Littérature générale

  • « Le fait d'épuiser ma marche, et de demeurer pourtant au coeur du mouvement, me transforme en profondeur. Mes pensées se perdent moins, je surplombe moins les choses. Je me focalise sur le troupeau qui avance devant moi. Je suis porté par sa puissance .» De juin à octobre, randonner dans les Alpes du Sud signifie marcher en compagnie des moutons : aujourd'hui encore plus de trois cent mille bêtes se retrouvent chaque année dans les alpages d'estive.
    Antoine de Baecque est parti sur les traces du parcours millénaire des bêtes et des hommes, cette transhumance traditionnelle disparue dans les années 1950. Il a cheminé sur les anciens sentiers de la transhumance par des voies oubliées, serpentant au milieu d'un paysage que le passage des moutons a façonné. Il a inauguré la Routo, cet itinéraire de randonnée bientôt homologué GR qui chemine sur plusieurs centaines de kilomètres à travers les Alpes, de la plaine de Crau en Provence jusqu'au Piémont italien.
    Ce récit voyageur d'un parcours montagnard, où la quête de la mémoire d'une transhumance millénaire accompagne la mémoire intime du marcheur, résonne comme un hommage au lien entre hommes et bêtes.

  • « La première fois que j'ai vu des loups, c'était en Cévennes, en 2004, à quatre kilomètres à pied du village dont est originaire ma famille. J'ai compris à cet instant que nous avions une meute. J'ai voulu en parler, ça n'était pas le moment. Les visages se ferment, les sourcils se dressent. Des loups ! Pensez donc ! Les années sont passées.
    Et puis d'un coup, plus de sangliers ou de chevreuils là où on les attendait d'habitude à la battue, des troupeaux fébriles, des traces en losange, des chiens qui disparaissent, quelque chose dans le pays avait bel et bien changé ».

    Dans les Cévennes où il vit, à une centaine de kilomètres du Gévaudan, sur les terres qui ont inspiré La Chèvre de monsieur Seguin, au royaume de cette bête dont on disait autrefois qu'elle mange le monde, Antoine Nochy a traqué le loup pendant plusieurs mois. Il a arpenté les sentiers, les berges, les drailles à la recherche de signes et de traces et a écouté parler les hommes.
    Le loup, ce prédateur dont l'éradication fut pour les Européens un des premiers critères de la modernité, est de retour. Saurons-nous cohabiter avec le sauvage? Lui apprendre des limites et lui faire respecter les activités des humains, avec qui il doit, lui aussi, partager son territoire et ses usages ?

  • Deux textes à la portée écologique du géographe et libertaire français. Le premier, paru en 1880, est un traité de vulgarisation géographique en même tant qu'une médiation poétique et morale sur la montagne. Dans le second, il décrit les phénomènes naturels et les paysages au fil d'un ruisseau, de la source à l'embouchure.

  • Frères de mer

    Patrick Tabarly

    « Il était une icône, je n'étais pas grand-chose, juste un jeune cadet dans son ombre. Vingt ans après sa mort, j'ai pourtant eu envie de raconter. Parce que si je suis devenu celui que je suis, je le dois aussi à Éric. À ce qu'il m'a transmis, à ce que j'ai partagé avec lui, à ce que j'ai vécu depuis qu'il n'est plus là. Au-dessus de moi, ange protecteur ou simplement aîné attentionné, j'ai toujours eu l'impression qu'il m'accompagnait. Avec ses silences soupesés et ses phrases si souvent pertinentes, ses récriminations de marin et son comportement de légende ».

    Homme discret, Patrick Tabarly n'en est pas moins un témoin privilégié. Comme Éric, son frère aîné, il a vécu les grandes heures de la voile française de la fin des années 1960 au début des années 1990. Il a surtout partagé au plus près le quotidien du « premier marin de France », disparu en mer d'Irlande il y a un peu plus de vingt ans. Il était à ses côtés lors de la première navigation du mythique Pen Duick ; ensemble, ils ont remporté des compétitions, en ont perdu d'autres, toujours animés par une même passion pour la mer, qui les a unis plus sûrement encore que leurs liens de sang. Patrick Tabarly vouait à son aîné un respect sans borne, et son regard, sans concession, n'en est que plus précieux.

