Armand Colin

  • Si l'on veut comprendre pourquoi edgar morin fait figure de franc-tireur, pourquoi il fut pionnier, pourquoi l'on revient désormais autant vers lui pour penser notre présent et nous offrir un avenir - alors il faut lire, ou relire l'esprit - du temps.
    Paru pour la première fois en 1962, ce livre a été immédiatement mis à l'index. sa fauteoe s'être interrogé sur l'" universalité potentielle " des oeuvres issues de la culture de masse. une " vulgate pathétique " selon les tenants de la sociologie dominante de l'époque qui considéraient que les goûts et les dégoûts esthétiques dépendent de la classe ou de la catégorie sociales. depuis, le mépris global de la culture "cultivée" pour les oeuvres médiatiques s'est quelque peu atténué.
    Il est donc grand temps de relire cet ouvrage pionnier pour décrypter l'esprit de notre temps où les frontières culturelles ont volé en éclats.

  • 9e art, la bande dessinée est devenu l'art majeur, celui par rapport auquel toute expression artistique se forme. On la retrouve dans la peinture, au cinéma, dans la sculpture... L'ambition de cet ouvrage, conforme aux objectifs de la collection, est double. Il montre ce que signifie ce décloisonnement culturel. Comment la BD puise dans les arts majeurs pour venir, à son tour, les irriguer. Par ailleurs, il témoigne du fait que la BD crée de puissants réseaux sociaux de fans dont les pratiques communautaires alimentent à leur tour la création.

  • Traduction française d'un classique, bien que publié récemment, de la sociologie des médias. Jenkins montre que la convergence n'est pas qu'un phénomène technique décrivant la réunion de différents médias dans un même appareil (tablette, smart-phone). A partir de multiples exemples concrets, il considère que leur utilisation est devenue un processus collectif impliquant la participation active des consommateurs. Loin d'annoncer la mort des médias traditionnels, Jenkins met à jour l'extraordinaire fertilité à laquelle donne lieu la collaboration avec les nouveaux médias... sous l'impulsion des usagers.

  • Notre société hyper-médiatique aurait tué l'enfance? Dans cet essai récent, déjà considéré comme un classique et traduit pour la première fois en français, l'auteur offre un point de vue lucide et accessible sur les principaux changements introduits par l'omniprésence médiatique. Non les médias n'ont pas tué l'enfance et leur influence n'est pas néfaste, en soi. Mais leur accessibilité immédiate et permanente brouillent les frontières entre enfants et adultes et influencent les étapes de développement des enfants. Ce constat appelle à une rédéfinition du rôle de l'Etat et à de nouveaux modes de contrôle.

  • Coluche avait ouvert la voie et depuis, des humoristes femmes et issus des minorités s'emparent de l'humour comme d'une arme contre le système binaire masculin/féminin et les exclusions du modèle républicain (Jamel Debbouze, Florence Foresti...). Le pouvoir de l'humour dessine une société française en pleine transformation, traversée par la montée de l'individualisme, des questions d'identité et de différence. Il rend compte de la place des thématiques de la race et du genre dans la culture populaire.

  • Au tournant du siècle, la lutte internationale contre l'homophobie et les controverses autour du mariage gay ont fait irruption dans la sphère publique, mobilisant acteurs associatifs et politiques. Pourtant, ces débats ont leurs points aveugles : les enjeux de race, de classe et les tensions postcoloniales. Du cinéma d'auteur à la pornographie, de la télévision à la photographie, Homo exoticus se penche sur la culture visuelle et la fabrique de l'identité gay française contemporaine. L'ouvrage analyse les discours et représentations qui opposent minorités sexuelles et ethnoraciales à l'aide des outils conceptuels des Cultural Studies et de la théorie queer. Il ouvre la voie à une critique de l'homonormativité, où s'articulent exotisme et discriminations, volonté d'assimilation républicaine et exclusions. Pour rester force de transformation sociale, la culture gay doit peut-être sonder le blanc de ses yeux et quitter les rivages de l'exotisme. « Un ouvrage brillant et dénué de sensationnalisme, un ouvrage mordant sans coups de griffes inutiles, un ouvrage qui clarifie sans simplifier. » RICHARD DYER, KING'S COLLEGE, LONDRES

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