Archipel

  • Dans la constellation des passionnés de cinéma devenus metteurs en scène, Bertrand Tavernier se distingue par la persistance d'une cinéphilie qui ne l'aveugle pas et un désir de comprendre les réalités du monde, passant de la fiction au documentaire avec une égale curiosité qui le rend inclassable.
    Érudit, révolté par les injustices et interrogeant sans cesse son art, cet agitateur d'idées est aussi un spectateur insatiable, toujours au service des auteurs. Scénariste et cinéaste (Le Juge et l'Assassin, Coup de torchon, La Vie et rien d'autre, Capitaine Conan, Ça commence aujourd'hui...), il a marqué un demi-siècle de cinéma.
    Il se raconte, évoquant sa famille, ses films et ses grandes rencontres : Aragon, Sautet, Schlöndorff, Melville, Chabrol, Godard, Rohmer, Rivette, Ford, Walsh, Aurenche, Soupault, Eastwood, Scorsese, Tarentino, Huppert, Noiret et bien d'autres...

  • Par l'auteur d'Olive Kitteridge, Prix Pulitzer de littérature 2009.
    Amy a seize ans, l'âge de tous les désirs et de l'éveil à la sensualité. Isabelle l'a élevée seule dans une petite ville de la Nouvelle-Angleterre.
    Lorsque Isabelle apprend que sa fille est tombée amoureuse de son professeur de mathématiques, elle craint pour l'équilibre fragile de leurs relations.
    Amy et Isabelle s'affrontent. Blessées par l'amour douloureux qu'elles éprouvent l'une pour d'autre, elles se réfugient dans le silence et savent qu'entre elles les choses ne seront plus comme avant.
    Mais quelle faute Isabelle veut-elle expier en s'interdisant ainsi les plaisirs de la vie ? Comment expliquer ce chagrin qui la suit comme une ombre et ressurgit au moment où sa fille Amy découvre l'amour ?

  • La première biographie de Jane Austen en français depuis plus de vingt ans.

    Depuis deux siècles, Jane Austen ne cesse de conquérir de nouveaux lecteurs. Dans le monde anglophone, elle est au roman ce que Shakespeare est au théâtre.
    Comment cette fille de pasteur à l'existence étroite et confinée, élevée dans un village du Hampshire qu'elle souhaitait ne jamais quitter, qui de son propre aveu n'écrivait que sur ce qu'elle connaissait - trois ou quatre familles dans un village du sud de l'Angleterre - parvint-elle, en six romans, à traverser l'espace et le temps ? Comment celle qui incarnait son époque trouve-t-elle dans la nôtre un tel écho ?
    Une vie sans événement, ainsi la définissait son frère. Mais sous cette apparence lisse frémit le ferment des passions : l'événement pour elle est surtout intérieur. C'est celui du sentiment, dont, contre la mode du roman sentimental, elle traque la vérité. Femme de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe, elle appartient à la fois aux Lumières et au romantisme qui leur succède. À l'orée de leur féminité, ses héroïnes balancent entre le coeur et la raison : placées dans des situations difficiles, elles parviennent, par leur intelligence et leur énergie, à déjouer les pièges du destin, et trouvent une résolution positive grâce à l'amour.
    Dans sa propre vie, les choses furent moins faciles pour Jane Austen. Mais la littérature fut sa grande passion, et, comme elle le disait, ses romans furent ses enfants.

  • L'homme pas dieu

    Frankito

    Fais pas le pitre à Pointe-à-Pitre !
    " Arrêtez ! Arrêtez tout de suite ! Vous ne savez pas qui je suis ? Albert Gouti ! Je n'ai rien fait ! Lâchez-moi ! Je veux appeler mon avocat ! Ne fais pas ça, frère, ne les laisse pas kidnapper un innocent ! Mais qu'est-ce que j'ai fait ? Dites-moi ce que j'ai fait, bon sang ! " Alors qu'il mène une existence paisible de séducteur dilettante, Albert Gouti, jeune professeur de sciences physiques au principal lycée de Guadeloupe, se retrouve impliqué dans une affaire de meurtres en série. Deux officiers de police s'acharnent sur l'enseignant et le pourchassent trois jours durant.
    Le voilà projeté, malgré lui, dans une succession d'aventures abracadabrantes et sanglantes. Hélas, comme disait son défunt père : " L'homme pas Dieu. " Autrement dit : à l'impossible, nul n'est tenu !
    L'Homme pas Dieu est un roman policier cocasse, servi par une plume percutante. C'est aussi une plongée dans la société guadeloupéenne, avec ses injustices et ses maux : trafic de travailleurs clandestins, pollution des sols par le chlordécone, agitation syndicale et mouvements indépendantistes...

