et que recherche-t-on à travers cette opération ?
    Il s'agira dans ce livre de faire une histoire totale de l'embaumement au XIXe siècle :
    Technique, économique, sociale, socioprofessionnelle, culturelle.

  • Ordres et desordres biographiques

    Jean-Luc Chappey

    • Champ vallon
    • 14 March 2013

    De la fin du XVIIe au début du XIXe siècle s'étend l'âge des dictionnaires marqué par le succès éditorial de genres particuliers et la formalisation d'une pensée classificatoire qui tend à prendre pour objets tous les éléments du réel. Les dictionnaires et les listes s'imposent dès lors comme de nouveaux supports de lecture du monde politique, social ou culturel, un phénomène auquel semble faire écho aujourd'hui le succès de Wikipédia. Or, sous des formes les plus diverses, la mise en liste des hommes, au même titre que celle des plantes ou des animaux, a constitué un événement majeur entre le XVIIIe et le XIXe siècle, soulevant des questions qui résonnent encore aujourd'hui. Des dictionnaires historiques aux nombreuses listes de noms qui envahissent l'espace public, il s'agit toujours d'opérations de qualification et de disqualification, de réputation ou de stigmatisation. La période révolutionnaire offre un laboratoire d'observation privilégié pour saisir les effets de ces listes qui servent autant à inclure les citoyens qu'à exclure les ennemis, en un monde où les repères traditionnels liés à la naissance et aux privilèges naturels ont volé en éclats. L'analyse des conditions de la prise de contrôle de ces listes, l'étude des modalités à partir desquelles se construit l'autorité sur l'écriture des notices biographiques, proposent ainsi des clés qui rendent possible l'étude des dynamiques politiques, sociales et intellectuelles qui se jouent dans et par le biais de véritables guerres de dictionnaires et batailles de noms.
    Du Grand dictionnaire de Moréri où s'établit la réputation nobiliaire à la fin du XVIIe siècle à l'entreprise de remise en ordre menée par les rédacteurs de la Biographie universelle ancienne et moderne au début du XIXe siècle où se fonde l'ordre bourgeois , cet ouvrage se propose d'interroger les effets de ces productions, trop souvent canonisées, en les replaçant dans leur contexte de production tout en mettant au jour les intérêts de leurs auteurs. Souvent méconnus, ces « faiseurs » de dictionnaires ou de listes constituent les objets centraux de cette analyse. Ces ouvrages tentent en effet d'imposer un ordre biographique à partir duquel se fixent les positions, les statuts et les réputations. On comprend dès lors que créer du désordre en falsifiant, travestissant ou en jouant sur son nom, peut constituer, avec l'avènement de l'individu-citoyen, à l'heure de la genèse et de l'extension de la sphère publique, un moyen de défendre l'intégrité, de plus en plus menacée par l'émergence d'une véritable biocratie, de son propre récit biographique. À l'heure de Wikipédia, cette archéologie du Who's Who de la société révolutionnée s'impose comme une réflexion politique et critique sur les systèmes de reconnaissance des individus en profondes mutations.

  • L'Italie de Bonaparte : politique, construction de l'Etat et Nation dans la Péninsula 1796-1821 Nouv.

    A rebours d'une tradition interprétative qui veut que l'indépendance politique de l'Italie se serait faite sans l'aide de la France, ce livre prend l'exact contre-pied en affirmant que la modernité politique a été apportée en Italie par le jeune général républicain ; que l'Italie a bénéficié des leçons de la Révolution française de 1789 à 1794 pour élaborer des projets républicains fédéraux ou unitaires, sans passer par la Terreur ; que la période impériale ne fut pas spoliation ou autoritarisme mais construction d'une classe administrative, au fondement lointain d'un Etat tourné vers un XIXème siècle moderne.
    C'est la maturité démocratique et républicaine italienne que l'auteur dévoile entre 1796 et 1820, faisant de l'Italie un laboratoire central de la modernité politique.

    awaiting publication

  • Dans les mois qui suivent la signature de l'Armistice de novembre 1918, des milliers de Français et de Françaises anonymes écrivent au président américain Woodrow Wilson : témoignages de reconnaissance, hommages, pièces musicales, poèmes, suggestions, requêtes. Pourquoi un tel geste à l'endroit d'un chef d'État étranger ? Que racontent ces hommes et ses femmes au président de la grande nation américaine, qui a contribué à vaincre l'Allemagne et qui est devenu au fi l de la guerre la fi gure emblématique d'un nouveau monde débarrassé du spectre de la guerre ? Grâce à cette source inédite que sont des milliers de lettres envoyées entre novembre 1918 et juin 1919, ce livre dévoile, à travers l'image fantasmée de Wilson, le quotidien et les espoirs des Français au terme de la Grande Guerre.

