Sylvain Schirmann

  • Les expériences communes des Européens conduisent-elles à une « européanisation des consciences » ? L'amorce d'un processus de construction européenne au XXe siècle, et notamment après 1945, s'est nourrie d'un narratif mettant en valeur l'apport de ce processus à la paix, au développement socio-économique et à l'enracinement démocratique. Ce narratif est présent dans l'ensemble des discours et décliné à travers des adaptations nationales dans la majeure partie des États membres de l'UE. En panne aujourd'hui, il mérite d'être interrogé. Ne favorise-t-il pas des « mémoires concurrentes », rendent difficile l'émergence de lieux de mémoire européens ? Compte tenu, justement, de certains événements mémoriels : centenaire de la Grande Guerre, soixantième anniversaire du déclenchement de la guerre d'Algérie, conférence de Genève de 1954 qui scelle la fin de la première guerre d'Indochine, échec de la CED en 1954 qui lance le processus de réarmement de l'Allemagne, les auteurs des contributions réunies dans ces actes réfléchissent à la thématique de la destinée européenne, autour de trois axes : les conflits européens (ces « guerres civiles européennes »), les victimes, et les processus de pacification. Ce volume se veut un hommage rendu à l'oeuvre de l'homme qui, dans les murs de sa maison de Scy-Chazelles, a réfléchi à la paix européenne. Il voudrait ainsi permettre le dépassement de cette classique destinée européenne évoquée par le titre de la manifestation.

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  • À la fin de la Première Guerre mondiale, l'Europe est dans l'obligation de gagner la paix. Celle-ci pouvait-elle être garantie par les moyens classiques des politiques hégémoniques ? La période 1919-1945 apporte par les faits une réponse : les tentatives britannique, française et allemande de mainmise sur l'Europe se soldent par des échecs, et le projet allemand de domination continentale laisse un champ de ruines en 1945.
    Cette voie était-elle inéluctable ? Le premier après-guerre nous livre un lot important de réflexions, de projets et de tentatives d'organisation de l'Europe. Ce premier débat « moderne » sur l'architecture du continent européen porte sur bien des aspects de la construction européenne actuelle. Faut-il donner la priorité à l'économie ou au politique ? Faut-il s'appuyer sur des entités régionales, des noyaux constitués de quelques États ou envisager une construction avec l'ensemble des nations ? Quelles seraient les frontières de cette entité européenne ? Quelle doit être la place - particulière ou non - de la France, de l'Allemagne, du Royaume-Uni, voire de l'Europe centrale et orientale dans ce processus oe
    Les perspectives évoquées au cours de la période frappent ainsi par leur originalité et leur modernité.
    À l'heure d'une « relative panne européenne », cet ouvrage invite à lire le projet européen dans la durée, sans se priver de l'expérience de l'entre-deux guerres.

    Sylvain SCHIRMANN, professeur d'Histoire contemporaine à l'Institut d'Études Politiques de Strasbourg, est l'auteur d'Histoire de l'Allemagne (en collaboration avec R. Poidevin) ; Les relations économiques et financières franco-allemandes 1932-1939 et Crise, coopération économique et financière entre États européens 1929-1933.
    Le temps des hégémonies 1919-1923. Visions d'Europe ou de l'européisme. Le temps de la coopération en Europe 1924-1929. Le temps de la crise 1929-1933. Vers une nouvelle tentative hégémonique en Europe 1933-1939. Seconde Guerre mondiale et organisation du continent européen.

