Buchet Chastel

  • Le livre Un village est évoqué, une communauté se meurt, les habitants émigrent
    de ce coin de la Roumanie où l'auteur a vécu avant de s'installer à l'Ouest. Le
    meunier Windisch est au centre du livre. Malgré les nouvelles peu
    encourageantes qui proviennent de l'Ouest, sa famille espère recevoir
    l'autorisation de s'expatrier... En attendant, ce visa de sortie a les traits
    de la prostitution : le père avec ses sacs de farine, la fille qui se donne au
    milicien et au pasteur, essaient, chacun avec ses moyens, d'obtenir les
    autorisations tant désirées. Plus tard, alors qu'ils auront réussi à
    s'installer quelque part à l'Ouest, ils reviendront au village, en touristes,
    avec les vêtements et les gadgets qui sont l'expression de leur réussite
    sociale. « Herta Müller raconte sans concession, sans pitié. Avec des phrases
    courtes qui ont la force d'un poème, elle évoque un univers nourri du tragique
    de la vie et de la mort. » Nicole Bary L'auteur Herta Müller est née en 1953 en
    Roumanie, elle vit à Berlin depuis 1987. Poète et romancière de langue
    maternelle allemande, elle est l'auteur de Le Renard était déjà le chasseur (Le
    Seuil, 1997) et La Convocation (Métailié, 2009). L'Homme est un grand faisan
    sur terre est son premier roman traduit en français. L'oeuvre de Herta Müller a
    été couronnée par le prix Kleist en 1994, le prix Impac de littérature de
    Dublin en 1998 et le prix Nobel de littérature en 2009.

  • Le livre Comme les autres volumes de sa trilogie Sphères, Peter Sloterdijk a pourvu Globes d'une abondante iconographie. Deux de ces images, dont le contenu et la forme sont largement commentés dans son texte, jouent un rôle majeur : celle de l'Atlante écrasé par le poids du globe terrestre (reproduite en couverture), et celle des philosophes réunis autour d'une sphère sur la mosaïque de Torre Annunziata. Autour de ces deux figures s'articule le changement radical de conception de la forme sphérique : la boule ? simple entité habitée et pesante ? et le globe ? incarnation même du principe du monde. Et c'est cette mutation que raconte ici Sloterdijk, avec son brio de conteur habituel.
    Il nous conduit ainsi de la pensée antique à la philosophie contemporaine en passant en revue les différents stades qu'a parcourue la boule comme figure optimiste de la perfection, comme émanation d'un centre divin, et enfin comme principe philosophique du monde. La géométrie mène à l'étude de la boule réelle ? le globe terrestre, mais aussi le ciel et ses multiples " écorces ". Et cette étude de la boule mène à son tour, par la géométrie et la philosophie, avec Platon, à l'idée qu'il est possible de produire un monde idéel que l'on peut parfaitement considérer et traiter comme un monde réel. De là naîtra toute la philosophie médiévale, mais aussi la révolution de la conception du monde opérée notamment par Nicolas de Cues, Copernic et Giordano Bruno ? le passage du " monde clos à l'univers infini ". Ce deuxième volume de Sphères nous livre ainsi une histoire de la philosophie comme histoire des bouleversements dans la conception du monde sphérique.
    Mais Peter Sloterdijk nous offre aussi avec Globes un impressionnant ouvrage d'histoire des rapports humains. Qu'il traite du lien entre le Soi et l'autre intime ? illustrée par exemple par les Confessions d'Augustin ou l'épopée de Gilgamesh ?, de la construction de la ville derrière des murailles disproportionnées dans la Mésopotamie antique, ou autour du cloaque dès les premières cités sédentaires, de la construction du Panthéon romain et de Saint-Pierre de Rome, il nous entraîne dans un voyage immense et passionnant à travers le monde et les époques, au gré de la position qu'y occupe le centre de la sphère.
    L'auteur Peter Sloterdijk est considéré comme l'une des grandes figures de la philosophie contemporaine. Il est notamment l'auteur de Sphères I ? Bulles (Pauvert, 2002), Ni le soleil, ni la mort (Pauvert, 2002), et chez Maren Sell Éditeurs : Sphères III ? Écumes (2005), Le Palais de cristal (2006), Derrida, un égyptien (2006), Colère et Temps (2007).

