Wolfgang Asholt

  • Une Europe en mouvement  ? Serait-ce celle qui s'efforce de partager les différences et puise dans la dimension non identitaire des cultures une dynamique apte à affronter les défis de la mondialisation  ?
    Cette Europe de la culture fut le projet de Pontigny (décade 1925, «  Nous autres Européens  »).  Avec «  Cerisy à Berlin, Berlin à Cerisy  » (2015), l'objectif est de redonner de la vigueur aux échanges intellectuels pour penser l'Europe à venir. «  Passages  » est le mot d'ordre de ce volume qui en recueille les contributions  : il offre une méthode et des lignes de force. La méthode  ? L'analyse différentielle critique des situations concrètes jointe, afin d'imaginer des futurs souhaitables, au croisement prospectif des savoirs et des pratiques artistiques. Des lignes de force ? Construire un territoire européen pour une mobilité solidaire ; refonder la recherche et l'Université comme espaces de liberté de questionnement et de proposition  ; promouvoir la force de l'écriture et intensifier la traduction des oeuvres ; engager une réflexion écologique et éthique pour saisir la dimension planétaire des rapports à la nature et au vivant et stimuler un développement qui relie les cultures  de «  Résistance, Régulation et Utopie  » (J.-B. de Foucauld).
    Une Europe en mouvement  ? Oui, pour habiter avec plus de justesse, de justice et de générosité le monde qui vient.

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  • Une Europe en mouvement ? Serait-ce celle qui s'efforce de partager les différences et puise dans la dimension non identitaire des cultures une dynamique apte à affronter les défis de la mondialisation ? Cette Europe de la culture fut le projet de Pontigny (décade 1925, « Nous autres Européens »). Avec « Cerisy à Berlin, Berlin à Cerisy » (2015), l'objectif est de redonner de la vigueur aux échanges intellectuels pour penser l'Europe à venir.
    « Nouveaux regards » est le mot d'ordre de ce second volume qui déve-loppe une triple perspective : un « Retour en avant » par la littérature, « Traduire : terrible tâche » et « Saisir l'Europe ». La littérature favorise la compréhension d'une Europe dont l'identité est faite de réflexivité et d'ouverture aux autres. Traduire est une « terrible tâche » à la fois pour se comprendre et comprendre l'entre-des-langues des « intraduisibles ». « Saisir l'Europe » des « histoires croisées » sociologiques, urbanistiques, environnementales, techniques et politiques doit favoriser la mise en valeur dans la durée de la diversité et la coopération dans l'entre-deux.
    Trois « perspectives » qui sont autant d'appels émanant pour la plupart de jeunes chercheurs allemands et français. La première prend parti « pour un universalisme relativiste » de l'Europe ; la deuxième développe une « double herméneutique » garantie par la plurinationalité et le plurilinguisme ; la troisième s'engage pour une Europe en mouvement qui, consciente de son héritage, tend à s'ouvrir encore davantage à toutes les cultures du monde.

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  • Né en 1928, Georges-Arthur Goldschmidt a été confronté à des limites et frontières de plusieurs sortes, et il les a traversées tout au long de sa vie. Après celles du cercle familial, celles de son pays natal et de sa langue maternelle comme auteur de récits, de romans et d'essais, mais aussi traducteur et auto-traducteur. Celles aussi de l'histoire, comme témoin de la Shoah et avertisseur, attentif aux relations franco-allemandes, à l'héritage juif de la culture allemande, à la responsabilité des écrivains et philosophes face aux catastrophes du XXe siècle. Passeur et penseur des langues et des mondes, il a répondu à la destruction politique en multipliant les passerelles entre littérature, philosophie et psychanalyse.
    Pour la première fois, ce volume réunit des études « croisées » de chercheurs français et allemands, qui ouvrent un dialogue à partir de ces traversées des limites. Quatre perspectives sont au centre de ces études : l'entre-deux des mémoires - l'exil et la Shoah, la libération par la langue et la culture française ; les questions des deux langues, de la traduction et de l'auto-traduction ; la présence, les liens et les traces du corps et de l'Histoire ; les livres comme « songes » et récits par « sautes d'images » et « rebonds perpétuels » (Peter Handke).

