Serge Leclaire

  • Psychanlyser serait facile autant que dérisoire si l'on enseignait seulement au patient l'existence des complexes d'å'dipe et de castration, en feignant de découvrir avec lui qu'il a, enfant, désiré son père ou sa mère, et craint d'en être chatié.
    La singularité du désir s'inscrit dans l'universalité de ces structures ; mais elle reste à découvrir pour chacun. ce n'est pas seulement dans l'anecdote du souvenir oublié ou les particularités du roman familial que se repère la constellation originale, mais plutôt dans un chiffre, une formule, une lettre, modèles de l'organisation fantasmatique.

  • Démasquer le réel.

    Le réel ne peut se saisir : il se donne en se dérobant comme angoisse ou comme jouissance. l'ordre des choses (ce qu'on appelle la réalité) s'établit en masquant le réel, que les différents discours s'emploient à contenir. sauf celui de la psychanalyse. car un sceau consacre le dérobement du réel : c'est l'objet de la pulsion tel que la psychanalyse l'a tôt reconnu et tel que jacques lacan l'a conceptualisé comme objet a.

    Pour démasquer le réel, le psycahnalyste doit repérer cet objet - encore plus sûrement qu'il ne doit savoir manier la lettre.
    A partir de trois observations, et au long du texte d'un semestre d'enseignement à vincennes, une question s'impose ainsi comme suite de psychanalyser : " être psychanalyste ", n'est-ce pas, en définitive, tenir compte du réel ?
    Avec une contribution de juan david nasio.

  • Dans ce second volume, placé sous le signe des "diableries", - référence au tour provocateur qu'avait souvent l'oeuvre de serge leclaire, mais surtout à l'insistance qu'il mettait à placer son travail sous le signe de l'altérité - c'est essentiellement au clinicien que l'on a affaire et en particulier à celui qui, passionné par les "demeures de l'ailleurs", se tourne vers l'étude de la psychose.
    On trouvera également un ensemble de textes oú l'auteur explicite le rapport d'altérité que la psychanalyse doit soutenir avec et dans la société, une partie y étant consacrée à psy-show, dont la gageure fut de porter jusqu'à l'écran la mise en scène de la psychanalyse dans la cité.

  • A travers l'évocation d'un parcours de trente ans dans le champ de la psychanalyse, c'est la même question qui chemine: comment réaliser, " pour de vrai ", l'autre regard qu'elle nous propose ? etudes cliniques, travaux théoriques, textes polémiques s'ordonnent autour de deux thèmes cruciaux : l'idole narcissique et la passion incestueuse.
    De ces thèmes, la psychanalyse fait apparaître les ressorts : l'autre, inquiétant, le réel, rebelle, les mots, à tout faire, l'imaginaire enfin, oú chacun croit se reconnaître dans un inépuisable jeu de miroirs. mortel enchantement de mots vides et d'un réel abstrait qui font un monde sans autre. le psychanalyste se doit d'en démonter les agencements; mais c'est le paradoxe de sa situation que de s'y complaire, et même, d'en raffiner les dispositifs.
    Affaire de psychanalyse, mais aussi affaire de société: en tous lieux oú règnent ces mortels enchantements, il convient maintenant de travailler à en rompre les charmes.

  • Serge leclaire (1924-1994) fut certes un clinicien de premier ordre.
    Mais sa particularité, qui le rendit célèbre, fut d'être également un analyste à l'écoute de son siècle. il se porta ainsi partout oú se trouvent des enjeux analytiques et là oú des enjeux culturels peuvent interroger les limites de la psychanalyse. ainsi, en 1968, il participa parmi les premiers à l'introduction de la psychanalyse à l'université et il s'intéressa de près dans les années suivantes au mouvement féministe.
    De même, l'expérience de psy-show à la télévision en 1983-1984 représenta à ses yeux une tentative de mise en scène pour l'ouverture d'une parole. sa dernière intervention pour la psychanalyse fut en 1989 la "proposition pour une instance ordinale des psychanalystes". toutes ces initiatives furent très controversées dans les milieux analytiques, mais participaient pour lui des moyens d'arracher le sujet à ses assujettissements, avec pour seule arme "le sabre en papier de la parole et de l'interprétation".

  • On tue un enfant

    Serge Leclaire

    • Points
    • 1 March 1981

    " on tue un enfant " : fantasme originel, inquiétant, évité, méconnu.
    La figure oú se rassemblent les voeux secrets des parents, tel est pour chacun l'enfant à tuer, et telle est l'image qui enracine dans son étrangeté l'inconscient de chacun. " sa majesté l'enfant " règne en tyran tout-puissant ; mais, pour que vive un sujet, que s'ouvre l'espace de l'amour, il faut s'en affranchir : meurtre nécessaire autant qu'impossible, encore à perpétrer, jamais accompli. il y a là une reconnaissance et un renoncement narcissiques toujours à répéter, oú la pulsion de mort s'avère fondamentale en ce qu'elle vise le " vieil homme " : l'immortel enfant nos rêves.