  • Le livre " Tu dois changer ta vie ! " La voix que Rilke entendit au Louvre émanant d'un torse antique s'est détachée aujourd'hui de son origine. En l'espace d'un siècle elle s'est amplifiée, mieux, elle est devenue l'impératif absolu qui résonne autour du globe. C'est indéniable : l'unique préoccupation dans le monde actuel est la compréhension croissante du fait que cela ne peut pas continuer ainsi.
    Et c'est la verticalité, opposée à l'horizontalité de la circulation matérialiste du système capitaliste, qui est le véritable défi. Pour sortir de la crise, l'homme doit se grandir. Seulement en haut, il n'y a aucun dieu, aucune métaphysique qui peut nous aider. Nous devons nous sauver nous-mêmes en devenant, par des exercices d'ascèse, par l'entraînement assidu des muscles du cerveau et du corps, par des disciplines artistiques que nous nous imposons, davantage maîtres de notre destin. La visée est un développement spirituel et personnel, afin d'inaugurer un nouveau cycle de comportements responsables.
    Pour survivre dignement, l'élaboration d'un système d'immunologie s'impose de plus en plus : un bouclier de protection pour l'individu, l'humanité, la terre et l'environnement technique. L'être humain est appelé à se débarrasser des fatalités et résignations réductrices, en se formant par lui-même, pour un autre mode d'existence. Tu dois changer ta vie propose, à travers la lecture de textes, un panorama des exercices requis pour être un homme et le rester. Bienvenu dans le fitness center de la pensée du maître Peter Sloterdijk qui fait passer la pilule du dur labeur de l'exercice permanent (la rigueur) par l'invention abondante et jubilatoire des concepts.
    Une réponse à la crise : au lieu d'attendre un miracle (divin), il faut que chacun - l'individu, le collectif - s'efforce de changer sa vie. Seul un exercice permanent peut (r)établir la dignité humaine.

    L'auteur Peter Sloterdijk est considéré comme l'une des grandes figures de la philosophie contemporaine. Il est notamment l'auteur de Sphères I - Bulles (Pauvert, 2002), Ni le soleil, ni la mort (Pauvert, 2002), et chez Libella - Maren Sell Éditions : Sphères III - Écumes (2005), Le Palais de cristal (2006), Derrida, un égyptien (2006), Colère et Temps (2007), Sphères II - Globes (2010).

  • " On pourrait définir la modernité comme l'époque où fusionnent les motifs de la vengeance et de l'immanence ", écrit Peter Sloterdijk dans son livre Colère et Temps, une histoire de la construction de la " banque mondiale de la colère ". Une histoire qui commence avec le premier texte littéraire de l'humanité - L'Iliade d'Homère s'ouvre par le mot " colère " - et qui alimente depuis la vie morale et spirituelle des hommes. D'Homère à Lénine, de la Bible au Petit Livre rouge, de Caïn à Freud, il démonte les mécanismes de ce sentiment pulsionnel et pourtant manipulable. Il montre comment la colère, d'abord instinctive, se transforme peu à peu en une " banque mondiale de la vengeance ", où l'on utilise les sentiments de colère des opprimés comme une monnaie qui permet d'arriver au pouvoir - " un système, écrit Sloterdijk, qui a forgé un millénaire durant l'histoire de l'Occident ". Il analyse les formes bibliques, léninistes ou anarchistes de la colère et de son expression, la vengeance, s'interroge sur le rôle actuel de l'islam politique dans cette histoire. Et Sloterdijk annonce avec bonheur la faillite de ces organismes monétaires de la colère et de la vengeance, l'avènement d'un monde " au-delà du ressentiment ". Après avoir analysé, dans Sphères, les phases de constitution de la modernité humaine, après avoir décrit, dans Le Palais de cristal, les différentes étapes de la construction de cette sphère de confort et de " gâterie " que s'est offerte l'Occident, Peter Sloterdijk prend sous sa loupe, dans Colère et Temps - allusion polémique à Être et Temps de Heidegger -, ce qui constitue selon lui le moteur principal de la civilisation occidentale : la colère.

