Bord De L'eau

  • à côté du genre : sexe et philosophie de l'égalité

    Geneviève Fraisse

    • Bord de l'eau
    • 16 November 2010

    Eros et libido, sexe et genre : Les mots se succèdent depuis un peu plus d'un siècle pour dire la dualité et le rapport entre hommes et femmes.
    Si l'on cherche l'objet philosophique, on trouve l'expression " différence des sexes ", " Geschlechterdifferenz " sous la plume hegelienne. Quant au genre, ce mot fait le pari de brouiller les pistes des représentations contraintes qui assignent chaque sexe à sa place. Et si, toute terminologie confondue, on s'en tenait à ce que la " différence des sexes " est une catégorie vide ? Alors, on se situerait " à côté du genre ", à côté des affaires de définition et d'identité, pour établir le repérage des lieux où sont pensés les sexes, dans leur tension, leur décalage, leur disparité au regard du contemporain démocratique.
    Au fond, la démarche est inversée : il ne s'agit pas de voir ce qu'il en est du sexe et du genre, mais de dire ce qui surgit dans la pensée quand égalité et liberté révèlent des enjeux sexués dans la politique et la création, l'économique et le corps, la pensée et l'agir.

  • Lionel Jospin nous propose une relecture de son histoire personnelle au Parti socialiste, de son expérience du pouvoir... d'abord comme Premier secrétaire du Parti socialiste (1981-1988 ; 1995-1997), puis comme ministre de François Mitterrand (1988-1992) et enfin comme Premier ministre (1995-2002).



    Ouvrage de mémoire et de projection, il apparaît au fil des pages que la conquête du pouvoir, et a fortiori son exercice, ne peuvent être que le fruit d'une intense construction militante. Revenant avec une tranquille lucidité sur le bilan des gouvernements socialistes de la fin du siècle, ceux de la présidence Mitterrand comme le sien, Lionel Jospin revendique les succès, y compris lorsqu'ils sont toujours débattus comme l'instauration du quinquennat, et assume les erreurs politiques sans voiler les faux pas moraux.



    À la fin, de cette fin qui pourrait être un commencement, se révèle une certitude : à défaut de «?la?» vie, nombreuses furent «?les?» vies changées pour le meilleur, rançon pas si déshonorante de l'espérance. Lionel Jospin nous invite à penser cette idée neuve en actions redevenue la matrice d'un monde où l'égalité sera le socle des solutions pour construire, pour toutes et tous, une vie décente.

  • Traces de vie à Auschwitz Nouv.

    Traces de vie à Auschwitz

    Philippe Mesnard

    • Bord de l'eau
    • 13 May 2022

    Le Recueil Auschwitz a été écrit durant les derniers jours de fonctionnement d'Auschwitz par Abraham Levite et un groupe de déportés juifs. Ce texte inédit présente le projet d'une véritable anthologie des témoignages écrits dans le camp. Il constitue en cela une résistance radicale à la déshumanisation du système concentrationnaire. Cette archive, traduite par les deux plus grandes traductrices françaises du yiddish, Batia Baum et Rachel Ertel, est accompagnée de huit commentaires qui savent mettre en évidence la subtilité de ce projet et sa dimension littéraire, tout en s'adressant à un public de non spécialistes.

  • La fabrique du consentement

    Jean-Philippe Pierron

    • Bord de l'eau
    • 18 March 2022

    Qu'il s'agisse de consentements affectifs et sexuels, de consentements me´dicaux sous leurs diffe´rents aspects (aux soins qui nous sont propose´s, que nous subissons et auxquels nous devons nous soumettre), de divers consentements juridiques et commerciaux, ou de toutes autres natures, la question du consentement s'e´rige en question majeure pour les sciences humaines. Elle e´merge sur fond d'une crise des accords tacites intrasociaux, intrafamiliaux et plus ge´ne´ralement des rapports interpersonnels, lie´e aux remaniements identitaires de l'espace commun.

    Cet ouvrage permet de mettre au jour cette dimension majeure des accords tacites alors que le consentement est essentiellement envisagé du point de vue de l'importance contractuelle et positive qu'encourage le droit. Le modèle en est le « consentement libre et éclairé ».

