Roger Sue

  • À l'image de La Peste de Camus, un virus invisible mais hautement contagieux, vient symboliser et stigmatiser une société malade de son chômage, de son économie, de ses élites, de ses institutions, de sa verticalité, sur fond de réactions et de manifestations citoyennes soutenues par l'opinion.

    La société civile s'est profondément transformée en quelques décennies, mais on s'est en général largement trompé sur le sens de cette évolution. Loin, très loin des clichés d'une société atomisée du repli sur soi, facilement manipulable. Avec l'entrée dans l'ère quaternaire, cette nouvelle société a développé une économie de la relation, du service, de la réciprocité, du «bon coin», de l'échange des connaissances et du bien commun qui sert de référence. C'est une articulation totalement nouvelle à laquelle le politique est resté sourd, ne répondant à aucune de ces aspirations à l'horizontalité, à une nouvelle citoyenneté et au renouveau démocratique.

    Face au risque totalitaire, la société civile doit se repenser comme corps politique, fondement du contrat social, et s'engager dans ses propres organisations, les fameux corps intermédiaires. Pour recréer un espace commun et redonner sens à une citoyenneté partagée, sans laquelle la démocratie vire à la tyrannie.

  • Une nouvelle société émerge qui remet en cause toutes nos valeurs dîtes modernes : le travail, le productivisme, la question démocratique et sociale, etc.

    Roger Sue analyse ici brillamment cette contre-société qui monte dans les esprits comme dans les faits. Car comprendre ce qui s'y joue, c'est ouvrir la voie qui fera de la contre-société d'aujourd'hui, la société de demain.

  • Nos gouvernements sont obnubilés par le travailler plus, le PIB, la croissance, la question de l'autorité. Et pourtant ces questions sont déjà dépassées. Car en effet ils sont restés sur la problématique des sociétés industrielles alors que nous entrons dans une nouvelle ère : la " société de la connaissance ".
    C'est par l'immatériel que nos sociétés vont se développer économiquement et socialement. Non simplement par la connaissance de soi, qui n'est pas nouvelle, mais par une transformation générale de notre rapport au monde, à nous-même, aux autres et à notre environnement. Cette société de la connaissance, c'est d'abord la production de la personne, la production de soi, et l'assemblage de nos individualités sensibles et créatrices. Chaque personne est singulière, chaque créativité apporte à la société. L'économie n'est plus fondée sur le travail reproductif comme dans les sociétés industrielles, mais sur la capacité de chaque individu à réaliser et à se réaliser. Le savoir ne se transmet plus le long d'une ligne hiérarchique, mais doit être capable de créativité, d'imagination, de relations. La plus-value devient culturelle, immatérielle, alors qu'elle était exclusivement matérielle. De même, la connaissance n'est plus exclusivement scientifique (même si la science en est une des composantes importantes, notamment avec le développement des biotechnologies) mais elle est également émotionnelle, sensible, artistique. C'est la multiplicité qui fonde la société, et non l'ordre par le haut ou un savoir absolu.
    Ce nouveau modèle de société va s'imposer. La priorité et l'urgence d'aujourd'hui sont donc de privilégier les investissements sur la santé, l'éducation et le bien-être, qui enrichissent les individus. Là exactement ou nos gouvernement serrent la ceinture. Ce nouveau modèle va s'imposer, car il correspond à une très forte demande sociale ; car il est le gage de la future production de richesses. Il est même voulu par les entreprises, qui, si elles revendiquent la diversité des compétences, ne savent pas encore la produire.

