Belles Lettres

  • La Consolation est un texte unique dans l'antiquité, un mélange de 39 proses et 39 poésies, où une figure allégorique, Philosophia, s'adresse à son élève (Boèce) et lui apporte la consolation de son enseignement (évidemment une présentation du monde de type néo-platonicien). Ce dialogue est l'oeuvre d'un haut personnage romain chrétien, sénateur et patrice, emprisonné et accusé de haute trahison, alors qu'il attendait la mort, vers 524 après J.-C.. Cette situation « d'urgence » et d'imminence de la mort (pensons à celle de Socrate), démenti par la belle sobriété du texte, est devenu un modèle pour la philosophie, dernier rempart de la beauté et de la méditation, symbole de résistance à l'oppression et de méditation sur la condition humaine.
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    La Consolation de Philosophie devait devenir l'un des ouvrages fondamentaux du Moyen Age, à côté de ceux de St Augustin, de St Benoît et de Bède le vénérable. C'est évidemment aussi un lointain modèle de la Divine Comédie de Dante. Boèce est un parfait représentant de la haute culture italienne de l'époque, déchirée entre sa fidélité à une tradition classique tenace (les satires grecques ou latines, la philosophie grecque, les consolations de Cicéron, Ovide ou Sénèque) et les réalités politiques de son temps, celui de l'Empereur Justinien (occupation par les Goths, la persécution des chrétiens, attrait d'un Orient encore brillant de sa vie culturelle).

    Boèce, après des études approfondies, qui l'avaient mis en contact avec les sources grecques néoplatoniciennes, avait conçu un vaste projet d'acclimatation de la culture grecque en Occident par le moyen de traductions latines des grands textes philosophiques et scientifiques de l'Antiquité : c'est pourquoi il est révéré par tout le Moyen Age, qui lui doit sa connaissance des textes aristotéliciens et de leurs commentaires néo-platoniciens.

    La présente traduction, inédite, est due à un spécialiste de Boèce ; elle tient compte des très nombreux travaux modernes (édition du texte latin chez Loeb en 1973).

  • La Chanson de Roland est la représentation la plus ancienne de la chanson de geste et son plus beau monument. Cet ouvrage en propose une remarquable traduction en décasyllabes épiques assonancés, épousant admirablement le texte original.
    La Chanson de Roland, ici traduite d'après la version recueillie par le manuscrit d'Oxford, est le premier texte littéraire écrit en français et la première chanson de geste connue en Europe occidentale. On situe sa création autour de l'an 1100. Si elle partage avec les autres gestes françaises l'absence d'historicité, le sentiment féodal, l'imagination la plus débordante, elle est indiscutablement supérieure à tous les autres poèmes épiques par sa composition exquise, soignée jusqu'à des détails insoupçonnés d'équilibre et de beauté formelle. Elle représente un des sommets de cet art.
    Il est surprenant qu'une expédition inutile ou presque comme le fut celle de Charlemagne en Espagne en 778, et qui s'acheva par l'écrasante défaite de la bataille de Roncevaux, ait trouvé une justification aussi grandiose. Son héros, l'impétueux Roland, l'une des figures littéraires les plus inoubliables des lettres françaises de tous les temps, est connu pour sa démesure héroïque, son sincère repentir postérieur, son amour illimité de la chevalerie et de l'honneur de la douce France. Sur nombre de places de vieilles villes européennes se dressent des statues de Roland, écho de la diffusion que la journée de Roncevaux et sa version littéraire ont atteints dans le monde médiéval et chrétien.
    Le texte de la Chanson, établi d'après le manuscrit d'Oxford, a été édité par le médiéviste espagnol Luis Cortés (1924-1990) et traduit en français par Paulette Gabaudan chez Nizet en 1994. C'est de cet ouvrage, avec sa remarquable traduction en décasyllabes épiques assonancés, épousant si fidèlement le texte original, que P. Gabaudan propose ici une nouvelle édition.

  • En citoyen philosophe, Cicéron démonte ici, avec une logique implacable, les mécanismes de la crédulité et de la superstition. Conformément aux idéaux de la cité antique, il défend la liberté de pensée face aux dieux et à l'angoisse qui paralyse.

