Littérature traduite

  • Oeuvres

    Svetlana Alexievitch

    Au sommaire de ce thesaurus consacré à l'auteur de La Fin de l'homme rouge (Prix Médicis Essai - 2013), trois stupéfiants « romans de voix » qui mêlent les témoignages les plus terribles et les plus intimes de deux tragédies du siècle soviétique : la Seconde Guerre mondiale, racontée du point de vue des femmes qui l'ont vécue (La guerre n'a pas un visage de femme) et de ceux qui n'étaient à l'époque que des enfants (Derniers témoins), et la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (La Supplication). Précédé d'un entretien de l'auteur avec Michel Eltchaninoff (Dans la tête de Vladimir Poutine, Actes Sud, 2015).

  • Actes Sud poursuit la réédition en Thesaurus de l'oeuvre de Dostoïevski, magistralement traduite (et commentée) par André Markowicz. Au sommaire de ce nouveau volume, les oeuvres qui ont marqué le retour de Dostoïevski à la vie littéraire, après dix ans de bagne et de relégation : Le Rêve de l'oncle, Le Bourg de Stépantchikovo et sa population, Humiliés et Offensés, Les Carnets de la maison morte, Une sale histoire, Notes d'hiver sur impressions d'été, Les Carnets du sous-sol et Le Crocodile.

  • Ce nouveau (et dernier) thesaurus Dostoïevski parachève la réédition complète en cinq volumes de l'oeuvre du grand maître russe, magistralement traduite (et commentée) par André Markowicz. Au sommaire : «L'Éternel Mari», «Les Démons», et quatre récits parus dans le «Journal d'un écrivain »: «Bobok», «Petites images», «Le Quémandeur» et «Petites images (En voyage)».

  • Les OEuvres romanesques 1846-1849 qui pourraient également s'intituler les «OEuvres de jeunesse» de Dostoïevski, regroupent treize romans et récits écrits avant son arrestation en 1849 : Les Pauvres Gens, Le Double, Monsieur Prokhartchine, Un roman en neuf lettres, La Logeuse, Les Annales de Pétersbourg, Polzounkov, Un coeur faible, La Femme d'un autre et le mari sous le lit, Le Voleur honnête, Un sapin de Noël et un mariage, Les Nuits blanches et Nétotchka Nezvanova. Actes Sud poursuit la réédition en Thesaurus de l'oeuvre du grand auteur russe, magistralement traduite (et commentée) par André Markowicz.

  • Voici réunies les principales oeuvres traduites en français de Selma Lagerlöf, première femme à avoir obtenu le prix Nobel de littérature en 1909 et célèbre auteur du Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède. Ce volume contient : La Légende de Gösta Berling, Les Liens invisibles, Le Violon du fou, Le Cocher, Des trolls et des hommes, Le Banni, L'Anneau maudit et Le Livre de Noël.

  • Les oeuvres romanesques 1875-1880 de Dostoïevski regroupent L'Adolescent, Le Garçon "à la menotte", Le Moujik Maréï, La Centenaire, La Douce, Le Rêve d'un homme ridicule, Le Triton, sans oublier le roman qui est sans doute le chef-d'oeuvre du grand auteur russe : Les Frères Karamazov. Actes Sud entreprend la réédition en Thesaurus de l'oeuvre de Dostoïevski, magistralement traduite (et commentée) par André Markowicz. Trois autres volumes paraîtront courant 2014.

  • Huit livres écrits entre 1994 et 2006 dans lesquels on retrouve l'univers onirique et étrangement inquiétant de l'auteur japonaise aujourd'hui mondialement connue qu'est Yôko Ogawa. Au sommaire de ce thesaurus faisant suite au tome 1 paru en 2009 : Cristallisation secrète, Les Tendres Plaintes, Le Musée du silence, La Bénédiction inattendue, Les Paupières, La Formule préférée du professeur, La Mer et La Marche de Mina.