    En montrant qu'il y a un travail du consentement, que le consentement est un processus et pas seulement un contrat, et en le démontrant à partir d'exemples précis, cet ouvrage veut contribuer à une attention fine au « travail du consentement » pour l'accompagner, le soutenir dans le soin médical, familial mais aussi social, en vue d'une conception émancipatrice et libre des relations et du monde humain.

  • Pendant environ 200 000 ans, l'Homme fut une espèce souvent en danger d'extinction qui serait passée inaperçue si un naturaliste extra-terrestre avait exploré la faune terrestre en ces temps reculés. C'est son extrême socialité et la puissance de son système cognitif qui lui ont permis de survivre malgré ses faibles capacités physiques et sa grande vulnérabilité.
    Avec la révolution néolithique, un emballement inattendu se produisit. Le frêle mammifère à gros cerveau devint un terrible prédateur et un terrible destructeur si bien qu'aujourd'hui le problème fondamental auquel nous sommes confrontés est celui de préserver notre planète. Nous sommes donc la génération d'une révolution anthropologique majeure : nous savons désormais que la planète est fragile et qu'il faut la préserver pour éviter un futur potentiellement catastrophique.
    Pourtant, même les individus les plus sensibles à la crise environnementale continuent de vivre comme si de rien n'était ou presque. Nous sommes quasiment tous en état de dissonance cognitive, perpétuellement écartelés entre notre irrésistible propension à satisfaire des désirs toujours renouvelés et la conscience douloureuse que nos comportements ne sont pas compatibles avec la préservation de notre environnement.
    Les raisons d'un tel hiatus sont nombreuses, profondes, en grande partie inconscientes et interviennent à différents niveaux de l'organisation de nos sociétés. C'est l'objet de ce livre de les analyser à la lumière des travaux les plus récents en psychologie, neurosciences, anthropologie, éthologie et économie. En réalité, derrière la sophistication de nos sociétés et de notre technologie, nous demeurons mus par des déterminismes psychologiques et biologiques archaïques qui font obstacle à la gestion rationnelle et lucide de la crise environnementale.
    Se libérer de tels déterminismes n'est possible qu'à condition d'en prendre conscience. C'est la condition nécessaire au possible développement d'une société écologico- compatible dont les bases politiques et économiques sont exposées dans cet ouvrage.

  • La démocratie aux marges

    David Graeber

    • Bord de l'eau
    • 15 January 2014

    David Graeber, anthropologue atypique, à la fois professeur à la London University et l'un des initiateurs d'Occupy Wall Street, a fait une entrée fracassante à la fois sur la scène scientifique et sur la scène politique en montrant comment un des facteurs qui maintiennent les peuples sous le pouvoir des banques est le sentiment moral que toutes les dettes doivent être remboursées. Un sentiment né il y a 5000 ans en même temps que l'État, le marché, les grandes religions... et l'esclavage.
    La thèse fascine et appelle à la discussion. Notamment sur le point de savoir au nom de quelle conception de la démocratie elle peut être tenue. Sur cette question, dans un texte écrit en 2005 pour La Revue du MAUSS semestrielle et repris dans ce livre, l'érudition et le brio de D. Graeber font encore merveille. Non, montre-t-il, l'Occident est loin d'avoir le monopole de la démocratie, et, contrairement à l'opinion omniprésente, ce n'est sûrement pas la "culture occidentale" qui l'a fait apparaître et prospérer.
    Si on entend le mot culture au sens anthropologique, il apparaît en effet que la culture occidentale est introuvable (d'où une réfutation savoureuse et convaincante des thèses de Samuel Huntington). Et si on entend par culture la culture des lettrés, alors il n'est pas difficile de se convaincre que ceux-ci, en Occident comme ailleurs, se sont constamment opposés à la démocratie. Celle-ci, en réalité, ne naît et ne vit que dans les marges des systèmes de pouvoir.
    Où l'on voit toute la force d'une anthropologie anarchiste, revendiquée comme telle, et qui n'avait rien produit d'aussi puissant depuis Pierre Clastres. Reste, cependant, que tout le monde ne peut pas vivre dans les marges et hors pouvoir, et qu'il faut donc se demander ce qu'il peut et doit subsister de l'esprit de la démocratie dans le cadre des sociétés étatiques.

