Langue française

  • Dans la crise de civilisation où nous sommes entrés, les figures du héros et du saint semblent faire l'objet d'une nouvelle attente. Si la philosophie commence avec l'étonnement, il y a là matière à méditer. De fait, héroïsme et sainteté sont des besoins collectifs et personnels - mais pourquoi ? Quelle est la réalité de ces deux conduites ? En quoi se séparent-elles et en quoi fusionnent-elles ? Pourquoi ont-elles été à ce point dévaluées ? Ces êtres d'exception n'ont rien à voir avec le surhomme ou le transhumain. Ils ne constituent pas des fuites hors de l'humanité. Ils nous rappellent ce que nous sommes - autre chose que des animaux et des machines - et nous appellent à vivre en conséquence. Ils sont paradoxalement les gardiens de notre finitude.

  • Notre temps n'est-il pas celui d'une éclipse de la mort ?
    Nous vivons (dans les discours, pas dans la biologie) une éclipse de la mort. C'est une éclipse dans le langage (où « partir » a remplacé « mourir ») et une éclipse citoyenne (la mort a été évacuée de la cité).
    Le transhumanisme est la traduction idéologique de cette éclipse. La Toussaint, journée austère de pensée de la mort, qui est un appel à l'accepter et à la dépasser, s'efface dans nos sociétés derrière la festive Halloween qui nie la mort sans la surmonter.
    D'où la question, qui peut paraître désagréable : pourquoi devons-nous nous réjouir d'avoir à mourir? Nous réjouir de nos bornes et de notre finitude ?
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  • la démocratie contemporaine, doxocratie, et même biodoxocratie, voit surgir un phénomène : ce qui est privé à chaque homme (son intime et sa santé) devient l'objet de la politique publique.


  • "La destruction de l'École peut se dire en quelques mots : notre École est devenue une École-méduse, une École gélatineuse, aux professeurs et instituteurs changés en animateurs socio-culturels et gentils organisateurs du vivre-ensemble, bref en urgentistes du libéralisme. Quel est le sens de ce désastre ?

    Il est un lieu commun de dire que la crise de l'École indexe une crise de la société. Mais il faut prendre au sérieux le propos de Péguy, qui se montre plus profond que les travaux des sociologues et les réflexions des journalistes, en la comprenant comme une crise de vie. C'est moins la société qui est en crise, que la vie. Nous traversons une crise de la vie humaine, une crise de l'homme. Non de la vie sociale, non de la vie biologique, qui à leur façon passent par une crise aussi, mais de la vie en tant que vie humaine. Autrement dit : c'est l'homme, dans l'humanité de sa vie, qui est en question dans la triple crise épinglée par ce livre, crise de l'enseignement, crise de l'École, crise de l'éducation. C'est parce qu'on ne sait plus ce qu'est un homme, ce qu'est la vie humaine, ni non plus ce qu'est la mort humaine, qu'on ne sait plus ce qu'est l'École, ce qu'est l'éducation."

  • Bienheureuse vieillesse

    Robert Redeker

    • Rocher
    • 1 October 2015

    Vous prenez de l'âge ? Réjouissez-vous ! Vous abordez les rives d'une grande et belle aventure. Celle d'une humanité vraie. Bienheureuse est la vieillesse ! Prenant à contrepied bien des idées reçues, Robert Redeker remet à l'honneur - et en pleine lumière - ce moment de la vie qui suscite de nos jours tant de crainte et de refoulement. Quel peut être, dans ces conditions, l'avenir de la vieillesse ? Faut-il singer, dans son apparence physique, ses vêtements ou ses choix de vie, le jeunisme ambiant pour rester vivant ? Il faut savoir accepter la vieillesse pour l'assumer et la vivre, répond le philosophe dans un livre puissant et prophétique.
    Bien comprise, la vieillesse est résistance non d'un passé mort et idéalisé mais de la vie qui vient du fond des temps. Elle assure le maintien dans l'être des racines que la société travaille à détruire, dont elle ne veut plus entendre parler. Il faut sauver la vieillesse de l'élimination : car sans elle, c'est notre civilisation qui risque de s'éteindre. Et si la vieillesse était l'avenir et le salut du monde ?

  • Mourir pour la France, faire la guerre, tomber au champ d'honneur... Les jeunes générations y songent-elles encore ? L'auteur nous invite à explorer le gouffre d'incompréhension qui sépare le soldat de la société civile actuelle à travers un arrière-plan philosophique et historique et en s'attachant à cerner l'essence de la guerre.

    Sur commande
  • Gangrené par les pratiques maffieuses et le dopage, soumis aux exigences du spectacle télévisuel permanent, le sport emprisonne la vie dans un totalitarisme nouveau, barbarie douce appauvrissant l'intelligence de milliards d'hommes.
    Prospérant sur la mort de la culture, le sport modélise un spécimen d'homme que le capitalisme, à la faveur de la mondialisation technomarchande, veut voir proliférer : l'humain dépolitisé. Le supporteur s'est substitué au citoyen tandis que les nations et les peuples cèdent le pas aux meutes sportives. Laboratoire hyperscientifique où se confectionne l'homme de demain, le sport s'est abîmé en un violent catéchisme futuriste, hymne tapageur au clonage planétaire des grandes marques, des médias et des individus.

  • Notre époque est marquée par un bouleversement radical qui affecte l'être profond de notre pays et, au-delà de lui, de notre aire de civilisation.
    Jamais sans doute dans leur histoire il n'y eut de changement aussi profond, rapide et lourd de conséquences que celui que nous connaissons actuellement, que ce soit sur le plan démographique, le cadre institutionnel et politique, la civilité ou les valeurs culturelles.
    Or ce qui advient, malgré ou sans doute plutôt à cause de son importance inouïe, est tantôt soigneusement gommé, voilé, nié, puis, brusquement, présenté comme nécessaire, souhaitable et inévitable par un complexe médiatico-politique qui n'a jamais été aussi monolithique, omniprésent, pesant et exclusivement tourné vers la justification idéologique.

    Dans ce contexte, la seule voie qui reste à la différence, à la raison, à la liberté de dire non ou au moins de demander pourquoi ? est celle de la dissidence et chaque voix dissidente est précieuse.
    Les cahiers de l'in-nocence sont une de ces voix rares, ténues, rendues presque inaudibles par le silence, quand elles ne sont pas clouées au pilori de l'infamie.

    Renaud Camus, écrivain, est président du parti de l'In-nocence. Il vient de publier Décivilisation (Fayard) et Le Grand Remplacement (David Reinharc).

    Emmanuel Carrère est écrivain. Il a publié récemment D'autres vies que la mienne (P.O.L.) et Limonov (P.O.L., prix Renaudot).
    Michel Francesconi est écrivain. Il a notamment publié le roman La vitesse à laquelle nous oublions est stupéfiante (Éditions Ad libris).
    Richard Millet est écrivain, membre du comité de lecture des Éditions Gallimard.
    Il a publié récemment Arguments d'un désespoir contemporain (Hermann) et Fatigue du sens (Pierre-Guillaume de Roux).
    Xavier Raufer, criminologue réputé, enseignant en France et en Chine, conseiller de diverses instances nationales et internationales, directeur de collection est l'auteur de nombreux ouvrages, dont le dernier, Quelles guerres après Oussama ben Laden ?, vient de paraître chez Plon.
    Robert Redeker est philosophe. Il a publié récemment Yes we can (slogan électoral) (Pleins Feux) et Egobody. La fabrique de l'homme nouveau (Fayard).

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