    CRISTALLISATION SECRÈTE (Paru au Japon en 1994 - Actes Sud, 2009 ; Babel n° 1165) Alors que les choses et les créatures, les souvenirs et les émotions disparaissent selon un principe d'effacement diaboliquement orchestré, une jeune romancière tente de sauver son éditeur des griffes d'une effroyable milice. Cet homme est en danger car il fait partie de ceux qui n'ont pas encore perdu la mémoire.
    Dans ce magnifique roman, oppressant, kafkaïen, Yôko Ogawa explore les ravages de la peur pour construire une subtile métaphore des régimes totalitaires.
    LES TENDRES PLAINTES (Paru au Japon en 1996 - Actes Sud, 2010 ; Babel n° 1268) Ruriko est calligraphe. Fuyant la brûlure des infidélités de son mari, elle part s'installer seule en pleine montagne, dans le chalet de ses parents. Elle rencontre Nitta, pianiste reconverti dans la fabrication de clavecins. L'histoire simple, intense et profonde d'une femme en crise entre deux amours, entre deux vies. Sur l'indicible solitude des êtres et leurs relations fugitives, un roman riche en mystère où s'épanouit tout l'art d'Ogawa.
    LE MUSÉE DU SILENCE (Paru au Japon en 2000 - Actes Sud, 2003 ; Babel n° 680) Embauchée par une vieille femme étrange, un jeune muséographe assure la conservation d'objets, de reliques, de vestiges, qui tous ont été volés quelques heures après la mort de leur propriétaire. Empreintes du temps qui passe, variations autour de la mémoire, accumulations, obsessions : la mission de cet homme est complexe car le musée du Silence devra être à la hauteur des souvenirs de la vieille dame.
    LA BÉNÉDICTION INATTENDUE (Paru au Japon en 2000 - Actes Sud, 2007 ; Babel n° 1100) De la fascination d'une convalescente pour le destin d'un petit champion de natation à l'erreur d'une romancière se présentant spontanément à son lecteur ; des écrits d'une enfant solitaire à l'inquiétude d'une mère pour un chien aux yeux tristes ; de l'empreinte délicate d'une aile de papillon à la réminiscence d'un sentiment perdu : ce livre est un véritable miroir de l'oeuvre de Yôko Ogawa. Sept récits, sept révélations subtiles, comme autant de voiles à soulever pour atteindre les rivages de l'imaginaire.
    LES PAUPIÈRES (Paru au Japon en 2001 - Actes Sud, 2007 ; Babel n° 982) Dormir, s'endormir, s'éloigner du monde pour retrouver le chemin de l'inconscient, très simplement. Tel est le propos de ce recueil de nouvelles à lire, en écho à La Bénédiction inattendue, comme une très belle introduction à l'oeuvre de Yôko Ogawa.
    LA FORMULE PRÉFÉRÉE DU PROFESSEUR (Paru au Japon en 2003 - Actes Sud, 2005 ; Babel n° 860) Une subtile histoire d'amour et de filiation entre un vieux monsieur mathématicien dont la carrière a été brutalement interrompue par un accident de voiture - catastrophe qui a réduit l'autonomie de sa mémoire à quatre-vingts minutes -, un enfant passionné de base-ball et sa mère.
    LA MER (Paru au Japon en 2006 - Actes Sud, 2009 ; Babel n° 1215) Sept nouvelles poétiques et tendres dans lesquelles le lecteur découvre l'univers rêveur de Yôko Ogawa, cette proximité entre les différentes générations ; ces héritages spirituels soudainement transmis à un inconnu et ces êtres délicats qui libèrent des souvenirs effacés en offrant un coquillage, une aile de libellule, une mue de papillon.
    LA MARCHE DE MINA (Paru au Japon en 2006 - Actes Sud, 2008 ; Babel n° 1044) L'amitié de deux cousines dans le Japon des années 1970. Mina et Tomoko ont douze ans. L'une est passionnée de littérature, a un père d'origine allemande et se déplace à dos d'hippopotame. L'autre découvre ainsi l'empreinte de la lointaine Europe et le regard pour elle si particulier de ceux qui viennent d'ailleurs. Voici le premier roman de Yoko Ogawa consacré aux thèmes de l'étranger et des origines. Avec La Formule préférée du professeur, il s'inscrit dans un cycle voué à la tendresse et à l'initiation.

