Littérature traduite

  • Qu'est ce qui fait courir Kilian Jornet ? Quelles sont les pensées, les motivations profondes de cet extraterrestre du trail ? "Sky runner" à l'assaut des sommets et du ciel, il multiplie les exploits : quatre fois champion du monde de skyrunning, champion du monde de ski de montagne, il bat aussi des records en courses rapides comme la traversée du GR20, l'Ultra-Trail du Mont-Blanc ou l'ascension du Kilimandjaro.
    De son premier "4 000" réalisé à l'âge de 7 ans au défi mondial Summits of my Life, Kilian Jornet revient sur son destin de champion. Cet athlète d'exception nous livre un témoignage palpitant sur sa passion pour la course et la montagne et sur sa philosophie de vie profondément ancrée dans sa pratique sportive et son amour pour les grands espaces.

  • «Parce que nous sommes des hommes forgés par nos rêves. Parce que sans nos rêves, nous sommes morts.» Après Courir ou Mourir, Kilian Jornet reprend la plume. Avec La Frontière invisible, celui que l'on surnomme «l'ultra-terrestre» livre une réflexion intime et poignante sur son amour des sommets, son besoin de solitude et son attirance pour les défis les plus insensés : records d'ascension du mont Blanc, du Cervin, etc. Grâce à un style très personnel où il mêle harmonieusement fiction et réalité, Kilian Jornet révèle la complexité de son identité tout en assumant ses choix. Pour lui, «vivre sans prendre de risques n'est pas vivre».
    Un ouvrage authentique, intense et terriblement humain, à l'image de son auteur.

  • « Personne ne peut savoir quel plaisir on éprouve à naviguer seul en toute liberté sur les océans immenses, à moins d'en avoir l'expérience ».

    En 1895, Joshua Slocum part de Boston avec le voilier qu'il a restauré avec ardeur plusieurs années durant. Lui qui a déjà tant navigué veut retrouver le large, seul cette fois.
    Trois ans plus tard, c'est la fin d'une « croisière » de quarante-six mille milles. Slocum jette l'ancre dans le port de Newport : il a réalisé le premier tour du monde en solitaire. Un exploit hors du commun à l'époque et encore légendaire aujourd'hui.
    Pour des générations de marins du monde entier, Slocum reste un modèle par sa détermination et sa présence d'esprit comme par son art d'affronter la solitude. Son attitude indéfectiblement positive est peut-être le secret de l'engouement toujours aussi vif suscité par ses aventures, dont le récit est devenu un classique incontournable de la littérature maritime.

  • «Mais qu'allais-je trouver de l'autre côté de la barrière, ici en Europe? Je me retrouverais seul, mais pas de la façon que j'affectionnais : ce serait la solitude totale. Cette nouvelle liberté me semblait bien sombre. Je savais pourtant que c'était là le seul choix possible, parce qu'il m'offrait l'espoir de construire quelque chose qui me corresponde, l'espoir d'apprendre, d'observer par moi-même, de grandir...».

    En 1962, alors que la guerre froide atteint son apogée, le jeune Russe Rudolf Noureev éblouit l'Occident par son art et devient en quelques mois une star de renommée internationale. C'est le moment que ce danseur de 25 ans choisit pour publier le témoignage de ses jeunes années, depuis son enfance difficile en URSS jusqu'à son passage fracassant à l'Ouest, tout juste un an auparavant.
    L'ancienne étoile du ballet soviétique du Kirov en passe de devenir une superstar occidentale se livre entièrement dans ce texte, qui mettra plus de cinquante ans à être édité en France. Toute la personnalité de Noureev y figure déjà, avec ce caractère entier et volontaire, source de mélancolie, mais aussi atout essentiel pour oser transgresser l'autorité familiale, politique et artistique de son temps.

  • « 24 août. Un nouveau chapitre s'ouvre dans notre existence. Les régions que nous avions visitées jusqu'ici ont été auparavant parcourues par de nombreuses expéditions, mais, à partir de l'île Beechey, nous entrons dans une partie de l'archipel polaire américain où quelques navires seulement se sont hasardés avant nous, et un peu plus loin nous pénétrerons dans une mer qu'aucune étrave n'a encore sillonnée ».

