Rodolphe Christin

  • Le tourisme est la première industrie mondiale, même s'il est pratiqué par seulement 3,5 % de la population... Un luxe réservé aux occidentaux qui, depuis l'avènement des congés payés, ont intégré « un devoir d'ailleurs et de loisirs ». Mais qui n'a pas senti ce malaise, dans une boutique de souvenirs ou sur une plage des Caraïbes couvertes de baigneurs blancs ? Car même les mieux intentionnés des voyageurs contribuent malgré eux à la mondophagie touristique. Et rien ne semble pouvoir arrêter cette conquête démesurée des quatre coins du monde : ni la pollution qu'elle impose, ni la disparition des spécificités culturelles qu'elle vient niveler et encore moins la conscience de l'Autre qu'elle réduit à une relation marchande. Pouvons-nous nous évader du tourisme ?

  • Le tourisme a connu un essor important ces dernières décennies, même si cette activité n'est pratiquée que par une infime partie de la population mondiale. Un secteur d'activité qui n'est pas sans effets délétères sur les populations, les paysages, les territoires, même dans ses incarnations les plus « vertes » et « responsables ». Est-ce à dire qu'il faudrait dans ces conditions aller jusqu'à cesser de voyager?
    C'est à cette vaste réflexion que nous convie Rodolphe Christin dans ce court et percutant essai dans lequel il tente de montrer que « le voyage est par-dessus tout un acte de l'esprit, une expérience particulière de la pensée et du corps. Autrement dit, une certaine expérience du monde que les infrastructures touristiques mettent à mal et qu'il conviendrait cependant de sauver ».

  • Avec huit romans écrits de la main d'un maître qui détestait les tyrans, Albert Cossery fit peu de bruit malgré son goût prononcé pour la fête. Venu d'Égypte, il s'installe à Paris après-guerre où il fréquente la bohème intellectuelle et artistique du quartier de Saint-Germain-des-Prés. Il y mène une vie proche de celle qu'il exalte dans ses récits réjouissants où l'on découvre les aventures hautes en couleur des gens de peu du Proche-Orient : traîne-savates, sans-le-sou, vagabonds, prostituées, lettrés inadaptés, ascètes et saltimbanques... La frugalité joyeuse de ses personnages, pleins d'humour et de sagesse, subvertit sans cesse l'absurdité du mode de vie occidental contemporain.
    D'ailleurs, Cossery disait écrire « pour que quelqu'un qui vient de me lire n'aille pas travailler le lendemain ».
    En déshabillant les rois imposteurs et en faisant l'éloge de la paresse, ce « Voltaire du Nil », comme on l'a qualifié, magnifie l'aristocratie des moins que rien qui hantent les ruelles en riant, libres de toute possession.
    Au-delà d'une réflexion sur l'oeuvre d'Albert Cossery, ce livre invite à s'affranchir de la société matérialiste en conjuguant sous toutes ses formes le refus de parvenir, pour trouver, dans la simplicité et le détachement, d'autres manières de vivre.

  • Une critique implacable du tourisme, abordé dans ses différentes dimensions (management et folklorisation du monde, impératif de mobilité, etc.). La puissance d'enchantement de l'industrie touristique repose sur sa capacité à faire oublier son caractère précisément industriel, par conséquent soumis aux règles d'un productivisme et d'un consumérisme sans frontières. Afin d'étendre le marché, la massification du désir touristique s'appuie sur la diffusion d'un.

  • Lorsque Rose Duret essaya d'ouvrir la porte du cabinet Atletica Management, elle s'étonna de la trouver fermée à clé. Cela signifiait qu'elle était la première, ce qui était à proprement parler exceptionnel. Elle devait chaque matin conduire son fils à l'école ; il était entré en cinquième cette année. D'habitude Marc arrivait toujours le premier. Cette réalité était devenue une vérité depuis que sa femme et lui s'étaient séparés. Peut-être s'ennuyait-il plus fort depuis, si bien qu'il avait décidé de s'investir davantage dans son travail. Il s'agissait simplement d'une hypothèse, d'une hypothèse plausible mais non vérifiée. Car après tout Rose ne connaissait pas les détails de la vie privée de son collègue, au point de pouvoir en déduire des certitudes.
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  • Après le monde

    Rodolphe Christin

    • Croquant
    • 13 February 2014

    Chargé d'une mission d'investigation par-delà les bornes de la vie et de la mort, un scribologue à l'esprit dérangé dresse, sous nos yeux inquiets, la carte d'un monde entièrement sous contrôle et pourtant lancé sur la pente de sa désagrégation. Dans ce monde irréel, nous croisons des personnages poétiques et déjantés : le migrant Salmon Fish qui, après une longue traversée en pirogue, se voit accueillir par des hommes en uniformes puis mis dans un camp dans l'attente d'un avenir incertain ; le sergent Mabitetmonkouto, un guerrier solitaire et fou ; une femme mystérieuse sortie sans doute d'un roman de Volodine, Mishamita Olianov ; un patrouilleur des côtes amoureux de la mer, du vent et d'une prostituée adepte de la méditation zen.
    Ce roman hors norme est le récit d'un voyage forcé à travers l'espace, les psychismes et le temps. Il nous conduit aux quatre coins d'un monde partout profané. Les îles du Grand Nord et le vaste océan abritent-ils les dernières issues possibles ? Sans jamais se départir d'un humour caustique et d'une langue inventive, Rodolphe Christin interroge le devenir du monde. Avec ce roman, résultat d'un imaginaire dévergondé, il ne s'est probablement jamais approché aussi près de la face obscure, et parfois absolument belle, de la réalité.
    Ce road-movie d'anticipation dresse le portrait d'une époque perturbée qui pourrait dériver de la nôtre tant les ressemblances sont troublantes.

