Belin

  • Le titre porte en lui la nouveauté du projet : non plus la guerre des héros, mais celle des défaites et leur cortège de malheurs - l'envers de la guerre en quelque sorte. Notre vision de l'Antiquité veut que les cités grecques aient été organisées pour la guerre, structurées par elle. Pascal Payen s'inscrit en faux contre cette idée. Il a choisi, de manière originale, d'explorer dans la guerre son " envers " de souffrances (dont de nombreuses tragédies rendent compte, jusqu'à notre théâtre classique) et la réflexion que les Grecs ont portée sur elle. Cet angle inédit d'analyse révèle un rapport bien plus complexe que celui traditionnellement transmis par l'historiographie moderne. Il montre combien la guerre fut en fait, pour les Grecs, un objet d'incessante réflexion, parce que sa nature mettait en danger l'existence même de la cité. Le conflit armé était ressenti comme un échec qu'il fallait à tout prix conjurer en privilégiant certains projets politiques et des stratégies défensives.
    Pascal Payen renouvelle notre vision de l'Antiquité grecque et de ses conflits. Les travaux des trois dernières décennies sur les grands conflits qui ont embrasé le XXe siècle ont contribué à constituer la trame de fond des hypothèses proposées dans ce livre.

  • Ce livre est une étude de la mémoire à Rome, menée dans une perspective anthropologique. Grâce à l examen du lexique

  • De l'Antiquité au XXIe siècle, de Lucien à Borges - mais il y eut aussi Dante, Swift et quelques autres -, plusieurs écrivains ont imaginé qu'ils rencontraient Homère. ou son ombre. Et ils ont raconté.
    Pourquoi le désir de s'entretenir avec Homère est-il si tenace que, d'une génération l'autre, on s'obstine à forger cette rencontre qu'on a rêvée?? Sophie Rabau analyse les raisons de ces appropriations successives de la figure d'Homère. Elle s'interroge aussi sur le rapport entre la fiction d'auteur et la lecture savante du texte littéraire : la rencontre fictive compense-t-elle notre ignorance sur l'auteur ? N'est-elle pas plutôt le constat ironique des limites du travail d'interprétation ?
    Le détour par la fiction de l'auteur antique permet de questionner le champ théorique contemporain, d'en bouger les frontières en faisant se rejoindre la question herméneutique du sens et celle de la fiction. À la fois anthologie inédite de textes méconnus et réflexion théorique sur le commentaire littéraire, ce livre convaincra le lecteur curieux comme le spécialiste de théorie littéraire et de la réception de la littérature antique qu'Homère eut certes un passé, mais également bien des présents, et très certainement un futur.

  • Dès ses débuts, la culture occidentale exprime une sorte de fascination pour un schéma : un homme se trouve face à un autre lui-même, ou rencontre une copie de la personne qu'il doit rencontrer. Ce schéma se développe sous les formes les plus disparates : de la pure fiction narrative à la réflexion philosophique, de la poésie à la religion.
    Ce sont les poèmes homériques, l'Iliade et l'Odyssée, qui marquent cette naissance du double : le dieu Apollon envoie un simulacre ou prend lui-même l'apparence d'un héros pour le remplacer au combat et le sauver de la mort. La déesse Athéna fait de même avec Ulysse pour le secourir. Et dans la mythologie, puis le théâtre latin (Amphitryon), Zeus prend diverses apparences pour séduire des femmes.
    Cette idée du double ou de la substitution se retrouve dans les Évangiles gnostiques, et au Moyen Âge, où le démon se substitue au dieu antique. Elle court aussi dans divers folklores nordiques.
    Pour les philosophes ce schéma prend la forme d'une réflexion sur l'identité : dépossession du moi, perte d'identité. En cas de double, de réincarnation identique, qui est le " vrai " moi ?

  • NOUVEAUTÉ Lettres / Sciences humaines ????????????????











    Présentation de l'ouvrage Le portrait de l'amant(e) est une enquête passionnante sur l'origine et le statut de l'image dans le monde antique. Toute la recherche de Maurizio Bettini s'organise autour du portrait de l'être aimé absent - par sa mort, son éloignement, parfois même dans des cas extrêmes, sa non-réalité - que fait confectionner et conserve l'amant ou l'amante esseulé : sa fonction de souvenir, de substitution, la passion, voire l'égarement qu'il peut susciter.
    Outre le récit de l'invention du premier portrait (par la fille du potier Boutadès qui décalqua l'ombre de son amant sur un mur), l'ouvrage croise et analyse tous les grands mythes de l'amour et de l'image : Laodamie, Admète, Narcisse, Pygmalion, et quelques autres, jusqu'à la statue du Commandeur de Dom Juan et à la Vénus d'Ille. À côté des grands récits, ce sont aussi les pratiques culturelles, les petites histoires obscures, les anecdotes cocasses, ou encore les aberrations monstrueuses qui sont dévoilées.

