Sciences humaines & sociales

  • Le sacrifice de soi demeure un mystère du point de vue de la biologie. Darwin y reconnaît la forme la plus élevée de la vie morale et recherche les manifestations de ses ébauches animales pour en comprendre l'origine.
    Cette origine, c'est la « sélection sexuelle » : certains caractères héréditaires évoluent sous l'effet de « lutte pour la reproduction », par exemple, les plumes du paon ou les bois du cerf. Les cerfs qui arborent les bois les plus imposants ont plus de chance d'être choisis par les femelles ou de dominer les mâles concurrents.
    Mais ces caractères semblent contraires à la survie : la queue majestueuse du paon, par exemple, attire les prédateurs ; les bois du cerf constituent un handicap pour leur échapper en milieu boisé.
    Ils accroissent donc les chances de conquête sexuelle mais diminuent les chances de survie. Il y a donc une propension à l'autosacrifice dans le règne animal : il faut être disposé à mourir pour pouvoir se reproduire.
    Cette forme primitive d'instinct social est à l'origine - au même titre que le dévouement au groupe, la discipline coopérative, l'entraide... - de la formation de l'idéal moral dans la civilisation.
    C'est explication biologique de l'origine de la morale permet de récuser deux grandes explications historiques : le « don de soi » du christianisme et le scénario freudien de la « horde primitive » », où le sacrifice rituel commémore le meurtre initial du père.

  • Depuis quelques années un mouvement d'idées, venu des États-Unis, a pris un essor considérable dans le monde au point qu'il a été qualifié de Révolution, la Révolution transhumaniste. Demain, on vivra 200 ou 300 ans... et bien sûr en parfaite santé :
    L'immortalité n'est pas loin. Ces prophéties s'appuient sur les avancées réelles apportées par l'intelligence artificielle et la recherche en biologie, en particulier dans le domaine du vieillissement, passant ainsi allègrement de l'homme préservé et/ou augmenté au post-humain. Mais dès que l'on s'intéresse au cerveau, les données sont particulièrement complexes et ne vont pas dans le sens de ces prophéties.
    Il existe une contradiction criante entre la jeunesse éternelle promise et la réalité actuelle qui reste terrifiante.
    Fort de l'expérience médicale, scientifique et pédagogique des auteurs, ce livre montre que les efforts lents et soutenus de la recherche biologique et médicale, auxquels l'intelligence artificielle apportera sa contribution, restent la seule voie pour non seulement comprendre le fonctionnement du cerveau, mais aussi le maintenir en bonne santé (cerveau préservé), le doter de capacités nouvelles (cerveau augmenté) et, dans un délai non prévisible à ce jour, guérir ou stabiliser les maladies neurodégénératives (cerveau réparé). Quant au post-humain, il ne s'appuie a fortiori sur rien de tangible.
    Écrit dans un style accessible et vivant, ce livre est illustré d'exemples puisés dans la vie quotidienne. Il s'appuie sur des données scientifiques biologiques et médicales incontestables pour dénoncer l'imposture que représente le transhumanisme et ses excès ou délires.

  • La science du bien et du mal n'a jamais existé, et si Platon s'en désolait, nous avons cessé, nous, les Modernes, de nous en offusquer. Et pourtant, des questions d'ordre éthique nous sont incessamment posées aujourd'hui, ni plus ni moins que par le passé : quelles valeurs morales devons-nous promouvoir à l'école ? Est-il acceptable d'abandonner à leur sort les familles de migrants fuyant la guerre ? Mon pays, la France, doit-il intervenir militairement contre tel ou tel État dit « terroriste » ? etc.
    Face à de telles interrogations, nous ne pouvons nous contenter de suspendre notre jugement sous couvert de relativisme (« À chacun sa conception du bien et du mal »).
    Prenant appui sur les réflexions de grands philosophes et théologiens face au défi du mal, tout en interrogeant la montée de nouvelles formes de violences au XXIe siècle, Laurence Hansen-Love pose la question : le bien et le mal sont-ils vraiment des notions obsolètes ?
    Une fois récusée la fausse évidence d'une symétrie entre le bien et le mal, il est possible de prendre acte de la préséance du mal sur le bien. Dès lors, la certitude du mal, posée comme un fait, cesse de contredire l'incertitude du bien, à laquelle il apparaît sage de se résoudre.