  • « Nous avançons peu à peu, lentement, mais dans la bonne direction, et on peut espérer dans quelques jours atteindre notre but... Et d'abord retrouver l'endroit. Retrouver la falaise et la source où se cache la plante que nous recherchons ».

    En 1940, Théodore Monod, au cours d'une expédition dans le Sud libyen, découvrait une plante d'un genre nouveau. Le spécimen se révélera unique. Depuis, la fleur, baptisée Monodiella flexuosa, conserve ses secrets dans l'herbier national du Museum. Jusqu'au jour où, sur les traces du Petit Prince, Théodore Monod, à l'âge de 94 ans, décide de partir à sa recherche...
    Cet ouvrage est l'histoire d'une aventureuse expédition, relatée en partie grâce au journal de bord de ce grand scientifique et humaniste, alors au soir de sa vie. Les conditions particulièrement éprouvantes du périple n'ôtent rien à la détermination de ce passionné du désert, heureux de chercher à saisir jusqu'au bout une part du mystère du monde.

  • « On ne doit jamais se fier à sa première impression. Contrairement à ce que prétend le dicton. En matière de voyage, du moins ».

    Pour Tristan Savin, chaque pays possède son « trou du cul du monde ». Simple formule provocatrice ? Non pas ! En trente ans de voyages lointains, ce drôle de curieux a plus d'une fois eu l'occasion de vérifier cette assertion peu révérencieuse.
    Un TDCDM (pour rester poli) est un lieu méconnu, de préférence sordide, voire hostile, situé au milieu de nulle part... ou d'ailleurs. Une ville oubliée des dieux, inévitablement galère. Un bout du monde, une zone frontière, un village fantôme, un îlot paumé : du Mexique à l'Inde et des Galápagos à l'Amazonie, en passant par l'Éthiopie et la Polynésie, la diversité de ces endroits paraît sans fin. C'est surtout le genre de lieux où se produisent des phénomènes étranges. Et de drôles de rencontres : zombies haïtiens, racketteurs du désert, espion birman ou dragons de Komodo.
    Vous voilà prévenu, et prêt à embarquer pour le plus désopilant des tours du monde, décalé et totalement subjectif.

  • « Se lever tout à l'aube dans un doux froid. Contempler par l'ouverture en arc de l'abri cette première image du jour : une fine lune calligraphiée dans le ciel et deux ombres, l'ombre de la lanterne et l'ombre de l'arbre, étendues sur le socle de la grande cloche. Déboucher dans la vaste cour du temple encore à peine éclairée où les bâtisses, dans leur torpeur, ont une certaine magnificence. Ébrouer son sommeil comme ce gong qui résonne, un grelot de piécettes, le chant murmuré d'une vieille femme ».

    C'est à pied qu'Ariane Wilson a effectué le pèlerinage de Shikoku, au coeur d'un Japon méconnu et secret, sur les pas du maître Kûkai, fondateur du bouddhisme Shingon. Quelque 1 400 kilomètres parcourus en un peu moins de deux mois, avec, sur le dos, un étonnant abri, conçu et fabriqué pour ce périple. Vierge au premier jour, il devient peu à peu la fresque de la progression d'Ariane et de son amie Aude, tatoué des calligraphies récoltées à chacun des 88 temples.
    La progression géographique se double peu à peu d'une progression intérieure, visée du pèlerinage : accueillir l'autre, réfléchir au sens du don, apprendre à trouver la beauté partout où elle se trouve.
    Un hymne à la délicatesse.

  • Ce volume réunit l'intégralité des textes animaliers de Louis Pergaud. De Goupil à Margot, publié dans cette anthologie, lui valut le prix Goncourt en 1910.

