Salima Naji

  • Défendre une architecture du bien commun, signifie interroger le bâtiment mais aussi les conditions de son édification, les pratiques spatiales, l'usage social, l'attachement au lieu.
    L'objet architectural doit être pensé dans un temps long et dans un contexte social ouvert afin de mieux cerner son empreinte et les possibles qu'il génère. Les oasis sont une source d'inspiration qui engage la réflexion sur la durabilité des constructions contemporaines. Agriculture et construction y sont étroitement liées autour de la pierre, de la terre, du palmier et autres végétaux résistants. Cette ingénierie de l'adaptation, développée par les communautés de l'Atlas et du Sahara, concerne tout autant les techniques d'irrigation et de préservation du végétal que le génie architectural. Les espaces oasiens attestent, sur la durée, de la capacité des hommes à constituer un environnement viable malgré des contraintes climatiques extrêmes.

  • Portes du sud marocain

    Salima Naji

  • Les constructions berbères des régions atlassiques et présahariennes du Maroc, à plus d'un titre monumentales et symboliques, ne font qu'un avec l'ensemble des créations berbères : des objets du quotidien aux éléments symboliques de la culture, de la langue et des graphies. Avec l'ouvrage de Salima Naji, nous entrons dans la quête des profondeurs et de l'origine de l'architecture berbère en général, et atlassienne en particulier. L'auteur parvient à remonter le temps et dépasse les interprétations liées aux connaissances et reconnaissances sur l'actuelle amazighité.
    De manière pertinente et vivante, elle décrit le mode de transmission de cet art. Ce qui lui permet de comprendre la perte actuelle du sens de ce qui a été bâti, des significations de l'acte même de bâtir, au profit d'imitations se voulant modernes mais qui nous laissent perplexes.
    Art et architecture berbères du Maroc aborde de façon complète et inédite le thème capital de l'architecture des Imazighen, rendant compte, par l'écrit critique et le regard scientifique, de ce que la culture orale nous a légué. Une problématique valable pour l'ensemble de l'Afrique du Nord.

  • Après avoir arpenté les vallées présahariennes pendant près de dix ans, l'architecte et anthropologue Salima Naji a consacré plusieurs années de recherches aux greniers-citadelles du Maroc.
    À partir d'un faisceau de près de deux cents greniers, du Haut-Atlas central aux franges présahariennes de l'Anti-Atlas, elle a rayonné des Ayt Sokhmane aux contreforts Idouska d'Agadir, de Tata à Taliwin, d'Amtoudi aux Ayt Bou Guemmez, enquêtant auprès des anciens, relevant les édifices, interrogeant la vitalité des pratiques conservatoires. Si les formes construites du grenier communautaire sont ici privilégiées, les autres patrimoines tangibles et intangibles, les légendes et traditions transmises oralement ne sont pas négligées. De multiples entretiens ont questionné la mémoire et l'oubli pour finalement esquisser ce qui fait l'identité des communautés berbères de l'Atlas.
    Les recherches se sont également appuyées sur des chantiers de réhabilitation de greniers, actions concrètes de sauvetage ou de développement culturel, menées par l'auteur et qui lui ont valu, notamment, de recevoir le Prix Jeunes Architectes, de la Fondation EDF.

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