  • Le grand frisson

    Frankito

    Bienvenu, dit Ben, passe ses 16 ans et demi à rêver de l'étreinte brûlante des femmes. Encore puceau, il vit entre une mère autoritaire, deux frangins polluants, une grande soeur absente et quelques copains plus attirés par l'argent facile et les jupes des filles que par le tableau noir.
    Depuis sa cité Zola, dans une banlieue difficile en région parisienne, Ben traîne et se languit. Son ennui n'a d'égal que sa passion : le graff. Jusqu'au jour où il rencontre Marie-Ange, pour laquelle il éprouve « le grand frisson » dès le premier baiser. Mais la belle mélancolique n'est pas seule. Igor, redoutable mafieux russe, la tient à sa merci et n'entend pas se laisser ravir sa « jolie poupée noire ».
    Premiers émois amoureux sur fond de guerres de gangs, de petits trafics et de murs de tags : la réalité est parfois plus cruelle qu'un simple « je t'aime » dessiné à la bombe.
     

  • Le premier tome d'une saga familiale en cinq volumes, qui couvrira l'histoire de la Martinique de 1900 à 2000, dans la lignée de sa « trilogie sucrière ».
    De 1900 à 1918, Raphaël Confiant retrace l'histoire de la première génération des Saint-Aubert, famille patricienne dont le chef, Ferdinand, est avocat. Marié à Marie-Élodie et père de Saint-Just, Tertullien, Euphrasie et Fulbert, progéniture avec laquelle il aura fort à faire, il périra dans l'éruption de la montagne Pelée, le 8 mai 1902. Contraints d'émigrer à Fort-de-France, les Saint-Aubert tenteront d'y refaire leur vie lorsque éclatera la Première Guerre mondiale, à laquelle participera Tertullien au sein du « Bataillon créole » et qui reviendra amputé.
    Saint-Just, l'aîné, deviendra instituteur et Fulbert bijoutier, alors que leur mère, Marie-Élodie, s'enfonce peu à peu dans la folie...
    Le premier volume d'une fresque aux allures balzaciennes dans un monde colonial marqué à la fois par les relents de l'esclavage et les idéaux républicains d'une classe sociale qui cherche à s'imposer par le biais de l'instruction et de l'action politique.

  • Juin i94i.
    Trois officiers français des troupes du levant sont ensevelis sous les décombres d'un temple du djebel druze, en syrie. cinquante ans après, les trois corps exhumés sont ceux de deux hommes et d'une femme. qui est cette femme ? qu'est devenu le troisième officier, dont la dépouille n'a jamais été réclamée par sa famille ? et en quoi ces faits, relatés par un journal, concernent-ils laura, une jeune française de vingt-cinq ans ? un accident de voiture, un coma, suivis d'hallucinations, de rencontres et de hasards : laura est convaincue qu'elle est nora, dont la vie s'arrêta brutalement sous les ruines de ce temple.
    Il lui faudra se rendre sur les lieux pour découvrir le secret de sa première vie. car " il y a de la terre dans sa mémoire, une terre lourde et suffocante ".

  • Grand lecteur devant l'Eternel, Pierre Mertens évoque les auteurs qui l'ont marqué et qui ont inspiré son oeuvre : le poète allemand Gottfried Benn (qui vécut à Bruxelles), l'Argentin Julio Cortazar, Milan Kundera, Marguerite Duras, André Malraux, Pier Paolo Pasolini, Malcolm Lowry, Cesare Pavese, Paul Gadenne, Iouri Tynianov...
    Mais c'est à Franz Kafka qu'il consacre les pages les plus vibrantes. Quant à Pasolini, qu'il a personnellement connu, il en parle avec la ferveur d'un ami lucide.
    Un livre qui reflète la vaste culture de son auteur et sa faculté à jeter des ponts entre des écrivains qui, souvent, ne se sont jamais rencontrés.

