Boreal

  • Un nouveau recueil de poèmes, inédits, de Gilles Vigneault nous fait entendre la voix du poète aussi assurée, aussi fraîche qu'au premier jour. Parfois proches de la chanson ou du conte, parfois pure poésie, ces textes sont tout à la fois confidences, souvenirs, méditations sur l'écriture et, surtout, une invitation au lecteur d'éteindre les écrans « pour voir le jour s'allumer / Pour entendre des merveilles ».

  • Je ne suis pas de son monde, un maestro de la poésie et sa ritournelle, un prof de littérature et son étudiante, un homme coincé devant un petit pétard blond, deux univers défigurés par la présence de l'autre, non, je ne suis pas de son univers et il passe son temps à me le rap-peler aussi. Oui, je viens d'un univers très différent du tien, me répond-il tout le temps comme pour me signifier que je suis une extraterrestre dans sa vie et qu'être ensemble pour vrai relève de la fiction. Quand il me dit ça, j'aurais envie de m'arracher un oeil et de l'avaler, qu'il me laisse donc me raconter une belle histoire, la belle histoire de deux mondes qui s'effondrent ensemble. Plus nos plaies seront profondes, plus on s'infiltrera l'un dans l'autre. Émilie-Kiki a vingt-six ans et aime Tchéky K., cinquante-six ans, son professeur de littérature, marié «jusqu'aux oreilles». S'engage alors un rapport de force qui oppose jeunesse et savoir, une lutte à finir entre deux clowns tristes dont la piste prend souvent l'allure de chambres d'hôtel minables et où tous les coups sont permis.

  • Le colibri est symbole de sagesse et de courage. Dans ce touchant récit, héritage des tribus Quechan et Haïda, sur la côte du Pacifique, le colibri tenace et déterminé affronte un incendie qui menace de détruire la forêt. Le Vol du colibri nous rappelle l'importance de cheminer à petits pas si l'on veut accomplir de grandes choses. La persévérance est bien souvent synonyme de réussite, même pour les plus petits d'entre nous.
    Ce texte est une source d'inspiration pour les environnementalistes. Magnifiquement illustré par l'artiste amérindien Michael Nicoll Yahgulanaas, traduit et présenté par Richard Desjardins, l'auteur-compositeur également connu pour ses prises de position en faveur de l'environnement et des Premières Nations, avec une postface de Sa Sainteté le Dalaï Lama, Le Vol du colibri propose une réflexion sur le caractère éphémère des ressources de notre Terre et sur l'importance de les utiliser avec parcimonie.

  • Ni pastiches, ni exercices de style, ces histoires sont écrites « sous l'influence » d'autres écrivains : Jean Giono, Colette, Flannery O'Connor, Francis Scott Fitzgerald, Gabriel García Márquez, Anton Tchekhov, Guy de Maupassant, Gabrielle Roy, Michel Tremblay. Participant de l'oeuvre de fiction de Robert Lalonde, tout en poursuivant la voie inaugurée dans Le Monde sur le flanc de la truite et Le Vacarmeur, ces neuf textes constituent autant d'hommages à des auteurs admirés, du « piratage par amour ». Le plus beau dans tout ça, le plus surprenant - j'aurais pu, évidemment, m'y attendre -, c'est que pillant à tour de bras je me suis vu retomber dans les sillons de ma calligraphie à moi, ce fameux timbre «naturel », qui est peut-être fait de bien plus de chants qu'on pense. Chemin faisant - car rien ne saurait arrêter le pilleur ravi ! -, je découvris, avec une joie quasiment surnaturelle, comment travaillait celui-ci, besognait celle-là, bûchait cet autre, virgulait et adjectivait cet autre encore, et crus même apercevoir le paysage qui tremblait dans la fenêtre de l'un, ou ventait dans celle de l'autre, pendant qu'il ou elle écrivait. À tel point que je fus souvent bien étonné de déposer ma plume, une fois l'histoire achevée, dans un présent absolument personnel et inimitable, où m'attendaient des occupations de revenant, pour lesquelles il me semblait que je n'étais pas né. R.L.