    Cet ouvrage vif et ironique, qu'on lit d'une traite, est éminemment actuel en notre temps où se multiplient les intégristes et sectaires de tout bord. Il passionnera aussi par ses descriptions captivantes sur la voyance, l'astrologie, l'interprétation des rêves ou les oracles grecs et romains.

    Pour la plupart de ces techniques divinatoires antiques, cet ouvrage constitue, dans un style vivant et avec un humour féroce, le seul témoignage qui soit parvenu au monde moderne.

  • Jamais les Romains n'ont employé de formule pour désigner ce que nous appelons le « droit pénal ». Devrait-on penser pour autant avec Theodor Mommsen que « le droit pénal romain n'ayant jamais formé un tout, il ne peut être question d'en retracer l'histoire » ? Non, précisément, car l'histoire ne saurait supposer un système doctrinal qui en déterminerait l'objet comme un tout.

  • Sextus Empiricus (IIe-IIIe s. ap. J.-C.) est le dernier philosophe sceptique de l'Antiquité et le seul dont l'oeuvre soit en grande partie conservée.
    Son Contre les dogmatiques prend pour cible la connaissance philosophique. Cet ensemble de traités très argumenté est articulé suivant la distinction, d'époque hellénistique, entre trois parties de la philosophie, la logique, la physique et l'éthique. On donne ici la première traduction française de la première et plus importante partie de cet ouvrage, le Contre les logiciens, qui conteste la possibilité même de connaître.

  • Ces deux oeuvres de Philostrate n'avaient encore jamais été traduites entièrement en français. Les biographies formant la première offrent beaucoup d'éléments historiques introuvables ailleurs. Les lettres fictives composant la seconde livrent un aperçu intéressant des représentations érotiques sous l'Empire romain.
    Dans ses Vies des sophistes, Philostrate établit une filiation entre les sophistes contemporains de Socrate et ceux qui, entre la fin du Ier siècle et le début du IIIe siècle après J.-C., en reprirent le titre ou le rôle, dans un contexte historique et social très différent. Conscient de ces écarts, Philostrate introduit une distinction qui fera date : à la « première sophistique », celle des « Présocratiques » comme diront les Modernes, aura succédé bien plus tard une « deuxième sophistique », défendant les vues des milieux hellénisants dans le cadre de l'Empire romain. Cette sophistique-là servira d'école aux grands noms de l'éloquence chrétienne, qui à leur tour modèleront une bonne part de l'enseignement médiéval grec et latin. C'est l'une des nombreuses raisons du regain d'intérêt des historiens, ces dernières décennies, pour ce texte de Philostrate, qui n'avait jamais été traduit intégralement en français.
    Fictives, très différentes de ton, les Lettres érotiques ne se résument pas à un délassement de l'historien des sophistes, elles éclairent un pan des relations intimes sous l'Empire romain.
    La préface de Pierre Sorlin analyse certaines survivances actuelles de chacune de ces sophistiques.

  • Aux premiers siècles du christianisme, les païens restaient aux yeux des chrétiens les maîtres des formes traditionnelles de l'historiographie. Ainsi, il n'y eut aucune tentative sérieuse de christianiser Thucydide ou Tacite, qu'on étudiait pourtant encore avec soin. Il fallait donc soit inventer de nouvelles formes, comme l'histoire de l'Église, soit se cantonner à des genres déjà connus, comme la chronographie, en y ajoutant toutefois un message : c'est ce dernier chemin qu'emprunta Eusèbe de Césarée (env. 260-339/340) dans sa Chronique. Dans cette oeuvre en deux livres, la chronologie devient philosophie de l'histoire.
    Tout antiquisant a un jour ou l'autre affaire à cette oeuvre labyrinthique, qui va d'Abraham jusqu'à l'époque romaine et couvre tous les peuples connus, des Chaldéens aux Assyriens, Mèdes, Lydiens, Perses, Hébreux, Égyptiens, Grecs et Romains. Ainsi, la Chronique est une référence indispensable pour le spécialiste d'histoire du christianisme, pour le chercheur en historiographie (Eusèbe étant une mine de fragments d'historiens perdus), mais aussi pour l'assyriologue, l'helléniste, le romaniste ou tout spécialiste d'autres secteurs, cherchant à dater tel ou tel épisode. L'original grec est perdu, mais on en conserve une version arménienne, qui remonte au Ve ou au VIe siècle. Le présent volume fournit la première traduction française de la première partie de la Chronique.

