Seuil

  • L'empire des signes

    Roland Barthes

    • Seuil
    • 24 September 2015

    Publiée à l'occasion du centenaire de la naissance de Roland Barthes, cette édition reproduit à l'identique le livre paru chez Albert Skira, dans la collection « Les sentiers de la création » en 1970.Pourquoi le Japon ? Parce que c'est le pays de l'écriture : de tous les pays que l'auteur a pu connaître, le Japon est celui où il a rencontré le travail du signe le plus proche de ses convictions et de ses fantasmes, ou, si l'on préfère, le plus éloigné des dégoûts, des irritations et des refus que suscite en lui la sémiocratie occidentale. Le signe japonais est fort : admirablement réglé, agencé, affiché, jamais naturalisé ou rationalisé. Le signe japonais est vide : son signifié fuit, point de dieu, de vérité, de morale au fond de ces signifiants qui règnent sans contrepartie. Et surtout, la qualité supérieure de ce signe, la noblesse de son affirmation et la grâce érotique dont il se dessine sont apposées partout, sur les objets et sur les conduites les plus futiles, celles que nous renvoyons ordinairement dans l'insignifiance ou la vulgarité. Le lieu du signe ne sera donc pas cherché ici du côté de ses domaines institutionnels : il ne sera question ni d'art, ni de folklore, ni même de « civilisation » (on n'opposera pas le Japon féodal au Japon technique). Il sera question de la ville, du magasin, du théâtre, de la politesse, des jardins, de la violence ; il sera question de quelques gestes, de quelques nourritures, de quelques poèmes ; il sera question des visages, des yeux et des pinceaux avec quoi tout cela s'écrit mais ne se peint pas.

  • Marcel Proust

    Roland Barthes

    De son vivant, Roland Barthes a peu publié sur Proust : cinq textes ou articles - bien que ce fût sans doute, de son propre aveu, l'auteur qu'il aura le plus lu, dès l'adolescence et avec une importance encore accrue les dernières années, dans le deuil de sa mère morte en 1977, qu'il n'a cessé de mettre en écho avec la mort de la mère de Proust, en 1905.

    Car Proust est un puits sans fond, et une énigme qui garde tout son vertige. Il y a le passage de la mondanité à la retraite de l'écriture (le « ça prend »). Il y a la construction par blocs de la Recherche, son moteur narratif, sa géographie, sa profondeur historique, la mémoire involontaire, la préparation des personnages, les renversements d'optique, les distorsions des modèles, bref, toute une alchimie complexe, innovante, audacieuse, l'invention d'une forme.

    Barthes ouvre des pistes, prend des raccourcis, adopte, écarte, il offre une vision parfaitement moderniste d'un auteur extraordinairement moderne.

    On a regroupé ici les textes parus du vivant de Barthes, la transcription de trois émissions de France Culture, quelques inédits, quelques fragments d'un cours au Collège de France, et une importante sélection de fiches issues du « grand fichier ». Au fond, ce livre répare un manque. Le « Proust par Barthes » faisait défaut. Le voilà, scintillant, vibrionnant, séminal.

  • Le plaisir du texte

    Roland Barthes

    • Seuil
    • 1 February 1973

    Que jouissons-nous du texte ?
    Cette question, il faut la poser, ne serait-ce que pour une raison tactique : il faut affirmer le plaisir du texte contre les indifférences de la science et le puritanisme de l'analyse idéologique ; il faut affirmer la jouissance du texte contre l'aplatissement de la littérature à son simple agrément.
    Comment poser cette question ? Il se trouve que le propre de la jouissance, c'est de ne pouvoir être dite. Il a donc fallu s'en remettre à une succession inordonnée de fragments : facettes, touches, bulles, phylactères d'un dessin invisible : simple mise en scène de la question, rejeton hors-science de l'analyse textuelle.
    Roland Barthes

  • Essais critiques

    Roland Barthes

    Ces Essais critiques sont un pan essentiel de la réflexion de Roland Barthes sur le théâtre et la littérature. Des auteurs classiques, comme Voltaire ou Baudelaire, y rencontrent des modernes, comme Queneau ou Robbe-Grillet ; mais il ne s'agit ni d'un palmarès ni d'une galerie d'exemples : du combat brechtien à «l'activité structuraliste», en passant par la naissance du «nouveau roman», se dessine ici le tracé d'une des expériences intellectuelles exemplaires de notre époque, qui est la découverte et l'exploration - à travers les domaines privilégiés de l'écriture littéraire et du langage théâtral - de cet inépuisable empire des signes, où la pensée moderne mesure son espace et son pouvoir.Roland Barthes (1915-1980)Sémiologue, essayiste, il a été directeur d'études à l'École pratique des hautes études et a élaboré une pensée critique singulière, en constant dialogue avec la pluralité des discours théoriques et des mouvements intellectuels de son époque.