  • Universités, recherche, la France à contre-sens : qui paiera la facture de l'ignorance ? Nouv.

    La France aime la Science, elle qui a été un des tout premiers pays scientifiques. Mais nous sommes dépassésâ€â€°: d'autres pays investissent plus que nous, et nous régressons. Que ce soit pour la recherche, où nous sommes passés de la 4e à la 14e place mondiale, ou pour l'enseignement supérieur, où la dépense par étudiant diminue depuis 10 ans, tous les signaux sont négatifs. Pourtant, en ce XXIeâ€Â¯siècle nous sommes soumis à des défis mondiaux majeursâ€â€°: la réduction des inégalités, le changement climatique et la transition numérique. Pour chacun de ces défis, nous avons besoin de beaucoup de nouveaux savoirs et de les partager. La société apprenante est l'horizon que nous devons aujourd'hui nous fixerâ€â€°: une société qui place la connaissance au cÅ«ur de toutes ses actions, qui fait de chacune et chacun une personne capable d'apprendre et d'innover, d'être actrice du savoir en train de se construire.

  • écologies du smartphone

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    • Bord de l'eau
    • 18 March 2022

    L'ouvrage présente à travers des approches multidisciplinaires (sociologie, géo-physique, design, philosophie, architecture) les facettes plurielles du problème écologique posé par le smartphone.

  • L'école française est devenue le bastion des élites françaises. Comment en sommes-nous arrivés là ?
    Dans cet ouvrage incisif et renseigné, Jean-Paul Delahaye met au jour une situation masquée par les pseudo-discours républicains.
    Si l'école française répond aux attentes de la plupart des élèves, elle ne parvient pas à faire réussir trente pour cent d'entre eux... L'école française est profondément inégalitaire.
    Cette situation n'est pas le fait des enseignants, qui pour beaucoup d'entre eux sont au front, quotidiennement, se battant avec les moyens dont ils disposent.
    Mais les choix politiques et budgétaires qui sont ceux des élites, quelle que soit leur couleur politique, maintiennent cette situation déplorable qui fait de la France le pays où les origines sociales ont le plus d'impact sur les destins scolaires.
    Contrairement aux idées reçues, l'école française fait financer les études des plus riches, des études plus longues, plus coûteuses, par l'argent des pauvres. C'est le ruissellement à l'envers. Le pognon de dingue est d'abord dirigé vers les enfants des classes les plus aisées.
    Cet ouvrage dévoile, arguments à l'appui, un scandale d'État.
    Dans ce livre riche d'informations et de faits souvent ignorés, Jean-Paul Delahaye, un des meilleurs connaisseurs de l'école française où il a occupé toutes les fonctions sur près d'un demi-siècle, dresse un état des lieux sans complaisance de cette préférence française pour les inégalités.
    Mais il trace aussi, de façon plus positive, les contours de ce que pourrait être une école républicaine et fraternelle vraiment fidèle à ses valeurs.

  • Les vert-bruns : l'écologie de l'extrême droite française

    Stéphane François

    • Bord de l'eau
    • 18 February 2022

    Si le Rassemblement national ne s'intéresse guère à l'écologie que par électoralisme, différents individus et structures de l'extrême droite ont, au contraire, développé ces dernières années un discours écologiste.
    Ce discours, contrairement à ce que certains peuvent croire, n'est pas nouveau en France ; il a des racines profondes. Il puise dans un romantisme politique faisant l'éloge d'une nature indomptée, et partage avec l'écologie de « gauche » une certaine volonté de décroissance.
    Mais il reprend aussi bon nombre des thématiques qui ont structuré la pensée conservatrice (rejet de la technique, organicisme identitaire, etc.). En outre, contrairement à ce qu'on pourrait penser, dans notre pays, la formalisation d'une pensée écologiste à l'extrême droite remonte moins à Barrès ou Pétain qu'à la Nouvelle Droite, via d'anciens SS français. Ce livre se propose d'en faire la généalogie, rappelant le parcours de ceux qui contribuèrent à lui donner ses contours théoriques, analysant les contenus doctrinaux et jette un éclairage cru sur les réels contenus idéologiques de ces discours.