    « Les Histoires de bêtes de Pergaud seraient une sorte d'Iliade des bois, des prés, des champs, des taillis, des nids, des terriers, une Iliade de la piétaille, à ras de terre, sans Achille ni Hector, sans Olympe ni cheval de Troie, mais une Iliade tout de même dont les héros minuscules accomplissent leur destin sans barguigner et s'appliquent inlassablement à mourir dans un impeccable apparat lexical et syntaxique qui leur fait linceul et honneur. » Marie-Hélène Lafon

  • « Je veux boire à tes rêves, Nicolas, parce que les rêves, c'est le plus important. On n'est peut-être pas des spécialistes de la vodka, et ça ne fait rien, mais pour ce qui est des rêves, on s'y connaît ! ».

    Pourquoi les Russes et leurs voisins ex-soviétiques boivent-ils tant de vodka ? Que « dit » cette boisson à propos de leurs racines et de leur âme ? Pour tenter d'éclaircir ces mystères, Nicolas Legendre est parti durant quatre mois du Caucase à l'Asie centrale et de la Sibérie à Moscou. Son unique mot d'ordre : laisser faire le hasard. Errer jusqu'à ce que les rencontres surviennent et que les verres s'entrechoquent.
    Les Routes de la vodka est le récit de cette tonitruante expédition entre steppe, désert et montagne où passent des routiers, des éleveurs nomades, un liquidateur de Tchernobyl, une jeune Ouzbek battue par son mari, un ex-agent des forces spéciales soviétiques, des employées du Transsibérien, un politicien kirghize... D'épiques saouleries succèdent aux rêveries et aux plongées dans l'Histoire. L'auteur, entraîné dans un périple initiatique, décrit dans une langue nerveuse et captivante un monde chamboulé tour à tour par le communisme et par le capitalisme.

  • «Mais qu'allais-je trouver de l'autre côté de la barrière, ici en Europe? Je me retrouverais seul, mais pas de la façon que j'affectionnais : ce serait la solitude totale. Cette nouvelle liberté me semblait bien sombre. Je savais pourtant que c'était là le seul choix possible, parce qu'il m'offrait l'espoir de construire quelque chose qui me corresponde, l'espoir d'apprendre, d'observer par moi-même, de grandir...».

    En 1962, alors que la guerre froide atteint son apogée, le jeune Russe Rudolf Noureev éblouit l'Occident par son art et devient en quelques mois une star de renommée internationale. C'est le moment que ce danseur de 25 ans choisit pour publier le témoignage de ses jeunes années, depuis son enfance difficile en URSS jusqu'à son passage fracassant à l'Ouest, tout juste un an auparavant.
    L'ancienne étoile du ballet soviétique du Kirov en passe de devenir une superstar occidentale se livre entièrement dans ce texte, qui mettra plus de cinquante ans à être édité en France. Toute la personnalité de Noureev y figure déjà, avec ce caractère entier et volontaire, source de mélancolie, mais aussi atout essentiel pour oser transgresser l'autorité familiale, politique et artistique de son temps.

  • « 24 août. Un nouveau chapitre s'ouvre dans notre existence. Les régions que nous avions visitées jusqu'ici ont été auparavant parcourues par de nombreuses expéditions, mais, à partir de l'île Beechey, nous entrons dans une partie de l'archipel polaire américain où quelques navires seulement se sont hasardés avant nous, et un peu plus loin nous pénétrerons dans une mer qu'aucune étrave n'a encore sillonnée ».

    Depuis le XVe siècle, les navigateurs européens tentèrent en vain de découvrir le fameux passage du Nord-Ouest, qui devait leur permettre de gagner l'Asie par l'archipel arctique situé au nord des côtes canadiennes. Il fallut attendre cinq cents ans pour que l'explorateur norvégien Roald Amundsen parvienne à réaliser cet exploit. Le 6 juin 1903, avec son équipage de six hommes, il quitte Christiania (aujourd'hui Oslo) à bord de la Gjøa. Direction, la côte ouest du Groenland, avant d'arriver sur l'île du Roi-Guillaume, où ils menèrent des expériences scientifiques durant deux longues années. En août 1905, la Gjøa quitta l'île et mit les voiles vers l'ouest. La mission n'en avait pourtant pas fini avec les glaces de l'Arctique, et ce n'est qu'un an plus tard, après un troisième hivernage subi, que le grand explorateur arriva à Nome, en Alaska, franchissant pour la première fois le passage du Nord-Ouest. Ce sont ces trois années de lutte terrible contre les éléments dont Amundsen livre ici le récit.

