Cerf

  • La relation entre les deux traditions du judaïsme et du christianisme a fait l'objet, depuis le début du xxe siècle, d'approches philosophiques fondamentales que le présent ouvrage s'efforce de réunir et de ressaisir. De Rosenzweig à Levinas, de Bergson à Maritain, de Péguy à Sartre et de Simone Weil à Ricoeur, c'est une constellation théorique singulièrement contrastée qui s'y manifeste, mettant en lumière une histoire philosophique inspiratrice de notre espace religieux et politique. Il ne s'agit cependant pas ici de rejouer philosophiquement les antagonismes historiques. Les textes rassemblés dans ce volume posent en effet de manière irréductible la question : qui est l'autre ? À quels types d'altérations et de complémentarités la pensée est-elle ici confrontée ? Il ne saurait donc être question d'autre chose que de trouver une orientation et une signification là où les déterminations historiques ont parfois recouvert ce qu'il est permis d'appeler l'exception judéo-chrétienne.

  • Voici le texte inédit du Mémoire pour le Diplôme d'études scientifiques que soutint le jeune Paul Ricoeur en 1934 devant Léon Brunschvicg. Dans ce travail remarquable, qui laisse entrevoir tout le génie du philosophe, Ricoeur aborde sous l'angle de la méthode réflexive le problème de Dieu.
    Si Dieu est l'être même de la pensée, il n'est pas à chercher hors de nous, mais en nous ; il est notre meilleur moi, l'âme de notre âme ; il nous est plus intérieur que nous-mêmes. La recherche de Dieu n'engage cependant pas seulement notre connaissance, car la pensée oriente aussi vers un idéal pratique de vie. Appliquer la méthode réflexive n'est pas un jeu d'idées, mais une discipline de vie. Spéculer n'est pas assister à un spectacle ou se regarder en un miroir (speculum) : c'est consentir à ne vivre que par l'esprit et pour l'esprit.
    Devenu une figure centrale de la philosophie française du XXe siècle, Paul Ricoeur (1913-2005) sondait ainsi dans son Mémoire de jeunesse, enfin exhumé, les ressources de la méthode réflexive : elle l'aura accompagné tout au long de ses recherches ultérieures.

  • La Révélation du Christ se donne comme un événement qui, dans l'histoire et dans le présent, apparaît, apparaît de plein droit et même comme un phénomène par excellence.
    Au point qu'à la lumière de cette visibilité, non seulement " Dieu [lui-même] s'est révélé " (Rm 1, 19), mais aussi toute chose devient visible, comme jamais autrement. La Révélation révèle tout phénomène à lui-même, selon ce principe, souvent répété, qu'" il n'y a rien de caché qui ne doive devenir manifeste " (Lc 8, 17). Cet énoncé de la Révélation résonne comme s'il suggérait une phénoménologie du révélé.
    La différence des deux graphies (majuscule et minuscule) marque ici exactement la difficulté : lorsque " la lumière apparaît dans la ténèbre " (Jn 1, 5), de quelle lumière s'agit-il ? Faudrait-il n'en admettre qu'une seule, qui rendrait toutes choses visibles, aussi différentes qu'elles apparaissent ? En retour, la phénoménologie doit, pour devenir ce qu'elle prétend être, élargir aussi loin que possible la mise en scène de tout ce qui peut apparaître, donc surtout de ce qui, de prime abord, et le plus souvent, n'y apparaît pas encore.
    Mais spontanément et suivant sa ligne de plus grande pente, elle ne cesse de se replier sur ce qui lui apparaît le plus aisément et le plus rapidement - les objets que l'on peut constituer et, dans le meilleur des cas, les étants qui sont. Pourtant, les phénomènes ne manquent pas qui, ni objet ni étant, ne cessent de revendiquer leur manifestation et, sans autorisation de la philosophie, réussissent à l'accomplir.
    Au nombre de ces phénomènes, que nous appelons saturés, ne devrait-on pas aussi compter les phénomènes de révélation, qui seuls correspondent formellement à ce que prétend accomplir la Révélation ?