  • Écrits au début de notre ère, quand naissait l'Empire, les Fastes reflètent à merveille l'ambiguïté de l'époque. Ovide nous livre ici une oeuvre fascinante où se mêlent mythologie, histoire et philosophie : le grand calendrier religieux commenté au jour le jour, les Fastes de Rome. Les fêtes se succèdent et s'éclairent au rythme du nouveau calendrier qui se constitue sous les yeux du poète : insensiblement, le temps du prince vient enlacer le temps de la Cité.

    Ovide fait alterner les genres littéraires : épisodes épiques, conversations avec les dieux, tableaux de genre, scènes comiques. Poème de l'ambiguïté, à l'image de leur époque, les Fastes sont aussi un superbe recueil de mythes à la romaine.

  • Dans ce dialogue rédigé à la fin de sa vie, quand les institutions politiques et religieuses de la république romaine sont bouleversées, Cicéron soumet à la libre discussion critique les doctrines théologiques des deux philosophies dominantes, l'épicurisme et le stoïcisme. Conformément à la tradition de la Nouvelle Académie, le débat cherche à fixer une définition au moins probable de la nature des dieux et de leurs relations avec le monde des hommes.
    En philosophe soucieux de prendre en compte les déterminations culturelles et historiques dans la formation des conceptions des dieux, Cicéron conteste la validité des « notions communes » sur lesquelles les épicuriens et les stoïciens fondent leurs doctrines en leur opposant la diversité des représentations des dieux et des pratiques religieuses. Par là, ce dialogue livre un témoignage d'une richesse exceptionnelle sur toutes les formes qu'a pu prendre dans l'Antiquité la pensée du divin

  • Combien de textes jadis célèbres et aujourd'hui méconnus. Parmi les oeuvres qui, de l'Antiquité à la Renaissance, ont formé les esprits, beaucoup sont aujourd'hui reléguées dans les arrière-boutiques parce qu'elles ont cédé la place à des ouvrages qui les ont utilisées en les recouvrant d'oubli ou parce qu'elles ont cessé de nourrir ouvertement la réflexion des Modernes.
    Devenus indisponibles, ces textes attendaient qu'on les redécouvre. Tel est le but de « La Roue à Livres ».
    La collection offre l'occasion unique de lire des textes intégraux, traduits du grec, du latin ou d'autres langues anciennes, munis de notes succinctes qui ne les alourdissent pas et d'une introduction qui restitue une époque et son auteur et justifie le succès qu'ils remportèrent et qu'ils méritent encore. La collection publie des traductions originales, à partir des meilleures éditions du texte originel, ou d'anciennes traductions révisées par un spécialiste.
    Sont ainsi livrés à la curiosité renouvelée des lecteurs de bonne foi des textes poétiques, historiques, juridiques, philosophiques, esthétiques, etc. En outre la série "documents" présente des recueils d'inscriptions, monnaies, témoignages archéologiques, etc... pour donner aux étudiants et au public lettré les sources indispensables qu'il fallait auparavant chercher dans divers ouvrages, livres ou articles, difficilement accessibles.

  • Le Livre des Délices a été rédigé vers 1180 à Barcelone par le médecin et poète Joseph ibn Zabara.
    L'auteur y relate sa rencontre avec un mystérieux personnage répondant au nom d'Enan qui l'entraînera dans un long voyage à dos d'âne à travers l'Espagne. Au cours de leurs pérégrinations les deux compagnons vont s'affronter à des joutes verbales continuelles à coups de fables, d'adages, de maximes et de dissertations scientifiques jusqu'à ce que Joseph parvienne à confondre son interlocuteur en démasquant son ignorance.
    Cette oeuvre unique en son genre qu'imprègne une atmosphère onirique et poétique mêle fiction et éléments autobiographiques. Elle tient à la fois du conte oriental, de la satire médiévale et du roman picaresque, tout en offrant au lecteur un condensé de sagesse antique, juive et orientale. Ce chef-d'oeuvre de la littérature hébraïque médiévale est traduit pour la première bis en français par Nathan Weinstock.