  • Canaille ! Sauvage ! Aztèque ! Macaque ! Parasite ! Renégat ! Canaque ! Anthracite ! Noix de coco ! Zouave ! Cannibale ! Invertébré !....
    Qui profère ces insultes insolites ? Le colérique capitaine Haddock, en flagrant délit d'éthylisme ? Ou l'irascible Louis-Ferdinand Céline, dans un pamphlet antisémite autocensuré depuis plus d'un demi-siècle ? Les deux, répond Emile Brami dans cet impertinent essai. Car la parution de Bagatelles pour un massacre, en janvier 1938, précède de peu l'invention du célèbre capitaine par Georges Remi, dit Hergé.
    Et tout indique que ce n'est pas le fait du hasard... Là ne s'arrête pas l'" Affaire Haddock ". Entre Hergé et Céline, que de coïncidences... Trajectoires parallèles, idées analogues, amis communs, et jusqu'aux reniements : ces deux monstres sacrés auront tout fait pour être rapprochés, sauf se serrer la main. C'est cette rencontre qu'Emile Brami, auteur d'une biographie de référence (Céline : " Je ne suis pas assez méchant pour me donner en exemple...
    ", Ecriture, 2003), provoque dans ce livre, ouvrant des pistes que Céline et Haddock eussent ensemble traitées... d'iconoclastes !

  • Le jeu du hasard et des non-dits.

    Tout commence par un oubli.
    Un écrivain, venu visiter une maison à acheter en Provence, a laissé son iPad par mégarde dans la propriété. La conseillère découvre l'objet ; hésite légèrement ; l'allume. Elle y découvre photos (Istanbul, une femme en rouge, lui...), mots d'amour, réflexions éparses. De cette lecture clandestine lui reviennent des bribes de sa propre existence : une romance interdite (avec un prêtre), une séparation douloureuse, et la solitude.
    Au village, la conseillère - après avoir laissé un mot sur la nappe de la table de l'écrivain et lui avoir rendu son iPad - aperçoit la femme en rouge, celle des clichés de la tablette numérique.
    Intriguée, troublée, elle la suit jusqu'à une galerie. Elle la photographie discrètement...

  • Théâtre, cinéma, opéra, télévision, littérature. Mais qui est donc Daniel Mesguich ? Un comédien d'exception, sur les écrans et sur les planches, qu'il brûla sans complexe dès l'âge de 21 ans dans Le Château d'après Kafka, mis en scène par ses soins.
    Les pièces qu'il monte, de Claudel à Voltaire, sont des classiques d'hier ou d'aujourd'hui.
    À ces oeuvres s'ajoutent la mise en scène d'une quinzaine d'opéras, plusieurs essais sur le théâtre, la direction de sa propre compagnie et celle du Conservatoire national supérieur d'art dramatique. Au fil de ces entretiens, il évoque son enfance à Alger, ses premiers émois au théâtre, l'apprentissage des planches à Marseille, l'exemple de Gérard Philipe et d'Antoine Vitez, son premier festival d'Avignon, son expérience de la radio et de la télévision, de l'enseignement au CNSAD, les vertus comparées de la Comédie-Française et de l'Opéra de Pékin, et les rencontres de sa vie (Robert Hossein, Jean-Pierre Miquel, James Ivory, Jacques Derrida, Marguerite Duras.).

