Langue française

  • Psychanlyser serait facile autant que dérisoire si l'on enseignait seulement au patient l'existence des complexes d'å'dipe et de castration, en feignant de découvrir avec lui qu'il a, enfant, désiré son père ou sa mère, et craint d'en être chatié.
    La singularité du désir s'inscrit dans l'universalité de ces structures ; mais elle reste à découvrir pour chacun. ce n'est pas seulement dans l'anecdote du souvenir oublié ou les particularités du roman familial que se repère la constellation originale, mais plutôt dans un chiffre, une formule, une lettre, modèles de l'organisation fantasmatique.

  • Démasquer le réel.

    Le réel ne peut se saisir : il se donne en se dérobant comme angoisse ou comme jouissance. l'ordre des choses (ce qu'on appelle la réalité) s'établit en masquant le réel, que les différents discours s'emploient à contenir. sauf celui de la psychanalyse. car un sceau consacre le dérobement du réel : c'est l'objet de la pulsion tel que la psychanalyse l'a tôt reconnu et tel que jacques lacan l'a conceptualisé comme objet a.

    Pour démasquer le réel, le psycahnalyste doit repérer cet objet - encore plus sûrement qu'il ne doit savoir manier la lettre.
    A partir de trois observations, et au long du texte d'un semestre d'enseignement à vincennes, une question s'impose ainsi comme suite de psychanalyser : " être psychanalyste ", n'est-ce pas, en définitive, tenir compte du réel ?
    Avec une contribution de juan david nasio.

  • A travers l'évocation d'un parcours de trente ans dans le champ de la psychanalyse, c'est la même question qui chemine: comment réaliser, " pour de vrai ", l'autre regard qu'elle nous propose ? etudes cliniques, travaux théoriques, textes polémiques s'ordonnent autour de deux thèmes cruciaux : l'idole narcissique et la passion incestueuse.
    De ces thèmes, la psychanalyse fait apparaître les ressorts : l'autre, inquiétant, le réel, rebelle, les mots, à tout faire, l'imaginaire enfin, oú chacun croit se reconnaître dans un inépuisable jeu de miroirs. mortel enchantement de mots vides et d'un réel abstrait qui font un monde sans autre. le psychanalyste se doit d'en démonter les agencements; mais c'est le paradoxe de sa situation que de s'y complaire, et même, d'en raffiner les dispositifs.
    Affaire de psychanalyse, mais aussi affaire de société: en tous lieux oú règnent ces mortels enchantements, il convient maintenant de travailler à en rompre les charmes.

  • On tue un enfant

    Serge Leclaire

    • Points
    • 1 March 1981

    " on tue un enfant " : fantasme originel, inquiétant, évité, méconnu.
    La figure oú se rassemblent les voeux secrets des parents, tel est pour chacun l'enfant à tuer, et telle est l'image qui enracine dans son étrangeté l'inconscient de chacun. " sa majesté l'enfant " règne en tyran tout-puissant ; mais, pour que vive un sujet, que s'ouvre l'espace de l'amour, il faut s'en affranchir : meurtre nécessaire autant qu'impossible, encore à perpétrer, jamais accompli. il y a là une reconnaissance et un renoncement narcissiques toujours à répéter, oú la pulsion de mort s'avère fondamentale en ce qu'elle vise le " vieil homme " : l'immortel enfant nos rêves.

empty