  • Allemagne, Antisémitisme, Art, Bloch, Buber, Cantique des cantiques, Christianisme, Création, Dialogue, Esthétique, Éternel, Europe, Goethe, Guerre, Hébreu, Idéalisme, Islam, Levinas, Mal, Miracle, Pensée, Politique, Première Guerre mondiale, Rédemption, Religion(s), Révélation, Ricoeur, Scholem, Sécularisation, Sionisme, Talmud, Théologie, Torah, Traduction, parmi une centaine d'entrées.
    Une somme indispensable sur le philosophe et exégète allemand de la Bible du début du XXe siècle qui fut un grand acteur de la culture européenne et l'un des premiers à jeter des ponts entre les mondes juif et chrétien.
    Yehoyada Amir, David Banon, Hanoch Ben-Pazi, Gérard Bensussan, Myriam Bienenstock, Dominique Bourel, Pierre Bouretz, Gabriella Caponigro, Francesco Paolo Ciglia, Sonia Goldblum, Jean Greisch, René Gutman, Joëlle Hansel, Alexis Lacroix, Elad Lapidot, Marc de Launay, Bernard-Henri Lévy, Andreas Losch, Enrico Lucca, Yann Moix, Ephraim Meir, Sophie Nordmann, Gesine Palmer, Guy Petitdemange, François Prolongeau, Jean-Louis Schlegel, Margaret Teboul, Norbert Waszek, Ynon Wygoda, Avishag Zafrani comme contributeurs.
    Une polyphonie internationale conduite par Salomon Malka, journaliste, écrivain, biographe d'Emmanuel Levinas, auteur de nombreux essais dont, au Cerf, Franz Rosenzweig, le cantique de la révélation, et directeur de L'Arche, le magazine du judaïsme français.

  • L'enfant exprime et traduit l'humanité davantage que l'adulte, parce qu'il se trouve à la source.
    Il n'a pas eu encore le temps ni les moyens de corriger, d'altérer, de dissimuler. Il reçoit le choc de la condition humaine pour ainsi dire de plein fouet, sans pouvoir encore comprendre ni répondre. Dans son incomplétude même, l'enfant dépeint la vérité humaine, à commencer par ce sentiment d'abandon appelant sans cesse le sens, la raison et l'espoir.
    L'enfant désigne notre destin. Il raconte une déréliction vécue, mais altière parce que constamment portée par l'amour. Il raconte en même temps, dans les tribulations de son grandissement, l'aventure la plus risquée et la moins vaine qu'il nous soit donné de connaître ; et à ce titre, parce que à la fois tellement exposée et tellement décisive, l'entreprise qui a le plus besoin d'un ancrage et d'un enracinement.
    C. D.

  • Le Christ devant la raison reprend la question du rapport entre théologie et philosophie sous l'angle inattendu de la christologie dans ses métamorphoses modernes et contemporaines. Le projet paraît ambitieux, mais il s'attache ici à un segment de temps qui correspond à une période que l'on peut qualifier de « seconde modernité », là où la christologie comme discipline de la théologie tend à se détacher de plus en plus du domaine où l'avait confinée l'apologétique défensive, celui de la preuve, pour s'épanouir en un domaine de signification jusqu'alors inédit et qui porte le nom très précis de Christozentrik : le Christ au centre d'un ordo rerum dont il est la synthèse idéale. Mais le « christocentrisme », né d'une intensification métaphysique en théologie, n'est pas sans ambivalences. Il pourrait mettre à mal la logique de la foi et le paradoxe fondamental qui la soutient et dont la christologie est précisément la forme intelligible. Les ambitions spéculatives de la christologie ecclésiale n'en demeurent pas moins intactes.