  • Les seins de Faïna ont poussé l'espace d'un été, celui de ses seize ans.
    Et, avec les seins, sont apparus les admirateurs. Faïna pensait que sa mère, Oliko, et que sa grand-mère, Noutsa, lui confieraient alors le plus important des secrets de la famille : comment elles se sont mariées toutes les deux à seize ans. Et, surtout, qu'est-ce qui se passe après le mariage, quand les deux époux restent seuls ensemble. Mais personne ne lui a raconté quoi que ce soit. Les mots, c'est quoi ? Du vent ! " Il faut bien se marier au moins une fois dans sa vie, petite.
    " Voilà ce que grand-mère Noutsa se contente de répéter à Faïna. Mais qui ? Son premier fiancé aux noirs sourcils, ou le fils du vigneron au regard de feu ? Cette histoire se déroule dans un pays qui n'existe pas. L'Union soviétique a coulé comme le Titanic, mais le monde entier continue de nager vers cette épave pour regarder à travers ses hublots. Dans Faïna, de jeunes filles rêvent désespérément de se marier, des innocents se font tirer à bout portant, des femmes se déshabillent et écartent les jambes sur la table de la cuisine, une main qui sort de la terre saisit un homme par la cheville et son âme s'échappe, un cadavre repose sur un piano à queue, Brejnev se traîne jusqu'à la tribune en essayant de retenir ses pets.
    Voyez ! Voyez ! Voilà la vie derrière le hublot...

  • " Jésus Marie Joseph, je suis excitée en diable, comme jamais auparavant, dans la cabine d'un navire sur un golfe écumeux, quelque part à l'ouest de Terre-Neuve, le soi-disant comte d'Épirgny, mauvais garnement sacré champion de tennis d'Orléans il y a cinq ans, coincé entre mes cuisses.
    " Le Pas de l'ourse raconte les tribulations d'une jeune Française qui ne traverse l'Atlantique, en 1542, en compagnie de son oncle, le sieur de Roberval, grand rival de Jacques Cartier, que pour être abandonnée, avec son amant et sa vieille nourrice, sur une île déserte du golfe Saint-Laurent. À partir de ces faits historiques, Douglas Glover échafaude un roman picaresque et truculent, peuplé d'ours véritables, d'ours imaginaires et d'ours mythologiques, d'Indiens mystérieux ou mystifiés.
    Ce tourbillon où se mêlent mythe et réalité, mort et désir, télescope violemment le passé et le présent pour réécrire l'histoire de la rencontre de deux continents. Glover nous fait imaginer ce que les côtes de l'Amérique signifiaient pour les premiers colons européens, ce que ces gens représentaient aux yeux des autochtones, et l'échec tragique des deux parties à reconnaître l'humanité de l'autre.
    Il explore cette terra incognita où se touchent et se confondent les cultures, les sexes, les langues. Bref, tout ce qu'on ne trouve pas dans les livres d'histoire...

  • Le 21 décembre 1996, dans la modeste église de Sainte-Agathe, avaient lieu les funérailles nationales d'un poète. Avant Gaston Miron, aucun écrivain n'avait reçu des autorités politiques québécoises un honneur pareil. Comment une telle chose pouvait-elle se produire dans une société qui avait jusque-là si mal traité ses poètes, de Nelligan à Saint-Denys Garneau?

    C'est tout simplement que Gaston Miron incarne mieux que quiconque le Québec moderne. Miron est notre "contemporain capital". Écrire la biographie de Gaston Miron, c'est faire davantage que retracer la vie d'un homme, c'est raconter le Québec de la Grande Noirceur et des communautés religieuses, la Révolution tranquille, la renaissance du nationalisme et les mouvements de gauche, la crise d'Octobre, les deux référendums, c'est raconter l'histoire de l'édition au Québec et la naissance d'une institution littéraire semblable à celle dont sont dotées les autres nations.

    À l'étranger aussi, le Québec, c'était Gaston Miron, tant parmi la confrérie des poètes que sur les plateaux de la télévision française.

    Après de nombreuses années de recherche qui l'ont amené à rencontrer les proches de Miron et à traverser d'abondantes archives, le poète, romancier et essayiste Pierre Nepveu arrive à embrasser l'empan de cette vie hors du commun. Il sait bien sûr faire ressortir toute l'envergure du poète, mais il réussit également comme nul autre à peindre l'homme, sa rudesse, sa fragilité, son grand rire franc, ses coups de gueule, sa misère natale qu'il portait comme un stigmate, son espoir indomptable.

  • Florence n'aime pas les écrivains, ces êtres névrosés, et encore moins leurs livres, ces choses corpulentes qui ne sont même pas vraies. Florence, par contre, aime Zéno, et Zéno, lui, aime Pierre Laliberté, ce romancier mythique dont personne n'a jamais aperçu le visage. Et c'est à cause de Zéno que Florence découvre un jour que Pierre Laliberté lui a volé la phrase la plus précieuse qu'on lui ait jamais dite. La voilà donc sur une piste pouvant la mener à cet imposteur qui pille la vie des autres pour construire ses livres.

    Dans ce roman mené à la manière d'un polar, Monique Proulx rend un superbe hommage à la littérature et à ceux qui la font.