  • « Par la grâce du bon Dieu, nous arrivâmes au Río della Plata en l'an 1535, où nous trouvâmes un endroit appartenant à un peuple de deux mille Indiens environ qu'on appelle Zechuruas. Ce peuple se nourrit uniquement de poisson et de viande et ne porte pas de vêtements, sauf les femmes qui se couvrent le bas d'un petit chiffon en coton du nombril jusqu'aux genoux. À notre arrivée, ils prirent la fuite avec leurs femmes et leurs enfants et quittèrent les terres ».

    En 1534, Ulrich Schmidel s'embarque de Cadix comme simple soldat, à destination du Río de la Plata. Il s'apprête à passer vingt ans sur le continent sud-américain, à une époque où tout reste à faire pour les Européens conquistadors, avides d'étendre leur pouvoir.
    De retour en Allemagne, Schmidel livre le souvenir de sa vie de lansquenet, où chaque jour était une lutte. On y découvre la fondation de Buenos Aires mais surtout la faim omniprésente qui pousse parfois au cannibalisme, les conquêtes qui n'apportent que peu de profit et la mort qui fauche. Le tout forme un récit âpre et sidérant, sans véritable équivalent.

  • « Ayant fait, au printemps dernier, une petite croisière sur les côtes de la Méditerranée, je me suis amusé à écrire chaque jour ce que j'ai vu et ce que j'ai pensé ».

    Sur l'eau est un charmant journal de bord en Méditerranée, une dérive de pensées au fil de l'eau. À bord de son yacht Bel- Ami, Maupassant alterne le récit de sa croisière avec celui d'excursions menées à terre et se laisse aller à de longues digressions amusées, tristes ou ironiques, sur la mort, la compagnie des hommes, la société mondaine cannoise, la guerre mais aussi sur le vent, capricieux et dangereux, et la mer, étincelante et irisée.
    Maupassant s'y révèle farouchement pacifique, un brin misanthrope, et dans le même temps amoureux de la vie. À travers ce court récit qui servit de livre de chevet à Tolstoï en personne, ses lecteurs les plus assidus découvriront une autre facette du grand écrivain réaliste.

  • "J'ai basculé en une fraction de seconde. Je suis dans l'eau. Il fait nuit noire. Je suis seule. Dans quelques instants, la mer, ma raison de vivre, va devenir mon tombeau". Le samedi 29 octobre 2011, alors qu'elle naviguait seule à bord de son voilier, Florence Arthaud tombe à l'eau, au large du cap Corse. Isolée, en pleine nuit, sans gilet de sauvetage, la navigatrice va affronter la mort pendant de longues heures.
    Elle restera en vie grâce à une série de petits miracles : une lampe frontale, un téléphone portable étanche, du réseau et sa mère qui veillait en pleine nuit. Dans ce livre confession, Florence Arthaud revient sur cet épisode tragique. Elle livre les sentiments, les pensées et les souvenirs qui l'ont accompagnée alors qu'elle se noyait en pleine mer.

  • Savant, naturaliste, homme de foi, protecteur de la nature, philanthrope et pionnier de la pensée écologiste, les multiples facettes de la pensée de T. Monod se révèlent au travers d'extraits de sa correspondance, d'entretiens et d'écrits.

