Roberto Esposito

  • Venue du droit, la notion d'immunité occupe une place centrale en médecine. Tout comme le système immunitaire du corps humain protège l'organisme contre les incursions mortelles de virus, la loi garantit la survie de la communauté dans une situation la mettant en péril. Le droit protège et prolonge la vie. Mais comme le corps individuel, le corps collectif ne peut être immunisé contre le danger qu'en permettant à une certaine quantité de ce qui le menace d'y pénétrer. Pour échapper aux griffes de la mort, la vie est obligée d'incorporer en elle un principe mortel et de créer des anticorps. Le commun ne peut être préservé que s'il intègre en son sein un corps étranger, qui l'expose à un risque permanent.

    Dans ce livre, qui mêle les lexiques juridique et politique à ceux de la théologie, de l'anthropologie et de la biologie, Roberto Esposito propose une analyse de la biopolitique contemporaine d'une extrême actualité. Aujourd'hui, les processus d'immunisation comme la demande de vaccination - mêlée de crainte - caractérisent tous les aspects de notre existence. Plus les individus et les sociétés se sentent sur le point d'être infectés par des corps étrangers, plus ils se renferment ou sont confinés dans leurs limites protectrices, qu'il s'agisse des murs de nos appartements ou des frontières de nos États. À une issue immunitaire et finalement destructrice, peut-on imaginer une alternative fondée sur une nouvelle conception de la communauté ?

  • Les communautés politiques contemporaines s'avèrent désormais de plus en plus renfermées sur elles-mêmes : la centralité de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme dans les programmes de gouvernement, la question sanitaire des vaccins, les manipulations biotechnologiques du corps humain ainsi que les guerres préventives témoignent d'un souci général et presque obsessionnel de l'auto-immunisation. Dans cet essai de philosophie politique Roberto Esposito remonte aux origines théoriques et historiques d'une idée d'État « immunitaire », c'est-à-dire d'une communauté qu'il fallait protéger contre toute agression ou ennemi extérieur, jusqu'au paradoxe effrayant des médecins des camps nazis qui produisaient la mort. Il faut donc éviter que celles qu'on appelle les « biopolitiques » deviennent plutôt des « thanatopolitiques », terme qu'Esposito forge pour décrire des systèmes d'immunisation qui se retournent contre les populations. En réfutant ce paradigme immunitaire, Esposito reconduit le terme « communauté » à sa racine étymologique latine de «munus», c'est-à-dire de don à l'autre : un environnement où l'instabilité, l'ouverture et l'exposition permanente à autrui sont des éléments constitutifs, à gérer par une approche politique nouvelle et non mortifère.

  • Dans Les personnes et les choses Roberto Esposito questionne les enjeux de la financiarisation, de la biogénétique, du capitalisme, de l'écologie politique, et nous invite ainsi à repenser radicalement notre relation avec les choses. Si la notion de personne en tant que figure philosophico-juridique a constitué le dispositif à travers lequel la pensée occidentale a cherché à séparer le propre et l'impropre, le corps et l'esprit, ce dispositif a aussi progressivement mené à une division nette entre la personne et la chose. Les choses ont été réduites non seulement à des objets ou à des instruments, mais aussi à des marchandises disponibles à la consommation. Au processus de déréalisation des choses correspond celui dépersonnalisation des personnes, et c'est dans cette division historique qu'apparaît la catégorie des non-personnes, de ceux qui n'ont pas pleinement droit à la légitimité juridique de la personne. Esposito, après un examen historique et philosophique de l'origine et des conséquences de cette division, concentre sa réflexion sur le corps qui, n'étant ni une personne, ni une chose, a généralement été ignoré par la loi. Le corps, souligne l'auteur, occupe une position au coeur même de la politique, en tant qu'objet d'exploitation, et en même temps, lieu de résistance.

  • L'actuelle aphasie du langage politique, son incapacité à représenter la réalité, ne naît pas simplement des changements qui ont caractérisé le siècle.
    Elle vient d'une difficulté qui investit la catégorie même de " représentation ", aussi bien au sens, théologico-politique, de la représentation-image du Bien par le pouvoir, qu'au sens, moderne, de la représentation-délégation du plus grand nombre par une instance souveraine unique. Aussi la perspective " impolitique " n'est-elle pas une attitude apolitique ou antipolitique. L'impolitique est le politique considéré depuis sa frontière extérieure.
    Il est sa détermination, au sens où il en définit les " termes " - les mots et les confins. Selon cette acceptation, tout le grand réalisme politique, c'est-à-dire la pensée non théologique sur la politique, aura donc été impolitique.

  • Demander son chemin, acheter un billet de train, conquérir un coeur, partager ses opinions, pratiquer un sport...
    Vivez l'aventure en version originale!
    Inclus un mini-dictionnaire bilingue.

  • Demander son chemin, acheter un billet de train, conquérir un coeur, partager ses opinions, pratiquer un sport... vivez l'aventure en version originale !Pour ne pas garder sa langue dans sa poche !Ce guide de conversation vous permet d'acquérir les bases grammaticales et phonétiques indispensables pour vous faire comprendre. Vous y trouverez le vocabulaire essentiel pour communiquer en toutes circonstances.

empty