  • Ce livre veut être un hymne aux mots et aux livres.
    Tout simplement parce que j'en ai la passion. Certains s'étonneront peut-être de la présence d'un tel sujet, qui n'est pas dans mon propos général. Mais, après tout, qu'aurai-je fait jamais sinon chercher ce que le mot " Dieu " pouvait bien signifier ? C'est que les mots, non seulement donnent à penser, mais sont déjà eux-mêmes des pensées. Ils ne ressortissent pas simplement à l'indispensable nomination des choses, ils ont un poids qui leur vient d'eux-mêmes.
    C'est que les mots ne désignent pas simplement, ils signifient, ils font signe. Depuis la Genèse, l'homme s'est vu confier la création des mots, sans lesquels la réalité est chaos. Ils ont une capacité vertigineuse d'engendrer, participant du Verbum seminale primordial. Ils relèvent d'une création souveraine. L'homme est un être au nominatif. Et puis, de même famille, il y a les livres. Recueils indestructibles qui se transmettent de génération en génération, et disent le point du jour, le mitan de nos vies et le soir de celles-ci dans cette seconde nature que sont la fiction, le récit et la poésie.
    Ils nous font faire des voyages extraordinaires, qui souvent surpassent les voyages " réels ". Et chacun y trouve son instant de miracle. Aussi bien parlerons-nous aussi de ces lieux sacrés que sont certaines bibliothèques où passent les anges herméneutes, ces grands passeurs de mots. Les livres sont un festin des hommes, comme il y a les festins des dieux. Comme dans l'Apocalypse, tous les livres ont sept sceaux, que nous ouvrons aux enfants comme lignes de destin.
    Les livres sont là pour nous conduire dans l'aventure de notre vie. J'ose l'espérer de celui-ci.

  • De l'essence du judaïsme aux figures de l'exil, de l'idée d'origine au destin de l'art, du concept romantique de critique aux interprétations de Nietzsche et de Kafka, c'est l'esprit d'une époque, celui de la modernité d'avant la catastrophe, qui se trouve ici restitué. Composé de textes représentatifs de la pensée de Stéphane Mosès, cet ouvrage, qui est bien plus qu'un recueil d'articles épars, reflète à la manière d'un kaléidoscope toute une série d'interrogations, étroitement reliées entre elles, s'inscrivant dans la perspective théorique ouverte par le génie benjaminien. Un livre érudit, vif, brillant, indispensable à qui souhaite s'initier à l'une des pensées les plus fécondes du XXe siècle.

  • Avec ce nouveau tome de Finitude et mystère, Philippe Capelle-Dumont achève sa trilogie consacrée au statut de la relation entre la « philosophie » et la « théologie », et publiée parallèlement à l'anthologie Philosophie et théologie (5 vol., Éd. du Cerf, 2009-2011) dont il est le maître d'oeuvre.
    Après le premier tome élaboré sous les auspices du concept de « reconnaissance », et le second, du concept d'« alliance », le présent ouvrage se rattache explicitement aux déterminations et aux effets historiques de la « philosophia christiana ». Il examine sur les deux versants « théorique » de la vérité (métaphysique, science, herméneutique, théologie) et « pratique » de la sagesse (laïcité, Europe, pédagogie, économie, transhumanisme), les modalités principales selon lesquelles le christianisme permet de renouveler l'articulation entre ces deux déterminations fondatrices de la pensée que sont la philosophie et la théologie.

  • Qu'est-ce que faire couple au XXIe siècle ? La vie à deux est-elle encore praticable et même souhaitable ? Comment ordonner revendication de liberté individuelle et construction d'une vie commune ? Quelle place a le masculin au sein du couple et de la famille ? Comment conjuguer l'obligation d'épanouissement affectif et sexuel assénée par la société contemporaine et fidélité à l'autre ? Comment continuer à aimer le conjoint quand l'ardent désir a disparu ? Et peut-on encore envisager de vieillir ensemble, une fois les enfants partis ? Loin du modèle de la famille traditionnelle, qui était autrefois un lieu stable et protecteur, le couple - qu'il soit hétérosexuel ou homosexuel - est devenu aujourd'hui objet d'angoisse.

    En s'appuyant sur son expérience de psychologue et psychanalyste, mais aussi sur sa fine connaissance de la culture contemporaine, Jacques Arènes explore la fabrique de l'intime dans tous les couples. Il nous montre, à partir d'exemples concrets, à quel point il est urgent de réinvestir la relation conjugale et d'oser s'ouvrir à l'inventivité infinie qu'elle recèle.

