Saul Friedländer

  • Saul Friedländer revisite le chef-d'oeuvre de Marcel Proust dans cet essai sur la littérature et la mémoire, en explorant la question de l'identité - celle du narrateur du roman et celle de Proust lui-même. Il livre une enquête passionnante sur la manière dont le narrateur de la Recherche se définit par comparaison avec ce que nous savons de Proust et sur la signification de ces points de ressemblance et de divergence. Puisant dans son expérience personnelle, issue d'une vie passée à enquêter sur les liens entre l'histoire et la mémoire, le grand historien lauréat du prix Pulitzer offre une perspective nouvelle sur cette oeuvre fondatrice de notre modernité.

  • La littérature consacrée au génocide des Juifs dans l'Allemagne nazie est abondante. Pourtant aucun historien ne s'était jusqu'alors attelé à une analyse de cette ampleur mêlant le point de vue des bourreaux et celui des victimes. C'est le premier tour de force que réalise Saul Friedländer. Fondé sur de nombreuses archives inédites, nourri de voix innombrables (journaux intimes, lettres, mémoires), ce second volume de L'Allemagne nazie et les Juifs est magistral : implacablement et sobrement, il déroule l'effroyable scénario qui mène à la « solution finale » et à sa mise en oeuvre. Complicité des autorités locales, soutien actif des forces de police, passivité des populations et notamment des élites, mais aussi promptitude des victimes à se soumettre aux ordres dans l'espoir d'améliorer leur sort : c'est cette histoire d'une extrême complexité qui est ici racontée avec une maîtrise rare.

  • Ce premier volume de L'Allemagne nazie et les Juifs décrit l'arrière-plan de l'extermination des Juifs. Tout en réaffirmant l'obsession de l'"antisémitisme rédempteur" chez Hitler et l'importance de l'idéologie antisémite des nazis, Saul Friedländer retrace les pressions du Parti, le rôle de la bureaucratie d'Etat, le comportement des élites économiques, intellectuelles et religieuses, les réactions des gouvernements étrangers et l'attitude de la population allemande, laquelle n'était pas nécessairement à l'unisson de la politique officielle. Fondé sur une très riche documentation, cet ouvrage montre que, sous une apparente confusion, la politique nazie envers les Juifs du Reich, puis des autres pays, se radicalise sans relâche.

  • 1932: Pavel naît à Prague.

    1939: Paul arrive à Paris avec ses parents.
    1942: Paul-Henri est confié à un pensionnat de Montluçon.
    1948: Shaul débarque en Israël.
    1977: Saul raconte les seizes premières années de sa vie bouleversée par la guerre, se remémore comment Pavel, juif, tchèque, fils unique chéri de ses parents devient Paul-Henri, catholique, français et orphelin.

    Cinq prénoms, une seule et même personne.

  • Le grand historien du nazisme et de l'extermination des Juifs, prix Pulitzer 2008, livre ses réflexions sur l'histoire et la mémoire du nazisme et sur plus de trente années de débats publics dans une série de conversations passionnantes.

    Depuis sa rencontre avec l'amiral Dönitz, le successeur désigné de Hitler, au tout début des années 1960, jusqu'à l'écriture de L'Allemagne nazie et les Juifs (achevée en 2008), pour laquelle il invente une nouvelle forme de récit qui donne toute sa place à la parole des victimes, en passant par les grandes controverses des années 1980 avec les historiens allemands, Saul Friedländer n'a cessé de s'interroger sur les moyens de penser le nazisme et le génocide des Juifs et d'écrire une histoire qui soit à la mesure du phénomène.

    Répondant aux questions du journaliste Stéphane Bou, il évoque aussi bien Hannah Arendt que Raul Hilberg, Fassbinder que Lanzmann, la mémoire juive que les mémoires allemandes de la Shoah. Et n'hésite pas à se dire moraliste.

    Une parole d'une grande liberté qui n'a rien perdu de son tranchant.

  • En 1978, dans Quand vient le souvenir, Saul Friedländer se penchait sur son enfance : l'incompréhensible drame qui fait qu'un petit garçon juif, tchèque, enfant unique chéri de ses parents, devient à dix ans catholique, français et orphelin.