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  • Professeur à l'université de Karlsruhe, Peter Sloterdijk est considéré comme l'une des grandes figures de la philosophie contemporaine. Une grande partie de ses ouvrages est publiée dans la collection « Pluriel », notamment Le Palais de cristal, Bulles (Sphères I), Globes (Sphères II), Écumes (Sphères III) et Colère et Temps.Les conflits entre les religions monothéistes jouent, à notre époque, un rôle prépondérant et profondément inquiétant. Dans ce livre, Peter Sloterdijk prolonge une réflexion engagée de longue date sur la coexistence de structures antagonistes, telle qu'il l'avait étudiée dans Bulles et Écumes. Décrivant et analysant la naissance des trois monothéismes - le judaïsme, le christianisme et l'islam -, il montre comment ceux qui prônent la suprématie de leur seul dieu s'engagent dans des croisades de plus en plus excessives : la guerre sainte des islamistes en est un exemple terrifiant. Refusant l'utilisation de la religion comme « banque de vengeance métaphysique », il propose la reconversion de ces zélateurs de l'absolu en acteurs de la société, seule manière de remédier aux désastres de la folie de Dieu qui tue au nom de la vertu.

  • Le célèbre ténor Antonio di Malfitano est abattu d'un coup de pistolet sur la scène de la Scala de Milan, au beau milieu d'une représentation de Tosca de Puccini. L'assassin est dans la salle. Ses enfants, des jumeaux, Patrice et Patricia, regagnent le foyer familial berlinois afin de comprendre ce qui a pu pousser leur père, accordeur de pianos réputé et piètre compositeur d'opéras, à commettre cet acte pathétique. Fut-il assisté de sa femme, qui n'a pu réaliser son rêve d'être danseuse à cause d'un accident ? En sondant les profondeurs du passé, ils vont découvrir la cause de son désespoir et de celui de toute la famille. Et si le crime avait finalement été orchestré par la musique ?
    /> L'histoire est racontée par les jumeaux, qui, pour vaincre leur désir de s'unir, ont fui à des endroits opposés de la planète. Ils s'écrivent l'un à l'autre les sept cahiers qui constituent ce livre. Faisant le constat de l'éternel retour d'une même malédiction, ils trouveront peut-être les clefs pour se libérer de leur dépendance maladive.
    Avec sa profonde connaissance de l'âme humaine associée à la précision d'une analyse au scalpel, Pascal Mercier raconte le destin tragique d'une famille, vouée à des passions dangereuses et détruite par une succession d'échecs.

  • Que signifie " être libre " ? Y a-t-il une liberté absolue de la volonté ? Quel est le degré de liberté dont nous disposons quand nous prononçons un jugement moral ? Si notre volonté est entravée par tous les hasards de la vie, cela signifie-t-il que nous avons renoncé à être libres ? Et pourquoi serait-il si important que notre volonté puisse se manifester sans la moindre restriction ? Les termes " être libre " et " être responsable " s'opposent-ils ?
    La Liberté, un métier pose toutes ces questions. Cet essai, écrit par un philosophe, n'est nullement une étude universitaire mais une présentation (et une discussion) des multiples solutions au problème de la libre volonté. Peter Bieri pousse les représentations ordinaires que nous nous faisons de la liberté dans leurs retranchements, jusqu'à obtenir une vision claire de ce que veut véritablement dire " être libre ".

    La liberté n'est pas un cadeau qui nous est fait mais un inlassable travail, un métier qu'il faudrait apprendre et réapprendre chaque jour.

