Virginie Chaillou-Atrous

  • Le présent volume intéresse aux circulations européennes à l'âge des Empires coloniaux au XIXe siècle, au prisme d'une lecture genrée. Les auteures croisent l'étude d'objets de recherche longtemps négligés : le rôle des femmes dans l'histoire coloniale, avec l'histoire des mobilités au sens large. Elles partent du constat que l'histoire des Empires européens s'est d'abord écrite sans tenir compte de l'identité genrée des acteurs et actrices qui les ont construits ou que les mobilités ont longtemps été décrites comme un phénomène éminemment masculin, positionnant les femmes au rang de suiveuses passives.

    Cet ouvrage s'inscrit dans l'historiographie récente qui cherche à réévaluer la place des femmes et l'impact des assignations de genre sur les déplacements féminins et masculins en situation coloniale. Les auteures se proposent ainsi d'observer et d'analyser les mobilités d'Européennes dans les espaces coloniaux, puisque les Empires constitués par les métropoles européennes sont ici envisagés dans toute leur diversité. Les contributions s'appuient ici sur des études de cas qui portent sur le déplacement de femmes dans le cadre de l'expansion des empires européens au XIXe siècle.

    Les auteures cherchent à proposer un nouvel éclairage sur la notion de "circulation" dans l'espace colonial, de la métropole vers les périphéries, voire entre les empires. Ces formes de déplacements plus ou moins pérennes vont du simple voyage d'agrément jusqu'au départ définitif pour les colonies, départ forcé ou choisi selon les individus ou les groupes de femmes étudiés.

  • Ces hommages au professeur Jacques Weber couvrent une vaste étendue géographique et historique, témoignant de la richesse de ses centres d'intérêt et de son parcours d'enseignant-chercheur. Mais on y trouve également des études sur des points d'histoire ou de politique qui font toujours l'actualité.
    Ainsi les trois papiers consacrés à La Réunion, portant sur l'esclavage et la « définition noirs-blancs » qui porta la société, ses règles raciales à l'époque esclavagiste, et son comportement inter-racial jusqu'à aujourd'hui ; le remplacement de l'immigration des esclaves noires par des coolies indiens, esclaves déguisés ; le retour de l'immigration de travailleurs africains, esclaves déguisés.
    Les articles sur le Tibet et le Xinjiang « chinois » témoignent de l'intérêt de J. Weber pour la Chine, et des travaux qu'il a publiés ou dirigés tout au long de sa carrière.

  • L'histoire des négociants est, par essence, une histoire transnationale et connectée. En dépit de cela, les patrons de maisons de commerce ont été longtemps des laissés-pour-compte de l'historiographie. Cet ouvrage évalue la place et le rôle joué par les négociants européens dans la mise en connexion des hommes et des territoires du XVIe au XXe siècle, participant aux bases d'une pré-mondialisation que l'on semble découvrir aujourd'hui comme un fait accompli.

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