Sciences humaines & sociales

  • Le gouvernement français veut privatiser EDF.
    Les dirigeants de cette entreprise y sont favorables, avant tout pour se débarrasser d'une tutelle tatillonne. La motivation d'une certaine partie de la classe politique n'a également pas grand-chose à voir avec l'énergie: on cherche à réduire le secteur public par principe. Il est urgent de remettre de l'ordre dans un dossier où les passions l'emportent sur les vraies questions. La première étant: la privatisation d'EDF peut-elle faire courir le risque d'une dégradation du système énergétique français ? Après les grandes pannes récentes d'électricité en Italie et à New York, la question est plus que jamais d'actualité.
    L'auteur appuie son analyse sur de solides arguments industriels et sur l'expérience acquise dans le domaine de l'énergie par des pays comparables au nôtre.

  • La science peut-elle s'épanouir sous un régime totalitaire ? A cette question, entre tant d'autres, le livre de Georges Ripka apporte de; réponses surprenantes.
    On y découvre que les sciences de la nature ont été protégées, bien mieux que les sciences sociales, des inquisiteurs chargés de défendre le dogme : malgré les purges, les menaces, la surveillance policière, les restrictions, la recherche scientifique pouvait se pratiquer à un très haut niveau de qualité.
    Les savants des pays ex-communistes (tchèques, hongrois, allemands, russes, etc.) que Georges Ripka a interrogés, tous scientifiques de grand renom, apportent un témoignage précieux sur la vie, et parfois la survie, en régime communiste, sur la qualité de l'éducation et sur un système de recherche qui ne fonctionnait pas si mal.
    Plusieurs intervenants ne cachent d'ailleurs pas une certaine nostalgie de l'époque où les esprits forts se tournaient volontiers vers la science qui les tenait à l'écart sinon à l'abri des ingérences politiques.

  • Dans sa fonction même de chercheur, au sein et en dehors de son laboratoire, le scientifique peut être tantôt homme de guerre et tantôt homme de paix.
    Il peut même être les deux à la fois comme inventeur de nouveaux systèmes d'armes et négociateur travaillant à des accords de désarmement. Il incarne deux rôles, deux engagements, deux versions de " l'éthique du savoir " très éloignées de ce que Max Weber avait imaginé dans Le savant et le politique. Cette ambivalence tient du conte à peine remanié de la Belle et de la Bête : la science y apparaît sous les habits de la Belle, qui a tout pour séduire la Bête en trouvant son compte dans la course aux armements.
    Et la politique y apparaît sous les habits de la Bête, qui entend bien tirer parti des charmes de la Belle pour se préparer aux guerres de l'avenir.

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