    Ce livre reprend le récit au moment où le premier s'arrête : en 1948, quand l'auteur âgé de seize ans fugue du lycée Henri-IV où il est pensionnaire pour rejoindre clandestinement le jeune État d'Israël, comme l'ont fait d'autres orphelins de sa génération. Il ne parvient pas à s'y fixer. Très vite s'établit une existence partagée entre trois mondes : l'Europe, les États-Unis et Israël, entre français, anglais et hébreu. À plus de trente ans vient le choix de l'écriture et de l'histoire. Saul Friedländer renoue alors les fils de son passé en se confrontant au nazisme, dont il devient l'un des plus brillants historiens, engagé dans tous les débats de son temps.

    Voici le récit d'une vie marquée par la Shoah, dans laquelle la recherche n'a jamais été dissociée de l'engagement. D'une écriture pudique et souvent bouleversante, Saul Friedländer raconte comment, à partir de la perte, se construit une vie d'homme.

  • Dans une enquête qui tient à la fois de l'essai biographique et littéraire, Saul Friedländer sort de sa spécialité pour chercher la clef la plus propre à ouvrir les portes de l'oeuvre de Franz Kafka. L'auteur de La Métamorphose n'est évidemment pas un inconnu pour le grand historien de la Shoah, dont le milieu d'origine pragois est, à une génération près, celui de l'écrivain. L'historien révèle ici sa profonde connaissance de son oeuvre comme du dernier état de la critique.
    Prenant délibérément à contre-pied la biographie-hagiographie de Max Brod (1945), l'ami et exécuteur testamentaire de Kafka, Saul Friedländer plaide pour une lecture non censurée du texte. Il écarte toutes les interprétations qui tendent à faire de Kafka un mystique caché, un prophète du malheur et des catastrophes à venir. Kafka était, dit-il, un poète qui " suivait des rêves ". Prenant appui sur d'abondantes citations de ses écrits, il met l'accent sur le sentiment de honte sexuelle et de culpabilité qui a étreint l'homme tout au long de son existence, nourri par des obsessions lancinantes, la haine du corps, l'attirance pour les hommes et le sadomasochisme.
    Cette entreprise d'interprétation audacieuse, qui sera sûrement discutée, est aussi l'une des meilleures invitations à lire et à relire l'un des plus grands écrivains du XXe siècle.

  • Ce premier volume décrit l'arrière-plan de l'extermination des Juifs. Fondé sur une très riche documentation, l'ouvrage montre que, sous une apparente confusion, la politique nazie envers les Juifs du Reich, puis d'autres pays, se radicalisait sans relâche. Et que, sans qu'il y ait de plan ni de but ultime clairs, les années de persécution auguraient déjà du pire, en cas de guerre.

  • Paru aux éditions du Seuil en 1964, Pie XII et le Troisième Reich a marqué l'historiographie. Événement intellectuel, succès commercial, le livre s'imposa comme un livre pionnier. Il reste une référence aujourd'hui. Pour cette nouvelle édition, Saul Friedländer a rédigé une longue postface (« Pie XII et l'Holocauste. Un réexamen ») : qu'a-t-on appris depuis quarante-cinq ans sur les troubles relations du Vatican avec le régime nazi ? Sur Pie XII lui-même et sur son silence à propos du génocide ? Alors que les archives de cette période demeurent encore inaccessibles, Saul Frieländer fait le bilan de plus de quatre décennies de recherche.

  • Officier nazi, engagé volontaire dans les SS, Kurt Gerstein était responsable de l'approvisionnement de l'acide prussique (Zyklon B) dans les camps d'extermination. Parallèlement à cette fonction qui faisait de lui un complice des bourreaux, il chercha à avertir sans relâche les puissances occidentales, les pays neutres et le Saint-Siège des massacres perpétrés contre les Juifs dans les chambres à gaz. Qui fut donc Gerstein? Quels mobiles guidèrent son action? Que fit-il exactement pour saboter la machine d'extermination nazie ? Quel fut le prix de son engagement? Comment ce protestant si croyant, plusieurs fois arrêté par la Gestapo et opposant au national-socialisme, put-il devenir un acteur du génocide du fait de ses fonctions, mais aussi un inlassable témoin ? Confrontant les correspondances de Gerstein, les témoignages et les extraits du rapport qu'il a lui-même rédigé, l'auteur brosse le portrait d'un homme ayant pénétré dans l'enfer avec l'intention de témoigner devant le monde et d'aider les victimes. Il en révèle aussi les contradictions et les ambiguïtés. Plus qu'une biographie, ce texte examine non seulement l'attitude des bourreaux mais aussi celle des " spectateurs " que Gerstein aura essayé d'alerter par tous les moyens face à la " solution finale de la question juive ", sans jamais obtenir la réaction espérée. Kurt Gerstein a inspiré Costa-Gavras pour son film, Amen.

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