  • L'oeuvre maîtresse de l'historien du XIVe siècle, précurseur de la sociologie et de la philosophie de l'histoire.
    «Nous tenons avec ce génie le créateur de la philosophie de l'histoire en langue arabe.» Gaston Wiet.

  • Crime et châtiment, Le Joueur, et L'Idiot ont été écrits en l'espace de quatre ans, de 1865 à 1868, dans un élan créateur frénétique qui était à l'image de la vie chaotique de Fédor Dostoïevski. Actes Sud entreprend la réédition en Thesaurus de l'oeuvre de Dostoïevski, magistralement traduite (et commentée) par André Markowicz. Trois autres volumes paraîtront courant 2014.

  • Oeuvres

    Ingeborg Bachmann

    - Lettres à Felician.
    - Le Passeur.
    - La Trentième Année.
    - Trois sentiers vers le lac.
    - Franza.
    - Requiem pour Fanny Goldmann.
    - Berlin. Un lieu de hasards.
    - Ce que j'ai vu et entendu à Rome.
    - Le Bon Dieu de Manhattan.
    - Leçons de Francfort. Problèmes de poésie contemporaine.

  • Le troisième et très attendu volume des oeuvres romanesques de Paul Auster. Au sommaire : M Vertigo / Tombouctou / Le livre des illusions / La nuit de l'oracle / Brooklyn Follies / Dans le Scriptorium

  • «Les gens émettent divers avis à son sujet. On raconte que c'était un roi d'origine yéménite qui a régné sur le monde entier. D'autres disent qu'il était d'origine grecque, d'autres disent que c'était un prophète ou encore un simple envoyé [de Dieu] sans être un prophète. Dieu lui aurait accordé cette grâce car il ne lui pas envoyé Gabriel entre La Mecque et Jérusalem. On raconte aussi qu'il était un Toubbaa, un des rois du Yémen. On dit aussi qu'il était un saint vertueux de Dieu et que Dieu l'aimait. C'était un jeune homme intelligent, confiant dans l'ordre de Dieu. C'était un lettré, versé dans la science de la loi. Il était favorisé par le sort, disposait d'un esprit et d'un avis pertinent, d'un regard pénétrant, il croyait en l'unicité de Dieu, il connaissait les jours de Dieu et appliquait la Loi de Dieu.» Histoire du Bicornu, «Les origines», [1] Tombouctou, la «Cité mystérieuse», voire «fabuleuse», la ville des 333 saints est aussi, d'après la tradition, la ville des belles histoires : «Le sel vient du Nord, l'or du Sud, l'argent du pays des Blancs, mais la parole de Dieu, les choses saintes et les belles histoires ne se trouvent qu'à Tombouctou.» Avec sa célèbre université de Sankoré qui compta jusqu'à vingt-cinq mille étudiants, Tombouctou fut une capitale de la culture et du savoir pendant la période médiévale.
    Traces et témoins de cette période de gloire, il nous reste les manuscrits, un extraordinaire patrimoine, presque inexploité mais en danger. On pense que la seule région de Tombouctou détient près de 200 000 manuscrits, dont moins de 10 % ont été catalogués et plus de 40 % sont encore stockés dans des conditions plus que précaires. La présence de bandes armées dans la région depuis le 1er avril 2012 et la prise de Tombouctou font redouter le pire : destruction et dispersion de ces trésors inestimables, qui constituent en fait la mémoire de l'Afrique.
    Le dépouillement des catalogues auquel nous avons procédé a mis en lumière l'existence de nombreux écrits du genre sîra (histoire romancée). De là a germé l'idée d'une collection intitulée «Les Manuscrits de Tombouctou» (titre provisoire), qui inclurait dans un premier temps :
    - La vie romancée d'Alexandre - L'historie de Tawaddud, la docte Sympathie (personnage des Mille et Une Nuits) - Bouloukia le premier des croyants - Le cycle de Ali - Le cycle de Moïse La vie romancée d'Alexandre, intitulée dans le manuscrit Histoire du Bicornu, constitue le point extrême de l'avancée du Roman d'Alexandre vers l'Occident. Cette oeuvre constitue un recueil de légendes concernant les exploits d'Alexandre le Grand. Source des différents miroirs des princes, il fut, malgré la diversité des versions, l'un des livres les plus répandus au Moyen Âge, objet des premières traductions dans les langues vernaculaires d'Europe. Dans cette version rarissime, s'y entremêlent des légendes coraniques, probablement d'origine syriaque, concernant le Bicornu : quête de la source de vie, construction de la barrière contre Gog et Magog (Sourate La Caverne, 94-98), les grands moments de la vie d'Alexandre (ses victoires sur Darius et sur Porus, des passages du pseudo-Callisthène comme l'histoire de Candace et Candaule, avec des récits merveilleux comme ceux intitulés «Le château enchanté» et «Le pays des Djinns»).
    Découvrir l'histoire du Bicornu parmi les manuscrits de Tombouctou était tout à fait inattendu et exceptionnel ; du reste, c'est par le plus grand des hasards que cette invention s'est réalisée. L'intérêt de cette découverte montre à quel point il ne suffit pas de proclamer «qu'il faut sauver les manuscrits des sables», mais qu'il est urgent de se mettre à les éditer et à les traduire.

