Ronan Ludot-Vlasak

  • À la fois point d'origine fantasmé et horizon idéal, l'Antiquité classique revisitée par la jeune nation américaine offre à celle-ci un ensemble de modèles politiques, esthétiques et philosophiques censé garantir sa pérennité et attester son exceptionnalisme. Sous la plume de Melville, l'apparente homogénéité de ce bel édifice néoclassique devient un espace trouble et troublant qu'aucun dispositif ne peut constituer en lieu stable. Si les mondes gréco-romains ne prennent jamais la forme d'une langue familière chez l'écrivain, son oeuvre redonne en revanche à l'Antiquité son altérité et remet en question une filiation avec les Anciens allègrement revendiquée par les États-Unis. Loin de se constituer en grand récit des origines, l'Antiquité melvillienne se meut en une confrontation à un corpus et des espaces résolument autres. Échappant à la loi du propre, elle s'écrit à rebours de l'Amérique.

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  • Si science et littérature apparaissent aujourd'hui comme des pratiques étrangères l'une à l'autre, elles constituent deux formes de discours qui s'éclairent et s'interrogent mutuellement sur la scène culturelle et dans l'imaginaire de l'Amérique du XIXe siècle. Loin de considérer la littérature comme un simple reflet du contexte ou de la pensée de l'époque, cet ouvrage collectif explore les modalités selon lesquelles discours et objets scientifiques se trouvent captés, transformés ou subvertis par l'écriture littéraire. A une étude des sources cherchant à identifier la présence de débats ou de concepts scientifiques dans les textes de l'époque, ou à un travail contextuel analysant les prises de position d'auteurs américains sur la science et la technologie, on a préféré une approche qui se penche sur les significations de ces formes d'appropriation dans l'économie des textes étudiés - le « devenir littérature » de la science dans l'imaginaire américain. Les différentes études ici rassemblées se sont ainsi intéressées avant tout à cet autre que devient le discours scientifique une fois transformé par l'écriture littéraire. A travers l'étude d'auteurs marquants de la période (Poe, Melville, Thoreau, Brownson, Whitman, Muir, Howells et Crane), les quatre parties de l'ouvrage cherchent à dégager la diversité signifiante des usages du discours scientifique par les écrivains américains du XIXe siècle. La première envisage la science et la technologie comme objets poétiques, tandis que la seconde explore la perméabilité au discours esthétique d'écrits affichant des ambitions scientifiques. Une troisième section étudie la manière dont l'écriture littéraire recycle et subvertit des images et concepts issus des sciences expérimentales. Un dernier mouvement porte sur des textes interrogeant - parfois à leur insu - les limites de la science.

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