Littérature générale

  • L'exilé est celui qu'un souverain ou un régime a expulsé de sa patrie sans espoir de retour, ou en le condamnant à l'incertitude du retour. La première émigration russe et l'exil allemand sous Hitler ont porté un coup fatal à l'autorité dont était investie, depuis l'Antiquité, cette figure malheureuse, mais prestigieuse, du conflit entre individu et pouvoir. Quant à la perte de la patrie, elle s'est à la fois élargie jusqu'à devenir une structure de la personnalité - l'« exil intérieur » - et, en sens inverse, affaiblie : de nouvelles formes d'expulsion et d'arrachement sont apparues (persécutions entraînant des demandes d'asile, déportations, génocides), qui rendent la crainte d'une mort inhumaine plus douloureuse que le regret de la patrie. Ce livre explore ces évolutions en partant de l'exil d'écrivains et d'artistes de nombreux pays, de Nabokov ou Brecht à Gao Xinjiang et Amin Maalouf. Sans que leur sort soit disjoint de celui de millions de gens ordinaires, leurs oeuvres esquissent, au-delà des idéologies progressistes ou restauratrices, un autre « paysage du possible ».

  • ASSIA DJEBAR, écrivain algérienne de langue française, membre de l'Académie française, porte-voix d'une mémoire culturelle fabulée de mères en filles, se désigne elle-même comme « diseuse », « scripteuse », « passeuse ».
    La tradition littéraire est le corps vivant de cette promesse de transmission que les violences de l'histoire d'Algérie rendent urgente et où se disent ensemble la césure des guerres coloniales, l'exil linguistique, la dépouille autobiographique ; mais aussi le partage, la sororité et le douloureux héritage de la déshérence des femmes en Islam.
    Dans le présent ouvrage, des universitaires et des écrivains explorent, en sa compagnie, l'oeuvre d'Assia Djebar.
    On y trouvera aussi de nombreux inédits dont l'intégrale du Discours d'entrée à l'Académie Française.

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  • Le Robinson juif ; Mitropa ou l'Europe du milieu. Ces deux curieux essais de Jean-Richard Bloch (1884-1947), écrits au cours des années 1920 à l'issue d'un voyage à Jérusalem puis à Berlin, nous font chacun redécouvrir un monde que nous croyons connaître : le sionisme en Palestine, le Berlin de la République de Weimar. A l'origine, il y a l'inauguration de l'université hébraïque de Jérusalem en 1925, et la mise en scène d'une pièce de Bloch au théâtre de Piscator en 1928 : d'un côté l'implantation d'une université juive européenne dans une région où l'Etat d'Israël était un des avenirs possibles parmi d'autres ; de l'autre une métropole ultramoderne qui, aux yeux de bien des intellectuels en visite, allait devenir le modèle d'un carrefour des cultures. La rencontre ici, sous le signe de l'utopie, de ces deux villes bientôt liées pour le pire au point de représenter la rupture de civilisation qui suivit la catastrophe nazie, rappelle que d'autres possibilités historiques et culturelles existaient alors en Europe. Une correspondance intime de l'auteur accompagne ces textes, et nous fait mieux comprendre ce siècle naissant des extrêmes, à travers le regard singulier d'un écrivain français, juif, homme de gauche et européen dans l'âme.

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  • Le roman français connaît depuis trente ans un essor considérable démentant les rumeurs de disparition ou de déclin. Ce "retour" du roman tient compte des leçons de " l'ère du soupçon ", mais aborde de nouveau la subjectivité, l'histoire et la condition humaine. Il manifeste ainsi un savoir de la vie que possède en propre la littérature ; mais les formes que prend ce savoir nous renvoient à la possible réapparition de la tradition. Ce " retour au récit " ferait-il donc retrouver les normes traditionnelles ? Ou établit-il des normes nouvelles ? Assistons-nous, en trois décennies, à l'émergence d'un "canon" ? Comment ce roman réagit-il à une omniprésence du visuel et du virtuel ? C'est à cet ensemble d'interrogations que ce volume essaie de répondre par le croisement de regards européens.

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