  • écrits érotiques

    Ovide

    Après Les Métamorphoses (Actes Sud, 2001), Danièle Robert propose une nouvelle traduction de poèmes d'Ovide d'inspiration érotique ou élégiaque, à savoir les recueils Amours, Soins du visage féminin, L'Art d'aimer et Remèdes à l'amour.

    Après Les Métamorphoses d'Ovide (Actes Sud, "Thesaurus", septembre 2001) Danièle Robert propose une nouvelle traduction de poèmes d'inspiration élégiaque ou érotique, à savoir : Amores (Amours), Medicamina faciei femineae (Soins du visage fémininin), Ars Amatoria (L'Art d'aimer), Remedia Amoris (Remèdes à l'amour).

    Comme pour Les Métamorphoses, le texte est présenté en édition bilingue assorti d'un appareil de notes et d'une préface dans laquelle les choix relatifs au nouvel établissement du texte latin ainsi que les principes de traduction sont énoncés : notamment celui d'une versification qui tente de se rapprocher de la souplesse et de la fluidité du vers latin, qui rende compte de la dimension poétique du texte, de la richesse de ses images, de son rythme, de son souffle tout autant que de son contenu narratif - la fidélité à l'oeuvre originale étant éminemment liée à cette approche globale.

    Chaque recueil est accompagné d'une présentation et d'un appareil de notes.

  • Né en 1855 en Courlande (actuelle Lettonie), élevé avec ses onze frères et soeurs dans un domaine qu'il administrera plus tard, Keyserling s'inscrit à l'université de Dorpat pour y étudier le droit, la philosophie et l'histoire de l'art. Un scandale qu'il minimise en "bagatelle" mais dont on ignore la vraie nature (peut-être une affaire liée à ses penchants homosexuels, voir à ce sujet la thèse que Peter Krauss a consacrée à l'auteur) l'oblige à quitter l'université et contribue sans doute à l'isolement et à la discrétion où il se réfugie les années suivantes. On sait peu de choses sur son séjour à Vienne, pourtant long de plusieurs années, sauf qu'il écrit des romans "à la Zola" mal reçus par la communauté balte. Vers 1895, Keyserling s'installe à Munich qu'il ne quittera plus guère jusqu'à la fin de sa vie. Pendant une dizaine d'années, il y fait la fête tous les jours, puis est de nouveau coupé du monde à cause d'une maladie de la moelle épinière, suivie de cécité.
    De 1902 jusqu'à sa mort en 1918, Keyserling, bien qu'aveugle et paralysé, dicte ses plus beaux romans : ces Histoires de château.