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  • Bien que Georges Pompidou n'ait pas eu la même intimité avec l'Allemagne que le général de Gaulle ou que le président Giscard d'Estaing, il a su et compris dès son élection en 1969 que la relation franco-allemande, et sa relation avec Brandt, était centrale en Europe et nécessaire à la France. S'il comprenait l'Ostpolitik, il fut également sensible au différentiel économique entre les deux puissances et n'eut de cesse de chercher à développer la coopération industrielle entre les deux pays. Celle-ci devait bien évidemment contribuer à la modernisation de la France. Il oeuvra également en faveur de la langue et de la culture française dans les discussions avec le chancelier Brandt. La reprise du dialogue entre Paris et Bonn en 1969 favorisa la relance européenne. Mais à partir de 1973, des divergences sensibles apparurent malgré tout entre les deux partenaires. Paris assuma alors ses responsabilités. À travers une large sélection de documents issus des archives de la Présidence de la République, cet ouvrage montre comment la politique de Georges Pompidou est inscrite dans une dimension nationale et internationale, notamment européenne.

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  • Quels sont les facteurs qui expliquent qu'un certain nombre de personnalités, d'hommes d'État de premier plan, aient pris le risque de s'engager au lendemain du second conflit mondial dans un processus de construction d'une Europe que la plus grande partie d'entre eux voyaient unie ? Quelle alchimie complexe permet de comprendre l'engagement en faveur de cette construction ? D'où vient, chez ses premiers architectes, la « sensibilité » à l'Europe ? Autant de questions auxquelles cet ouvrage collectif apporte des réponses en explorant des pistes de réflexions regroupées autour de trois thèmes : les héritages, les expériences et les engagements. Une vingtaine d'historiens européens tentent ainsi de comprendre la gestation de l'idée d'Europe unie, d'en approcher l'expression et d'en cerner les premières tentatives de réalisation au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. L'idée européenne relève de ce fait de bien autre chose que de la seule histoire des idées politiques, et les années de formation des pères de l'Europe nous invitent à réfléchir à son cheminement, à ses nombreux relais, aux tamis successifs, à l'altération qu'elle subit jusqu'au moment où elle connaît un début de réalisation concrète.

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  • En proposant le 9 mai 1950 la création d'une Haute Autorité du Charbon et de l'Acier, Robert Schuman, inspiré par Jean Monnet, choisit un chemin fonctionnaliste pour parvenir à une Europe unie. L'Europe communautaire vit depuis avec ce schéma. Que ce soit le projet de marché commun qui conduit aux traités de Rome ou la mise en place du système monétaire européen, la logique est la même : les solidarités économiques devraient déboucher sur un surcroît d'intégration politique. Pourtant, dès l'amorce de la construction européenne, on s'aperçut de la difficulté à passer, par le biais de l'économie, à une plus grande unité politique. Ce constat revêt une acuité particulière dans le contexte actuel de la crise que traverse le projet européen et légitime le sujet des troisièmes journées d'études accueillies à la Maison de Robert Schuman qui pose la question de l'Europe par l'économie. En interrogeant les héritages historiques mais aussi en mettant en perspective les débats d'aujourd'hui relatifs à la dimension économique de la construction européenne, et cela à une période cruciale de son histoire, les communications rassemblées dans le présent ouvrage contribuent, par une approche pluridisciplinaire, au nécessaire travail d'analyse afin de dresser un état des lieux de l'intégration économique et monétaire et de dessiner les voies possibles pour l'avenir du projet européen.

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  • "En s'interrogeant sur les conditions d'émergence et les formes d'institutionnalisation des études européennes, cet ouvrage développe pour la première fois une approche systématique de leur genèse et de leur diffusion. L'Europe intégrée serait ainsi le résultat d'une co-production politico-académique."

  • "Le XXe siècle a posé au syndicalisme beaucoup de défis dont les enjeux ont dépassé les frontières nationales. Bien que conscient dès ses origines de l'importance de l'international, le mouvement ouvrier a-t-il cependant su leur faire face ? Pris dans les ambivalences de l'« âge des extrêmes » et les bouleversements économiques, le mouvement syndical est demeuré en quête d'unité et de convergence internationale. Cet ouvrage propose divers éclairages, portés à travers le XXe siècle, sur les succès ou l'infortune des rapprochements, réalisés ou simplement envisagés, dans le but de renforcer la position des travailleurs."

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