  • S/Z

    Roland Barthes

    S/Z Sous ce titre, ou ce monogramme, transparaît une nouvelle particulièrement énigmatique de Balzac : Sarrasine. Texte qui se trouve ici découpé en « lexies », stratifié comme une partition inscrite sur plusieurs registres, radiographié, « écouté » au sens freudien du mot.

    « Si l'on veut rester attentif au pluriel d'un texte, il faut bien renoncer à structurer ce texte par grandes masses, comme le faisaient la rhétorique classique et l'explication de texte : point de construction de texte: tout signifie sans cesse et plusieurs fois, mais sans délégation à un grand ensemble final, à une structure dernière. » R. B.



    Roland Barthes (1915-1980) Sémiologue, essayiste, il a élaboré une pensée critique singulière, en constant dialogue avec la pluralité des discours théoriques et des mouvements intellectuels de son époque, tout en dénonçant le pouvoir de tout langage institué. Il est notamment l'auteur du Degré zéro de l'écriture (1953) et de Fragments d'un discours amoureux (1977).

  • Ce que Racine exprime immédiatement, c'est donc l'aliénation, ce n'est pas le désir. Ceci est évident si l'on examine la sexualité racinienne, qui est de situation plus que de nature. Dans Racine, le sexe est lui-même soumis à la situation fondamentale des figures tragiques entre elles, qui est une relation de force.Le sexe est un privilège tragique dans la mesure où il est le premier attribut du conflit originel : ce ne sont pas les sexes qui font le conflit, c'est le conflit qui définit les sexes.Roland Barthes (1915-1980)Écrivain, critique, essayiste, Roland Barthes a élaboré une pensée critique singulière en constant dialogue avec les discours théoriques de son temps et en rupture avec les discours institués. La formidable querelle entre Anciens et Modernes qui suivit la publication du Sur Racine en 1963 atteste le rôle fondamental qu'il joua au sein des grandes ruptures opérées par la pensée contemporaine. Il est notamment l'auteur du Degré zéro de l'écriture (1953) et de Fragments d'un discours amoureux (1977).

  • L'aventure sémiologique

    Roland Barthes

    • Seuil
    • 1 October 1985

    " Il y a quelques jours, une étudiante est venue me trouver ; elle m'a demandé de préparer un doctorat sur le sujet suivant, qu'elle m'a proposé d'un air passablement ironique et cependant nullement inamical : critique idéologique de la Sémiologie.
    Il me semble qu'il y a dans cette petite "scène" tous les éléments à partir desquels on peut esquisser la situation de la sémiologie et son histoire récente : on y retrouve d'abord le procès idéologique que l'on fait souvent à la sémiologie..., ensuite l'idée que celui à qui cette étudiante s'adressait était l'un des représentants de cette sémiologie..., enfin, l'intuition que, dans le rôle de sémiologue quasi officiel qu'elle m'attribuait, il subsistait un certain tremblement, une certaine duplicité...
    /> : d'où la sorte d'amicalité légère dont cette scène pleine de coquetterie intellectuelle m'a laissé le souvenir. "

    Sur commande
  • Cy Twombly

    Roland Barthes

    De Cy Twombly, Roland Barthes capte la modernité telle qu'elle revisite toute une culture classique, grecque et latine, à travers des noms et des mots écrits sur la toile, ou des thèmes évoqués avec leur part d'énigme. Dans une analyse inventive et empathique, Barthes explore l'univers de Twombly, il déploie sa propre culture pour faire résonner celle du peintre américain installé en Italie, dans un art du fragment pratiqué par l'un et l'autre. Ces deux textes n'ont pas pris une ride et continuent d'éclairer l'oeuvre de Twombly.

  • Voici donc la critique au centre d'un débat singulièrement violent : les attaques dont, en France, « la nouvelle critique » vient de faire l'objet, ont pris l'allure d'un interdit collectif. A partir d'un certain nombre d'idées reçues, on ironise, on censure, on condamne. Cette activité négative est-elle cependant aussi innocente qu'elle le prétend ? Ne repose-t-elle pas sur des axiomes douteux ? des préjugés inavoués ? un langage qui trahit à la fois des résistances involontaires et une certaine gratuité de méthode ? Roland Barthes, dans une première partie, n'a aucune peine à démonter la mythologie dont l'ancienne critique use de façon courante.

