Rocher

  • De plus en plus de football. De plus en plus, jusqu'à la nausée. De plus en plus, comme à l'infini : notre temps disponible, notre temps hors travail, hors obligation sociale, saturé, occupé par le spectacle du football. Est-il une évasion, cependant, ce spectacle ? Une escapade, comme l'est le théâtre classique ou l'opéra, hors du monde de la quotidienneté plus ou moins aliénée, plus ou moins inauthentique ? L'invasion permet-elle l'évasion ? Souvenons-nous d'un propos de Paul Valéry : « la vie moderne (...) remplace l'imagination par les images ». Aujourd'hui, le meurtre est accompli. Le monde est rempli d'images de football. Les coeurs et les cerveaux, les espoirs et les passions, les esprits et les âmes, le sont également. Le football a installé sa demeure au centre de la vie moderne. Faites-nous rêver, demande-t-on souvent à une équipe de football ! Dès que nous posons la question du contenu de ce rêve, la consternation nous saisit. À quoi pourriez-vous nous faire rêver, vous les joueurs ? Vous les équipes ? Tenter de répondre à cette question provoque un malaise : le rêve que le football serait censé offrir est sans contenu. Vide. À quoi servent-elles, ces images ? Où conduisent-elles ?
    Agrégé de Philosophie, Robert Redeker est l'auteur de nombreux livres. Il collabore également à plusieurs revues et journaux. Il a publié dernièrement Le soldat impossible (Pierre-Guillaume de Roux, 2014), Bienheureuse vieillesse (Le Rocher, 2015) , L'école fantôme (Desclée de Brouwer, 2016) et L'éclipse de la mort (Desclée de Brouwer, 2017). Il s'emploie également à la photographie et à la critique littéraire.

  • Bienheureuse vieillesse

    Robert Redeker

    • Rocher
    • 1 October 2015

    Vous prenez de l'âge ? Réjouissez-vous ! Vous abordez les rives d'une grande et belle aventure. Celle d'une humanité vraie. Bienheureuse est la vieillesse ! Prenant à contrepied bien des idées reçues, Robert Redeker remet à l'honneur - et en pleine lumière - ce moment de la vie qui suscite de nos jours tant de crainte et de refoulement. Quel peut être, dans ces conditions, l'avenir de la vieillesse ? Faut-il singer, dans son apparence physique, ses vêtements ou ses choix de vie, le jeunisme ambiant pour rester vivant ? Il faut savoir accepter la vieillesse pour l'assumer et la vivre, répond le philosophe dans un livre puissant et prophétique.
    Bien comprise, la vieillesse est résistance non d'un passé mort et idéalisé mais de la vie qui vient du fond des temps. Elle assure le maintien dans l'être des racines que la société travaille à détruire, dont elle ne veut plus entendre parler. Il faut sauver la vieillesse de l'élimination : car sans elle, c'est notre civilisation qui risque de s'éteindre. Et si la vieillesse était l'avenir et le salut du monde ?

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