Roger Dadoun

  • Avec Dante, dressé face à l Enfer, faut-il dire : « Vous qui entrez dans ce monde-ci, laissez toute espérance » ? Notre monde, frontières abolies dans le bruit et la fureur, s impose à nous en gigantesque omnisphère, qui ingère tout, exténue tout repère - se règle et se dérègle au rythme d un temps qui brûle les étapes, largue l homme claudiquant à la traîne. En dépit d inventions majeures, l homme d aujourd hui subit toujours affres et convulsions, legs d un sanglant XXe siècle. Roger Dadoun en prend acte, avec passion et lucidité, pour analyser les agressions et limites - violences, harcèlements, incertitude, souffrances, « vie et mort » - auxquelles chacun se trouve confronté dans son existence quotidienne. Contre terreurs et menaces, il ménage une place, insolite et superbe, à des notions devenues obsolètes telles que sérénité, utopie, tendresse. Il emprunte à Pelloutier, fondateur des Bourses du Travail, ce projet véritablement vital, éthique et politique à la fois : être « les amants passionnés de la culture de soi-même ».

  • Argent-Dieu-TV - triangle symbolique et concret pour une télévision d'épate et d'avilissement qui exploite et rabat le miracle du ciel sur la terre : ouvrir une boîte (Pont d or), tourner une roue (Fortune), dire un mot un chiffre un nom (Sésame), et voici que tombe sur têtes en extase devant un public de croyants-voyants exultants la manne des euros. Main basse sur toutes émissions « people » ou autres, les « producteurs-animateurs-présentateurs », « icônes » des temps modernes, font toujours plus fort dans le vulgaire, l'hilare et le vorace. Journalistes et chroniqueurs, petits malins à haut caquet, courent après tout ce qui renomme et rapporte. Le bouvard-et-pécuchet pullule, l'ignare se pavane, la frime triomphe. Le monopole de l'imaginaire, lié au détournement des savoirs et au trafic d informations, est chasse gardée pour l'obscène alliance entre patrons de chaînes (Fric), politiciens (Pouvoir), barons de production (Carrière), et cercles tournants de petits maîtres serviles agglutinés autour de « têtes » et « stars » préfabriquées. Le « peuple des télécommandés », ébaubi, gobe pour la gloriole éphémère et les durables profits cumulés des maîtres en décervelage et forgerie de l'image.

  • L'érotisme expose et fait exploser la sexualité dans toutes ses dimensions, de l'obscène au sublime.
    Picasso proclame : « l'art et le sexe, c'est la même chose ». Duchamp monte d'insolites mises à nu sous le signe de Rrose Sélavy (Eros, c'est la vie). Jérôme Bosch exalte et torture les corps pour composer un art d'aimer édénique. Ingres, Bonnard, Michel-Ange et autres chantent une chair que Schiele décharne jusqu'à l'os et que Klimt couvre d'or. Sade pousse Eros vers l'horreur, Fourier promet un Nouveau monde amoureux où « chacun a raison en amour », Le Surmâle de Jarry brûle d'amour, et Kubrick dit son dernier mot : « Fuck ! » Des Vénus callipyges aux hardeurs du porno, Roger Dadoun relève le paradoxe d'un érotisme universel qui fait de chaque individu un être unique.

  • « On a vu combien, à se vouloir maîtresse unique de la totalité du Monde ou à s'imaginer, concubine altière, édicter la loi et la fin de l'Histoire, la Raison s'affole et s'égare. Il faut, c'est une nécessité vitale, qu'elle retrouve ses esprits, son esprit, et il suffit pour cela qu'elle se considère elle-même, que, vraiment, elle se raisonne. Alors naît cette Raison Ironique qu'ici nous invoquons, pour nous être la compagne à nulle autre pareille dans la résistance aux frénétiques emportements et aux abêtissements mous dont ces temps nous accablent. Raisonnante Ironie, son lumineux regard est requis pour ces quelques textes, hier éparpillés, aujourd'hui assemblés sous sa gouverne. Elle, ou d'elle l'ardent désir, soutient ces essais d'"anthropologie allégée" qui célèbrent le "n'être", la nuit, Babel, la vieillesse, l'ivresse sexuelle. Violence politique et abîme du Sphinx les cernent d'un trait noir - que repousse la noire candeur d'une "nouvelle anarchie". » R.D.