    Cependant, que doit chercher aujourd'hui la critique ? La littérature moderne (depuis Mallarmé, Lautréamont, Rimbaud, Proust, Kafka...), les développements de la linguistique et de la psychanalyse, obligent à un nouveau langage : celui-là même qui parle du langage. On peut enfermer un texte dans une lettre morte et bornée quand, au contraire, le sens littéral ne vit que de l' ouverture symbolique dont il est la marque. Ce livre, loin d'être seulement une mise au point dans une querelle déjà périmée, veut éclairer le changement profond de notre culture par rapport à la question centrale de l'interprétation, et introduire à cette nouvelle histoire qui touche au passé comme à l'avenir : la science de la littérature, sa critique et sa lecture devenant ainsi trois aspects complémentaires d'un même acte de vérité.

  • «... Ce qui se perd dans la transcription, c'est tout simplement le corps - du moins ce corps extérieur (contingent) qui, en situation de dialogue, lance vers un autre corps, tout aussi fragile (ou affolé) que lui, des messages intellectuellement vides, dont la seule fonction est en quelque sorte d'accrocher l'autre (voire au sens prostitutif du terme) et de le maintenir dans son état de partenaire.

    Transcrite, la parole change évidemment de destinataire, et par là même de sujet, car il n'est pas de sujet sans Autre. Le corps, quoique toujours présent (pas de langage sans corps), cesse de coïncider avec la personne, ou, pour mieux dire encore : la personnalité. L'imaginaire du parleur change d'espace : il ne s'agit plus de demande, d'appel, il ne s'agit plus d'un jeu de contacts ; il s'agit d'installer, de représenter un discontinu articulé, c'est-à-dire, en fait, une argumentation.» R. B.

  • «Dans ces écritures neutres, appelées ici "le degré zéro de l'écriture", on peut facilement discerner le mouvement même d'une négation, et l'impuissance à l'accomplir dans une durée, comme si la Littérature, tendant depuis un siècle à transmuer sa surface dans une forme sans hérédité, ne trouvait plus de pureté que dans l'absence de tout signe, proposant enfin l'accomplissement de ce rêve orphéen : un écrivain sans Littérature»

  • «Le plaisir du texte, c'est ce moment où mon corps va suivre ses propres idées - car mon corps n'a pas les mêmes idées que moi.»

  • «Savoir qu'on n'écrit pas pour l'autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimer de qui j'aime, savoir que l'écriture ne compense rien, ne sublime rien, qu'elle est précisément là où tu n'es pas - c'est le commencement de l'écriture.»

  • «Si j'étais écrivain, et mort, comme j'aimerais que ma vie se réduisît, par les soins d'un biographe amical et désintéressé, à quelques détails, à quelques goûts, à quelques inflexions, disons des "biographèmes", dont la distinction et la mobilité pourraient voyager hors de tout destin et venir toucher, à la façon des atomes épicuriens, quelque corps futur, promis à la même dispersion.»

  • «Il est cependant un point où la Femme de Mode diffère d'une façon décisive des modèles de culture de masse : elle ne connaît pas le mal, à aucun degré que ce soit. Pour n'avoir pas à traiter de ses fautes, et de ses drames, la Mode ne parle jamais d'amour, elle ne connaît ni l'adultère, ni la liaison, ni le flirt : en Mode, on ne voyage qu'avec son mari.»

  • Dans la leçon inaugurale de cette chaire, on avait postulé la possibilité de lier la recherche à l'imaginaire du chercheur. On a souhaité, cette année, explorer un imaginaire particulier : non pas toutes les formes de «vivre ensemble» (sociétés, phalanstères, familles, couples), mais principalement le «vivre ensemble» de groupes très restreints, dans lesquels la cohabitation n'exclut pas la liberté individuelle ; s'inspirant de certains modèles religieux, notamment athonites, on a appelé cet imaginaire fantasme d'idiorrythmie. Beaucoup de matériaux qui ont servi au cours ont donc été empruntés au monachisme oriental, le corpus proprement dit restant cependant littéraire. Ce corpus a réuni (d'une façon évidemment arbitraire) quelques oeuvres documentaires ou romanesques, dans lesquelles la vie quotidienne du sujet ou du groupe est liée à un espace typique : la chambre solitaire (A. Gide, La Séquestrée de Poitiers) ; le repaire (D. Def?, Robinson Crusoé) ; le désert (Pallade, Histoire lausiaque) ; le grand hôtel (Th. Mann, La Montagne magique) ; l'immeuble bourgeois (Zola, Pot-Bouille).