    Présentation des auteurs Maurizio Bettini, écrivain, est professeur de philologie classique à l'université de Sienne. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur l'Antiquité gréco-latine. Il est, entre autres, co-auteur des quatre ouvrages - Le mythe d'Hélène, Le mythe d'oedipe, Le mythe de Narcisse, Le mythe des Sirènes - traduits en français et publiés en 2010 aux Éditions Belin.

    Points forts -Thème de recherche inédit en France, malgré sa grande richesse.
    -L'analyse, à la fois anthropologique, littéraire et culturelle, s'accompagne de nombreux récits et anecdotes de toute époque et de toute culture qui rendent la lecture passionnante pour un public large.
    -Maurizio Bettini est souvent invité pour des conférences au Collège de France et à l'EHESS.
    -L'érudition de l'ouvrage est servie par une écriture élégante, fluide et accessible.

    Public concerné Littéraires, anthropologues, spécialistes de l'Antiquité, psychanalystes.

    Également disponible ??????????????????????????????????

  • Le processus d'énonciation laisse des traces dans l'énoncé même de l'oeuvre littéraire, organisant une réalité énonciative de l'ordre du dit et de récrit.
    De cette épaisseur textuelle entre récit et référent psycho-social, l'auteur antique profite largement pour donner une image de son propre rôle qui ne coïncide pas forcément avec sa fonction empirique. De là, chez Homère, dans les Hymnes homériques, pour Hésiode ou les poètes lyriques, ou encore chez Hérodote et ses successeurs, les infinies possibilités de positions énonciatives qui brisent le cadre des genres considérés comme traditionnels et qui convergent finalement vers la mise en scène masquée de la tragédie classique.
    Dans ce livre sont tour à tour en jeu les relations entre auteur et autorité énonciative, le rôle du je "lyrique", les fonctions du masque et du regard dans les représentations dramatiques et iconographiques, les jeux de mots narratifs sur les noms propres, la poétique du discours historique.

  • Les tragédies grecques ont pour nous l'autorité d'une origine, qui marque de son héritage la littérature occidentale.
    Le livre de jean Alaux fait apparaître, au fil d'une analyse minutieuse, que la force et la singularité de ces oeuvres s'éclairent mieux encore si l'on mesure ce qu'elles doivent au dialogue permanent qu'elles nouent avec l'épopée homérique. Ce dialogue, souvent conflictuel, est étudié ici sur plusieurs plans : depuis les modalités de l'allusion littérale jusqu'à la reprise de thèmes, de motifs ou de récits entiers, que les auteurs tragiques adaptent à leur univers propre.
    I'éclairage de la tragédie par l'épopée est bien sûr réversible : s'il permet de cerner ce qui fait la singularité et la nouveauté du théâtre athénien et de son imaginaire, il invite aussi à retrouver, chez H Homère, une dimension humaine sans laquelle nous serions sans doute moins sensibles à la grandeur de l'Iliade et de l'Odyssée.

  • La poésie grecque antique naquit et grandit dans l'oralité.
    Elle fut d'abord une succession d'événements particuliers dans lesquels un interprète, réactualisant face à un public l'acte d'où avaient jailli les paroles et le chant, permettait à l'oeuvre de rester elle-même en se recréant constamment. A bien lire la poésie de Sappho, d'Archiloque ou de Théognis, on découvre les traces de cette donnée fondamentale. Mais c'est Homère qui en reste le grand témoin.
    Dans une enquête minutieuse et documentée, Gregory Nagy met en lumière le processus qui a conduit dans l'Antiquité les philologues, mais aussi les politiques, à stabiliser les chants d'Homère et à leur donner, lorsque se fut éteinte la tradition des rhapsodes, cette forme fixe, mais mutilée, sous laquelle nous les connaissons.
    Des comparaisons recherchées bien au-delà du domaine classique, jusque dans les traditions des troubadours médiévaux et des chants rituels apaches, éclairent les traits essentiels de la poésie en acte dans le monde grec.