  • Sigmund Freud

    Roger Dadoun

    Après un quart de siècle consacré à des recherches en neurophysiologie qui lui valent une renommée internationale, Sigmund Freud, en un geste audacieux de rupture, s'engage dans cette étrange autoanalyse qui lui fait inventer la psychanalyse - sur la base d'un examen de ses propres rêves et d'une perception singulière des hystéries et des névroses.
    À vocation clinique, la pensée freudienne se fixe pour tâche d'explorer tous les domaines de la condition humaine : érotique, onirique, esthétique, mais aussi anthropologique, esquissant au passage la possibilité d'une psychanalyse politique.
    Roger Dadoun présente le « roman intellectuel » de ce savant qui, longtemps seul, regroupa autour de lui une « horde sauvage » et étendit son emprise bien au-delà de son cabinet. Ainsi se donne à voir le médecin, penseur, humaniste, libérateur, théoricien de la sexualité et de la pulsion de mort, chasseur d'illusions, confronté à l'« inquiétante étrangeté » du monde contemporain.

  • Découvrir et appréhender la caractérologie.

    "Nous sommes tous des caractères" : c'est une donnée incontestable. Les caractères se composent des trois facteurs humains constitutifs de notre vie : Emotivité, Activité, Temps ou Durée. Ils concernent et englobent toute la réalité de l'homme : chacun est plus ou moins émotif, plus ou moins actif, plus ou moins sensible au temps ou à la durée. Ces trois facteurs fondamentaux produisent les huit caractères qui fondent la caractérologie : passionné, colérique, flegmatique, sanguin, sentimental, nerveux, amorphe, apathique.
    Toujours utilisés, ces types demeurent pourtant approximatifs, voire discutables. Il importe donc d'envisager la caractérologie dans son ampleur et sa puissance : elle se préoccupe, dans un esprit humaniste, de la qualité et de la vitalité des êtres humains définis comme des individus égaux à la portée universelle.
    La caractérologie ne se limite pas à des traits de caractère. Sa fonction fondamentale est, pour tous, de trouver ouverture et liberté.
    Prônant la connaissance de soi et la connaissance d'autrui, elle reconnaît chacun comme un être humain, dans sa plénitude et sa valeur essentielle. Construire son caractère, c'est maîtriser son émotivité, son activité, son temps. La caractérologie se donne pour tâche de restituer à chaque individu son être intime et profond, son être social et raisonné. Dans l'ère insensée où nous sommes, une voie caractérielle est tracée, distincte pour chacun, commune pour tous : vitale, minimale, individuelle, universelle, concrète - il n'y en a pas d'autre.

  • On préfère croire en général que la vieillesse est l'âge du repos, de la retraite, et parfois, par excès d'optimisme, de la sagesse. Que nenni, nous dit Roger Dadoun, qui voit dans la vieillesse un âge agonique (du grec agon, « combat », mais aussi « jeux »). À savoir un âge de lutte incessante, en proie à la violence du temps, de la mort pour unique horizon, du corps, affecté de troubles et impotences, de la société qui exclut les improductifs et enfin de l'âme, rongée par la solitude, les souvenirs et les remords.
    Contre ces terribles perspectives, l'auteur dresse une galerie de portraits d'octogénaires auxquels le grand âge a donné une nouvelle vigueur et une ardente liberté de création.
    Parmi ceux-là Freud, père de la psychanalyse ou Duchamp, inventeur de l'art moderne.
    Sont convoquées à la rescousse : la Bible (et l'emblématique «Booz endormi» de Hugo), le bouddhisme, le Roi Lear de Shakespeare ou le Faust de Goethe...
    Dans un éventail varié d'analyses et sur fond de psychanalyse, paléontologie, poésie, philosophie, art et politique, Roger Dadoun envisage une entrée combative et ludique du grand âge sur la scène de l'histoire et des luttes contemporaines.
    Avec une verve insolente et une érudition à toute épreuve, Roger Dadoun bouscule pas mal d'idées reçues sur le troisième âge (voire le quatrième !), se confronte aux tabous qu'il engendre et démasque surtout l'hypocrisie de la société actuelle et particulièrement du gouvernement à l'égard d'une partie de la population amenée à prendre une place croissante dans la société contemporaine. Une lecture roborative et d'une étonnante fraîcheur d'être.