  • Une réflexion sur les difficultés de l'Eglise à répondre aux catastrophes environnementales par une réponse écologique convaincante.

  • Et si la métaphysique était le plus grand bienfait de l'histoire de l'humanité ? Elle repose sur une expérience toute simple et déconcertante : celle de l'infinie beauté du monde qui s'impose à notre intelligence malgré le mal, la souffrance et l'absurde que nous ne manquons pas de rencontrer et qui ne suscitent notre indignation que parce que l'attente métaphysique est première. L'idée de base de la métaphysique est que cette beauté a une raison, et que l'homme y a part. En découvrant la beauté des choses, dont la contemplation fait notre bonheur, en reconnaissant une dignité à l'humain et en osant penser sa capacité de transcendance, la métaphysique nous procure des raisons de vivre et d'espérer, réalisant ainsi la finalité de la philosophie elle-même. Toute philosophie est métaphysique ou triste de ne pas l'être.
    Cet ouvrage propose une rafraîchissante herméneutique et mise en oeuvre de la pensée métaphysique, qui va de pair avec une conception métaphysique de l'herméneutique elle-même.

  • Nous présentons ici la première Anthologie de textes concernant les rapports entre la philosophie et la théologie. Fidèle à l'esprit de la collection fi Philosophie & Théologie elle se donne pour objectif d'illustrer l'histoire complexe et mouvementée des rapports entre ces deux disciplines qui atteste à quel point le destin de la pensée occidentale est déterminé par les deux sources de la prophétie biblique et de la sagesse grecque. Souvent ignorée, parfois même occultée, cette détermination plurielle et fondatrice de la rationalité n'est pas seulement une clé importante pour déchiffrer l'histoire des idées, mais aussi pour réfléchir sur les présupposés de certaines pratiques. En réunissant et en présentant les grands textes où philosophes et théologiens affrontent la question de leur altérité, des origines jusqu'à la fin du XXe siècle, la présente anthologie veut contribuer à la clarification des thèmes et des concepts qui structurent l'organisation du pensable et éclairent notre agir. Les quatre tomes dont elle se compose correspondent à quatre grandes époques historiques. Ce troisième tome, consacré à la période dite ' moderne ', débute avec les figures paradigmatiques du XVIe siècle et se clôt avec le dernier grand penseur du XIXe siècle. Formé de vingt-huit contributions nominatives (Luther, Calvin, Erasme, Jansénius, Descartes, Pascal, Spinoza, Malebranche, Leibniz, Lessing, Kant, Fichte, Schelling, Hegel, Schleiermacher, Marx, Nietzsche) et thématiques (la théologie physique, les tensions entre scepticisme et théologie, philosophie et mystique, matérialisme et théologie), en suivant un ordonnancement chronologique rigoureux, il restitue les corpus fondamentaux, témoins des théorisations et des pratiques institutionnelles d'une relation qui, en ses différentes figures, a participé puissamment au développement du moment moderne de la pensée et en a ouvert l'espace contemporain. Philippe Capelle-Dumont.

  • Quatre philosophes majeurs : Kant, Fichte, Schelling, Hegel et tout leur environnement formé de penseurs, mais aussi d'artistes et de poètes.
    Neuf thématiques essentielles : la raison et l'absolu, l'idée de système, la connaissance, la nature, la morale, le droit et la politique, l'histoire, la religion, l'art.
    Deux parcours inédits : la présentation des positions philosophiques du romantisme en Allemagne et l'histoire de la réception de l'idéalisme allemand en Europe.
    Une bibliographie internationale, actualisée et particulièrement adaptée au public francophone, portant sur les oeuvres, les traductions, les commentaires.
    Instrument de travail unique en son genre, ce livre est destiné à tous ceux qui s'intéressent à cette séquence majeure de la culture européenne.