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  • Le roman français connaît depuis trente ans un essor considérable démentant les rumeurs de disparition ou de déclin. Ce "retour" du roman tient compte des leçons de " l'ère du soupçon ", mais aborde de nouveau la subjectivité, l'histoire et la condition humaine. Il manifeste ainsi un savoir de la vie que possède en propre la littérature ; mais les formes que prend ce savoir nous renvoient à la possible réapparition de la tradition. Ce " retour au récit " ferait-il donc retrouver les normes traditionnelles ? Ou établit-il des normes nouvelles ? Assistons-nous, en trois décennies, à l'émergence d'un "canon" ? Comment ce roman réagit-il à une omniprésence du visuel et du virtuel ? C'est à cet ensemble d'interrogations que ce volume essaie de répondre par le croisement de regards européens.

  • L'exilé est celui qu'un souverain ou un régime a expulsé de sa patrie sans espoir de retour, ou en le condamnant à l'incertitude du retour. La première émigration russe et l'exil allemand sous Hitler ont porté un coup fatal à l'autorité dont était investie, depuis l'Antiquité, cette figure malheureuse, mais prestigieuse, du conflit entre individu et pouvoir. Quant à la perte de la patrie, elle s'est à la fois élargie jusqu'à devenir une structure de la personnalité - l'« exil intérieur » - et, en sens inverse, affaiblie : de nouvelles formes d'expulsion et d'arrachement sont apparues (persécutions entraînant des demandes d'asile, déportations, génocides), qui rendent la crainte d'une mort inhumaine plus douloureuse que le regret de la patrie. Ce livre explore ces évolutions en partant de l'exil d'écrivains et d'artistes de nombreux pays, de Nabokov ou Brecht à Gao Xinjiang et Amin Maalouf. Sans que leur sort soit disjoint de celui de millions de gens ordinaires, leurs oeuvres esquissent, au-delà des idéologies progressistes ou restauratrices, un autre « paysage du possible ».

  • Le Robinson juif ; Mitropa ou l'Europe du milieu. Ces deux curieux essais de Jean-Richard Bloch (1884-1947), écrits au cours des années 1920 à l'issue d'un voyage à Jérusalem puis à Berlin, nous font chacun redécouvrir un monde que nous croyons connaître : le sionisme en Palestine, le Berlin de la République de Weimar. A l'origine, il y a l'inauguration de l'université hébraïque de Jérusalem en 1925, et la mise en scène d'une pièce de Bloch au théâtre de Piscator en 1928 : d'un côté l'implantation d'une université juive européenne dans une région où l'Etat d'Israël était un des avenirs possibles parmi d'autres ; de l'autre une métropole ultramoderne qui, aux yeux de bien des intellectuels en visite, allait devenir le modèle d'un carrefour des cultures. La rencontre ici, sous le signe de l'utopie, de ces deux villes bientôt liées pour le pire au point de représenter la rupture de civilisation qui suivit la catastrophe nazie, rappelle que d'autres possibilités historiques et culturelles existaient alors en Europe. Une correspondance intime de l'auteur accompagne ces textes, et nous fait mieux comprendre ce siècle naissant des extrêmes, à travers le regard singulier d'un écrivain français, juif, homme de gauche et européen dans l'âme.

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  • ASSIA DJEBAR, écrivain algérienne de langue française, membre de l'Académie française, porte-voix d'une mémoire culturelle fabulée de mères en filles, se désigne elle-même comme « diseuse », « scripteuse », « passeuse ».
    La tradition littéraire est le corps vivant de cette promesse de transmission que les violences de l'histoire d'Algérie rendent urgente et où se disent ensemble la césure des guerres coloniales, l'exil linguistique, la dépouille autobiographique ; mais aussi le partage, la sororité et le douloureux héritage de la déshérence des femmes en Islam.
    Dans le présent ouvrage, des universitaires et des écrivains explorent, en sa compagnie, l'oeuvre d'Assia Djebar.
    On y trouvera aussi de nombreux inédits dont l'intégrale du Discours d'entrée à l'Académie Française.

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