Bayard

  • Face à la crise que nous traversons, il nous faut prendre de la distance, replacer ce moment dans le cadre plus large des grandes mutations que nous avons déjà connues, apercevoir le cycle qui s'achève et le nouvel ordre qui s'ouvre.
    Dans cette période critique, où les défis sont cruciaux et le pire - possible, gardons à l'esprit cette certitude : l'improbable peut toujours survenir. Même lorsque tout concourt à la catastrophe, la complexité du réel peut donner naissance à des situations inattendues. Tenons-nous prêts à accueillir l'improbable, demeurons attentifs à l'usage positif de cette crise, voyons là une chance d'un nouveau rapport au pouvoir démocratique, à la richesse monétaire et, pour finir, au sens.

  • L'année 2011 aura été marquée par le printemps arabe et dans son sillage, le mouvement des indignés dans de nombreux pays européens. Cette expression d'un désir de démocratie est venue comme un démenti des discours si souvent entendus de l'apathie politique dans laquelle nous aurait tous plongé la société de consommation et du spectacle.
    Comment comprendre ces mouvements de contestation ? Qu'est-ce qui les distingue de la dissidence et de la participation ? Quelle démocratie désironsnous ? Quels gouvernants voulons-nous ? Autant de questions que Fabienne Brugère tente ici d'éclairer, comme un préambule à l'élection présidentielle à venir.

  • Guillaume le Blanc s'interroge ici sur la prise de la parole au sein de la société et la capacité d'agir qu'elle permet. Et à tous ceux, exclus en tout genre, qui se trouvent réduits au silence.
    Comment permettre à ceux qui sont « sans-voix » de se faire entendre sans parler à leur place ? Que signifie parler au nom des autres ? Prendre la parole ? Existe-t-il un droit au silence comme un droit à la parole ? C'est la question de notre démocratie qui en définitive se trouve ici posée.

  • Que faire de notre cerveau ? n'est pas une question réservée aux philosophes, aux scientifiques ou aux politiques, c'est une question pour tout le monde. Elle doit nous permettre de comprendre pourquoi, alors que le cerveau est plastique, libre, nous sommes encore et partout « dans les fers ». Pourquoi, alors que l'activité du système nerveux central telle qu'elle apparaît aujourd'hui à la lumière des découvertes scientifiques propose sans conteste à la réflexion unetoute nouvelle idée de la transformation, nous avons malgré tout le sentiment que rien ne se transforme.
    Pour cette nouvelle édition, l'auteur a écrit une préface qui tient compte notamment des discussions que le texte a provoqué avec les scientifiques et a actualisé son propos en tenant compte des dernières avancées techniques.

  • La dernière élection présidentielle a plongé la france, et le reste du monde avec elle, dans un désarroi profond.
    Voilà donc jusqu'oú pouvaient nous mener l'idéologie du " tous pourris " et le désintérêt grandissant pour la politique. myriam revault d'allonnes nous invite ici à tirer jusqu'au bout la leçon de cet événement électoral. avant de s'indigner de la fin de toute morale en politique et de grossir les rangs des leaders populistes qui ont toujours su utiliser cette crainte, demandons-nous ce que devrait être réellement cette éthique pour avoir une chance de la construire.

  • Les animaux sont-ils conscients ? Eprouvent-ils la douleur d'une manière différente de la nôtre ? Peuvent-ils, pour certains, évaluer leur mémoire ? La découverte des aptitudes mentales des animaux conduit à replacer l'homme dans le système du vivant, à mieux comprendre de quel "bricolage" évolutionnaire il est issu, et pourquoi ses comportements sont si souvent éloignés de l'image qu'il cherche à se donner de lui-même.

  • La question longuement discutée de l'état est abordée ici à travers les grands débats auxquels elle a donné prise.
    Un débat historique : l'état moderne vient-il du saint empire romain germanique, de la féodalité, ou du renouveau républicain des royautés de la renaissance ? un débat juridique : le droit de l'état moderne procède-t-il du droit romain ou d'un droit nouveau élaboré à l'âge classique ? un débat philosophique enfin : la philosophie qui assimile tout etat à la puissance et ne voit en lui qu'un empire n'est-elle pas la philosophie de la révolution ? a-t-il existé une autre philosophie de l'état ? ou est-elle encore à construire ?.

  • " le débat sur les intellectuels réactionnaires est un symptôme : pas seulement celui du virage à droite de la classe intellectuelle, qui est à peu près évident, mais de la disparition de la figure de l'intellectuel critique.
    La question n'est certainement pas de distribuer les bons et les mauvais points, et de dire qui est ou n'est pas réac. elle est plutôt de savoir qu'est-ce qu'un intellectuel ? - quelle est la nature de son autorité, de sa responsabilité -, question qui paraît peut-être ringarde et dépassée, mais qui est au fond non résolue, et à reformuler, aujourd'hui que beaucoup d'intellectuels voudraient conserver l'aura de l'intellectuel critique sans la critique.
    " il s'agit bien ici de répondre au livre de daniel lindenberg, ou plus exactement de poursuivre le débat qu'il a suscité autour de la place et du rôle de l'intellectuel dans la société, dont la tentation première aujourd'hui est moins d'être réactionnaire que conformiste. c'est en convoquant la philosophie américaine que sandra laugier nous invite ici à oser la question de la voix de l'intellectuel, de son statut et de son autorité : de quel droit parler au nom de tous ? loin d'un débat passionné mais peu fertile, il est grand temps que l'intellectuel se pense lui-même.

  • La banlieue fait peur. "Evénements", "révolte", "émeutes", "insurrection" : notre incapacité à nommer ce qui s'est passé à l'automne 2005 montre notre malaise autant que la difficulté que nous éprouvons face à ce qui ne cesse d'interroger nos propres schémas d'interprétation. Car loin d'être seulement un territoire de dégradation et de violence, la banlieue crée: des subjectivités, des formes de vie, des connaissances, de la valeur économique, de la sociabilité, du langage... A y regarder de plus près, c'est même - en dépit des difficultés économiques et des injustices sociales, des discriminations quotidiennes et de l'abandon dont elle est victime - un formidable laboratoire d'action politique, de vie et de résistance, un lieu d'élaboration et d'expérimentation. Alors: de quoi avons-nous peur au juste ?

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