  • Né en 1887 à Mistouk, sur les rives du Lac Saint-Jean, Roméo Tremblay, dit Méo, a toujours été trop grand : trop grand pour son berceau, trop grand pour son village, pour sa région, pour son époque.
    Doué d'une force et animé d'une ferveur peu communes, il est porté à se mesurer à tout ce qui l'entoure : aux mystères de la forêt, au tumulte des rivières, aux hommes qui briment sa liberté, à l'endurance des Indiens ces " inmourables " et jusqu'à l'immensité de l'Amérique, parcourue d'un bout à l'autre. Sorte de géant fébrile, Méo incarne les espoirs de ses semblables, leurs rêves les plus grandioses, les plus extravagants : du moins jusqu'à l'âge adulte, alors que survient la brisure qui fait de lui un fuyard, condamné à errer dans un monde désormais désenchanté, banni de ces terres neuves que les siens se sont donné tant de mal à habiter.
    Mêlant l'histoire à la légende, alliant la chronique à la fable, Mistouk est le récit à la fois comique et tragique d'une petite société qui a cru pouvoir fondre le rêve et la réalité, comme si elle se retrouvait aux premiers temps du monde. En recréant leur parole et leurs émotions, Gérard Bouchard redonne vie à ces anciens Saguenayens, gens fantasques, colorés et candides, au verbe riche et franc, défricheurs modestes et rebelles, qui ont un jour rêvé à l'échelle d'un continent.

  • Le périlleux passage de l'enfance à l'adolescence puis à l'âge adulte se trouve au coeur de toute l'oeuvre de Robert Lalonde. Le sourd travail du désir, l'élan vers la lumière, la fascination des ténèbres, la passion pour les êtres et les livres, la terrible sagesse de la nature, tous ces thèmes se retrouvent ici transfigurés par une manière nouvelle chez Lalonde de tisser plusieurs histoires, de les heurter les unes contre les autres pour en faire retentir toutes les harmoniques, et par un lyrisme d'un abandon et d'une audace encore jamais atteints chez lui.

    Avec ce nouveau roman, Robert Lalonde donne sans doute son oeuvre de fiction la plus importante de ces dernières années et pose un nouveau jalon dans son parcours d'écrivain.

  • Chacune de ces nouvelles se déroule dans le Nord mexicain où, si la réalité est toujours parfaitement claire et tangible, elle n'en est pas moins d'une irréalité apocalyptique.
    Eduardo Antonio Parra navigue entre ces deux pôles, mêlant mythe et vérité, poésie et dénonciation, se faisant le cartographe de cette immensité hallucinée que constituent le désert, le rio Bravo, les villes frontalières Monterrey ou El Paso, les villages fantômes, ceux où l'on croit encore aux démons, où défilent tour à tour des paysans sans terre, des clochards transfigurés par l'amour, des prostituées, des femmes sans hommes, des hommes qui sont partis pour l'autre rive la mort ou les États-Unis.
    Sous la plume de Parra, cette « terre de personne » devient la terre de tous les êtres humains, de tous les fantasmes, un cercle de l'horreur où la beauté fait irruption de la façon la plus inattendue et la plus saisissante.

  • Un après-midi du mois de décembre 1994, patrick j.
    Delarue quitte brusquement paris pour rouler droit devant lui. le lendemain, au petit matin, il s'éveille d'un profond coma éthylique dans un grand hôtel surplombant le jardin zoologique de berlin.
    Pourquoi ce soudain dérèglement dans sa vie si ordonnée de banquier ?
    Il y a d'abord cet inspecteur de la brigade financière qui n'en finit pas de rôder autour de la western international banking corporation, oú delarue est chef' des opérations internationales.

    Mais il y a également ce courrier en provenance de montréal, qui annonçait à delarue la mort de sa soeur et le retour de fantômes redoutables, dont celui de jimmy o'flaherty, cette " brute épaisse de père ", condamné à la prison et qu'il croyait avoir oublié à jamais.
    La dérive de delarue se transforme en virée cauchemardesque dans berlin, oú l'alcool et les femmes se disputent le premier rôle. berlin, la plus jeune des villes d'europe, mais oú l'histoire pèse plus lourd qu'ailleurs et oú les blessures du siècle sont toujours béantes.