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  • L'individu, pour se libérer, doit s'ouvrir à la totalité de ce qui existe. Le voyage porte en lui les germes d'une libération ; il dégage une puissance émancipatrice, peut changer les perspectives, initier un autre rapport au monde. Victor Segalen, Jack Kerouac, Jack London, Henry David Thoreau, Blaise Cendrars et Nicolas Bouvier, entre autres, ont arpenté et conté le monde, ouvert des chemins, percé des secrets et tenté de sortir des conditionnements que chaque culture entretient à l'usage de ses membres.



    Aujourd'hui le voyage est devenu un produit de consommation comme un autre. Le productivisme a développé ses propres méthodologies pour modéliser les espaces et les esprits, domestiquer le sauvage, dresser l'insoumis, développer l'indigène au nom de la « civilisation » et du « progrès».

    Le voyage demeure pourtant l'un des meilleurs moyens de se risquer à vivre autrement, de revisiter la normalité, de s'affranchir des images préfabriquées qui façonnent le monde dit « réel », de sortir de l'indifférence généralisée. Au coeur du Système, il peut être source d'autonomie créative et de résistance à toute domination. Il peut également permettre de vivre enraciné dans l'univers et de porter enfin attention à autrui, quelles que soient sa culture et sa couleur de peau.

  • Ce livre, en dépassant le clivage entre tourisme et voyage, trouve origine dans un constat : celui de l'émergence multiforme d'un désir nomade traversant nos sociétés. A partir de ce point de départ, l'auteur chemine à l'intérieur du voyage. Il montre l'existence d'un imaginaire anthropologique faisant l'éternelle jeunesse de l'expérience exotique, et ce malgré sa généralisation contemporaine.

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  • La vie au travail

    Rodolphe Christin

    • Croquant
    • 27 October 2007

    La vie au travail...
    à moins que ce ne soit, plutôt, le travail ou la vie ? Bien sûr cette préoccupation, à l'heure du " travaillez plus pour gagner plus ", paraîtra saugrenue. Telle est la question pourtant. Et c'est peut-être aussi la vôtre. Avoir du travail ou ne pas en avoir, être employé ou pas... Ce souci, efficacement diffusé, bouscule ce destin collectif que serait le travail, dont l'évidence vient régulièrement à manquer.
    Ce pivot existentiel s'effrite, laissant démunis ceux - nombreux - pour qui le travail est le centre du monde, le coeur de la vie. Cette question préoccupe autant le quidam que ces personnages qu'on dit importants, comme si leur nature dépendait de leur statut professionnel. Une prétendue nature estimée à l'aune de la reconnaissance économique et symbolique, l'une voguant avec l'autre sur les vagues de la société de marché.
    C'est que le travail prétend à tout, y compris à nous faire vivre en nous usant chaque jour un peu. Si le travail est la santé des uns, certains se tuent à la tâche. D'autres encore cherchent l'emploi qui leur manque ou bien apprennent à vivre avec moins. Autour du travail, selon toute vraisemblance, des mutations sont en cours. En associant les images et les mots, ce livre entend mettre en perspective cette banalité que serait le travail.
    Et le remettre en question, parfois avec un brin de provocation.

  • Si le titre pose la question de manière aussi abrupte, c'est que nous souhaitons bousculer le consensus dont bénéficie le tourisme, non seulement parmi l'opinion publique et les professionnels du secteur, mais aussi chez ceux qui semblent a priori les mieux placés pour résister aux diverses mystifications de la communication touristique. Chercheurs, militants et esprits critiques ne sont eux-mêmes pas insensibles aux sirènes du tourisme ! Le tourisme, partie prenante de l'industrie du divertissement, ne contribue-t-il pas à nous faire accepter le monde tel qu'il va ? L'imaginaire touristique dessine un univers séduisant, à tel point qu'il généraliserait la croyance dans une utopie enfin réalisée. Les lieux sont toujours beaux et confortables, les populations accueillantes, la nature préservée, et nous mènerions là-bas, durant le temps idéalisé de nos vacances, une existence assurément plus libre et détendue. Le paysage enchanteur de la communication touristique est d'ailleurs si généralisé que certains touristes sont soucieux de sortir du cadre. Quittant les lieux communs du tourisme, pris de culpabilité ou/et saisis par le désir de distinction, les voilà qui s'en vont visiter les lieux en guerre, ou bien multiplient les séjours " humanitaires " ou " équitables " auprès des pauvres de ce monde... La bonne conscience colle aux semelles des acteurs du tourisme, toujours prêts à mêler affaires, divertissement, esprit de découverte et intentions généreuses. Il est temps de réveiller le touriste qui sommeille en nous ! En réunissant chercheurs, universitaires, intellectuels francs-tireurs et praticiens-voyageurs distanciés, l'objectif de ce livre est de pousser le tourisme dans ses retranchements en auscultant ses horizons, afin d'imaginer de nouvelles manières de découvrir le monde...

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  • Voyager a-t-il encore un sens ? Qu'y a-t-il dans le voyage qui le rende à la fois fascinant et mystérieux ? En ce siècle de tourisme de masse et de mise en réseau, l'auteur exalte le sentiment d'émerveillement et de découverte, qui donna tant de beaux textes d'explorateurs, présents au fil des pages. Il mêle réflexion théorique et récits de voyage, entrelaçant ses analyses à des souvenirs de jungle amazonienne et de steppe mongole. Sociologue vagabond, Rodolphe Christin ne cesse de traquer, en lui-même et au bout du monde, l'essence du voyage. Dans ce livre, il développe sa réflexion sur le voyage, qui apparaît comme une méditation sur la nature, le devenir et l'Autre. Entre l'essai théorique et la méditation poétique. L'ouvrage comportera des illustrations à la pointe.

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