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  • Frères de sang ; la guerre civile en France au XIXe siècle

    Jean-Claude Caron

    • Champ vallon
    • 25 September 2009

    Héritière de la Révolution de 1789, la France du me siècle se déchire à intervalles réguliers, accréditant l'image d'une nation vouée à la guerre civile.
    L'insurrection de Juin 1848 et la Commune de Paris (1871) sont les pics de ces affrontements révélateurs de profondes divergences idéologiques. Ce livre explore la façon dont cette lutte fratricide alimente la vie politique française, interroge la société sur sa capacité à dépasser ses divisions, suscite des peurs, instrumentalisées pour discréditer l'adversaire. On réactive des événements (guerres de Religion, Terreur) qui inscrivent la guerre civile dans un registre archaïque, ce qui permet au vainqueur d'user de violences extrêmes envers le vaincu.
    Mais une question reste en suspens : le " (re)vivre ensemble " est-il possible au terme de l'affrontement ?

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  • Au lendemain de la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), la France s'engage dans une réforme de son appareil militaire que les défaites de la guerre de Sept ans viennent accélérer et qui se poursuit jusqu'à la Révolution. Animées par la volonté d'améliorer l'e cacité de l'armée, ces transformations aboutissent à une emprise sans précédent sur les corps des soldats, plus que jamais réduits au rang d'automates. Cette évolution favorise par contrecoup une réfl exion nouvelle, des o ciers surtout, afi n de substituer à la seule contrainte mécanique le principe d'une discipline consentie fondée sur la mobilisation d'un sens de l'honneur reconnu au soldat. À travers la mobilisation des corps, c'est ainsi le statut moral et politique de l'homme du rang qui est fi nalement repensé.

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  • Les lilliputiens de la centralisation

    Michel Biard

    • Champ vallon
    • 14 March 2007

    dans la comédie humaine, balzac pourfend à diverses reprises un modèle français incarné par ceux qui dans chaque département représentent le pouvoir central : les préfets.
    a ses yeux, la nation tout entière serait comme prisonnière de " fils lilliputiens " maniés par les représentants d'un etat " centralisateur ". brocardés par toute une littérature au xixe siècle, ces mêmes préfets ont souvent été perçus, depuis tocqueville, comme les héritiers naturels des intendants. si cette idée d'une continuité entre les efforts " centralisateurs " de la monarchie dès l'ancien régime et l'influence du " jacobinisme " sur la france a été remise en cause par les historiens, force est de constater qu'elle imprègne aujourd'hui encore l'historiographie et le " grand public ".
    il est vrai que certaines continuités existent entre les hommes que l'autorité centrale a tour à tour choisis comme représentants dans les provinces, car le contrôle et la connaissance du territoire national restent fondamentaux pour tout pouvoir. différents personnages se sont ainsi succédé au fil des temps et ont matérialisé en france la présence concrète d'un etat par nature abstrait. en supprimant les intendants en 1789, la révolution a pourtant voulu faire disparaître tout intermédiaire entre pouvoir central et pouvoirs locaux.
    mais, face à ce vide, sitôt que le pays est entré dans une crise multiforme, elle a dû se résoudre à innover dans l'urgence. avec force hésitations, la recherche de solutions nouvelles a ainsi fait naître successivement les représentants du peuple en mission, les commissaires centraux du directoire, puis les préfets. tous ces personnages ont été l'objet d'appréciations sévères, voire de légendes noires pérennes, tant il est vrai que la critique de l'etat et de son poids est presque devenue une sorte de sport national.
    alors que la france est entrée depuis 1982 dans une phase dite de " décentralisation " et que fleurit un discours capable de vanter les vertus du " global village " mondial autant que les mérites d'une politique de " proximité ", le présent ouvrage entend rappeler ce qu'ont été les hommes du pouvoir dans les provinces françaises du xviie siècle à 1800, avec leurs similitudes aussi bien qu'avec leurs profondes différences.
    le lecteur y trouvera matière à réflexion sur notre modèle national de res publica, sur ses racines ainsi que sur nombre d'idées reçues.

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  • Physiologie de la veuve ; une histoire médicale de la guillotine

    Anne Carol

    • Champ vallon
    • 19 April 2012

    Conçue par un médecin et par un chirurgien, la guillotine succède aux supplices d'Ancien régime et invente la mort pénale idéale : prompte et douce. Mais des doutes surgissent très vite sur son instantanéité. Comment concevoir qu'une tête séparée en une fraction de seconde du corps soit immédiatement et totalement privée de vie, de conscience, de sensation ? Cette effrayante possibilité envahit l'imaginaire et les débats autour de la peine de mort tout au long du XIXe siècle. Mais la guillotine offre aussi aux médecins des conditions d'expérimentation proches de la vivisection, qu'il s'agisse de vérifier la survie éventuelle ou de tenter de transfuser les têtes exsangues. Se pose alors la question du corps du condamné, de ses usages, de sa dignité au regard de la médecine et de la société.

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