  • « mettre à nu : avec son nu descendant un escalier, sa mariée mise à nu, l'immense étant du nu d'étant donnés, avec ses sculptures érotiques, ses ready-mades, ses dessins et aphorismes, marcel duchamp donne au nu toute sa puissance d'énigme, son énergie de jouissance, sa visée de vérité. rrose sélavy, "éros c'est la vie" : la simple, ludique, gracieuse et dense formule de duchamp suffirait peut-être, prise à la lettre mais en tous ses éclats, à éclairer les mauvais jours d'aujourd'hui. »roger dadoun

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  • C'est de plein droit et sans complexe que l'on recourt, pour explorer l'univers du cinéma, aux incomparables et sûrs instruments que nous propose la psychanalyse : conception d'un inconscient énergique et omniprésent, pulsion sexuelle, pulsion de mort et pulsion d'emprise, projection et identification, structures de pouvoir, etc.
    En retour, les grands films offrent aux développements de la psychanalyse un matériau d'une inépuisable et délectable richesse, où la jouissance du voir accompagne l'intensité du sentir, stimule et aiguise la compétence du penser. terribles enfants jumeaux du siècle, le cinéma et la psychanalyse ne laissent pas, lors même qu'ils le refoulent, de réclamer et de vouloir inclure ce tiers fuyant, cette autre puissance, le politique - rendu présent ici dans les quelque quarante films traités et analysés comme autant d'" études de cas ".
    A la fois vaste échafaudage d'illusion et recherche obstinée de la vérité, cinéma, psychanalyse et politique marquent de leur exercice solidaire, conflictuel et créateur l'effort séculaire de l'homme pour comprendre sa condition et l'exprimer en formes, images, actions et pensées illuminatrices.

  • Sous le tableau du peintre suisse allemand Arnold Böcklin (1827-1901), L'Ile des Morts, peint en cinq versions de 1880 à 1886, ont défilé d'innombrables amateurs aussi illustres que redoutables : Lénine à Zurich dormait sous une reproduction de l'oeuvre ; Hitler, fou de Böcklin, avait acheté aux enchères une des versions ; une photo de 1940 le montre discutant sous le tableau avec Molotov ; Clemenceau avait une reproduction dans son bureau, tout comme Freud, qui associe L'Ile des Morts à l'Ile du Diable où Dreyfus condamné est envoyé.
    Dalf exécute un tableau combinant l'Ile de Böcklin et L'Angélus de Millet, deux des oeuvres les plus populaires du XIXe siècle ; Strindberg écrit un fragment dramatique, Zélazny un roman de science-fiction, et Mark Robson réalise un film, avec Boris Karloff - qu'ils intitulent, tous, L'Ile des Morts... Et combien d'autres encore qui croisèrent et croisent encore au large de cette Ile emblématique, tentant de percer son mystère.
    Quel mystère ? Le plus banal, le plus scandaleux, le plus effrayant de tous : la mort. Dans son dense essai sur le tableau de Böcklin, Roger Dadoun s'attache, sous le signe de ce qu'il nomme la Psychanalysis (psychanalyse, mythologie et esthétique combinées), à interpréter les différents signes, figures et structures de l'oeuvre, à suivre le travail de la pulsion de mort, à cerner les " ombilics du rêve ", et à distinguer ce qu'une oeuvre aussi universelle peut apporter à l'interrogation que tout être humain se pose sur son existence et son destin.

