Stéphanie Lemoine

  • Vandalisme pour les uns, expression digne de figurer dans les musées pour les autres, l'art urbain a toujours été marqué par l'ambivalence. Né dans les années soixante de part et d'autre de l'Atlantique, il hérite aussi bien de la publicité que des avant-gardes politiques. Porté par une poignée d'artistes conceptuels ou frondeurs en rupture avec l'institution et le mar- ché, il s'affirme également comme la quête de reconnaissance des lais- sés-pour-compte. Irrévérencieux, sulfureux voire insurrectionnel, il n'évite pas toujours le mercantilisme ni les sirènes de la commande publique.
    Regardé comme un délit lorsqu'il se déploie dans la rue, il est célébré dans les galeries d'art et les musées...
    À travers un panorama richement illustré, Stéphanie Lemoine restitue la diversité d'une forme d'expression toujours controversée malgré une histoire de près de cinquante ans, où se mêlent graffitis, oeuvres concep- tuelles, happenings et (contre-) propagandes.

  • Le Street art relève-t-il de l'art contemporain ou est-il un phénomène à part ? Difficilement classable depuis son origine, l'art urbain a, en tout état de cause, acquis une place majeure dans l'histoire récente de la création.
    Aujourd'hui, ce mouvement artistique entre au musée. Un événement qui pourrait sembler normal pour certains, étonnant, voire choquant pour d'autres, et qui représente surtout une véritable victoire. Hier encore, les interventions dans la rue des taggeurs et graffeurs étaient considérées comme du vandalisme et les relations entre les autorités et les « writers », comparées à celles du chat et de la souris. Désormais, nombreuses sont les villes qui passent commande à ces mêmes artistes pour la réalisation de fresques monumentales. Conquête urbaine témoigne de cette évolution d'un art illicite et contestataire vers une pratique non seulement acceptée mais même sollicitée par les acteurs publics.
    Banksy, JonOne, MadC, Shepard Fairey, Speedy Graphito, Alëxone... À travers une soixantaine d'oeuvres de Street art, des créations d'artistes précurseurs des années soixante à aujourd'hui, l'ouvrage retrace les origines et l'évolution de ce mouve- ment et en dévoile les caractéristiques fondamentales.

  • Gérard Zlotykamien Nouv.

    Son nom n'est pas aussi connu que ceux de Jr, Banksy ou Invader, mais Gérard Zlotykamien dit Zloty, artiste plasticien français né en1940, est pourtant le précurseur au monde de ce mouvement artistique qu'est l'art urbain. Premier artiste à intervenir dans la rue en toute illégalité, il a tracé ses premiers « Éphémères », silhouettes évanescentes, entre masques et fantômes, en 1963 et n'a jamais plus cessé de peindre sur des murs ou des encombrants (matelas, porte, vitre, valises...). Ces figures témoignent de la bêtise humaine : tragédies européennes et asiatiques de la Seconde Guerre mondiale, terrorisme, catastrophes climatiques, etc.
    Avec cette première monographie, retraçant plus de soixante années de création, on découvre l'influence, l'importance et la cohérence du travail de Gérard Zlotykamien. Un travail qui n'a de cesse de nous rappeler l'existence interrompue de peuples innocents et plus globalement l'éphémérité de l'existence humaine.

    awaiting publication

  • Né au cours des années 1960 et 1970, l'art urbain est devenu un phénomène artistique planétaire.
    Exercé au départ gratuitement et sans autorisation dans l'espace public, il agrège des pratiques et des formes aussi diverses que le graffiti, le muralisme ou le street art, et charrie des influences qui vont de la publicité aux cultures de masse en passant par le militantisme. Sans former un véritable mouvement, tous ces artistes n'en ont pas moins des points communs. Parmi eux, la capacité à oeuvrer dans la ville en toute liberté, avec une remarquable économie de moyens.
    Quatre auteurs reviennent sur les origines de l'art urbain, depuis l'émergence de pratiques contextuelles et du graffiti writing dans les années 1960 jusqu'à sa reconnaissance publique, institutionnelle, médiatique et même marchande. Quatre regards complémentaires, portés sur un mouvement hétérogène, car accessible à tous.

  • Novembre 1918. L'armistice est officiellement signé, mais très vite les populations sont partagées entre joie et tristesse. La guerre 14-18 n'a rien résolu, le conflit n'a au contraire fait qu'exacerber les haines. Cet ouvrage se penche sur "l'après" d'une guerre : Comment des pays "vainqueurs" tentent-ils de se dégager de la Grande Guerre ? De quelle manière essaient-ils de gérer les traumas, les antagonismes et les haines qui persistent ? Au regard des guerres dans les Balkans ou au Proche-Orient, nul doute que ces questions demeurent au coeur de l'actualité...

    Sur commande

  • Mouvement artistique majeur depuis bientôt cinquante ans, le street art enflamme aujourd'hui la planète. Face à une crise économique et morale généralisée, les murs tiennent de nouveau le haut du pavé, portent la parole et les cris de street artists indignés. Ils investissent en force le social et le politique et dénoncent une réalité asphyxiante. Trop de pauvreté, d'inégalités. Trop d'écrans, de publicité, de pollution. Trop de discours politiques et médiatiques normalisateurs qui préconisent toujours plus de cures d'austérité inacceptables.
    D'Athènes à Lisbonne, de Marseille à Barcelone, de Rome à Vitry, et bien sûr à Paris, ce livre présente les oeuvres critiques des artistes engagés les plus remarquables. Tous ceux qui n'acceptent pas le monde tel qu'il est. Ils viennent de partout. C'est la mondialisation du refus.
    Ces murs-là nous interpellent, nous provoquent, nous appellent à la vigilance, et affirment aussi que, dans un monde saturé d'images toutes faites, le street art peut avoir un double rôle à jouer : sentinelle de notre société et éveilleur de consciences.

  • Quel art, quelle action politique possibles dans une société vouée au marché ? À cette double question, certains artistes et activistes répondent d'un pas de côté : en dehors des disciplines instituées et des routines protestataires, ils inventent des manières d'agir et de créer qui se nouent à l'articulation de la vie, de la performance, de la fête et du jeu.
    De même que le queer pose l'existence d'un troisième genre par delà féminin et masculin, de même l'artivisme suggère qu'il existe un troisième terme entre esthétique et politique. C'est l'art festif des collectifs décidés à réenchanter la vie, l'utopie des squats et des zones d'autonomie temporaire, la fronde libertaire des hackers et artistes du Net. Ce sont les détournements du Critical Art Ensemble, de Banksy et du Billboard Liberation Front, les sabotages joyeux de la guérilla pâtissière et des Yes Men, les infiltrations de JR, les performances de Steven Cohen ou Oreet Ashery, les prêches de Reverend Billy...
    Toutes ces pratiques, dont l'enjeu est d'opposer l'imagination et la créativité à l'ennui, la liberté d'action à la surveillance généralisée, la révolte collective au repli individuel, s'inscrivent dans une galaxie sans frontières...

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