  • - Quel écrivain s'est présenté 24 fois en vain à l'Académie française ?
    - Quel écrivain était le plus jeune au moment de son prix Goncourt ?
    - Combien de mots y a-t-il dans A la recherche du temps perdu ?
    Dans l'esprit des recueils de mélanges, Friandises littéraires n'aborde que la littérature, mais dans son ensemble, d'hier et d'aujourd'hui, petite et grande, de tous pays et de tout genre. Au fil des 220 entrées surprenantes, décalées, insolites, inattendues et singulières de cet almanach, le lecteur découvrira entre autres : la liste des écrivains morts dans des accidents de la circulation ; les armes du crime le plus souvent utilisées dans les romans policiers ; l'emplacement des tombes des grandes plumes ; les plus mauvaises ventes du prix Goncourt ; les coups bas et autres chausse-trapes des prix littéraires ; les plagiats les plus mémorables ; le catalogue des pseudonymes ; les maîtresses « officielles » des écrivains ; les auteurs qui furent emprisonnés, fusillés, et ceux qui se sont suicidés ; ceux qui allaient au bordel, ceux qui n'y allaient pas ; les auteurs d'un seul livre ; un annuaire de la négritude... Et des anecdotes, des citations, des vignettes...
    Tout ce que vous avez toujours voulu savoir - et ne pas savoir - sur la littérature se trouve dans ce recueil, où l'inutileconfine à l'indispensable.

  • Les modalités de mise en oeuvre et d'évaluation des politiques linguistiques apparaissent rarement dans la littérature spécialisée, qui ne se prive pourtant pas de critiquer celles des pays du Sud, lesquels auraient plutôt besoin d'aide et d'expertise.
    La vision de la politique linguistique présentée par Nazam Halaoui contribue à combler un vide théorique, méthodologique et pratique. Son objet est pluriel : présenter les fondements de la politique linguistique, concept à affiner et réalité observable à environnement multiple ; aborder les questions de classification et proposer une typologie des situations africaines, afin de déterminer la place de la politique linguistique ; présenter la mise en pratique de la politique linguistique dans sa diffusion, sa mise en oeuvre et son évaluation ; proposer une analyse de la transition juridique qu'une telle politique opère.
    Fondé sur des données puisées dans le monde francophone, l'ouvrage se veut à la fois un guide pratique et l'esquisse d'une théorie. Il se destine à quiconque, cadre ou agent des ministères, en Afrique ou ailleurs, est chargé des questions linguistiques et éducatives.

  • Devenu photographe après-guerre, Pierre Duverger réalise, de 1957 à 1961, une série de 71 clichés au domicile de Céline, à Meudon, à l'aide de son Leica M3. Les meilleures de ces photos inédites, dont quelques-unes furent révélées en 1981 par la Revue célinienne, sont rassemblées dans cet album sobrement légendé.
    Les clichés de 1957 présentent l'écrivain à sa table de travail ou au côté de sa femme Lucette, au balcon de leur pavillon. Ceux de juillet 1960 sont en couleur : on y voit l'écrivain, en pelisse, assis dans son jardin, muni de sa canne. Enfin, un reportage réalisé le 1er juillet 1961 montre notamment Céline sur son lit de mort.

  • Un " pogrom de papier " face à la critique Censuré depuis 1945 par son auteur et jamais republié depuis, Bagatelles pour un massacre sort le 28 décembre 1937 chez Denoël, en même temps que L'Espoir de Malraux. Ce n'est certes pas le premier pamphlet antisémite, mais c'est le plus violent, le plus grossier et -circonstance agravante - le plus talentueux jamais paru en France.
    Récompensé par d'excellentes ventes, il est aussitôt traduit en Allemagne.
    L'espace d'un pamphlet truffé d'épisodes narratifs, Céline abandonnait le roman pour s'égarer en politique et sceller son destin. L'ambivalence de Bagatelles - essai polémique ou oeuvre littéraire ? - est au coeur de la réception critique du livre. André Gide, dans la NRF, préfère croire à une énorme rodomontade (sans quoi Céline serait " complètement maboul ") ; tandis que Lucien Rebatet, dans Je suis partout, le félicite d'avoir " allumé le bûcher ". À gauche mais aussi à droite, on souligne souvent l'obscénité et la malhonnêteté du raisonnement, inspiré voire bassement recopié des prospectus de propagande, certains reprochant même à Céline de discréditer l'antisémitisme. Mais tous ou presque soulignent la truculence rabelaisienne de Bagatelles, dont l'extrême nocivité est rarement dénoncée, si ce n'est par la presse juive. Ce dossier critique, souvent déroutant pour le lecteur moderne, regroupe soixante articles parus de janvier à décembre 1938, sous la plume de Marcel Arland, André Billy, Robert Brasillach, Léon Daudet, André Gide, Emmanuel Mounier, Lucien Rebatet, Jean Renoir, Victor Serge... On y voit avec effarement, explique André Derval en avant-propos, " la réalité virer au cauchemar, et des voix que l'on entendait sensées et mesurées verser dans les pires partis pris et dans l'outrance - épousant en cela le mouvement plus général de l'intelligentsia française au sujet des réfugiés juifs dans les années 1930". Docteur en lettres, André Derval est responsable du fonds d'archives Céline à l'Institut Mémoires de l'édition contemporaine (Imec) et édite les Études céliniennes au sein de la Société d'études céliniennes.

