Shuang Xu

  • Les composés verbaux résultatifs sont un des points épineux de l'apprentissage du chinois par les francophones. Alors qu'en français l'action (V) et son résultat (R) sont souvent réunis en un seul et même verbe, la langue chinoise dissocie ces deux phases. En français, d'ailleurs, le processus conduisant à un résultat est souvent négligé. Ainsi le verbe casser dans " Il a cassé le vase " ne peut être rendu en chinois sans exprimer le processus ayant conduit à l'endommagement de l'objet. L'apprenant francophone doit donc acquérir le réflexe de restituer l'action qui a produit un certain résultat, en l'occurrence l'action par laquelle le vase à été cassé (frapper, jeter, shooter, meuler, marcher sur...). De la même façon, " J'ai fini " ne peut pas être simplement rendu par wo wán le qui signifie tout autre chose (" Je suis fichu ! ") ; il faudra en chinois préciser (finir de parler, de manger, d'étudier, de lire...). Autre propriété des composés verbaux résultatifs chinois : leur aptitude à faire porter le résultat d'une action sur le sujet et pas seulement sur l'objet ou le patient. Ainsi l'action de laver pourra conduire à un résultat concernant l'objet (devenir propre, blanchir, rétrécir : xi-gãnjìng, xi-bái, xi-chou...) mais aussi à un résultat affectant le sujet " qui lave " (fatigue, lassitude : xi-lèi, xi-fán...). Enfin la difficulté des composés résultatifs du chinois - qui, rappelons-le, ne sont pas, ou très rarement, répertoriés dans les dictionnaires - réside aussi dans leur identification par rapport aux autres formes verbales composées du chinois et aux formes verbales polysyllabiques lexicalisées. Sont présentés ici des exemples vivants, courants et non lexicalisés de composés verbaux résultatifs (VR) classés par l'élément résultatif R. Ce classement permettra aux utilisateurs d'observer la productivité et le rayonnement sémantique de 270 verbes résultatifs (R). Un index des 476 verbes utilisés permettra quant à lui de mesurer le potentiel de dérivation résultative des verbes d'action en chinois contemporain. Plus de 1 550 phrases contenant des composés VR ont été élaborées et traduites afin d'aider les apprenants à être en mesure de comprendre et de produire eux-mêmes de nouveaux composés verbaux résultatifs.

  • Actes du colloque international Paris-Aix-en-Provence.

    Le volume réunit les actes issus des deux volets consécutifs et complémentaires de cette manifestation scientifique, organisée par trois équipes de recherche spécialisées (universités Paris 7-Diderot, Paris 3-Sorbonne Nouvelle et Aix-Marseille). Au-delà de son succès, l'oeuvre de Mo Yan appelle des réflexions universitaires, en raison de sa profonde originalité, à la confluence du local et de l'universel.
    Le royaume littéraire fondé sur son pays natal de Gaomi, irréductible à une portion de l'espace, constitue un moyen privilégié d'interroger les dynamiques de l'Histoire et de la mémoire. La superposition de différentes strates temporelles, mythiques, légendaires et historiques, transfigurée par un discours narratif carnavalesque, montre l'ambivalence d'un lieu aussi incontournable qu'inappropriable.
    Ce processus de déterritorialisation déjoue la vérité de l'identité pour s'ouvrir à un nouveau mode d'appartenance. C'est ce caractère de l'Ouvert que le colloque s'est proposé de débattre, en réunissant sinologues, comparatistes, traducteurs français et internationaux, (Chine, des Etats-Unis, d'Italie, des Pays-bas, de Suède...) dans la résonance du célèbre aphorisme formulé par Miguel Torga :" L'universel, c'est le local moins les murs".

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