  • Botanique, magie, astrologie, médecine, c'est en apparence tout un bric à brac de concepts, de connaissances et de fantasmes disparates, une juxtaposition de souffrances quotidiennes, un univers bizarre de rêves et d'idéal, que l'Antiquité, par un fallacieux système magique, a cru pouvoir ordonner en un monde organisé.
    Cette unification de l'hétéroclite, cette synthèse de l'irrationnel, comment a-t-elle pu se faire aux premiers siècles de notre ère ? Pour apporter une réponse à cette question, Guy Ducourthial a lu et relu avec une attention aiguë des textes grecs et latins d'auteurs respectés, et en quelque sorte officiels, tels que Théophraste, Dioscoride ou Pline l'Ancien, mais surtout des bribes peu connues de textes rares restés inédits, partiellement traduits, mal traduits ou jamais traduits.
    Que l'amateur érudit qui désire partir dans les campagnes à la recherche de telle plante de Zeus ou d'Aphrodite commence par lire ces pages, pour savoir, bien au fait de l'art botanique planétaire et de l'art botanique zodiacal, les choisir sans hésitation, pour sa propre sauvegarde et celle des siens.

  • Ce livre étudie l'étonnant mouvement de retour au théâtre tragique grec que l'on observe en France dans les années 1880-1920.
    Cet engouement spectaculaire pour les oeuvres d'Eschyle, de Sophocle et d'Euripide - apparemment parodoxal, à une époque où Nietzsche, outre-Rhin, théorise le déclin irréversible de l'esthétique tragique - a souvent été signalé par les historiens du théâtre mais n'avait pas, jusqu'alors, fait l'objet d'une enquête spécifique. L'auteur explore tour à tour les différentes manifestations de ce phénomène : les traductions d'abord (aussi bien celles des spécialistes que celles des poètes et des hommes de théâtre) ; le discours critique ensuite, partagé entre la découverte de l'irréductible altérité des Grecs et le besoin de reconnaître en eux des modèles ; enfin les représentations scéniques qui, par-delà les différents partis pris des metteurs en scène, auront toutes contribué à incarner ces oeuvres dont l'approche jusqu'à ce tournant du siècle avait été essentiellement livresque.

  • On connaît mieux l'épicurisme que les Epicuriens.
    Ils étaient nombreux pourtant, répandus dans tout le monde grec et romain, fort distingués souvent, et même familiers des princes. Ils s'appelaient Lucrèce ou Virgile, mais on pourrait en citer encore près de cent, dont ne subsistent parfois qu'une lettre, des fragments, une épitaphe, ou simplement un nom. Ils formaient une secte, une école attachée à la doctrine et au culte des fondateurs, ouverte et missionnaire.
    Renée Koch rassemble ici leurs traces dispersées, du vivant d'Epicure jusque par-delà leur extinction, aux alentours du IVe siècle. Cette moisson nous fait entrer dans le quotidien de leurs échanges et le vécu de leurs doctrines. On connaissait jusqu'ici la dimension religieuse de leur philosophie: c'est dans la conviction de posséder un plaisir égal à celui des dieux, et dans la contemplation des images divines, que l'Epicurien atteint son salut.
    Le livre souligne la place et l'impact de cette conviction dans l'histoire des religions au sein du monde gréco-romain. Par là, il réoriente le regard sur les oppositions admises entre religion et philosophie.

  • En 21 chapitres, suivis d'une "Coda", le livre retrace l'histoire du genre comique de l'Antiquité jusqu'à Ionesco et Beckett, en passant par Molière, Beaumarchais ou encore Chaplin. La comédie est née des fêtes rituelles en l'honneur de la fertilité et du renouvellement du monde, au cours desquelles on s'affranchissait momentanément des règles sociales. Au cours des siècles, quelques changements s'opèrent, mais la comédie demeure un espace de liberté totale. jusqu'à l'arrivée du théâtre de l'absurde du XXe siècle, qui fait voler en éclats toutes ses règles, sans jamais s'écarter, pourtant, de la filiation d'Aristophane.
    Segal achève son histoire en traçant un passionnant parallèle entre Les Oiseaux et En attendant Godot, la seconde pièce étant le parfait miroir inversé de la première. On ne rit plus de la vie, mais de la mort.
    La Coda du livre est consacrée au Docteur Folamour, le film de Stanley Kubrick, qui marque définitivement la mort de la comédie comme célébration du renouveau, l'objet même du comique étant alors la fin de l'humanité.

  • En 73 av. J.-C., Spartacus, captif de guerre thrace devenu esclave des Romains, s'évade de sa caserne de gladiateurs à Capoue et met sur pied une véritable armée d'esclaves qui tiendra en échec l'armée romaine jusqu'en 71, où Spartacus, vaincu, meurt au combat.
    L'auteur retrace cette aventure qui a profondément marqué l'histoire romaine, en associant la narration à l'analyse politique et économique de la société romaine.
    Le livre se divise en trois chapitres chronologiques : I. Le fugitif - II. Le condottiere - III. Le vaincu

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