  • Animal politique : sauver les animaux pour nous sauver nous-mêmes

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    • Bord de l'eau
    • 4 February 2022

    Hélène Thouy est avocate. Elle est aussi la cofondatrice et la porte-parole du Parti animaliste.
    Dans ce livre très attendu, elle explique pourquoi le moment est venu pour les défenseurs des animaux de descendre dans l'arène politique. Il s'agit bien évidemment de faire valoir les intérêts de ces millions d'êtres que l'on mutile et engraisse, piège et exhibe, enferme et tue.
    Il s'agit aussi de répondre aux attentes de cette majorité de Français qui jugent que la cause animale est importante, qui rejettent massivement l'élevage industriel et s'inquiètent de ses conséquences sanitaires et environnementales catastrophiques.
    La grande majorité de nos responsables politiques, eux, ne semblent vouloir servir que les intérêts financiers des grands groupes agroalimentaires. Cette allégeance à une poignée d'industriels est scandaleuse. Elle est contraire aux intérêts des animaux, des éleveurs, des consommateurs. Elle doit prendre fin.
    Prenant à contre-pied les commentateurs professionnels et les cyniques, Hélène Thouy répond aux questions que l'animalisme soulève parfois. Elle montre qu'il n'est pas la dernière lubie de citadins déconnectés de la nature, mais une cause défendue depuis la nuit des temps par les esprits les plus libres et les plus brillants.

  • La démocratie, telle qu'elle fonctionne aujourd'hui en France, est le principal obstacle à la nécessaire transition écologique à opérer pour éviter que les désastres en cours ne s'accentuent et ne conduisent à terme à l'effondrement de notre modèle social prophétisé par divers auteurs. La démocratie du productivisme est celle du marché libre s'opposant à l'écologie à la fois par l'abondance des modèles de consommation et par divers obstacles culturels, sociaux, politiques, économiques, démographiques ou technologiques.
    Si les milliers d'expérimentations et de réalisations locales que porte le mouvement de l'Économie sociale et solidaire, ainsi que les politiques de préservation (parc, réserves, zones protégées, etc.) sont des plus utiles, elles n'agissent pas à la source sur les fondements du productivisme, sur les questions transversales de l'emploi industriel ou de l'urbanisation, ni sur les transports longue distance ou sur la préservation du modèle de protection sociale en économie décroissante. Enfin, interviennent les contradictions entre le temps long des problèmes et le temps électoral ou politique court, ou entre le caractère virtuel, l'invisibilité relative, de certains désastres en cours, concernant surtout les prochaines générations, et les conditions de vie très concrètes, dures au jour le jour pour une grande partie de la population.

  • Le marchand de Venise

    William Shakespeare

    • Bord de l'eau
    • 16 May 2003

    Amoureux de Portia, belle et riche héritière, Bassanio, gentilhomme désargenté, s'efforce d'obtenir sa main. Pour l'aider, son ami Antonio marchand chrétien, emprunte une somme de 3000 ducats à l'usurier juif Shylock qui lui demande, en cas de non remboursement de la dette, une livre de sa chair. Le jour de l'échéance, la dette n'étant pas réglée, Shylock exige l'exécution de la clause. Mais l'habileté de Portia, déguisée en « docteur de droit civil», confond l'usurier retors et sauve Antonio Shylock, ridiculisé, spolié et trahi par sa fille qui a rejoint le camp des Chrétiens, s'en va seul tandis que les jeunes gens, loin des tracas du commerce et du fracas des procès, s'abandonnent à la félicité, aux sons - joyeux et graves à la fois - d'une musique qui évoque non seulement l'harmonie terrestre retrouvée mais aussi l'harmonie céleste dont elle est l'écho.

  • La gratuité des transports : une idée payante ?

    Observatoire Des Villes Du Transport Gratuit

    • Bord de l'eau
    • 18 March 2022

    La gratuité engendre-t-elle une moindre qualité de service et davantage d'incivilités ?