  • Avant-propos d'éric Marty.Présentation et édition d'Anne Herschberg Pierrot.Nous poursuivons avec ce volume la publication des Séminaires de Roland Barthes.En 1972-1973, Roland Barthes devient peu à  peu l'objet de son propre enseignement et transforme parallèlement son séminaire en cénacle.
    L'année 1973-1974 est consacrée au chantier que constitue pour Barthes la rédaction de Roland Barthes par Roland Barthes, commande passée par les éditions du Seuil et destinée à  la collection « écrivains de toujours ».
    Cet exercice autobiographique revêtait une dimension particulière pour le sémiologue et ses lecteurs. Le livre paraïtra en 1975 et sera immédiatement un immense succès. On en trouvera dans le présent volume de nombreux fragments inédits.L'édition de ce séminaire, servie par un remarquable travail d'annotation, privilégie la lisibilité pour le lecteur d'aujourd'hui : allusions, raccourcis, etc. sont sytématiquement explicités. éric Marty, professeur de littérature contemporaine à  l'université Paris 7 Denis Diderot, écrivain, essayiste et critique, dirige l'édition des Séminaires de Barthes dont il est le meilleur connaisseur en France. Il est notamment l'auteur d'un Roland Barthes paru au Seuil en 2006.Anne Herschberg Pierrot est professeur à  l'université Paris 8. Elle a notamment réalisé l'édition des Carnets de Chine de Barthes parus chez Bourgois en 2009.

  • Journal de deuil

    Roland Barthes

    • Seuil
    • 4 March 2009

    L'endroit de la chambre où elle a été malade, où elle est morte et où j'habite maintenant, le mur contre lequel la tête de son lit s'appuyait j'y ai mis une icône - non par foi - et j'y mets toujours des fleurs sur une table. J'en viens à ne plus vouloir voyager pour que je puisse être là, pour que les fleurs n'y soient jamais fanées. Du 26 octobre 1977, lendemain de la mort de sa mère, au 15 septembre 1979, Roland Barthes a tenu un journal de deuil, 330 fiches pour la plupart datées, et constituées en un ensemble publié ici pour la première fois.

  • "du milieu de la tempête qui me déracine, me dépossède de mon identité, je veux parfois revenir à l'origine - à mon origine.
    Une pente invincible me fait glisser, descendre (je coule) vers mon enfance. mais la force qui produit ce souvenir est ambiguë: d'une part, je cherche à m'apaiser par la représentation d'un temps adamique, antérieur à tout souci d'amour, à toute inquiétude génitale, et cependant empli de sensualité, par le souvenir, je joue ce temps contre le temps du souci amoureux; mais aussi, je sais bien que l'enfance et l'amour sont de même étoffe: l'amour comblé n'est jamais que le paradis dont l'enfance m'a donné l'idée fixe."

  • ÿþAvant-propos d'Éric Marty.Présentation et édition de Claude Coste et Andy Stafford.Barthes choisit de travailler sur cette nouvelle de Balzac qu'il a découvert grâce à Georges Bataille et à un article du psychanalyste Jacques Reboul (" Sarrasine ou la castration personnifiée "). Ces notes de cours, qui se limitent à l'analyse du prologue de la nouvelle, conduiront à la publication de S/Z en 1970.Totalement inédites, elles permettent de suivre le cheminement créateur de Barthes (de l'enseignement au livre, de l'oral à l'écrit), l'élaboration d'une " méthode " (l'" analyse textuelle ", qui suit pas à pas les différents codes de la nouvelle) et le développement d'une réflexion sur la transgression, symbolisée par le personnage du castrat comme figure où s'abolissent toutes les différences (en particulier la différence sexuelle).Mais le séminaire confronte également Barthes aux événements de 68 (le séminaire s'interrompt le 2 mai). La séance de reprise en novembre 1968 correspond à une analyse des événements politiques, Barthes marquant ses distances par rapport au technocratisme et à la contestation étudiante.Les deux années de séminaires sont précédées par un avant-propos de l'éditeur général et une préface des deux éditeurs. Le volume est complété par le texte de la nouvelle de Balzac, les deux comptes rendus donnés par Barthes, deux index et une bibliographie.

  • Le degré zéro de l'écriture « C'est parce qu'il n'y a pas de pensée sans langage que la Forme est la première et la dernière instance de la responsabilité littéraire, et c'est parce que la société n'est pas réconciliée que le langage institue pour l'écrivain une condition déchirée. » Roland Barthes Roland Barthes (1915-1980) Intellectuel, écrivain et théoricien de la littérature, par la publication en 1953, de son premier livre, Le Degré zéro de l'écriture, il s'est imposé comme l'un des penseurs parmi les plus importants de la modernité.

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