  • Léa

    Pascal Mercier

    Une journée hivernale en Provence. Adrian Herzog et Martijn van Vliet font connaissance dans un café. Ils constatent qu'ils sont tous deux originaire de Bern. Au cours du trajet de retour en Suisse, une intime complicité se crée entre les deux hommes. Van Vliet raconte à Herzog l'histoire tragique de sa fille qui l'a amené dans le Sud de la France. Tout a commencé avec la mort de sa femme. Tétanisée par le deuil, l'enfant s'est coupée du monde, jusqu'au moment où, à l'âge de huit ans, elle entend sur un trottoir une violoniste jouer une partita de Bach. La révélation est immédiate : elle doit apprendre à jouer du violon. Van Vliet est enchanté que sa fille sorte enfin de sa torpeur.
    Très vite, son exceptionnel talent éclate au grand jour. Léa enchaîne les succès, enfonçant son père dans une solitude de plus en plus profonde. Sa dernière tentative désespérée de regagner l'amour de sa fille signera la fin de son existence sociale. Mais Léa, elle non plus, n'a pas le loisir de profiter de ses triomphes musicaux. Son esprit se trouble et la pousse à un acte qui démolit tout. Léa parle de l'étrangeté des êtres les uns pour les autres et met en question le contrôle que nous pensons avoir sur le cours de notre propre vie. Une fois encore l'auteur réussit à mêler réflexion philosophique, intuition sensible et virtuosité narrative. Une expérience de lecture tout à fait unique.

  • Picasso estimait qu'elle était meilleure portraitiste que lui. Et le surréaliste André Breton, fasciné par son originalité, parlait de son art comme d'" un ruban autour d'une bombe "... Plongée dans la vie artistique et politique mouvementée de la première moitié du vingtième siècle, Frida Kahlo, célèbre peintre mexicaine, est une artiste hors du commun.
    Elle bâtit une oeuvre artistique unique, inspirée par ses douleurs physiques - conséquences d'un terrible accident de la circulation à l'âge de dix-huit ans - mais aussi par ses souffrances morales, les nombreuses infidélités de son mari, le célèbre muraliste Diego Rivera.

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  • Un livre de plus par Stéphane Hessel ? Oui, mais... Cet homme d'exception témoigne ici du parcours de sa vie, et tout particulièrement des deux dernières décennies. A travers les grands thèmes qui structurent la pensée contemporaine, grâce à son ouverture de coeur et d'esprit hors du commun, Hessel livre ici son autobiographie intellectuelle, sensible et inclassable. Sa réflexion se nourrit des échanges qu'il entretient depuis des années avec ses amis proches, éminentes figures politiques et littéraires : Edgar Morin, Jean-Paul Dollé, Daniel Cohn-Bendit, Régis Debray, Peter Sloterdijk, Laure Adler, Michel Rocard, Jean-Claude Carrière... Il aborde ainsi successivement les thèmes de l'indignation (et de ses limites), de la compassion, de l'amour, de l'admiration, de la force des mots, de l'engagement politique et de la définition de la démocratie.
    Ce livre accessible et profond s'adresse à tous ceux qui cherchent, à travers les contradictions et les violences contemporaines, à " retrouver notre dignité d'homme et de femme dans un environnement régi par des frénésies égoïstes, irresponsables ", et le " sens profond de nos existences : paix et partage dans une communauté de citoyens du monde ".
    " Nous sommes le monde que nous voulons changer ", disait Gandhi. Ce livre est pour Stéphane Hessel une façon de nous encourager à réfléchir sur le passé pour mieux prendre en main notre destin futur.

