Richard Brautigan

  • " J'ai examiné des petits bouts de mon enfance.
    Ce sont des morceaux d'une vie lointaine qui n'ont ni forme ni sens. Des choses qui se sont produites comme des poussières. " Quand ce recueil a paru aux États-Unis, Brautigan avait à peine plus de trente-cinq ans, parvenu " à mi-chemin ", au lieu et temps des bilans, peut-être, et des nostalgies. Aucun autre livre de Brautigan n'est aussi chargé du lyrisme des souvenirs d'enfance, ni aussi marqué de cette sereine fraîcheur, exempte de toute complaisance, dont il est toujours tant loué.
    Ces soixante-deux courts textes, qu'on hésite à appeler nouvelles, sont autant de petites victoires sur les ruses du sort et du temps, et sur soi-même, une succession d'instants privilégiés où l'étrange impassibilité du conteur réalise l'alliance tranquille du malheur et de la blague, jusqu'à ce que telle révélation finale, en forme d'envoi, dissipe l'apparente légèreté du rien, une manière de réconciliation, enfin, avec ses propres amertumes, avec une société américaine en échec, avec l'absurde et le dérisoire de l'univers.
    M. -C. A. , 1984.

  • 1955 : Richard Brautigan, alors âgé de 21 ans, s'apprête à quitter l'Oregon pour San Francisco. Avant de partir, il dépose une liasse de feuilles à la mère de son premier flirt et lui dit : « Quand je serai riche et célèbre, Edna, ce sera ta sécurité sociale. » Un alchimiste du verbe est né. En 1992, Edna Webster montre le manuscrit à un libraire, qui n'en croit pas ses yeux.

  • "Faut bien le reconnaître, ce livre m'a énervé. Moi aussi, j'ai fait des polars : j'ai encore la série complète sur mon étagère ; je les donne presque tous pour avoir pondu les aventures du type qui se retrouve un matin dans un cimetière de San Francisco avec quatre noirs pleins de rasoirs autour de lui, une mère grondeuse qui l'accuse d'avoir tué son père à l'âge de quatre ans avec une balle en caoutchouc, qui possède en prime un cadavre dans le réfrigérateur et, dans la tête, suspendus, tous les jardins de Babylone, là même où Smith Smith, le plus grand joueur de base-ball de tous les temps, se bagarre contre les ombres-robots et les cristaux à mercure.
    Big Brautigan" Claude Klotz, 1981.

  • lee mellon est formel : son grand-père auguste était un fabuleux général, un extraordinaire guerrier ! seulement, le narrateur a beau vérifier dans des ouvrages historiques, il ne trouve aucune trace de cet aïeul.
    mais ça ne fait rien, ils établiront tout de même leurs troupes à big sur ! richard brautigan se nourrit ici du mythe de la belliqueuse amérique qu'il renverse et implose joyeusement. " pas de morale, pas de philosophie, pas de
    politique (agressivement présente) dans ce déferlement d'aventures où l'amour de l'amérique n'a pour limite que la critique de l'amérique. " pierre doumergues, le monde

  • mémoires sauvés du vent, poussières d'amérique : c'est le petit poème qui ponctue la remontée dans le temps du
    narrateur de ce livre.
    il a douze, treize ans à l'époque, il porte des tennis " fondues " à ses pieds et pêche de charmantes truites au bord d'un étang, fréquenté par des gens bizarres... et l'on découvre petit à petit, au fil d'un texte dont le lyrisme est aussi délicat que minimal, la puissance tragique d'un souvenir, grain par grain, comme une " poussière d'amérique " que balaie en douceur richard brautigan. " découvrir sur une table de librairie un livre de brautigan qu'on n'a pas lu, quand on aime
    brautigan (et quand on aime brautigan, ce n'est jamais vaguement), c'est toujours du grand amour.
    " philippe jaenada

  • Le narrateur décide de s'installer à Big-Sur avec son ami Lee Mellon, qui se croit le descendant d'un général de la guerre de Sécession. Au bord du Pacifique, ils investissent une cabane, construite par trois hommes ivres, où l'on ne peut se déplacer sans se cogner au plafond, et dont les nuits sont peuplées par le coassement incessant des grenouilles. Au fil de multiples anecdotes plus fantaisistes les unes que les autres, on suit la trajectoire de ces deux hommes : leur rencontre avec Elisabeth et Elaine - qui aura l'idée d'acheter des alligators pour les débarrasser des grenouilles - avec qui ils vivront respectivement l'amour fou ;
    L'apparition de Johnston Wade, un milliardaire déséquilibré qu'ils surnomment Roy Earle (« le personnage de Humphrey Bogart dans High Sierra »), que sa famille menace d'interner... Les aventures de ces héros n'en finissent jamais, puisque quand bien même Brautigan tente d'écrire une fin, une deuxième vient s'y ajouter, puis une troisième...
    Ces premiers écrits de Brautigan, rêveries poétiques à l'humour léger et singulier, sont peuplés de truites et de jeunes filles en robes à fleurs. Ils s'inscrivent dans l'art de la digression autant que dans la tradition du retour à la nature chère à la génération Woodstock.
    Ces trois romans ont en commun l'omniprésence de l'absurde et du non-sens, se rapprochant en cela des surréalistes, et l'art de la subversion, de la marginalité, de la parodie et du nomadisme, à l'image du mouvement beatnik.