  • L'oeuvre de Wilhelm Reich (1897-1957) demeure une référence indispensable pour affronter les graves crises qui secouent les sociétés contemporaines.
    Il a enrichi la doctrine freudienne d'idées neuves sur le corps sexuel et l'économie libidinale, ainsi que sur la structure du caractère. En outre, Reich a mené une réflexion aiguë sur le pouvoir et les rapports entre chefs et masses, dont il a mis au jour les ressorts inconscients et les forces pulsionnelles (Psychologie de masse du fascisme, " Petite Bibliothèque Payot " n°344).

  • « Comme un médecin qui a eu une pratique de beaucoup d'années et de beaucoup de clients, parcourant à la fin de sa carrière le journal qu'il en a tenu, en tire quelques cas qui lui semblent instructifs, de même j'ai ouvert mon journal, c'est-à-dire mon dictionnaire, et j'y ai choisi une série d'anomalies qui, lorsque je le composais, m'avaient frappé. [...] Ce n'est point un traité, un mémoire sur la matière, que je compte mettre sous les yeux de mon lecteur. C'est plutôt une série d'anecdotes ; le mot considéré en est, si je puis ainsi parler, le héros.» « DEMANTELER. Au XVIe siècle, démanteler a le sens propre d'ôter le manteau, à côté du sens figuré : abattre les remparts d'une ville. Aujourd'hui l'usage n'a conservé que le sens figuré. C'est vraiment une métaphore ingénieuse d'avoir comparé les remparts qui défendent une ville au manteau qui défend l'homme des intempéries. Honneur à ceux qui savent faire du bon néologisme ! »

  • ierre Kropotkine (1842-1921), est l'un des trois théoriciens les plus connus de l'anarchisme avec Max Stirner et Michel Bakounine.
    Issu de la haute noblesse moscovite, il intègre l'armée à partir de 1857 et est affecté, comme officier des Cosaques, en Sibérie. À partir de 1867, il quitte l'armée pour faire des études de mathématiques et de géographie à l'université de Saint-Pétersbourg. Il publie plusieurs travaux sur l'Asie septentrionale et explore la péninsule scandinave. Dès 1872, il fait partie de la fédération jurassienne de la Première Internationale. Il repart à Saint-Pétersbourg où il mène une activité de militant clandestin. Il est emprisonné en 1874 et s'évade deux ans plus tard. Il se réfugie alors en Grande-Bretagne puis revient en Suisse, reprend son activité militante et publie plusieurs ouvrages politiques. Il fonde en 1879 le journal Le Révolté et est arrêté à nouveau en 1883 à la suite des grèves des soieries lyonnaises. Il est détenu à Lyon et amnistié en 1886, grâce à l'intervention, en particulier, de plusieurs personnalités dont Victor Hugo. Il s'installe alors en Angleterre et publie différents ouvrages de géographie et de politique. Son ouvrage L'entraide, un facteur d'évolution en fait un scientifique internationalement respecté. Il collabore notamment à la Géographie Universelle d'Élisée Reclus ainsi qu'à la Chambers Encyclopædia et à l'Encyclopædia Britannica. En 1916, la signature du « manifeste des 16 » lui vaut de la part de ses anciens amis le petit nom d'« anarchiste de gouvernement ». Il retourne en Russie en 1917 et refuse un poste de ministre, proposé par Aleksander Kerenski. Il prend une attitude critique vis-à-vis du pouvoir bolchévique notamment de la personnalité de Lénine et des méthodes autoritaires de la nouvelle URSS.
    Son enterrement constitue la dernière manifestation publique anarchiste en URSS, le 13 février 1921.
    Le thème central de ses nombreux travaux est l'abolition de toute forme de gouvernement en faveur d'une société qui puisse être exclusivement régie par les principes d'entraide et de coopération, sans avoir recours à des institutions étatiques. Cette société idéale (cf. communisme anarchiste ou anarcho-communisme) serait alors le dernier pas d'un processus révolutionnaire qui passerait avant par une phase de collectivisme (le collectivisme libertaire).
    En ce qui concerne L'esprit de Révolte, petit texte publié en 1881, Kropotkine développe une théorie de l'Histoire en rupture avec les thèses hégélienne et marxiste. En s'appuyant sur l'analyse de la Révolution française de 1789, il considère que les acteurs majeurs et décisifs de cet événement sont les « petites gens ». Ainsi, ce ne sont pas les élites bourgeoises et cultivées qui bouleversent le cours ordinaire des choses mais bien les gens du peuple, qui, par esprit de révolte, développe sans stratégie établie un activisme révolutionnaire qui conduit aux changements profonds. L'agitation préalable et nécessaire avant que les conditions de la révolution soient arrivées à maturité est initiée et entretenue par les grandes masses. Les années qui précédèrent 1789 virent une multiplication des pamphlets, libelles, brochures ou plus simplement encore, afin que tous comprennent, de dessins caricaturant les moeurs de la cour de Louis XVI, ceux-ci se révélèrent être des armes de propagande extrêmement efficaces qui « contaminèrent » la plus grande partie de la population, alimentant ainsi la colère sourde des gens maltraitées.
    En quelques pages, Kropotkine propose donc un manuel théorique de la révolution, de ses acteurs et des moyens nécessaires à son épanouissement.
    L'ensemble sera précédé d'une préface de Roger Dadoun, philosophe, professeur émérite de l'université de Paris VII, spécialiste des idées libertaires et anarchistes.