  • Le livre Un lundi on apprend qu'une petite dépression se déplace du Groenland en direction de l'Europe de l'Ouest. Le même jour Armanda supplie sa suur Lidy de prendre sa place pour passer le week-end avec son filleul en Zélande. En contrepartie, elle se propose de garder la fille de Lidy, âgée de deux ans, et d'accompagner son mari à une fête familiale. Cette substitution ne devrait choquer personne puisque les deux suurs se ressemblent au point de parfois les confondre. Armanda ne se doute évidemment pas une seconde que cette petite mise en scène va complètement chambouler leurs destins.
    Lorsque le samedi 31 janvier 1953 Lidy se rend à Zierikzee, se déchaîne cette tempête historique qui devait faire deux mille victimes et effacer de la carte le sud-ouest des Pays-Bas. Le terrifiant raz-de-marée engloutit Lidy et le petit groupe qui se trouve en sa compagnie.
    Depuis, Armanda vit la vie de sa suur disparue comme si c'était la sienne. Elle aimera son mari, ils auront deux enfants et en apparence ni remords ni culpabilité n'assombrissent cette nouvelle existence. Chacun semble consentir à accepter les événements tels qu'ils se sont produits. Mais l'ombre du drame de la disparition plane sur tous les actes du quotidien.
    Par un artifice assez génial du récit les deux suurs restent ensemble tout en étant séparées par la mort. Alors qu'Armanda prend tranquillement son bain le lecteur assiste à la lutte pour la survie de Lidy dans les flots déchaînés. Catastrophe naturelle et catastrophe intime se répondent constamment. Et on se demande si le désir secret d'Armanda n'était pas de vivre la vie de sa suur. Laquelle des deux est victime d'un destin tragique ?
    " Il n' y a de la terre ferme nulle part ", écrit Magriet de Moor dans le prologue d'Une catastrophe naturelle. Son plus beau roman.

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  • Nul n'est besoin de maîtriser parfaitement la pensée de Peter Sloterdijk pour trouver intérêt et plaisir à la lecture de ce petit ouvrage : l'auteur y emmène son lecteur dans une promenade accessible et très personnelle à travers les grands noms de l'histoire de la philosophie, depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours.
    Ces " vignettes philosophiques ", d'une demi-douzaine de pages chacune, sont consacrées à 19 philosophes que l'on découvre par ordre chronologique. Sloterdijk présente chaque penseur et le situe dans l'histoire des idées ; surtout, il évoque leur " tempérament " - ce quelque chose à mi-chemin du caractère, du charisme et de la pensée qui constitue la personnalité - en autant de portraits vifs, ponctués de formules qui prennent à rebrousse-poil les idées courantes.

  • En s'appuyant sur l'idée que, trois années avant sa mort, Staline s'est consacré au problème, qualifié d'urgent, de la linguistique, Boris Groys se livre à une nouvelle analyse du communisme : il le présente comme un univers où non seulement l'élite, mais chaque individu devait « quotidiennement ressentir la température du langage en tant que telle ». La réalité perdait ainsi, au bout du compte, tout lien avec le réel, n'étant plus qu'un jeu de langage, un mouvement dialectique ne permettant à personne de se rattacher à quoi que ce soit. Groys présente ainsi un tout nouveau visage du communisme : le système politique ne constitue pas ici le centre de son intérêt. Il décrit un appareil communiste fondé sur le maniement du paradoxe et se livre à une analyse détaillée de ce qui fut « le langage du stalinisme », dans son lien avec le système soviétique depuis son avènement en 1917 jusqu'à sa fin, son autodissolution dialectique, en 1989.

  • 1937, c'est une année qui ne dit rien, a priori. Le Front populaire a un autre millésime, et la Seconde Guerre mondiale vient peu après. Pourtant, 1937, c'est l'Exposition internationale de Paris. C'est aussi Guernica et ses mille bombes incendiaires lâchées sur la petite ville d'Espagne. Et Guernica, c'est également une toile, celle que Picasso bâtit, quai des Grands-Augustins, à Paris, pour la présenter au pavillon des républicains espagnols de l'Exposition internationale.
    L'auteur raconte ici le roman de 1937, en partant du catalogue officiel de cette " Exposition internationale des Arts et des Techniques appliqués à la vie moderne ". S'y succèdent les clichés en quadrichromie des différents pavillons que le concert des nations de l'époque a posé sur les bords de la Seine. Cartes postales lisses, irréelles et trompeuses au regard des cris et convulsions en noir et blanc de Guernica. Nous suivons le photographe chargé de confectionner le catalogue, procédant à la fabrique de ce réel moderne, perfectionné, et, en contrepoint, à travers le regard photographique de Dora Maar, nous assistons au travail de Picasso. Deux regards, deux visions, dont la coexistence historique nous rappelle à quel point l'insouciance, la légèreté, l'illusion du progrès, peuvent être tragiquement contemporaines de la barbarie en marche. Un rappel à la vigilance.