  • Voyageurs, ils devinrent écrivains. Écrivains, ils se firent voyageurs.
    Les uns - Loti, Conrad, Segalen, Bouvier - partent au bout du monde pour courir les rêves nés de leurs lectures d'enfance ; les autres - Kipling, London, Kessel ou Chatwin - prennent la route pour nourrir leurs pages blanches. Les arpenteurs d'océans - Slocum, Kavvadias ou Moitessier -, de déserts - Thesiger - et de cimes enneigées - Alexandra David-Néel - font leurs les propos de Stevenson : «Je ne voyage pas pour aller quelque part, mais pour voyager. Je voyage pour le plaisir du voyage.» Quant aux plumitifs en herbe - Cendrars, Simenon ou Gary -, ils proclament, à l'instar de Kerouac : «Écrire est mon boulot... Alors il faut que je bouge!» Tous - sans se préoccuper de savoir s'ils sont voyageurs avant d'être écrivains, ou l'inverse - entendent dire le monde, transmettre leur passion pour la littérature d'aventure, et inciter leurs lecteurs à boucler leur sac pour emprunter leurs pas.

  • «Conscients de la manne financière que représente "leur" Everest pour l'économie nationale comme pour les opérateurs étrangers, ces "sherpas du nouveau millénaire" refusent désormais d'être traités en simples auxiliaires suiveurs qui risquent leur vie pour bien la gagner».

    Le 18 avril 2014 sur le versant népalais de l'Everest, une avalanche tuait seize sherpas qui préparaient la voie pour leurs riches clients amateurs de sensations fortes. C'était la première fois depuis sa conquête en 1953 que le Toit du monde tuait autant d'hommes - tous népalais - en une seule journée.
    Cet accident - et le mouvement de revendication sans précédent qui l'a suivi - a jeté une lumière crue sur les divergences d'intérêts entre ces montagnards locaux qui risquent leur vie pour mieux la gagner, un État népalais dépassé, et des étrangers consommateurs d'exploits.
    Sherpas, fils de l'Everest, rédigé après une enquête et des dizaines d'interviews, témoigne de l'évolution des mentalités des porteurs d'altitude, ces montagnards aux capacités physiques hors norme sans qui l'industrie de l'alpinisme et du trekking népalais n'existerait pas.

  • « Je suis vie qui veut vivre, entouré de vie qui veut vivre. » Précurseur de l'écologie, Albert Schweitzer a été le premier à utiliser la formule du « respect de la vie » pour fonder une éthique qu'il voulait élémentaire et universelle. Le respect de notre propre vie et de celle des autres sont deux choses absolument inséparables, telle est la prise de conscience qui devrait s'imposer de façon claire et immédiate à chacun d'entre nous.
    Théodore Monod présentait son ami le Dr Albert Schweitzer, « tour à tour musicien, théologien, penseur et médecin », comme « l'un de ces hommes qui aujourd'hui empêchent quand même de désespérer tout à fait de l'humanité ».
    Pour la première fois, les textes fondamentaux d'Albert Schweitzer sont réunis en un recueil qui dévoile sa pensée écologique visionnaire.

  • Un candide à moto

    Come Levin

    « Tout y est possible et à la fois isolé, sans conséquence. Je ne suis ni attendu ni soumis au moindre engagement. Je suis libre de faire ce que je veux ».

    S'échapper, prendre la route en solitaire sur un engin rugissant. Un jour de mai 2014, Côme Levin démarre sa Harley-Davidson, met entre parenthèses sa carrière d'acteur et quitte Paris. N'emportant que le strict nécessaire, le jeune motard de vingt-trois ans entame un périple de plus de 4 400 kilomètres vers Istanbul.
    Dans un style efficace et pragmatique, à la manière de ces revues techniques qui dispensent des conseils en matière d'entretien de moto, Côme Levin conduit son lecteur sur l'asphalte de son voyage et de sa découverte des Balkans, des stigmates des guerres de Yougoslavie, du mélange des influences entre l'Occident chrétien et l'Orient musulman.
    Un émerveillement continu.

  • «Immobiles, l'homme et le cheval semblent vouloir s'imbiber de la beauté grandiose du paysage, humer sa douceur sauvage, s'imprégner de son silence. Une légère détonation, soudain, les fait sursauter. Affolés, des oiseaux, par centaines, s'envolent en piaillant, dans un vacarme d'ailes battant les eaux du fleuve ou effleurant les feuillages. Coup de tonnerre lointain? Certainement pas : le ciel est uniformément bleu».