  • " La guerre engendre beaucoup de maux, entre lesquels sont le grand nombre d'historiens " écrit Jean Racine, en marge d'un exemplaire du " Comment écrire l'histoire " de Lucien.
    Remarque acerbe méritée ? " Que s'est-il vraiment passé ? " et " comment le dire ? ", sont deux questions auxquelles on est confronté lorsqu'il s'agit de " rapporter des faits ". Au deuxième siècle de notre ère, Lucien de Samosate se pose avant tout la deuxième question. Marqué par sa formation rhétorique, il porte en lui l'habituelle distinction entre deux aspects constitutifs du discours : ce qui concerne la matière (pragmatikos topos) et ce qui touche l'expression (lektikos topos).
    Le " Voltaire de l'antiquité " (dixit Mme de Staël) se concentre avec un esprit satirique sur l'examen du " comment dire ". Un texte vif, qui fait sourire, et souvent réfléchir.

  • Traduits pour la première fois en français et précédés d'un essai sur l'historiographie mésopotamienne, 52 documents. Échelonnés entre le XXIe siècle et le IIe siècle avant J.-C., ils retracent l'histoire de la Mésopotamie depuis ses plus lointaines origines, lorsque les dieux créaient la royauté, jusqu'à la fin de l'Empire séleucide et l'arrivée des Parthes.

    Ce sont autant de fragments d'une tumultueuse histoire, celle de royaumes belliqueux et conquérants, celle aussi de la fondation et de la chute de puissants royaumes.

  • Ces deux traités pseudo-aristotéliciens intéresseront les historiens de la philosophie et des mathématiques. L'ouvrage des Problèmes mécaniques est un traité de mécanique théorique ; il n'a pas pour but la construction de machines, mais explore sous forme de questions les principes mathématiques susceptibles de rendre compte des dispositifs ingénieux que l'homme met en place pour mouvoir sous l'action d'une faible force des masses parfois considérables.
    Quantité d'observations concrètes empruntées au monde des artisans et des marins font ainsi l'objet d'un questionnement théorique qui place le levier au centre des explications et avec lui les propriétés du cercle.
    Le traité Des lignes insécables réfute point par point les arguments mis en avant par les partisans de la théorie des lignes insécables, sans doute forgée par les disciples de Platon pour échapper aux conséquences de la divisibilité illimitée des grandeurs.

  • D'attribution incertaine, les trois traités réunis dans ce volume ont pris place depuis la Renaissance dans les éditions des oeuvres complètes d'Aristote. Ils touchent au domaine de la philosophie naturelle et de la médecine.
    L'opuscule Des couleurs décrit les couleurs simples dans leurs rapports aux éléments, les couleurs composées et leurs infinies variations (par l'effet de mélanges, de l'éclairage, etc.), puis les teintes des végétaux et des animaux. Ce traité fut traduit par Goethe, au sein d'un recueil de textes sur l'histoire de la couleur de l'Antiquité au XVIIIe siècle.
    L'auteur du traité Des sons analyse quant à lui le phénomène de la production du son par la voix et par les instruments, le rôle des organes dans sa production et la question de sa propagation.
    L'opuscule Du souffle se place très nettement dans le sillage de l'oeuvre biologique d'Aristote, et envisage la théorie du souffle inné, le rôle de la respiration, la théorie de la pulsation, la nourriture des tendons et des os, le rapport de l'âme avec le souffle et le chaud, et les problèmes posés par les animaux dépourvus de poumons et de sang.