  • Max de Kool, célibataire trentenaire, passionné de philosophie, mène une existence nomade consacrée à Descartes et Nietzsche, ses deux auteurs de prédilection, et à l'écriture d'un essai en préparation depuis des années sur le sublime chez Kant. Le hasard de ses pérégrinations le conduit à Genève où il fait la rencontre de Blandina Blandinova, top-modèle russe de renommée internationale. Sans l'avoir voulu, il se retrouve dans son lit. L'idylle dure peu car Max, quoique rationaliste, ne peut maîtriser une dangereuse pulsion :
    Quand il entend une chanson de Julio Iglesias, il devient violent. Et la pauvre Blandina se retrouve au tapis pour avoir écouté « Vous, les femmes ». Piteux, il part à la montagne faire le point sur sa vie, ses amours et ses colères. À 2 000 mètres d'altitude, unique client d'un hôtel abandonné, il voit sa retraite perturbée par l'arrivée d'étudiants en marketing, venus avec leurs professeurs fêter la fin de l'année scolaire. Gala chic ou teuf techno ? Faut- il autoriser les drogues et le strip-tease ? Une gendarmette mystique, adepte de Madame Guyon et du quiétisme, tente de prêcher la paix, l'oraison du coeur et la dissolution de l'ego. Rien de plus opposé à la philosophie de Max. Pour lui, le salut est en haut, dans le ciel des Idées. L'harmonie des styles, des musiques et des générations est pourtant en passe de se réaliser quand retentit la voix de Julio Iglesias. Victime de ses démons, Max gâche la fête par un acte inqualifiable. Et si le salut était dans la chute ? Au petit matin, Max plonge tête la première dans le vide. La résurrection est en vue. Un roman hilarant, truffé de situations saugrenues, où s'opposent deux conceptions du monde : une rationaliste, l'autre mystique.

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  • Yasmine

    Eli Amir

    Yasmine d'Eli Amir est un roman qui se déroule au lendemain de la guerre des Six Jours de 1967. Le narrateur, Nouri Amari, est le jeune conseiller aux affaires arabes d'un ministre israélien. Né en Irak, arabophone, sa culture et sa sensibilité le portent à comprendre les détresses de la population arabe de la partie orientale de Jérusalem nouvellement occupée, où il a été affecté. Très tôt, par ses contacts avec Abou George, journaliste chrétien palestinien et propriétaire d'un restaurant, Nouri fait la connaissance de la fille de ce dernier, Yasmine, de retour de ses études à Paris. Ce qui devait arriver arriva... Amour au premier regard : refusé, contrarié, accepté, et impossible. D'autres protagonistes animent cette fresque romanesque : Michèle, psychologue formée à la Sorbonne. Kobi, frère de Nouri, agent du Mossad. Hazkel, son oncle, emprisonné à Bagdad, et mystérieusement libéré. Le « ministre délégué », pompeux visionnaire de la colonisation des territoires palestiniens. Ghadid, bergère que Nouri a rencontrée pendant son service militaire, assassinée dans un « crime d'honneur ». Et tant d'autres, dont les destins se croisent ou se heurtent. Yasmine est le constat désabusé de l'impossibilité de concilier l'inconciliable : malgré son respect des Arabes, sa sympathie à leur égard, le fossé entre Juifs et Arabes demeure trop profond pour Nouri. Ce roman réaliste sert aussi de miroir pour notre époque : il nous aide à comprendre la genèse de la première puis deuxième intifada et les ravages actuels du conflit israélo-palestinien sur les deux sociétés antagonistes.