  • Dieu n'apparaît pas dans le monde. Si l'athée et le mystique partagent un tel constat, ils en donnent des interprétations radicalement divergentes. Pour l'athée, l'absence phénoménale de Dieu est le signe de son inexistence. Pour le mystique, la manifestation de l'inapparaître de Dieu révèle sa transcendance par rapport à tout phénomène mondain. À ses yeux, Dieu est Celui qui, dans le monde, brille par son absence.
    Ce livre montre en quoi l'ordre de phénoménalité propre au monde est opaque à toute révélation divine, du bonheur qu'éprouve la chair dans la mondanité cosmique, au jeu subtil et mouvant des apparences dans la mondanité sociale. Face à une telle opacité, le métaphysicien constitue un « monde intelligible » transparent à la puissance de la raison divine. Telle n'est pas la voie empruntée par le mystique. Par l'ascèse du détachement, il suspend aussi bien la puissance de la chair que celle de la raison. Le « moi » mystique s'éprouve comme une subjectivité traversée : ce n'est plus lui qui voit, mais Dieu qui voit le monde à travers lui. Ainsi la mystique n'opère-t-elle pas la négation du monde, mais sa transfiguration : à travers l'éclat du monde perce la splendeur du créé.

  • Le premier grand système de théologie chrétienne, bâti par Origène d'Alexandrie au IIIe siècle, est parcouru par des failles significatives, qu'une lecture déconstructrice cherchera à relever. Un rapport intime et conflictuel au platonisme est reflété dans le style même de l'Alexandrin, examiné ici dans des passages clés tirés du traité des principes, du Commentaire sur Jean et du Contre Celse. Il en résulte des éléments pour un jugement critique sur l'alliance forgée entre foi et philosophie par Origène et ses successeurs. Au moment où le christianisme cherche une nouvelle inculturation dans un monde postmétaphysique et en rapport à des contextes non européens, cette critique contribue à une saisie plus lucide des enjeux du passé et des possibilités qui s'ouvrent aujourd'hui.
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  • Les sacrements sont des actes de l'Église prolongeant et rendant actuels à travers les siècles et en tous lieux les actes sauveurs du Christ au cours de sa vie terrestre.
    Ils sont donc au coeur de la vie chrétienne car ils engagent le croyant tout entier, dans son corps et son esprit, dans la communion avec le Dieu vivant qui s'est fait proche de nous en Jésus et par son Esprit. Le premier des sacrements, le baptême, en est le prototype. À travers lui nous franchissons le premier porche des signes symboliques qui nous révèlent le dessein de Dieu : appeler l'homme à partager son Mystère dans une relation d'amour et de convivialité.
    C'est dans cette relation que se réalise, d'une manière que rien ne permettait d'attendre ni même d'imaginer, cet accomplissement de l'homme que toutes les cultures et toutes les religions ont obscurément recherché. Paradoxalement, cet accomplissement consiste pour l'homme à être attiré hors de lui-même vers cet Autre (et par lui tous les autres) qui le comble en ne cessant de creuser en lui un dépassement toujours renouvelé.
    Définir les sacrements comme des signes, c'est mettre au centre de leur structure cette altérité qui nous décentre de nous-mêmes et qui est au coeur de la Révélation chrétienne. Ce premier volume constitue l'entrée dans un Traité des sacrements qui vise à faire goûter à un large public la richesse et la profondeur de la tradition chrétienne sur ces signes de vie. Son auteur livre ici l'aboutissement d'une longue recherche animée par l'amour et la pratique quotidienne de la liturgie, par la fréquentation des Pères de l'Église, par l'enseignement et les responsabilités pastorales au service du peuple de Dieu.