  • La loi instituant la séparation des Églises et de l'État est adoptée le 9 décembre 1905. Trois ans auparavant Émile Combes, adversaire résolu de la religion, est porté au gouvernement. Combes déclare vouloir mener une politique «?énergique de laïcité?». Il interdit d'enseignement les congrégations le 7 juillet 1904, ouvrant ainsi la voie à une laïcisation complète de l'éducation, mais créant également de fortes divisions au sein de la société française, pour partie toujours encline à vouloir rester sous l'autorité de l'église catholique.
    C'est dans ce contexte idéologique très tendu qu'Anatole France publie L'Église et la République en 1904, soit un an avant le vote de la loi.
    A l'heure où la France s'interroge à nouveau sur la place que doit occuper le religieux dans l'espace public, et parce que nous sommes indiscutablement dans un moment périlleux où la religion s'immisce de manière spectaculaire et violente dans la sphère politique, il est utile de relire ce texte fondateur qui illustre combien la sécularisation de notre société s'est accomplie dans un climat politique et social souvent très conflictuel, mais a aussi défini avec force la nation française au XXe siècle, revendiquant une laïcité active et vigilante

  • Léopold von Sacher-Masoch (né en Autriche en 1835 et mort en 1895) est l'auteur de la célébrissime Vénus à la fourrure (publiée en 1870). Son oeuvre s'organise par cycles : elle compte des romans - certains connurent un réel succès tant en Amérique qu'en Europe, comme La femme divorcée -, des contes : galiciens, juifs, hongrois, prussiens, etc., dans lesquels se mêlent folklore, histoire, politique, mysticisme, érotisme, perversion et autre flagellation. Lui-même aimait jouer à l'ours, au bandit, il ne négligeait pas non plus de se faire attacher, dominer, humilier par des femmes aimées, en fourrure et maniant le fouet. Le tout réglé par des contrats dûment paraphés par les deux parties.
    Prostituer la femme élue ne le rebutait pas non plus : une étrange aventure avec son épouse Aurore Rümelin (dite Wanda, prénom de l'héroïne de la Vénus) le mène près de celui que l'on croit être Louis II de Bavière. Quoi qu'il en soit son nom reste indissolublement attaché, à son vif déplaisir, à une perversion répertoriée sous le terme de masochisme forgé par le docteur Richard von Kraft-Ebing dans son très fameux livre Psychopathia Sexualis (publié en 1886). Sacher-Masoch fut un auteur à succès. Il fit un triomphe à Paris en 1886 où il fut décoré, honoré par Le Figaro et La Revue des Deux Mondes.
    Les contes ici publiés tracent quelques figures légendaires de femmes, cruelles et dominatrices. Eau de jouvence met par exemple en scène la sanglante comtesse Bathory. L'ensemble est précédé d'un étonnant et virevoltant Éloge du masochisme par Roger Dadoun.

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