  • Qui est jamais vraiment revenu de cette Algérie en guerre où ont été expédiés plus d'un million de circonscrits ? Et qui peut aujourd'hui se croire indemne de ce qu'a vécu en Algérie la génération précédente ? La rencontre d'un manchot, le récit d'une histoire d'amour avortée et quelques hasards objectifs ont précipité le narrateur sur les traces des commandos de chasse qui crapahutaient dans les Aurès ou ne Kabylie. Il y a découvert le destin tragique des irradiés de Reggane, victimes innocentes des premiers essais nucléaires français, réalisés au Sahara en 1960. En remontant le cours d'existences contemporaines jusqu'à cette époque de crimes et de tromperies, Une guerre sans fin ranime une mémoire enfouie dans le sable mais qui peut toujours, cinquante ans plus tard, contaminer les destins individuels... C'est en cela qu'il est aussi un roman de transmission : sur les pères, les fils et les secrets tragiques qui minent leur relation.

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  • Peter Sloterdijk, dans ce dernier volume de sa trilogie, Écumes, sphérologie plurielle, part à la découverte de la structure alvéolaire qui permet aux êtres humains de coexister dans les sociétés modernes. Il y souligne le rôle de l'élément aérien, notamment dans les nouvelles techniques de destruction et d'extermination, développe une théorie des îles et de « l'insulation » humaine, se penche sur le phénomène de la cohabitation des « machines célibataires » vivant en cellules juxtaposées, ou encore sur le phénomène de la « serre », fabrication artificielle d'un milieu atmosphérique. En ceci, il répond à la question de la nature du lien qui fait tenir le sujet dans ce que la sociologie nomme traditionnellement « société ».
    Peter Sloterdijk entre avec ce volume dans une phase d'observation de la civilisation contemporaine, dont il rattache l'évolution aux premiers mythes de l'écume, entre autres la naissance d'Aphrodite. Cette forme de pensée sereine en bulles, en écumes sert à prendre en considération la pluralité des approches et inventions du monde. De même, elle formule une interprétation philosophique et anthropologique de l'individualisme qui, en créant une atmosphère de liberté, dépasse les définitions entendues (cf. « Le malheur est la dernière idéologie »).

  • Dans ce deuxième tome de la trilogie des Arcanes, le Grand Jeu continue, implacable. C'est désormais l'heure de la confrontation entre le Croupier et Matthias notre héros... Mais ce combat n'était-il pas dès le départ anticipé par les stratèges de l'Organisation ? La Complainte des Arcanes débute dans la canicule de 2003 pour s'achever à la saison des vendanges, Tempérance oblige. Dans une France à l'agonie, écrasée par la chaleur, angoissée par les mutations profondes de la mondialisation et du libéralisme, l'Organisation semble avoir trouvé un terrain de jeu propice à ses terribles manoeuvres. Sous l'égide de Clint Baskerville, elle a choisi les victimes qui incarneront cette fois -ci les sept arcanes du savoir (la Justice, l'Ermite, la Roue de Fortune, la Force, le Pendu, XIII, Tempérance). Mais alors que le Croupier exécute ses premiers contrats, avec des états d'âme croissants - incarnet- il vraiment l'Arcane XIII ? -, de nouveaux acteurs semblent entrer dans le jeu. Dans la discrétion d'étranges propriétés provençales, les meurtres se multiplient, les Alpilles de Nostradamus comme le Marseille des maîtres cartiers deviennent un sanglant champ de bataille. Au coeur de notre vie quotidienne, les protagonistes se livrent une guerre sans merci, échos lointains de faits divers mille fois connus et répétés, happenings soigneusement orchestrés, miroirs à peine déformants tendus à la foule des anonymes que nous sommes. De trahisons en coups de théâtre, le plan machiavélique de l'Organisation ne laissera pas indemnes Matthias et ses compagnons. Le petit groupe, ballotté par des forces qui le dépassent, devra payer le prix fort pour rester à la table de jeu, et il aura besoin de l'intervention de nouveaux alliés pour éviter une défaite totale.