  • La vie et l'oeuvre de Catulle sont auréolées de mystère. Une date de naissance incertaine (87 ou 84 av. J.-C. ?), une vie brève - trente années, à peine - et, pour finir, une disparition sur laquelle nous n'avons pas le moindre renseignement. La trace essentielle de cette vie : un mince recueil de cent seize poèmes de longueur et de mètres fort différents qui vont de deux à quatre cent huit vers.
    Vie brève, immense notoriété du poète qui suscita de nombreuses imitations de son vivant, toutes sortes de vocations après sa mort et, jusqu'à nos jours, des réactions admiratives tout autant que de rejet : de Pierre Grimal écrivant que «sans Catulle, il n'y aurait pas eu Virgile» à Charles Héguin de Guerlen, vindicatif : «Passer des élégies de Catulle à ses épigrammes, c'est passer d'un élégant boudoir dans un infâme lupanar. (.) Dans ses écrits obscènes, Catulle ressemble aux compagnons d'Ulysse : l'aimable disciple des Muses se change en un immonde pourceau, tant il semble se plaire dans la fange.» Poète à la fois adulé et honni, Catulle fait penser à Rimbaud par sa jeunesse, sa précocité, sa culture, sa virtuosité et son inventivité prosodiques, ses audaces, sa façon de choquer, de séduire. Selon les époques, on l'exalte ou on le lit sous le manteau ; on le propose peu, en tout cas, aux élèves des classes secondaires.
    Chez Catulle, se retrouvent toutes les figures de la passion : désir, amitié, haine, colère, jalousie ; celle aussi de l'angoisse, de la fragilité de l'être confronté aux vicissitudes de l'existence, au tragique de sa condition.
    Sa vie amoureuse - ce que le texte nous en dit - tourne autour de la figure adorée et haïe de Lesbie : femme réelle ou construction poétique ? C'est en tout cas l'histoire d'une passion «âpre» et «déchirante». Nul romantisme avant la lettre cependant - l'épanchement du moi étant étranger à la mentalité latine -, mais l'affirmation de la nécessité, pour le poète, de parler juste s'il veut rencontrer l'adhésion du public et faire oeuvre durable parce que s'adressant à la communauté des hommes. Ses amours masculines sont différentes mais tout aussi intenses, que ce soit dans l'ordre du désir ou de l'affectivité. Est-il question de ses amis ? On partage alors les sentiments du poète devant la trahison, le mépris de la parole donnée, la désinvolture ou la simple négligence. Il y a cependant, aussi et surtout, dans cette évocation de l'amitié, une extraordinaire allégresse à dire la connivence affective et intellectuelle, la complicité joyeuse.
    Les haines de Catulle visent, elles, avec précision et une extrême audace un certain nombre de personnages qu'il a, pour diverses raisons, en horreur : rivaux en amour, mauvais poètes, il leur règle leur compte avec verdeur, allant jusqu'à fustiger César lui-même. Ces expériences s'expriment surtout dans les épigrammes et autres pièces courtes d'inspiration amoureuse ou satirique ; Catulle y excelle de par sa maîtrise parfaite de la versification. La référence aux poètes qu'il admire - Sappho, Archiloque, Anacréon -, bien loin de brider sa personnalité, la libèrent au contraire et la font s'épanouir pleinement Catulle sait aussi employer sans hésiter la langue crue, la langue verte qui se pratiquait de son temps, une langue dont les audaces ne choquaient personne dans les cercles littéraires où ses poèmes étaient chantés ou lus, car telle était la coutume à Rome où aucun terme existant ne pouvait être exclu d'une oeuvre littéraire à condition de respecter le ton et le registre exigés par le genre dans lequel on choisissait de s'exprimer.
    La vigueur de cette langue est l'autre face du talent de Catulle ; la traduire en l'édulcorant, au nom d'un quelconque souci des bienséances, est faire la pire offense qui soit à un auteur.
    Comme le disait Georges Lafaye : «Les poèmes courts [de Catulle] renferment beaucoup d'expressions violentes ou familières (.). Il en est même beaucoup d'obscènes ; pour les conserver toutes, il faudrait appeler Rabelais à son secours.» Cette langue verte est également un instrument privilégié pour dresser une galerie de portraits qui fait défiler sous nos yeux tout un monde à la fois cocasse et sordide que Catulle dépeint avec un véritable talent de caricaturiste : voleurs, escrocs, faux jetons, la putain sur le retour ou la putain «décevante», les snobs, les dévoyés, les incestueux, les corrompus, les cocus complaisants, les poètes grossiers qui croient avoir du talent. Pour chacun, Catulle a le mot juste, féroce, l'injure assassine.
    La tradition à laquelle Catulle se réfère, sur ce plan, est une tradition orale, d'origine populaire et paysanne, alliée avec un grand naturel à l'extrême sophistication de la métrique alexandrine héritée de la Grèce, qu'il pratique en virtuose. Il joue de tous les mètres existants comme un musicien de plusieurs instruments, en véritable novateur, et c'est la raison pour laquelle tous les poètes de la génération suivante reconnaîtront en lui un maître.