    C'est donc une véritable révolution, qui va modifier nos relations à l'apprentissage, au travail et à la production, à l'imagination et l'expression, à la santé, la politique. Tous ces changements dans la lignée de la substitution progressive d'une société hiérarchisée à une société d'intelligence collective et horizontale.
    Roger Sue analyse de manière remarquable cette mutation si peu évoquée dans son ensemble économique, politique, social. Il explique comment faciliter ce passage et évoque de nombreuses pistes intéressantes et novatrices : la nécessité d'un revenu minimum citoyen, le rôle essentiel des associations (formation, reliance aux autres...), une nouvelle forme de fiscalité et d'économie hors de l'alternative publique/privée, une nouvelle forme d'organisation du travail et de sa rémunération ou la création de services d'intérêt général indemnisé sur la base du volontariat, qui permettrait de dépasser le chômage et la précarité, et rendre notre démocratie plus participative... Bref, un nouveau type d'organisation socio-politique. Un livre essentiel donc, qui dessine ce que demain sera.

    Sur commande
  • Nos sociétés ne reconnaissent que les richesses produites par le marché et le travail.
    Elles ignorent le gisement d'une vie associative qui concerne pourtant, dans notre pays, un Français sur deux. Non productives, ces activités fondées sur l'échange réciproque, sur la relation à l'autre ? En réalité, leur rôle économique est fondamental dans les domaines qui sont désormais au coeur de la croissance : santé, éducation, action sociale, culture et loisirs.
    La mutation actuelle de notre société permet l'émergence d'une véritable économie de la personne, dans laquelle l'implication humaine jouera le premier rôle : les liens créeront plus de richesse que les biens...
    Et si les associations d'aujourd'hui étaient en passe de devenir les entreprises de demain ?

    Sur commande
  • Avons-nous vraiment perdu le sens de l'action collective, comme on le dit trop souvent ? Notre société n'est-elle plus qu'un conglomérat d'individus préoccupés par leurs seuls intérêts égoïstes ? Certainement pas.
    La myriade d'associations qui fleurissent dans tous les domaines l'atteste. Elles concilient liberté, égalité et souci d'autonomie. Elles mobilisent et rassemblent les énergies les plus diverses au service de causes et de projets qui servent chacun. La démocratie réelle s'invente sous nos yeux, en somme. Au XIXe siècle, les socialistes prônaient l'association. Mais le contexte ne leur était guère favorable.
    Tout a changé : l'association n'est plus une utopie, c'est une réalité vécue par beaucoup. Désormais, ce sont les discours et les institutions politiques qui sont en retard sur l'avancée de la société. Un siècle après la loi de 1901, Roger Sue propose une réflexion politique profonde sur ce que peut et doit être une société vraiment démocratique aujourd'hui.

    Sur commande
  • Quoi qu'on en dise, la crise du politique est moins l'effet d'une régression que d'une progression de l'exigence démocratique.
    La sphère politique est désertée pour la sphère civique. Les mouvements sociaux et citoyens sont en plein essor à travers le monde, et ont la faveur de l'opinion qui perçoit bien que là se joue en partie l'avenir de la démocratie. La montée en puissance du principe d'association est moins embryonnaire qu'on veut bien le dire et il n'est pas exclu que le succès des associations les plus contestataires (Attac, DAL, etc.
    ) ne finisse par entraîner une mobilisation plus générale, constituant la société civile en acteur politique majeur. C'est ce renversement majeur de la vie démocratique que l'auteur observe, pour mieux esquisser une citoyenneté comme " un art de gouverner comme d'être gouverné " et nous convier à un nouveau Régime du politique pour conjurer les dérives autoritaires, voire totalitaires.

    Sur commande
  • La societe contre elle-meme

    Roger Sue

    • Fayard
    • 2 November 2005

    Etonnant paradoxe : dans l'actualité, même les bonnes nouvelles se transforment systématiquement en mauvaises. Ce qui accrédite l'idée de déclin et de décadence, semblant appeler d'urgence un traitement de choc.

    Plusieurs grands dossiers, comme la mutation du travail, la recomposition du lien social ou encore la question démocratique, peuvent être revisités sous cet angle. Ainsi, la transformation de sociétés essentiellement fondées sur le travail en des sociétés plus libres et toujours plus riches devrait passer pour une bonne nouvelle. Nous avons réussi l'exploit d'en faire le grand mal du monde industrialisé, avec son cortège de chômage, de précarité et de misère. De même, un développement économique plus centré sur le capital humain, la formation, la santé, est porteur de nombreuses promesses. Or santé et formation n'apparaissent pas comme les ressorts d'une nouvelle croissance mais comme des charges budgétaires insupportables.

