Yves Germain

  • De l'entre-deux-guerres aux années cinquante, ses lithographies aux dessins vifs et précis connurent un immense succès populaire. Diffusées par centaines de milliers, ses images illustrèrent aussi des livres et albums à colorier, ainsi que de nombreuses cartes postales et affiches publicitaires pour Blédine ou Nestlé. «Mangez des gâteaux» : sa publicité la plus célèbre, mettant en scène un gamin qui s'empiffre, est toujours diffusée par les pâtissiers.
    Contrairement à Poulbot, son illustre prédécesseur, le nom de Germaine Bouret est resté inexplicablement dans l'ombre, car pour des générations entières l'oeuvre est inoubliable.
    En tous points «adorables», ses petits héros joliment habillés, potelés à souhait, turbulents mais jamais insolents, sont charmants. On les aime, ces loupiots de rêve qui font irrésistiblement songer au bébé Cadum et à Shirley Temple.
    En phase avec son temps, les images de Germaine Bouret participent pleinement à ce culte de l'enfant, apparu avec les restrictions de l'après-guerre.
    Mais l'engouement croissant qu'elles suscitent souligne combien elles sont également atemporelles.
    Dressant l'archétype d'une enfance radieuse, elles traduisent au plus juste une grâce, une innocence dont nous sommes nostalgiques.

  • Que peuvent signifier ces habits verts que Cervantès prête à bon nombre de ses personnages, à commencer par le chevalier au manteau vert que croise Don Quichotte ? Pourquoi la même couleur a-t-elle aussi souvent la prédilection de plusieurs dramaturges du Siècle d'or au moment de concevoir leurs intrigues ? Ces questions, et bien d'autres relatives à la symbolique des couleurs, et plus généralement aux usages et pratiques de la couleur dans la culture de l'Espagne classique, sont abordées dans cet ouvrage, qui rassemble les approches de spécialistes de poésie, de théâtre, de récit, de linguistique, de peinture. Si la forte présence de la couleur dans la peinture du Siècle d'or est traditionnellement reconnue, l'étude des valeurs et symboles de la couleur dans les textes littéraires n'avait jamais donné lieu à un ouvrage d'ensemble dans le domaine hispanique. Le croisement de perspectives multiples - analyse textuelle, érudition, lexicologie, etc. - suscite des rapprochements, ouvre le débat : entre la défiance à l'encontre des sens et la fascination du visuel et du spectaculaire, se dessine une culture contrastée - parfois contradictoire, souvent tourmentée - dans laquelle le rapport à la couleur ouvre une approche inédite.

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