    C'est donc aux multiples facettes du génie d'un immense poète que la présente traduction a pour ambition de rendre justice. Ici et maintenant.

  • Oeuvres t.1

    Yôko Ogawa

    A travers quatorze textes qui couvrent dix ans d'écriture, toute l'ambiguïté rêveuse, l'inquiétante étrangeté, la poétique concision qui irriguent les récits de cette étonnante et prolifique auteure japonaise, devenue parfaitement culte en France.

    La Désagrégation du papillon Une parfaite chambre de malade Un thé qui ne refroidit pas La Piscine Les Abeilles La Grossesse Le Réfectoire un soir La Petite Pièce hexagonale Amours en marge L'Annulaire Hôtel Iris Tristes revanches Parfum de glace.

  • Ce volume réunit cinq romans de Don DeLillo : Americana, Joueurs, Les Noms, Bruit de fond, Libra qui couvrent la période 1971 - 1989 et qui, ainsi mis en perspective, donnent à voir, sans complaisance ni concession, un formidable panorama de l'Amérique moderne et confirment l'impressionnante force visionnaire de l'un des plus exceptionnels romanciers contemporains.

  • Conjuguant la tradition du roman de formation et l'analyse d'une période historique tumultueuse, le cycle romanesque les délices et les ombres dresse la chronique d'une petite ville côtière de galice entre l'avènement de la république et le crépuscule de la guerre civile.
    Passions, désirs et ambitions s'y soulèvent dans une juxtaposition contradictoire de deux temps historiques, obligés à une impossible concordance : la galice féodale et archaïque défiée dans ses aspirations hégémoniques par une société moderne qui a commencé son irréductible ascension sur les traces de l'industrialisation capitaliste.

  • Au sommaire : L'Invention de la solitude / Le Voyage d'Anna Blume / Moon Palace / La Musique du hasard / Leviathan / Smoke / Le Conte d'Auggie Wren / Brooklyn Boogie.

  • Oeuvres

    Paul Nizon

    L'intégralité des oeuvres " autofictionnaires " de Paul Nizon se trouve ici réunie. Les textes sont présentés dans leur ordre d'écriture. Un livre encore inédit en France (Les lieux mouvants, 1959) ouvre ce volume. Celui-ci s'achève sur Marcher à l'écriture, texte issu des conférences prononcées à Francfort par l'auteur en 1984 et qui, tel un mode d'emploi, éclaire de manière irremplaçable le cheminement et le travail de Paul Nizon.

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