    Les bus gratuits sont-ils vraiment remplis d'anciens cyclistes ?

    Peut-on dire de la gratuité qu'elle constitue une mesure écologique ?

    La gratuité des transports a le vent en poupe. Après les historiques Compiègne, Aubagne et Châteauroux, les agglomérations de Dunkerque, Niort, Calais et tout récemment, Douai, ont rejoint le club des villes du transport gratuit. En 2023, Montpellier devrait être la toute première métropole à passer le cap, démontrant que la gratuité n'est pas réservée à une poignée de villes petites ou moyennes.

    Actuellement, 36 villes françaises pratiquent une forme de gratuité dite totale de leur réseau de transport en commun : la gratuité y est effective tous les jours de la semaine, pour toutes et tous, sans critère d'âge, de lieu de résidence ou de situation financière.

    Alors que peu de candidats et d'élus osent remettre en cause la gratuité lorsqu'elle est effective ; chez les experts de la mobilité, on se déchire. Deux camps s'affrontent âprement : les anti et les pro-gratuité. Les arguments échangés sont aussi nombreux que les contre-vérités énoncées. Difficile d'y voir clair tant le débat est passionné, donnant davantage à voir dans les médias des schémas idéologiques solidement ancrés que des faits étayés...

    C'est dans ce contexte que les spécialistes de l'Observatoire des villes du transport gratuit ont rédigé cet ouvrage. Leur ambition ? Détricoter le fil des idées reçues les plus fréquemment entendues, aller au-delà du clivage « pour ou contre » et, enfin, considérer la gratuité pour ce qu'elle est : une politique publique comme une autre.

  • Le présent ouvrage a recours à l'histoire, mais à une histoire précise et documentée - qui prend souvent le contre-pied des nombreuses représentations fantasmées du passé qui ont envahi l'espace public, portées d'ailleurs par des responsables de premier plan et des essayistes renommés. À les croire et à les suivre, nous allons au-delà des fakes news, pour entrer dans le temps triste et nauséabond de l'histoire manipulée.
    Le débat sur l'École sert une stratégie dont les réactionnaires choisissent l'agenda et les thèmes, repris en choeur, sans distance critique ni attention aux faits, par la plupart des médias.

  • Penser les effondrements : critiques d'un récit dominant

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    • Bord de l'eau
    • 15 April 2022

    Ous la dénomination apparemment politique et scientifique de collapsologie, l'effondrement de la société thermo-industrielle est conçu comme la baisse rapide et irréversible de certains services de base fournis à l'ensemble de la population et (parfois) garantis par la loi : air respirable, eau potable, alimentation, énergie, ramassage et traitement des déchets, sécurité, télécommunications, mobilité, etc. Dans ce dossier, il s'agit d'étudier la réalité et les composantes des courants effondristes et de comprendre pourquoi ils ont une audience. Est en cause une tension entre, d'une part, le besoin de « rendre le monde disponible », c'est-à-dire d'en contrôler toutes les dimensions, de recourir à des moyens de ce contrôle pouvant aller jusqu'au transhumanisme, autrement dit jusqu'à la construction de l'homme-machine, avec le risque corollaire, celui d'une perte de capacité de renouvellement de la pensée. Et, d'autre part, le constat de pouvoirs globaux, insaisissables, ce dont « l'incertitude », l'effondrement des « règles » de protection seraient une traduction - d'où l'obsession de la sécurité et la haine de « l'étranger parmi nous ». Simultanément, des références à Kropotkine, et plus près de nous à Alexandre Grothendieck et au mouvement Survivre et Vivre, reprennent de la vigueur et trouvent de nouvelles filiations. Un paradoxe nous est posé : les collapsologues occupent dans la Cité la fonction traditionnelle de prophètes de malheur, dégagée de référence religieuse explicite ; mais cette fonction reste essentielle. C'est ainsi que l'écologie politique est confrontée à son rôle en matière de pensée critique. Quelle en est l'actualité ? Telle est la question essentielle que pose ce dossier.

  • Franc-maçon !