  • Cet ouvrage est une traduction française nouvelle de deux textes de l'historien grec Arrien de Nicomédie, pourvus d'une introduction sur la vie et l'oeuvre de l'auteur et de notes de commentaire.
    L'Art tactique d'Arrien, composé quand ce dernier était légat impérial propréteur de Cappadoce, est un manuel militaire composé de deux parties bien distinctes, la première étant destinée à enseigner au lecteur de quelles unités se composent les armées de l'âge hellénistique et quelles manoeuvres les phalanges ou les cavaliers sont susceptibles de devoir exécuter dans toutes les circonstances que peut offrir un combat. Cette partie est largement inspirée des travaux des prédécesseurs d'Arrien en ce domaine, notamment les traités d'Asclépiodote le Philosophe et Élien le Tacticien.
    La seconde partie, en revanche, n'appartient qu'à Arrien, et offre au lecteur une description saisissante des exercices pratiqués par la cavalerie romaine de son temps - texte d'une grande valeur historique.

  • Les trois opuscules réunis dans ce volume concernent les sciences de la terre. Le plus célèbre, Du monde, centré sur l'organisation du cosmos, se présente sous la forme d'une lettre à Alexandre, sans doute le roi de Macédoine. L'authenticité de ce texte a depuis longtemps été mise en cause par nombre de spécialistes, mais l'agitation savante ressurgie dans les années 1970 lui a fait gagner en notoriété. Le traité sur les vents, bref fragment conservé de l'abondante littérature anémologique des Grecs, est lui aussi pseudo-aristotélicien.
    C'est le traité Des plantes qui a connu l'histoire la plus mouvementée, au grand amusement des philologues: il fut composé en grec, sans doute par le péripatéticien Nicolas de Damas (1er s. av. J.-C.). On l'a perdu sous cette forme, mais il fut traduit en syriaque, puis en arabe, puis en hébreu et en latin, puis en grec. Cette version traduit le latin d'Alfred de Sareshel (XIIe-XIIIe s.), qui joua un rôle fondamental dans la diffusion de la pensée d'Aristote en Occident.

  • Bartole de Sassoferrato (env. 1313-1357) est l'un des plus grands juristes du Moyen Âge. Auteur d'une oeuvre immense, lue et commentée de son temps comme à l'époque moderne, il rédigea à la fin de sa vie un ensemble de trois traités, traduits ici pour la première fois en français, qui ont comme point commun d'envisager l'exercice du pouvoir dans sa dimension pratique aussi bien que théorique et juridique. Il consacre ainsi son Traité sur les guelfes et les gibelins à la question de la conflictualité politique et des luttes de factions dans le monde communal italien ; il passe au crible les formes de gouvernement et les régimes politiques dans le Traité sur le gouvernement de la cité, dans le prolongement des réflexions d'Aristote ou de Gilles de Rome ; avec son Traité sur le tyran, il livre l'un des principaux traités que le Moyen Âge nous a légué sur le phénomène tyrannique.

    Si les thèmes abordés sont variés, ils sont néanmoins traversés par une obsession commune, qui hante du reste philosophes, juristes et théologiens depuis l'Antiquité : celle de la tyrannie, dans laquelle tout pouvoir est susceptible de basculer. Observateur aigu autant qu'acteur de la vie publique, Bartole décortique ici les formes et les conditions de cette dégénérescence et porte un regard incisif sur les transformations politiques qui affectent la société italienne au XIVe siècle.

  • Alexandre (356-323 avant J.-C.) fascine. Son règne fulgurant, ses immenses conquêtes ont servi de référence pour une réflexion sur le bon usage du pouvoir : comment faire le bien des sujets ? comment éviter les dérives de l'autoritarisme et de la corruption ? comment échapper au risque de perdre son âme ?

    Telles sont les questions que posent Sénèque le Père (54-39 avant J.-C.), Dion Chrysostome (30-116), Lucien (120-180), ainsi que de multiples déclamateurs, écrivant en grec et en latin à l'époque de l'Empire romain. Leurs discours et leurs dialogues sur Alexandre le Grand n'avaient jamais été réunis et certains n'avaient jamais été traduits en français. A la fois drôles et profonds, ils sont riches d'implications politiques.Laurent Pernot, membre du l'Institut, est professeur à l'Université de Strasbourg. Il a publié aux éditions Les Belles Lettres Éloges grecs de Rome et À l'école des Anciens.

