Sylvie Thorel

  • Le talent de Maupassant éclate, dans La Maison Tellier et les Contes du jour et de la nuit, avec une telle évidence qu'on doit bien se convaincre qu'ici l'art se dissimule à force d'art : "Jamais homme n'a senti l'encre moins que lui", écrivait Zola à son propos.
    Les auteurs de ce volume tentent de pénétrer le secret de cette évidence en s'attachant à la manière dont une sensibilité à l'épaisseur des choses emprunte le chemin d'un art consommé de la fiction.

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  • Cet essai, alliant l'histoire, l'esthétique et la littérature, porte sur le devenir moderne de la représentation figurative, soit d'un système qui relie la grâce, héritée du néoplatonisme, et la mélancolie attachée au sombre rêve d'ouvrir les statues, qui hantait Winckelmann. Ce devenir a été déterminé par un événement considérable : la Terreur a eu pour esthétique officielle le néoclassicisme, qui visait à sauvegarder le système figuratif, mais elle a aussi entraîné une effrayante crise en faisant un spectacle de la mise à mort, à travers la noblesse, du beau idéal. La référence à 1793 a servi à la fois le développement d'une forme d'expressionnisme, qui se rattacherait à la défiguration, et la progressive substitution d'une pensée enfantine, populaire et baroque de l'image, à la pensée aristocratique et classique de la figure. Cette histoire prend fin lorsque paraît un nouvel art d'animer les statues et d'apprivoiser la mort : le cinéma.

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  • N examine ici les paradoxes exprims par le voisinage d'un titre potique, Le Rouge et le Noir, avec deux sous-titres renvoyant l'histoire contemporaine, Chronique du XIXe sicle et mme Chronique de 1830. Le premier n'a certainement pas dlivr encore tous ses mystres, tandis que les seconds semblent limpides, et leur coexistence intrigue.

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  • La vie d'Elisabeth Aurélie Eugénie de Wittelsbach, autrement appelée Sissi, est digne de celle d'une héroïne de roman. Elle est l'image même de la jeune femme éprise de nature et de liberté, incarnée aujourd'hui encore dans l'esprit de chacun par la resplendissante Romi Schneider. Mais Sissi est aussi un modèle de force et de non conformisme.
    Mariée, contre toute attente, par amour à l'Empereur François-Joseph, elle sera impératrice d'Autriche et à ce titre souveraine d'un Empire de plus de 50 millions de sujets, composés d'une quinzaine de peuples (Polonais, Hongrois, Croates, etc.) dans une période conflictuelle.
    Elle se heurtera à la rigidité du protocole de la cour impériale ainsi qu'à l'animosité de sa belle-mère, l'archiduchesse Sophie, qui ira jusqu'à la priver de ses enfants. Mais dans l'adversité, Sissi relève la tête, s'affirme et acquiert une influence politique grâce à son immense popularité, du jamais vu pour une souveraine !
    Eprise de voyages, elle parcourt le monde pendant près de vingt-cinq ans et aura même sa propre voiture (train). Elle voyage tant et si vite que les Grecs la surnommèrent affectueusement « l'impératrice locomotive ».
    Une vie et une destinée atypique ! Et qui de mieux qu'un vent espiègle comme personnage de fiction pour narrer et commenter la vie hors norme de cette femme, impératrice et reine, qui a toujours aspiré à une chose : la liberté.

  • Nana, Tess D'Urberville et Effi Briest racontent tous trois l'histoire d'une femme qu'un écart sexuel inscrit aux marges de la société et dont la triviale aventure s'achève par une mort prématurée. Le siècle n'est plus à la tragédie. Dans les âges démocratiques, il n'est plus de dieux qui élisent les êtres, même pour le malheur ; mais l'Histoire est devenue une forme immanente du destin, qui saisit chacun dans tous les enroulements de son existence ordinaire et révèle le fantastique qui compose la réalité même la plus humble... C'est le principe de la saisie des êtres par l'Histoire que ces romans tout ensemble énoncent et réalisent à travers leurs héroïnes, allégories de la nation bouleversée et de sa littérature, intimement ébranlées par la crise qui donne naissance au monde moderne. Leur insignifiance intrinsèque est la condition et la mesure inverse de leur grandeur.

  • Parallèlement au roman de moeurs, le XIXe siècle a vu se développer un genre narratif lointainement issu de Rabelais et de Swift, caractérisé par un type d'intrigue (des personnages mènent une expérience), un traitement particulier du temps (en passe de devenir éternité), de l'espace (généralement symbolique) et des personnages (dénués de psychologie, presque abstraits).
    Ces oeuvres à tendance encyclopédique sont digressives et empreintes d'ironie. Les discours y tiennent une place considérable et elles-mêmes sont adressées à un lecteur avec qui elles instaurent un contrat singulier : il ne s'agira pas de croire ce qui est écrit mais de l'interpréter. Les Affinités électives, Mardi et Bouvard et Pécuchet illustrent ce genre hautement réflexif des « aventures de la pensée », où la mise en jeu de nombreux discours et savoirs sert à établir la toute-puissance de la fiction.

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  • Dans l'archipel des mouvements et des écoles où semble se disperser le XIXe siècle, le réalisme et le naturalisme introduisent une interrogation aiguë qui porte sur la possibilité même d'une modernité littéraire, au moment où s'édifie la société démocratique et où s'affirme le règne de la marchandise. Cet ouvrage revisite les implications profondes du réalisme et montre dans quelle mesure il impose sa cohérence au siècle.

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