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  • En quoi, pour des millions de spectateurs, consiste la fascination du sport, si l'intérêt ne se borne pas seulement à la question : qui remportera la victoire, qui sera perdant oe
    L'auteur met son doigt de philosophe sur un phénomène de masse en invitant le lecteur à partager avec lui certains moments d'extase où, sidéré, il s'est trouvé devant le spectacle de la beauté athlétique. C'est cette notion de présence que partage le sportif et le spectateur, quand le premier " s'abandonne dans une intensité focalisée " au moment extrême de son art et que l'autre éprouve une jouissance esthétique incomparable.

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  • Qu'y a-t-il de commun entre une protectrice des orang-outang, la chanteuse Madonna, la créatrice de mode Vivienne Westwood, les cosmonautes de la station Mir, un monstre conservé dans du formol, l'actrice Jean Seberg, Margaret Thatcher, Jane Birkin, Michel Piccoli, le cannibale Issei Sagawa, le compositeur Mikis Theodorakis, l'acteur John Malkovich, le Dalaï Lama et la prestigieuse Dame Edna, travesti légendaire de la lointaine Australie ? Au moins deux choses. D'abord, ce sont tous des êtres hors du commun. Ensuite, le journaliste Roger Willemsen est allé leur rendre visite, aux quatre coins du monde, dans des lieux souvent insolites, pour tenter de briser le masque de leur célébrité et découvrir en eux ce qui les avait poussés à sortir du rang : on voit ainsi Malkovich en enfant battu, Margaret Thatcher en dame de fer inflexible malgré la rouille, Mikis Theodorakis évoquant avec nostalgie l'île où il fut détenu, Piccoli en conseiller sentimental, Jane Birkin en amante éternelle de Gainsbourg. En une vingtaine de brèves rencontres, insolites, sensibles et étonnantes, Roger Willemsen brosse ainsi un tableau étonnant d'une humanité à la diversité fantastique, et fait preuve pour sa part d'une exceptionnelle capacité à aller visiter les strates les plus profondes de l'âme des stars qui font notre univers.

    Après des études d'histoire de l'art, de philosophie et de civilisation allemande à Bonn, Florence, Munich et Vienne, Roger Willemsen a passé son doctorat ès lettres en 1984 puis est devenu essayiste, traducteur et journaliste. Sa carrière à la télévision allemande a commencé en 1991 sur la chaîne Première, à Hambourg. Il a depuis réalisé une quantité extraordinaire d'entretiens avec des personnalités de tous les milieux et des quatre coins du monde. Il vit aujourd'hui de sa plume et de ses spectacles, participe
    activement aux programmes d'Amnesty International et de « Terres de femmes ». On trouve dans son abondante bibliographie des interviews d'anciens détenus de Guantanamo, un récit de voyage en Afghanistan, ou un recueil d'entretien avec « des auteurs d'attentats, pilleurs de banque, assassins, prisonniers politiques, candidats au suicide et victimes de violence ».

  • Les neuf courts récits qui composent Midi, soir et matin plantent le décor d'un quotidien familier, et pourtant extrêmement dérangeant. Une famille attend un oncle qui n'arrive jamais, un passant suit une inconnue dans la rue, un homme ressemble étrangement à une poupée, un autre n'arrive pas à échapper à son rêve... D'une situation en apparence banale, la plume minutieuse et sensible d'Alois Hotschnig fait naître une atmosphère étouffante digne des meilleurs thrillers. L'oeil vif et subtil, l'auteur réussit à faire de la rencontre de deux insectes un duel d'une ardeur saisissante. Hotschnig dirige le lecteur vers des contrées inexplorées et lui révèle un autre versant de la réalité, qui laisse un étrange sourire aux lèvres... Dans une langue musicale d'une remarquable force suggestive, Alois Hotschnig invente un univers onirique troublant dont le lecteur, comme les personnages, ne ressortent pas indemnes.

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