  • « En cette nuit du mois de mai 1948, Ibrahim fit l'amour à sa femme Nisrine comme il le faisait tous les soirs depuis six mois, date de leur mariage. Pour la première fois, elle ne ressentit rien. Elle caressa de ses doigts le corps de son mari, mais ne rencontra que du vent. Elle réfléchissait à la décision qu'elle mettrait en oeuvre le lendemain. Au-dehors, les tirs n'avaient pas cessé. Elle avait hâte que le matin se lève pour s'élancer vers la maison d'Abdel-Kader al-Husseini, chef des combattants. » Ce récit raconte cinq jours-clés de la vie de Nisrine Houri, écrivain et poète palestinienne, « une des plus belles filles de Jaffa », dont le nom en arabe signifie « églantine », à cause de son teint pâle comme celui de cette fleur de Galilée. Jeune mariée de dix-huit ans, Nisrine s'éveille en même temps à l'amour charnel et à l'orgueil national. Un cocktail explosif... À travers sa vie passionnelle, c'est un demi-siècle d'Histoire qui se donne à lire, de la première guerre arabo-israélienne de 1948 jusqu'aux accords de Camp David, en 1979, et au dénouement tragique.

  • Art brut

    Emile Brami

    " Ma modeste célébrité d'artiste brut est bien loin de valoir mon renom dans le domaine de la psychiatrie.
    Le fameux monsieur Emile X qui, sans aucun traitement préparatoire, a subi cent vingt électrochocs sur une période de quatorze mois entre 1941 et 1943, le sujet de plusieurs thèses, de près d'une vingtaine de publications ou communications scientifiques, c'est moi. J'aurais été à mon corps défendant un des pionniers de l'électrochoc. J'en porte encore les irréfutables stigmates. " Bègue, manchot, vivant depuis quarante ans dans le pavillon de l'hôpital psychiatrique où il a été soigné pendant la guerre, le " père Mimile " est une énigme.
    A la source de quels cauchemars ce peintre renommé puise-t-il son inspiration ? De quels traumatismes ses toiles témoignent-elles ? Quel rôle le docteur Garrigou a-t-il joué dans son éclosion artistique ? Retranché dans le silence, le peintre laisse ces questions sans réponse. Sous le masque de la folie, " ce cadeau que les dieux font de temps à autre aux hommes pour leur apprendre à regarder autrement le monde ", la vérité d'Emile Lepère reste à percer à jour.

  • Batteur de jazz, poète, dessinateur, cinéaste, globe-trotter, romancier, dramaturge, céramiste et même académicien : Jean Cocteau, le " Paganini du violon d'Ingres ", a joué toutes les partitions de son siècle.
    Mais la plus virtuose, sans doute, reste sa conversation - " le seul sport qui me plaise ", avouait-il dans La Difficulté d'être. Pour tenter d'approcher au plus près ce " sportif " du langage, ce volume réunit quatorze dessins et quatorze entretiens accordés entre 1928 et 1963. Ces joutes, qui tiennent davantage de l'échange de tennis que du combat de boxe - deux sports qu'il appréciait en connaisseur -, composent les autoportraits d'un inconnu.
    Cocteau y évoque ses sujets favoris : sa passion de la jeunesse, sa conception de la poésie ou du cinéma, le regard critique porté sur son oeuvre et celle d'autrui, ses souvenirs d'une Époque réputée Belle, son indéfectible admiration pour Stravinsky, Apollinaire et Picasso. Mais certains traits surprendront : sa mésaventure espagnole en 1961, son regard horrifié sur la guerre d'Algérie, son goût paradoxal pour les honneurs ou l'évocation énigmatique des trois enfants dont il aurait pu être le père...