  • C'est en 1957, sous la direction de Jean Delay, que Serge Leclaire soutint sa thèse de médecine intitulée Contribution à l'étude des principes d'une psychothérapie des psychoses. Il dédia son travail à son "maître" Jacques Lacan.

    Soucieux d'aborder le traitement de la folie par la psychanalyse, Leclaire prend appui sur la théorie freudienne revisitée par Lacan afin de réfléchir aux moyens à mettre en oeuvre pour rétablir la communication avec le malade. Car c'est à cette condition seulement, affirme-t-il, que celui-ci sera maintenu dans la communauté des hommes.

    Sans pour autant refuser les médicaments de l'esprit, qui doivent selon lui servir d'appoint à la cure par la parole, Leclaire revendique avec force le principe d'une psychothérapie qui s'éloignerait du modèle classique divan-fauteuil pour s'installer au coeur du dispositif psychiatrique.
    Publié pour la première fois, ce texte, qui s'appuie sur des cas cliniques, est un modèle de clarté et de rigueur d'une évidente actualité.



    Psychiatre de formation, Serge Leclaire (1924-1994) est l'une des plus belles figures du mouvement psychanalytique français. Il vint à la psychanalyse par Françoise Dolto. Sa fidélité à Jacques Lacan le conduisit à rompre avec l'International Psychoanalytical Association (IPA) en 1963 et à participer, l'année suivante, à la fondation de l'Ecole freudienne de Paris (EFP). Devenu le clinicien le plus respecté de la France freudienne, il ne renonça jamais au grand projet qui lui tenait tant à coeur : réunifier la communauté psychanalytique en proie à la dispersion et aux conflits.

  • A la fin du mois de décembre 1968, le centre expérimental universitaire de vincennes ouvrit ses portes dans un immense fracas contestataire. dominées par l'extrême gauche, les assemblées générales d'étudiants refusaient la mise en place des nouvelles institutions où allaient pourtant enseigner quelques-uns des meilleurs représentants de la pensée française : gilles deleuze, michel foucault, françois châtelet, michel de certeau. serge leclaire fut pressenti pour créer un département de psychanalyse, le premier de l'université. l'expérience sera brève mais fructueuse.

    Nous avons intitulé oedipe à vincennes le séminaire donné par leclaire dans ce département pendant le premier semestre de 1969. plusieurs sujets y sont abordés : la fonction du père, l'inceste, la jouissance, le corps érogène, l'interdit, l'articulation de la psychanalyse aux autres champs du savoir. ponctué de cas cliniques, l'exposé se présente comme une contribution à l'élucidation du complexe d'oedipe.

    Il n'y eut de cet enseignement qu'une publication ronéotypée. c'est donc la première édition de librairie qui voit ici le jour.


    Psychiatre de formation, serge leclaire (1924-1994) est l'une des plus belles figures du mouvement psychanalytique français. il vint à la psychanalyse par françoise dolto. sa fidélité à jacques lacan le conduisit à rompre avec l'international psychoanatycal association (ipa) en 1963 et à participer, l'année suivante, à la fondation de l'ecole freudienne de paris (efp). devenu le clinicien le plus respecté de la france freudienne, il ne renonça jamais au grand projet qui lui tenait tant à coeur : réunifier la communauté psychanalytique en proie à la dispersion et aux conflits.

  • Psychanalyser serait facile autant que dérisoire si l'on enseignait seulement au patient l'existence des complexes d'OEdipe et de castration, en feignant de découvrir avec lui qu'il a, enfant, désiré son père ou sa mère, et craint d'en être châtié. La singularité du désir s'inscrit dans l'universalité de ces structures ; mais elle reste à découvrir pour chacun. Ce n'est pas seulement dans l'anecdote du souvenir oublié ou les particularités du roman familial que se repère la constellation originale, mais plutôt dans un chiffre, une formule, une lettre, modèles de l'organisation fantasmatique.Serge Leclaire (1924-1994)Médecin-psychiatre, psychanalyste. Elève et compagnon de Jacques Lacan. Président de la Société française de psychanalyse (1963). En 1968, il participe à l'introduction de la psychanalyse à l'université. En 1989, il est l'initiateur de la "Proposition pour une instance ordinale des psychanalyses".

  • « Quand Serge Leclaire me convoqua et me dit : «Je voudrais vous parler !», nous étions en 1975, je venais de terminer avec lui une analyse qui avait duré près de dix ans. Me parler à moi, son ex-analysante, alors que pendant nos si nombreuses séances ce psychanalyste à la pratique lacanienne rigoureuse n'avait pratiquement pas ouvert la bouche à mon endroit

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