  • La suite des rééditions de l'oeuvre de Richard Brautigan.

    Le Monstre des Hawkline, western gothique, met en scène deux tueurs professionnels, Greer et Cameron, engagés par deux soeurs jumelles pour exterminer le monstre responsable de la disparition de leur père, un étrange savant chimiste.
    Dans Willard et ses trophées de bowling, les frères Logan, trois sportifs médiocres, dépourvus d'intelligence, se mettent en tête de ratisser les États-Unis afin de récupérer les trophées qu'on leur a subtilisés.
    Tokyo-Montana Express fait la navette entre le Montana, où Richard Brautigan vivait une grande partie de l'année, et le Japon, dont il était tombé amoureux au cours d'un voyage. À bord de ce train fantôme, se trouvent des restaurants où toutes les serveuses, choisies par le patron, se ressemblent comme des sosies, et d'autres où personne ne vient, un taxi plein de carpes, des chiens errants, la plus petite tempête de neige jamais recensée et le plus grand film érotique du monde.

  • L'édition bilingue tant attendue des oeuvres poétiques complètes de Richard Brautigan, avec de nombreux inédits. L'ouvrage présente notamment tous les recueils publiés par Brautigan, depuis ses poèmes de jeunesse aux publications plus tardives.

  • Retombées de sombrero est publié en 1980 aux États-Unis. Une partie de ce roman se déroule dans la corbeille à papier d'un « humoriste américain » après qu'il y a jeté le début d'une histoire ratée. Cette histoire se poursuit indépendamment de sa volonté, à San Francisco, secouée par des émeutes à cause de la chute d'un sombrero, inexplicablement venu du ciel. L'autre partie se concentre sur l'humoriste, en proie au désespoir depuis que Yukiko, son amie japonaise, l'a quitté. Ces deux parties sont réunies en un entrelacs de séquences brèves, l'action est morcelée en plusieurs points qui s'imbriquent tandis que le dénouement approche.
    Un privé à Babylone parait l'année suivante. Il met en scène Crade, narrateur rêveur qui s'embarque régulièrement, en pensées, pour Babylone : là, il devient le détective le plus célèbre de la ville. Mais dans le San Francisco de 1942, où il vit réellement, Crade est un privé inoccupé que sa mère considère responsable de la mort de son père, que sa secrétaire a abandonné et qui se retrouve mêlé à une sombre histoire de vol de cadavre.
    Comme dans ses précédents romans, Richard Brautigan dépasse la barrière des genres, il détourne les symboles. La concision de ses descriptions véhicule à la perfection ses perceptions d'un comique extraordinaire et ses dialogues sont d'une exactitude surnaturelle.

  • Modern fictionNew edition.

    Grand format N.C.
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  • " Que veux-tu que je te dise ? Rien ne m'a plus touché que ton travail, si peu maniéré et si exact dans son insistante nudité.
    Tout le contraire d'une juxtaposition de paroles : bel et bien un LIVRE. Un long poème qui offre sa générosité par fragments, sous la forme légendaire, peut-être inconsciente, du périple. Il y est question du courage et de la solitude majestueuse nécessaires pour s'embarquer vers ces terres étranges : à la fois le Japon et la vraie nature du poète, ce lieu où plus rien ne nous empêche d'avouer et de tout louer.
    J'aime ce livre car c'est une chanson vraie qui n'annonce aucune lumière au-delà de sa brillance propre. Mais ce que l'on y trouve surtout, c'est cette pureté vers laquelle, en cette drôle de dérive, nous croyons maintenir le cap. " Jim HARRISON

  • "Ni comique ni poète et les deux à la fois, Richard Brautigan s'échappe toujours au moment où on le trouve, il travaille dans le flou, une brume de hash flotte dans sa tête, rien à voir ici avec les drogues dures, les hallucinogènes, les délires en technicolor, les visions-panavisions. Nulle frénésie, nul deséspoir, chez lui Marijuana s'appelle Marjolaine ; une gentillesse tempérée et tâtonnante habite l'âme naïve de ce badaud clampinant sur le rebord du nouveau monde. Une belle balade à faire ne sa compagnie si vous aimez bâiller en regardant les nuages, vous y trouverez de l'air marin, des endrotis déserts, des cimetières de Caillac et une humanité candide venue vivre et mourir sans histoires, directement sous le ciel du Pacifique." Claude Klotz, 1977.

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