  • Nous présentons la première Anthologie des relations entre la philosophie et la théologie.
    Réalisée selon l'intention de la collection qui la recueille, elle s'est donnée pour objet de rassembler la mémoire ample et riche mais oubliée, parfois dissimulée, d'une détermination plurielle et fondatrice de l'histoire des idées et des pratiques occidentales. Réunissant de façon quasi exhaustive et critique les grands textes témoins, de la naissance de la philosophie à nos jours, d'une corrélation ainsi diversifiée mais continuée, elle voudrait contribuer à la tâche de clarification des thèmes et des concepts qui structurent notre épistèmê, inspirent notre travail de connaissance et informent nos logiques d'action.
    Les quatre tomes qui la constituent ont été élaborés selon les quatre grandes périodes historiques dont nous avons voulu assumer précisément les limites et les seuils. Ce premier tome, consacré à la période antique, débute ainsi avec le moment Platon (IVe siècle avant J.-C.) et s'achève avec " Jean Damascène " (VIIe-VIIIe siècle après J.-C.). Formé de vingt-neuf notices (Aristote, stoïciens, épicuriens, Justin, Irénée de Lyon, Tertullien, Clément d'Alexandrie, Origène, Plotin, Porphyre, Lactance, Grégoire de Nysse, Ambroise, Augustin, Proclus, Denys, Boèce..
    .), il restitue, selon un ordonnancement chronologique et par une présentation critique des corpus fondamentaux, les premières théorisations, mais aussi les premières grandes métamorphoses d'une relation dont les traits paradigmatiques n'ont pas seulement orienté les âges scolastique et moderne, mais aussi nous délivrent une inspiration aujourd'hui encore inouïe.

  • Xavier Tilliette, outre qu'il soit le grand érudit déjà signalé de Schelling, de l'idéalisme allemand, d'autres grands philosophes auxquels il a dédié d'importantes monographies (Jules Lequier, Maurice Merleau-Ponty, Karl Jaspers), est l'auteur par excellence de la christologie philosophique, ce grand thème qu'il a su intelligemment proposer et imposer à l'attention des philosophes et des théologiens. A l'Idea Christi nous voyons maintenant dans ce livre correspondre l'idée d'Eglise ou l'Eglise en idée ; à la christologie philosophique fait donc pendant une ecclésiologie philosophique. Du reste, cela peut sembler naturel, vu le lien historique ainsi que scripturaire entre le Christ et l'Eglise. Mais, ici, on parle d'ecclésiologie philosophique, comme auparavant de christologie philosophique, il s'agit donc de beaucoup plus qu'une analogie ou une vague affinité. Le fait est qu'une intuition féconde se montre apte à germer dans des milieux divers, si connexes qu'ils soient, étant donné le joint structurel qui unit le Christ et l'Eglise. Les auteurs examinés et l'arc temporel sont singulièrement accordés à ceux de la christologie philosophique : de Nicolas de Cuse à Schleiermacher, en passant par Leibniz, Kant, Fichte, Schelling, Hegel, puis Kierkegaard, Rosmini, Moehler, Newman à la fin du XIXe siècle, pour aboutir à Soloviev, Blondel, Maritain, Guardini, Fessard et Bruaire.

  • L'ouvrage présenté ici a pour but de faire connaître la philosophie de Simone Weil, ainsi que les différentes facettes de son personnage, si lié à l'oeuvre elle-même. Les différents contributeurs auxquels nous avons fait appel sont tous des spécialistes de la philosophe, de plusieurs nationalités, et les plus éminents y figurent. Les responsables des « Cahiers Simone Weil » y sont naturellement bien représentés.

    Les aspects divers de la pensée de Simone Weil ont été ordonnés de façon à commencer par le coeur la philosophie pour aller ensuite à la morale puis à la politique et à l'histoire, et enfin à l'approfondissement religieux et mystique. Les derniers chapitres insistent sur quelques perspectives plus particulières. Nous espérons ainsi offrir au lecteur un aperçu à la fois riche et pluriel de celle qui fut l'une des grandes philosophes du XXe siècle français. [Chantal Delsol]