    Depuis le XVe siècle, les navigateurs européens tentèrent en vain de découvrir le fameux passage du Nord-Ouest, qui devait leur permettre de gagner l'Asie par l'archipel arctique situé au nord des côtes canadiennes. Il fallut attendre cinq cents ans pour que l'explorateur norvégien Roald Amundsen parvienne à réaliser cet exploit. Le 6 juin 1903, avec son équipage de six hommes, il quitte Christiania (aujourd'hui Oslo) à bord de la Gjøa. Direction, la côte ouest du Groenland, avant d'arriver sur l'île du Roi-Guillaume, où ils menèrent des expériences scientifiques durant deux longues années. En août 1905, la Gjøa quitta l'île et mit les voiles vers l'ouest. La mission n'en avait pourtant pas fini avec les glaces de l'Arctique, et ce n'est qu'un an plus tard, après un troisième hivernage subi, que le grand explorateur arriva à Nome, en Alaska, franchissant pour la première fois le passage du Nord-Ouest. Ce sont ces trois années de lutte terrible contre les éléments dont Amundsen livre ici le récit.

  • « Par la grâce du bon Dieu, nous arrivâmes au Río della Plata en l'an 1535, où nous trouvâmes un endroit appartenant à un peuple de deux mille Indiens environ qu'on appelle Zechuruas. Ce peuple se nourrit uniquement de poisson et de viande et ne porte pas de vêtements, sauf les femmes qui se couvrent le bas d'un petit chiffon en coton du nombril jusqu'aux genoux. À notre arrivée, ils prirent la fuite avec leurs femmes et leurs enfants et quittèrent les terres ».

    En 1534, Ulrich Schmidel s'embarque de Cadix comme simple soldat, à destination du Río de la Plata. Il s'apprête à passer vingt ans sur le continent sud-américain, à une époque où tout reste à faire pour les Européens conquistadors, avides d'étendre leur pouvoir.
    De retour en Allemagne, Schmidel livre le souvenir de sa vie de lansquenet, où chaque jour était une lutte. On y découvre la fondation de Buenos Aires mais surtout la faim omniprésente qui pousse parfois au cannibalisme, les conquêtes qui n'apportent que peu de profit et la mort qui fauche. Le tout forme un récit âpre et sidérant, sans véritable équivalent.

  • « Edoardo pensait à Clara. Il était assis seul. Il se souvenait qu'elle craignait le vent, il la revoyait une main levée, posée sur ses cheveux, pendant que là-bas, sur la mer, le vent commençait à souffler ».

    S'enraciner enfin dans la terre qui l'a vu naître ou succomber encore et toujours à l'appel de l'océan : tel est le dilemme d'Edoardo, marin au long cours, alors qu'il retrouve les paysages de sa Ligurie et Clara, la femme qui l'aime et qui l'attend.
    Il se décide pour une dernière traversée, teintée d'interdit, et s'embarque sur un bateau chargé d'armes qu'il a pour mission de conduire en Bosnie. Un départ qui est aussi une fuite, un abandon aux attraits envoûtants de la mer.
    Mais l'aventure le rattrape. Le voyage prend une dimension tragique qui oblige les hommes à agir.

  • Quelques années après sa rupture avec Picasso, Dora Maar fait un dernier voyage à Venise pour tenter d'échapper à l'emprise du peintre et de se reconstruire en tant que femme. A son retour, elle se réfugie dans son appartement parisien, vivant en recluse jusqu'à sa mort. Z. Valdès livre la pensée tourmentée de Dora Maar le temps de cette escapade vénitienne.

  • «En quel lieu serons-nous les prochains jours, et toute notre existence, et quels seront nos objectifs, cela me paraît moins important que l'existence même, ancrée en nous, de ce courage qui se nourrit toujours aux mêmes sources».

    Journaliste, photographe, écrivain et archéologue, Annemarie Schwarzenbach (1908-1942) a parcouru le monde à la découverte d'autres cultures, dont elle a fait le récit dans des reportages exceptionnels. Istanbul, New York, Tanger, Brazzaville, en Europe centrale et au Moyen-Orient, ses périples lui ont ouvert des horizons infinis, lui inspirant des réflexions géopolitiques pertinentes et visionnaires. Ses écrits, non dénués de poésie, témoignent d'une large connaissance historique, et d'un intérêt profondément humaniste pour la vie des gens simples et des exclus.
    Entre 1934 et 1942, cette aventurière a signé près de trois cents articles écrits à travers le monde, publiés dans la presse et les magazines suisses de l'époque, dont soixante sont ici présentés. En ces années marquées par la montée du nazisme et la guerre, Annemarie Schwarzenbach dresse des parallèles intéressants entre la situation des pays qu'elle visite et celle de l'Europe, alors sclérosée par les conflits et les idéologies destructrices.
    Par le cadre exceptionnel dans lequel ils s'inscrivent, ces écrits constituent un témoignage précieux et une vision éclairée sur une période cruciale de l'Histoire.

    Traduction de Nicole Le Bris et Dominique Laure Miermont.

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