    Eric Badonnel

    • Bord de l'eau
    • 4 March 2022

    Au quotidien, quelle est la vie d'un franc-maçon ? Quelles sont les étapes de son parcours « initiatique » ? Quel regard un franc-maçon porte-t-il sur son engagement ? Quelle vision de la société son appartenance à la franc-maçonnerie lui inspire-t-elle ? Quel est le sens du « secret maçonnique » ?

    Ce livre est d'abord un témoignage. Un « frère » dévoile sa qualité de franc-maçon. Il relate son expérience personnelle au Grand Orient de France et livre sa compréhension de la méthode, de la culture et de l'idéal maçonniques. Ses analyses, nourries de ses propres travaux « en loge », présentent de façon inédite certaines questions, telles qu'elles peuvent être discutées dans les « temples ».

    Ce livre s'adresse au public « profane » comme aux francs-maçons, qu'ils soient débutants ou expérimentés. Les différents lecteurs seront surpris de voir présenté en termes non maçonniques, donc accessibles à tous, ce qui fait la franc-maçonnerie. Les références à la philosophie et aux sciences sociales alimentent une réflexion originale qui invitera chacun à poursuivre ses lectures et ses « apprentissages ».

    Ce livre, enfin, est un essai. L'auteur dresse le constat d'une crise du politique qui met aujourd'hui la République en danger. De son point de vue, la franc-maçonnerie a un rôle à jouer, celui d'une « école pratique de la pensée ». La méthode maçonnique apprend moins à élaborer des propositions politiques qu'à contester et reformuler avec rigueur les termes du débat public. Dans une finalité : celle de « rassembler ce qui est épars ».

  • La démocratie vise un idéal qui mérite d'être vigoureusement défendu?: l'égale liberté politique des citoyens. C'est avec la conviction profonde que l'on doit tous prendre part à la vie démocratique que les auteurs se penchent sur les conditions qui la rendent possible.

  • Haendel l'europeen

    Michèle Lhopiteau-Dorfeuille

    • Bord de l'eau
    • 14 January 2022

    Ce livre décrypte un compositeur baroque tout à fait atypique : Haendel, une force de la nature, vola de son vivant de triomphes en triomphes, mourut à 74 ans couvert de gloire et laissa une fortune considérable à ses héritiers. Mais dès sa disparition et alors que deux statues de lui se dressaient à Londres, sa musique fut victime d'un impitoyable tri sélectif et d'une double appropriation : l'Église anglicane la réduisit à un tout petit nombre d'oratorios bibliques et la Monarchie Britannique à des oeuvres patriotiques et officielles - enterrant le Haendel épicurien et sentimental.
    C'est donc cet autoentrepreneur bon vivant, qui ne vécut pas un jour à la Cour d'Angleterre que ce livre, appuyé sur une bande-son qui a plus que jamais tenu à sortir des sentiers battus, a souhaité vous faire rencontrer.

  • Habitats et vieillissements : des hommes et des lieux Nouv.

    Habitats et vieillissements : des hommes et des lieux

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    • Bord de l'eau
    • 13 May 2022

    Le vieillissement introduit une mutation des rapports des personnes à l'habitat et aux espaces de vie sous la pression de changements physiologiques, cognitifs et sociaux. Si l'amour de son domicile, de son quartier, de sa ville domine, l'horizon résidentiel ne s'y réduit pas. En matière d'habitat, un nouveau souffle est porté par une offre qui se veut plus inclusive dont l'habitat intergénérationnel et participatif sont les fers de lance, proche des besoins des personnes, porteurs de l'envie de faire « société » et de la volonté d'en être un membre actif.
    Des formes plus ségrégatives, les résidences services seniors, privilégient des modes de vie en circuit fermé et entre-soi, ressenties comme sécurisantes. Reste les Ehpad, où la dépendance constitue le quotidien, dépendance de son corps et de ses traumatismes irréversibles, dépendance de l'institution qui impose ses modes et ses rythmes de vie.
    S'appuyant sur des nombreux entretiens, cet ouvrage questionne la place de ce groupe d'âge dans nos sociétés contemporaines à travers l'offre d'habitat qui lui est proposée. S'il est possible d'identifier des points communs entre les aînés dans l'évolution du rapport à leur lieu de vie, les expériences vécues, les conditions sociales et économiques, le capital santé ou encore les aspirations personnelles témoignent de la grande hétérogénéité de cette catégorie d'âge dans un domaine fondamental de nos sociétés: l'habitat.