  • " A la guerre de la vie, ils se soustraient tous, et le professeur de piano parce qu'elle sait que son élève ne pourra jamais l'aimer comme elle l'aime elle ; et la jeune fille Elisabeth Hermann, qui choisira cet autre abandon, cette fuite dans le rêve ensorcelé de la prostitution ; et la mère qui fuit dans la folie parce que là encore on lui vole quelque chose, la haine nourricière qu'elle a de son enfant.
    [ ... ] C'est parce que j'étais à la frontière de cette situation que j'ai pu écrire sur ces gens. ". L'Etoile de Carthage est un roman polyphonique, où la mémoire et les lieux - de Tunis à Paris et de Paris à Srinagar en passant par Marrakech - se bousculent, se répondent pour dire la désagrégation de chacun des membres de cette maison où Sabah, la mère, s'est enfermée dans la folie car elle ne peut supporter la beauté de sa fille.

  • Crocodile : dernière île des Caraïbes, sur la gauche. Des toucans, du rhum blanc, des steel bands. La fin des contraintes, des conventions et des mensonges. Un paradis terrestre, sans tabous, où Chico va se débarrasser de ses peaux: le souvenir du père, l'horreur de l'Algérie, le mirage de la Révolution, l'ambition professionnelle. Et abandonner bien des certitudes sur le sens d'une vie " réussie ". Lorsque approchera la fin de ce voyage, Chico sait qu'il sera enfin prêt à rencontrer, sur cette lointaine rive du monde, la femme qu'il a toujours aimée. Conte exotique, récit initiatique, Car nous vivrons toujours ensemble est aussi une fable sensuelle, dont les héros portent des noms de demi-dieux : Sundance, mamy du reggae; Cassius Clay, tenancier du bistrot-dancing ; Sammy Davis, cuistot; Pepsi, infernal groom subtropical ; et puis May, bombe caramel dont le prénom change tous les mois...

  • Evane habite un quartier sordide où règnent la violence et la drogue, un quartier où les rêves sont écrasés sous la misère. Il est épris d'une jeune prostituée qui danse tous les vendredis soirs chez Slack, caïd du quartier faisant régner la terreur sous l'accord tacite des autorités. Evane aime une femme sans rien avouer, terrorisé par l'influence de cet homme sans morale qui s'est déclaré « propriétaire » des femmes qu'il exploite. Un matin, la jeune Winona demande à Evan de l'emmener voir la mer. Commence alors une relation secrète. Un nouveau rêve se forme, celui d'une autre vie, à deux, ailleurs. Dans une langue en perpétuelle invention, Les Villes assassines raconte l'histoire de cette tentative d'amour au sein d'un monde violent, sale, et corrompu. Une écriture sans détours, une véritable poésie du désespoir.

  • Peu de peintres ont incarné l'américanité de façon aussi évidente qu'Edward Hopper. Charles-Henri Rocquet raconte son enfance modeste dans l'État de New York, ses années de formation à Paris, sa découverte des maîtres européens, sa rencontre avec Atget, le choc de la peinture de Manet et Caillebotte, son indifférence pour le cubisme, son travail d'illustrateur publicitaire et de dessinateur de presse, qui marquera son style. Avec la première rétrospective de son oeuvre, en 1933 au MoMA, commencent enfin les années de reconnaissance.
    L'auteur souligne les sous-entendus de sa peinture, nourrie de psychanalyse, sa dimension littéraire et cinématographique, mais aussi philosophique, portant sur le monde un regard désenchanté.
    Par son réalisme, son classicisme, mais aussi sa conception personnelle de l'abstraction, la peinture de Hopper, précurseur du pop art et de l'hyperréalisme, nous invite à une autre approche de la modernité picturale.

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