Sophie Jan-Arrien

  • Entre 1919 et 1923, Martin Heidegger (1927-1976) caresse le voeu de faire "exploser l'ensemble du système traditionnel des catégories". C'est avant la parution de son maître ouvrage Etre et Temps (1927), qui consacra la "question de l'être" comme fondamentale, tout en ravalant ses propres essais antérieurs au rang de simple propédeutique. En réalité, ces essais de jeunesse recèlent un projet philosophique original et ambitieux.
    Le jeune philosophe y soupçonne en effet toute conceptualisation de masquer le mouvement de la vie et d'éteindre l'inquiétude native de la pensée qui y trouve pourtant son ancrage irréductible. Il exige donc que les questions philosophiques fondamentales soient désormais interprétées à partir de la concrétude propre de la vie. C'est ce qu'on a appelé rétrospectivement son "herméneutique de la facticité".
    La "vie" devient alors le leitmotiv de la pensée du jeune Heidegger, pointant vers une sphère originaire, celle de l'expérience facticielle, d'où le philosopher trouve sa provenance, dont il doit rendre compte et où il revient toujours. Ce livre retrace le développement des thèses du jeune Heidegger et en dégage l'originalité et l'intérêt philosophiques propres plutôt que de les considérer sous l'éclairage rétrospectif d'Etre et Temps.

  • Heidegger aujourd'hui - actualite et posterite de sa pensee de l evenement Nouv.

    La réception extraordinairement féconde de Heidegger, singulièrement en France, est entrée dans une phase nouvelle et le moment semble propice pour demander « ce qui est vivant » et « ce qui est mort » dans sa pensée, en interrogeant ses percées réelles comme ses impasses. La publication de l'édition intégrale en 102 volumes touche à sa fin : au-delà de tous les textes publiés du vivant de Heidegger, nous avons désormais à disposition tous les cours de Fribourg et de Marbourg, les traités « ésotériques » rédigés dans le sillage des Beiträge dans les années 1930-1940 et les Cahiers noirs de cette période. Le colloque de Québec (2017), documenté par le présent ouvrage et complété par des textes inédits, se concentrait moins sur le maître-ouvrage Être et temps (1927) que sur la période complexe initiée avec la conférence L'essence de la vérité (1930). C'est en effet à partir du « tournant » des années 1930 qu'émergent les concepts qui guident la pensée de l'Ereignis inscrite dans une « Histoire de l'être », selon ses dimensions phénoménologique et herméneutique, mais aussi théologique et politique.Les contributions ici réunies, portant sur l'histoire, la technique, l'art, le politique, le mythe ou le divin, tentent d'éclairer la nature et les limites de ce legs philosophique majeur du XXe siècle en envisageant la question de sa postérité et de son actualité pour nous, aujourd'hui.

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  • Connaisons-nous suffisamment bien le parcours de Heidegger ? on a trop souvent réduit le chemin de pensée Heideggerien à son maître ouvrage Être et Temps (1927). Ce présent ouvrage collectif entend combler ces lacunes, de l'histoire de la pensée de Heidegger, et propose de s'intéresser au commencement du parcours du philosophe, dont l'inédite radicalité invite à regarder de près ces premiers écrits.
    La philosophie du jeune Heidegger peut-elle être considérée comme l'avenir de sa phénoménologie elle-même ? Les auteurs de cet ouvrage parcours ainsi la pensée du jeune philosophe à travers, notemment, ses influences augustiennes, médiévales et sartriennes.

  • L'oeuvre de Marc Richir, riche et polyphonique, nous lègue un ensemble complexe d'analyses, de propositions et de concepts qui puisent tant dans la tradition philosophique que dans les sciences exactes, l'anthropologie, l'esthétique et la pensée politique, créant entre ces discours autant d'intersections inédites opérées en régime phénoménologique. En chacun de ces croisements, l'oeuvre de Richir appelle à être examinée, déchiffrée et éclairée à partir de perspectives inédites que lui-même a rendu possible. L'immensité du corpus richirien invite à travailler autant aux marges de la phénoménologie husserlienne qu'aux marges de sa phénoménologie, à travers ses dialogues, ses obsessions et ses ambitions, afin de mieux ressaisir en elles la vivacité et l'originalité des phénomènes.

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