    Un homme et son cheval au coeur de l'immensité russe. Voilà le dénominateur commun de ces deux romans épopées, Serko et Riboy, dont le cadre a tout pour éblouir l'imaginaire du lecteur.
    À l'origine de Serko, un fait-divers de la fin du XIXe siècle : exalté par l'exploit d'un de ses pairs, un modeste officier en poste aux confins de la Russie décide de rallier Saint-Pétersbourg à cheval - soit neuf mille kilomètres en six mois, avec la même monture. De cette prouesse, l'auteur tire un «vrai-faux roman», où un valeureux cosaque décide d'aller en personne présenter une requête au tsar, dût-il traverser tout l'empire pour cela... Le véritable héros de son périple, ce sera son cheval, Serko. Un cheval à qui l'auteur prêtera ensuite un double, Riboy. Apprivoisé par un musicien échappé du goulag, cet extraordinaire petit cheval bigarré saura guider celui-ci sur la route de la liberté.

  • L'auteur, sacré champion du monde d'apnée en poids constant en 2011, témoigne de son itinéraire, de ses performances, des difficultés techniques qu'il doit surmonter. Il partage également sa philosophie de vie, son animalité et son goût pour la verticalité.

  • « Edoardo pensait à Clara. Il était assis seul. Il se souvenait qu'elle craignait le vent, il la revoyait une main levée, posée sur ses cheveux, pendant que là-bas, sur la mer, le vent commençait à souffler ».

    S'enraciner enfin dans la terre qui l'a vu naître ou succomber encore et toujours à l'appel de l'océan : tel est le dilemme d'Edoardo, marin au long cours, alors qu'il retrouve les paysages de sa Ligurie et Clara, la femme qui l'aime et qui l'attend.
    Il se décide pour une dernière traversée, teintée d'interdit, et s'embarque sur un bateau chargé d'armes qu'il a pour mission de conduire en Bosnie. Un départ qui est aussi une fuite, un abandon aux attraits envoûtants de la mer.
    Mais l'aventure le rattrape. Le voyage prend une dimension tragique qui oblige les hommes à agir.

  • Pourquoi partir marcher sur les chemins pèlerins ? Qui cherche-t-on sur les routes sinueuses (le Toscane, de Cappadoce ou de Galice ? Dieu, soi-même, les autres ? Quel sens donner aujourd'hui à cette tradition millénaire des pèlerinages ? Comment lâcher prise au rythme lent (les pas et vivre l'instant présent ? Fort des kilomètres parcourus jusqu'à Compostelle, Jérusalem et Rome, Edouard Cortès unit son regard à celui des pèlerins d'autrefois, pour tenter de mettre en lumière l'esprit du chemin.
    Grâce à lui, le lecteur plonge dans le quotidien d'un pèlerin, fait de petites misères et de grandes joies et retrouve par la marche "l'urgence de l'essentiel".

  • Voyager autour du monde... libres, les poches vides et sans débourser un centime ! C'est le défi relevé par trois étudiants, Benjamin le Français, Nicola l'Italien et Raphael le Berlinois, tous les trois convaincus que l'argent corrompt l'homme et la société qui l'entoure. Cette aventure autour du monde inédite va les mener des Pays-Bas au Mexique, en passant par l'Afrique du Nord. Fondé sur l'échange, le recyclage et le don, ce voyage va enseigner aux trois apprentis vagabonds à s'en remettre à ceux qu'ils croisent sur leur route pour trouver leur nourriture, leurs moyens de transport et leurs hébergements ; autant de rencontres et de péripéties étonnantes ou touchantes qui transforment cette expérience écologique et alternative en une aventure humaine hors du commun. Réduire, réutiliser, recycler... les préceptes mis en application pendant ce périple sont défendus aujourd'hui par Benjamin Lesage, persuadé qu'il est possible de vivre autrement et d'envisager, pour l'économie de demain, une société sans argent fondée sur l'échange.

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