    Comment a-t-on réussi à transformer des solutions en problèmes ? Roger Sue propose un nouveau regard sur les causes de ce paradoxe, qui mêle retard culturel, absence de recul et de perspective historique, conservatisme politique et défense des privilèges des élites, que le discours de la peur ou la politique du pire semblent trop bien servir. Contre l'intérêt de la société elle-même.

    Sur commande
  • de toutes parts montent les discours de la peur, des peurs.
    peur de l'insécurité, de la précarité, du chômage. de la violence, de la marginalisation, d'être délocalisé. peur de l'ouvrier chinois, du plombier polonais, de son collègue de travail, du terroriste. peur aussi de ce que l'on mange, de ce que l'on boit, de son corps. peur du changement climatique. peur intime et peur publique. peur de tout. cette montée de la parole collective sur l'angoisse pourrait être positive : connaître et énoncer ses peurs, c'est déjà les combattre.
    il suffirait de changer de regard, de déchausser les lunettes de la morosité ambiante pour prendre une mesure apaisée des évolutions positives comme des risques encourus par nos sociétés contemporaines. or c'est tout le contraire qui se passe : loin de se réduire, nos peurs grandissent chaque jour un peu plus. pourquoi a-t-on tant de mal à les affronter, dans un contexte qui est loin de s'être autant détérioré qu'on voudrait nous le faire croire oe
    l'exploitation de l'angoisse rapporte, et parfois beaucoup, au sens propre.
    mais qui a intérêt à gouverner par la peur ? quelles formes de résistance et quelles alternatives peut-on y opposer oe

  • De gauche ?

    ,

    • Fayard
    • 22 April 2009

    Mai 2007: la gauche aurait dû gagner. la conjoncture s'y prêtait: croissance atone, chômage et sous-emploi, précarité et inégalités, insécurité sociale, morosité, immobilisme, sans compter l'usure du pouvoir à droite. elle était donnée gagnante, elle a perdu. au-delà des multiples raisons qui peuvent expliquer sa défaite, la gauche s'est enfin aperçue qu'elle avait cessé de penser depuis bien longtemps. à tel point que ce que signifie «être de gauche» pose de plus en plus question.
    Aujourd'hui, chacun en convient, il faut à nouveau labourer en profondeur et «revisiter les fondamentaux», réinterroger les paradigmes, faire retour sur le «logiciel» sans lequel il n'est pas de bon programme. refaire de l'histoire, sans quoi l'on n'écrira pas de nouvelle histoire.
    Le projet de ce livre est de partir de notions et de thèmes essentiels qui ont irrigué et porté la pensée et la culture de gauche - égalité, travail, croissance, richesse, démocratie, socialisme... -, de les resituer dans le contexte social, économique et politique d'aujourd'hui, d'en proposer une conception renouvelée et d'esquisser des pistes de réflexion, voire d'utiles propositions pour l'avenir. en procédant à l'examen de ces différents thèmes, en interrogeant leur actualité et leur avenir possible, c'est aussi un diagnostic pluriel sur notre temps que nous livrent les auteurs ici réunis.
    Cet ouvrage aux multiples entrées, qui se répondent les unes aux autres, se prête aisément à une lecture vagabonde, au gré de l'envie du moment, au fil des préférences et des interrogations. le temps de se forger sa propre opinion. à gauche?


    Ont contribué à cet ouvrage :

    Serge audier - geneviève azam - philippe chanial - pascal combemale - philippe corcuff - thomas coutrot - guillaume duval - francesco fistetti - jean-baptiste de foucauld - jean gadrey - guy groux - gérard grunberg - justine lacroix - christian laval - jean-louis laville - claude lelièvre - dominique méda - yann moulier boutang - bernard perret - dominique schnapper - jacques testart - irène théry - catherine wihtol de wenden - jean-pierre worms

empty