  • Combien de textes jadis célèbres et aujourd'hui méconnus. Parmi les oeuvres qui, de l'Antiquité à la Renaissance, ont formé les esprits, beaucoup sont aujourd'hui reléguées dans les arrière-boutiques parce qu'elles ont cédé la place à des ouvrages qui les ont utilisées en les recouvrant d'oubli ou parce qu'elles ont cessé de nourrir ouvertement la réflexion des Modernes.
    Devenus indisponibles, ces textes attendaient qu'on les redécouvre. Tel est le but de « La Roue à Livres ».
    La collection offre l'occasion unique de lire des textes intégraux, traduits du grec, du latin ou d'autres langues anciennes, munis de notes succinctes qui ne les alourdissent pas et d'une introduction qui restitue une époque et son auteur et justifie le succès qu'ils remportèrent et qu'ils méritent encore. La collection publie des traductions originales, à partir des meilleures éditions du texte originel, ou d'anciennes traductions révisées par un spécialiste.
    Sont ainsi livrés à la curiosité renouvelée des lecteurs de bonne foi des textes poétiques, historiques, juridiques, philosophiques, esthétiques, etc. En outre la série "documents" présente des recueils d'inscriptions, monnaies, témoignages archéologiques, etc... pour donner aux étudiants et au public lettré les sources indispensables qu'il fallait auparavant chercher dans divers ouvrages, livres ou articles, difficilement accessibles.

  • Dans l'ouverture de son Histoire universelle, qui fut la première du genre, le Sicilien Diodore emmène le lecteur dans un voyage merveilleux vers les terres des origines, l'Égypte, matrice de toute vie, l'Assyrie, l'Inde. Sur cette toile de fond prodigieuse, l'historien mythologue évoque la création du monde, la naissance des dieux et des hommes, les premiers conflits entre immortels et mortels, qui fournissent la matière d'une mythologie dont le monde entier, les Grecs en tête, se nourrira pendant deux millénaires.

  • Le Roman d'Alexandre (ou La vie et les hauts faits d'Alexandre de Macédoine) est une extraordinaire épopée tissée de batailles et de complots, d'amours et de trahisons qui, sur les traces du plus grand conquérant de l'Antiquité, nous emmène de l'Égypte à la Perse et en Inde, aux confins du monde connu, dans un univers où règne la magie et que peuplent animaux et hommes fabuleux.

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  • Rédigée en latin entre 1135 et 1138, l'Histoire des Rois de Bretagne relate l'histoire des premiers souverains de l'île de Bretagne (l'actuelle Angleterre) depuis Brutus, arrière-petit-fils d'Enée, jusqu'à Cadvalladr, en passant par l'illustre roi Arthur. Texte charnière entre le roman antique, tourné vers l'histoire romaine, et le roman breton, qui utilise la matière du folklore celtique, texte fondateur du cycle arthurien, l'Histoire connut un vif succès au Moyen Age et son influence littéraire fut considérable. De Chrétien de Troyes à Shakespeare, nombreux sont les auteurs qui reprendront avec fortune les célèbres légendes de Lear, Merlin, Arthur, ici mises en scène pour la première fois par Geoffroy de Monmouth.
    A la fois chronique historique et fiction légendaire, l'Histoire est une oeuvre fascinante, une vaste épée bretonne porteuse de mythes fondateurs.
    Laurence Mathey-Maille est ancienne élève de l'École Normale Supérieure, agrégée de lettres modernes et docteur de l'Université de la Sorbonne nouvelle.

  • Jamais traduits en français, les deux textes ici présentés, l'un, Éloges de Rome, du célèbre rhéteur Aelius Aristide (IIe siècle ap. J.-C.), l'autre, Éloge d'un empereur, d'un mystérieux anonyme du IIIe siècle, sont les témoins isolés d'une éloquence assidûment déployée, sur toute l'étendue de l'Empire romain, d'une éloquence grecque qui loue l'Urbs et l'empire de Rome. Voilà des documents exceptionnels pour qui réfléchit sur la rhétorique, la politique et les rapports entre les civilisations et les cultures.



    Laurent Pernot, professeur et directeur de l'Institut de grec à l'Université de Strasbourg, est un spécialiste de la rhétorique grecque.

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