  • Qu'est-ce qu'être une femme ou un homme ? Ce que nous pensons « féminin » ou « masculin » l'est-il bien ? Est-ce conjoncturel, culturel, ou bien profondément inscrit dans nos corps et plus ou moins intangible ? Ces questions se posent de nos jours dans un contexte radicalement nouveau : celui de la remise en cause globale de la domination masculine, celui des recherches foisonnantes que cette contestation a engendrées, celui des politiques publiques qui tentent de mettre en oeuvre l'égalité des sexes. Autant d'approches qui viennent bousculer les idées reçues et les pratiques sociales.
    Le domaine de la recherche scientifique n'échappe pas à ces tiraillements. Les études se sont multipliées depuis une trentaine d'années et aboutissent aux mêmes constats : l'inégalité entre femmes et hommes formate inconsciemment nos esprits, agissant jusque dans les opérations conçues comme les plus « scientifiques », les plus « objectives », quand elle ne conduit pas à de véritables blocages du fonctionnement de la pensée.
    C'est à l'exploration de ces questions que nous invite ce livre iconoclaste, auquel ont travaillé des spécialistes venu·es d'horizons très divers (des « humanités » aux sciences de la vie, en passant par le droit, les arts, la médecine...).

  • L'ouvrage est une analyse critique de la théorie selon laquelle les femmes et les hommes, les hétérosexuel(le)s et homosexuel(le)s, auraient des prédispositions psychologiques différentes en raison de l'influence (ou pas) de la testostérone sur leur cerveau pendant la vie foetale. Cette «théorie hormonale de l'organisation cérébrale » est présentée comme un fait établi dans la plupart des manuels de psychologie, médecine, journaux scientifiques, grands medias et livres à succès. Ainsi, les hormones prénatales conditionneraient l'orientation et les comportements sexuels des femmes et des hommes, leurs aptitudes cognitives ou encore leurs centres d'intérêts, créant entre eux des différences sinon irréductibles, du moins naturelles.
    Dans ce livre passionnant, Rebecca Jordan-Young retrace l'histoire de cette théorie et des recherches ayant visé à la valider, et démontre brillamment l'inconsistance des données scientifiques censées l'étayer. Mettant en évidence certains biais dans les méthodes de la recherche et l'interprétation de ses résultats, elle plaide pour une science plus rigoureuse du développement humain et des différences entre les sexes en particulier. Il s'agit là d'un texte de référence sur les questions de genre analysées à la lumière des recherches en sciences sociales et biomédicales.

  • Juin 1816 au bord du lac Léman : un groupe de jeunes gens parmi lesquels Byron, Shelley et Mary, sa future épouse, décident d'écrire des histoires de revenants. Ainsi naquit Frankenstein sous la plume de Mary Shelley, qui ignorait alors qu'elle fondait un mythe contemporain.
    Plus encore, cette fille des Lumières au destin singulier, anticipe là ce qui allait advenir deux siècles plus tard : procréations artificielles, manipulations génétiques, risque d'eugénisme, etc., aujourd'hui au coeur des questions de bioéthique qui préoccupent nos sociétés. De nos jours, la fabrication de l'humain n'est plus imaginaire.
    À partir de la vie et de l'oeuvre de Mary Shelley, Monette Vacquin, dénonce les dangers de la science mis en acte. « La question du chercheur fou est maintenant déplacée vers celle de la science folle » comme l'écrit le biologiste Jacques Testart dans sa préface.
    L'ouvrage est postfacé par le philosophe Olivier Rey.

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