  • « Salut, je m'appelle Anon, je pense que l'Holocauste n'a jamais eu lieu ». Tels sont les mots qu'a prononcés Stephan Balliet juste avant de commettre l'attentat de Halle contre une synagogue, le 9 oct. 2019. C'était un jour de kippour. Cette « pensée », tout droit issue du négationnisme, terme qui désigne la négation de la réalité du génocide des Juifs durant la Seconde guerre mondiale, octroie ainsi un permis de tuer : les Juifs sont le mal par essence. Affabulateurs, ils n'ont pas été tués en masse par les Nazis et perdent leur statut de victimes. Sous couvert d'une pseudo-démarche rationnelle, les négationnistes prétendent le démontrer et réhabilitent le nazisme en le disculpant de ses crimes. Partant de ce constat, cet ouvrage remonte le cours de l'histoire et observe le négationnisme dans sa dimension internationale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à nos jours. Exhumant des archives de France, d'Angleterre, d'Allemagne, des États-Unis et du Canada, l'historienne Stéphanie Share a enquêté sur l'émergence d'un mouvement, sa pénétration dans la sphère publique des démocraties occidentales, et analysé les scandales négationnistes qui ont défrayé la chronique de ces différents pays. Ce livre alerte sur l'urgence du combat à mener : les idées fausses ne meurent jamais et peuvent tuer.

  • Comment une élite prédatrice a détruit le Liban

    Albert Dagher

    • Bord de l'eau
    • 14 January 2022

    Depuis 1990, les hommes politiques libanais se sont placés « au-dessus de la loi », en investissant l'administration de leurs partisans, soumettant le corps judiciaire et provoquant un « vide administratif » total. « Les politiciens libanais sont des civils qui utilisent la violence pour faire de la politique et prendre part à la chose publique », démontre Albert Dagher.
    À nos portes, l'État libanais aura permis l'extension du domaine du crime organisé.
    L'auteur nous invite à dépasser la prise de conscience, et à construire un nouveau Liban qui respecterait enfin sa population.

  • Oser l'universalisme : contre le communautarisme

    Nathalie Heinich

    • Bord de l'eau
    • 10 September 2021

    L'ouvrage est fondé sur les articles écrits et augmentés contre les politiques de l'identité, le féminisme radical, le décolonialisme, la «cancel culture», etc.
    Ces textes d'intervention sont parus soit dans des revues d'opinion (Le Débat, Cités, La Revue des deux mondes, Le Droit de vivre...), soit dans des revues universitaires, soit dans des journaux (Le Monde...), et vont de l'analyse sociologique au billet d'humeur.
    L'ouvrage se présentera en trois parties : «Identitarisme », «Néo-féminisme», «Nouvelles censures».

  • La gauche et les juifs

    Robert Hirsch

    • Bord de l'eau
    • 21 January 2022

    La gauche fut souvent proche des Juifs durant les deux siècles écoulés depuis que la Révolution française les émancipa.
    L'Affaire Dreyfus, puis les combats de la Résistance au nazisme, confirmèrent ce rapprochement, même si, à chacun de ces moments, des réticences à combattre l'antisémitisme se firent jour à gauche.
    Nombre de jeunes Juifs furent des acteurs de mai 68 et la gauche, toutes tendances confondues, se montrait intransigeante à l'égard d'un antisémitisme relativement résiduel et cantonné à l'extrême droite. Le début du XXIe siècle marqua un tournant, avec une recrudescence d'actes antisémites. Puis ce furent les assassinats : Ilan Halimi, l'école juive de Toulouse, l'hyper cacher... Une partie de la gauche ne voulut pas réagir à cet antisémitisme, né dans des milieux nouveaux, eux-mêmes victimes de racisme. Les hésitations de la gauche radicale se mélangèrent à la question de l'antisionisme.

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