  • Bernard Valcourt est journaliste. Il a été témoin de la famine en Ethiopie. Il a vu la guerre au Liban. Il n'a plus rien à apprendre au sujet de l'horreur dont les hommes sont capables. Et c'est par désoeuvrement qu'il accepte, au début des années 90, de

  • Sextant

    Maya Merrick

    Réfugiée perpétuelle, la jeune Cassy Peerson habite une voiture dans une petite ville de la côte californienne et travaille comme sirène dans une boîte de strip-tease. Heureusement pour elle, car il n'y a qu'au fond de l'eau qu'elle se sente bien. Son récit fragmenté est construit autour d'un ensemble de personnages éclectiques et de retours en arrière vers un passé familial qu'elle aimerait mieux oublier. À travers des scènes où elle se confie à une tête en papier-mâché, on comprendra qu'elle ne peut mener beaucoup plus longtemps une vie de débauche où sexe et drogue occupent toute la place. Les émotions profondément enfouies en elle remonteront à la surface et elle devra confronter son passé, qui sera très littéralement mis à nu devant ses yeux. Bien qu'il s'agisse ici de son premier livre, Merrick écrit avec la maturité de celle qui a assimilé les grands classiques, comme si Dorothy Parker avait capté le génie de William Faulkner. Avec des dialogues percutants et des personnages bien campés, Sextant est un brûlant portrait de la dysfonction et de la rédemption offert par une étoile montante de la littérature canadienneanglaise.

  • La prise en charge de la diversité ethnoculturelle représente un défi pour toutes les nations démocratiques. La réflexion québécoise, sur ce plan, n'est pas récente et elle a fait montre de dynamisme et d'originalité. Elle est d'ailleurs souvent citée en exemple un peu partout dans le monde.

    Le sociologue et historien Gérard Bouchard propose ici sa vision de l'interculturalisme comme modèle d'intégration et de gestion de la diversité ethnoculturelle considérée sous toutes ses formes : la diversité qui est apportée par les immigrants, celle des minorités et celle de la majorité.

    En proposant un exposé clair et exhaustif de ce qu'est l'interculturalisme, en soulignant ce qui le distingue du multiculturalisme et en répondant aux diverses objections qui ont été soulevées à son sujet, Gérard Bouchard veut contribuer à mieux définir cette notion encore trop souvent mal comprise.

  • Glenn Gould

    Mark Kingwell

    Glenn Gould (1932-1982) compte parmi les géants de la musique du XXe siècle. Il s'est également gagné une solide réputation d'excentricité. Génie solitaire, capricieux, virtuose hypocondriaque, il a renoncé à donner des concerts en public dès 1964 pour se consacrer à l'exploration de divers médias: enregistrement sonore, radio, télévision, imprimé. Le monde a été pris de court par sa disparition subite à l'âge de cinquante ans, mais sa musique nous semble aujourd'hui toujours aussi révolutionnaire, inattendue, irremplaçable.

  • Roman Nouveauté Automne 2011 Informations génériques Titre : La Patience des fantômes Coll. :Auteur(s) : Rachel Leclerc Éditeur : Éditions du BoréalDate de MEV : 8 septembre 2011 Format : 23 x 30 cmPrix : 18,50 €Nombre de pages : 264ISBN : 978-2-7646-2081-6 Contenu du livre C'est dans une vieille cabane de bois gris, dans un pauvre village de pêcheur, que Joachim Levasseur est né à la fin du XIXe siècle. Au milieu du siècle suivant, il meurt dans les bras de sa maîtresse, dans un chic hôtel de Montréal, où il n'était ni plongeur, ni chasseur, ni même chef concierge, mais un client qui profitait comme d'autres de ce que lui avaient rapporté son ambition et son audace.

    Si Émilie, son arrière-petite-fille, fait partie des serviteurs de ce monde, c'est parce qu'évidemment quelque chose n'a pas fonctionné après la mort de Joachim. Il y a pour elle, comme pour chacun des descendants de Joachim, un engrenage dans le mécanisme de la vie qui s'est cassé, au point où on en vient à croire qu'un mauvais sort a été jeté sur la famille.

    Ce mauvais sort, tous les personnages de ce roman cherchent à le conjurer, avec autant d'ardeur que Joachim en mettait pour fouiller la terre à la recherche de l'or qui nourrirait sa famille.

    Rachel Leclerc nous donne ici beaucoup plus qu'une grande saga familiale sur cinq générations. Grâce à son écriture éblouissante, elle nous propose une lumineuse méditation sur la tragédie qui se cache au milieu de toute vie. Pouvons-nous nous libérer du mauvais sort du passé sans renoncer à notre héritage?


    L'auteur Poète et romancière, Rachel Leclerc publie en 1995 son premier roman, Noces de sable, qui reçoit le Prix Henri-Queffélec à Concarneau et est sélectionné au Festival du premier roman de Chambéry, en Savoie. Un deuxième roman, Ruelle Océan, paraît en 2001, suivi en 2004 de Visions volées. Saluée par la critique et les lecteurs, Rachel Leclerc a été, pour sa poésie et ses romans, plusieurs fois finaliste au Prix du Gouverneur général.
    Arguments de vente - Pour découvrir une auteure majeure du Québec - Pour la qualité et le souffle poétique de l'écriture - Pour lire une saga familiale hors du commun ??

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