  • Le présent ouvrage réactualise les moments les plus emblématiques de la phénoménologie polonaise, si particulière dans sa relation avec le christianisme et la pensée chrétienne, au cours du XXe siècle et au début du XXIe siècle. Ses fondateurs, les philosophes prestigieux que sont Roman Ingarden, Karol Wojtyla (Jean Paul II) ou Józef Tischner, déjà partiellement connus en France, côtoient ici d'autres penseurs importants, trop souvent ignorés mais dorénavant portés à la connaissance du public francophone. Derrière le rassemblement de leurs textes principaux, cet ouvrage se compose de commentaires s'efforçant d'en dégager la force et l'originalité.
    C'est ainsi que l'on constate que si la phénoménologie polonaise s'est inspirée de la pensée occidentale, y compris dans les périodes troubles de l'histoire politique où elle-même se déployait, elle s'est aussi élaborée selon ses ressources propres. De manière inédite, créative et critique, elle est allée jusqu'à se détacher de la phénoménologie « orthodoxe », en usant de la liberté qu'offrait la méthode phénoménologique elle-même.
    Aujourd'hui, la phénoménologie reste, à côté de la philosophie linguistique anglo-saxonne, l'une des voies les plus fécondes et prometteuses de la philosophie polonaise.
    Avec les contributions de Joanna Barcik, Grzegorz Chrzanowsk, Tadeusz Gadacz, Jakub Gomulka, Stanislaw Grygiel, Adam Hernas, Roman Ingarden, Jan Andrzej Kloczowski, Krzysztof Mech, Wladyslaw Strózewski, Andrzej Szostek, Karol Tarnowski, Józef Tischner, Karol Wojtyla (Jean Paul II), Adam Workowski.
    Traduction de Dariusz Adamski, Kazimierz et Krzysztof Kaczmarczyk, Philibert Secretan.

  • Le XXe siècle a été dévasté par la démiurgie des totalitarismes qui, espérant transfigurer le monde, n'ont abouti qu'à le défigurer. Pourtant, il serait faux de croire que ces illusions totalitaires nous ont quittés. Car nous avons rejeté avec force le totalitarisme comme terreur, mais tout en poursuivant les tentatives de transfiguration du monde.
    Aussi le totalitarisme continue-t-il d'oeuvrer sans la terreur, mais par la dérision, toujours barbare mais promu par le désir individuel et non plus par la volonté des instances publiques.
    Un essai cinglant et sans compromission par l'une des meilleures philosophes de notre époque.

  • Ulysse, devant la belle Nausicaa, a une réaction pour le moins étrange : « il cassa dans la dense verdure un rameau bien feuillu qu'il donnerait pour voile à sa virilité... » À travers cette réaction apparemment anodine, Homère lève un voile sur le mystère de la sexualité humaine. Mystère de la personne qui refuse d'être considérée comme un objet, d'être « captée » par l'autre, d'être violée dans son intimité et qui donc se protège.
    La pudeur ne trahit-elle pas une dimension métaphysique de la personne ? C'est la thèse que défend ici avec brio Inès Pélissié du Rausas. Poursuivant l'observation de la pudeur et de la sexualité chez les peuplades primitives et les tribus océaniques, comme dans la Bible, la littérature classique et l'histoire de la philosophie, l'auteur dégage une constante, une certitude quasi-scientifique : l'homme a un besoin infini d'être respecté, d'aimer et d'être aimé comme une personne.
    C'est donc à une théologie de la pudeur que nous invite cet appel du coeur humain, en la révélant comme un écho lointain des origines où le corps était, en toute simplicité et vérité, le témoin fidèle de l'amour authentique entre les personnes.
    Qui le comblera dans son désir ? La question reste ouverte.

  • En Occident, le monde présent est celui des apparences. En droit, l'individu est roi, en fait, il est dépossédé de son autonomie. En droit, on lui promet la jouissance, en fait, il est placé sous influence. Le grand art de notre temps est de donner au conformisme le nom de liberté, au dérèglement moral le nom d'émancipation.
    Aujourd'hui, le rideau commence à se déchirer. Il apparaît de plus en plus clairement que l'opinion dominante est une pensée faible en dépit de ses positions fortes, qu'elle marche à l'intimidation et se refuse à tout débat loyal. Il apparaît aussi que la nouvelle « morale » a pour effet une profonde crise morale de l'Occident.
    Avec ironie, profondeur et acuité, Philippe Bénéton brosse le tableau critique d'un monde procédural qui se satisfait de règles du jeu, cultive les grimaces et masque son inconsistance.

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