Langue française

  • «Je suis né, j'ai grandi et j'ai été éduqué au coeur du pouvoir marocain. Et nous avons été, les miens et moi, les intimes d'Hassan II et de sa famille. Le 16 août 1972, mon père, le général Mohamed Oufkir, tenta par un coup d'Etat de déposer le monarque. Il échoua et fut assassiné au palais de Skhirat en présence du souverain. Hassan II, qui naguère se comportait avec nous comme un père, devint alors notre impitoyable bourreau et nous fit disparaître, sans procès ni jugement, dans ses prisons les plus secrètes. Notre calvaire dura près de vingt ans dans des conditions moyenâgeuses.
    Le plus jeune d'entre nous, au moment de notre déportation, n'a que trois ans et la plus âgée dix-neuf. Durant deux décennies, nous avons été persécutés de toutes les façons possibles parce que nous étions les enfants d'Oufkir.
    De quinze à trente-quatre ans, j'ai connu l'enfermement, dont dix années dans l'isolement absolu. Pour échapper à la démence, dans la solitude la plus complète, je me suis accroché à mon identité que l'on voulait tuer. Et j'ai entretenu vivante ma mémoire en revisitant minutieusement la moindre étape de ma vie passée, notamment les révolutions de palais, les deux tentatives de putsch ainsi que les méandres de l'autocratie corrompue qui a entraîné la chute des miens.
    Dans ce livre, je raconte ce qu'enfant puis adolescent j'ai vu et entendu dans l'antre du pouvoir absolu. Mais je refais aussi le singulier chemin qui mène des marches d'un trône aux affres de ses oubliettes, de la frivolité à la découverte de soi. Car si ces dix-neuf années de souffrance furent terribles, elles se révélèrent pleines d'enseignement.
    Leurs étapes effrayantes, exceptionnelles de dureté comme d'émotion, ont forgé davantage que les dorures de mon enfance l'homme qu'aujourd'hui je suis. Cette mise à mort a été une leçon de vie dont j'ai tiré la conviction que l'espérance est la dernière chose que l'on doit perdre. Si ce témoignage peut apporter à ceux qui traversent une situation difficile un peu de réconfort ou l'envie de lutter, alors le sens et le but de cet ouvrage ne seront pas trahis.»

  • Citadelle de Baghaïa, Berbèrie, VIIe siècle.
    Le roi Tabet consomme son désespoir quand, au même instant, le fils du roi Amnaï, le prince Koceïla, voit le jour. Le royaume juif de l'Est et le royaume chrétien de l'Ouest ne forment alors qu'un seul peuple, luttant contre les premières invasions arabo-musulmanes. Mais surmonteront-ils les coups du sort ? Et, cette fois, la roue va-t-elle tourner? Dans ce roman, Raouf Oufkir conte la jeunesse de Koceïla et Dihya - dite la Kahena -, jeunes seigneurs de la Berbèrie.
    Une histoire vraie ouvrant au lecteur les portes de forteresses vertigineuses, lui faisant découvrir les magnificences byzantines de l'antique et légendaire Carthage comme les somptueux palais du Caire, de Damas et d'Alexandrie. Avec panache et flamboyance, il dévoile les ambitions et les guerres de souverains bercés par des illusions de grandeur mais prêts à toutes les intrigues pour une victoire, une part de terre, de gloire, ou, parfois, la liberté.

  • VIIe siècle.
    Alors qu'elle a repoussé avec habileté les invasions arabo-musulmanes, Dihya pleure Koceïla, le roi des Berbères chrétiens, l'homme de sa vie mort les armes à la main. Devenue reine du royaume berbère juif, celle que l'on appelle la Kahena doit affronter la fronde des grands, reprendre le combat pour l'indépendance de son peuple, contenir les ambitions hégémoniques du califat de Damas. Dans cette guerre de chaque instant, elle peut compter sur les amazones de la cité d'Adassam, sur l'intrépide général Kardassal comme sur le prince des voleurs Takfa.
    Sans oublier d'étranges espions, un cercle d'amis d'enfance indéfectibles, la sulfureuse princesse Nara, le sage rabbi Rafi et Astanabal, son chambellan. Autant de figures fortes faisant bloc autour de cette souveraine au destin légendaire que les complots ne ménagent pas, convaincues qu'elle seule parviendra à sauver une Berbèrie en proie aux menaces. Trahisons, intrigues, passions et plaies non refermées, l'avenir d'une culture et d'une vision différente du monde sont en jeu.
    Mais la liberté triomphera-t-elle ?

  • Les individus ayant voulu me mettre à mort au Maroc à cause de mon nom m'ont, en fait, permis de bénéficier d'une leçon de vie : j'ai tiré de ces vingt ans de calvaire dans les geôles d'Hassan II la conclusion que l'espérance est la dernière des choses à perdre. Et j'en ai déduit qu'autant la haine avilit, autant le pardon élève, anoblit. Si je souhaite à travers cet ouvrage expliquer pourquoi l'intégrisme islamiste radical nous « menace », c'est précisément parce que j'ai vécu la haine et ses ignominies ; vu les dangers et la cruauté qu'engendre l'intolérance ; subi le poison que distillent les préjugés, ainsi que les méfaits du sectarisme, ce rejet aveugle ? systématique ? de l'autre. Fort de cette persécution passée, convaincu que la laïcité reste le socle de tout édifice démocratique, persuadé que toute idéologie, dérive ou projet visant à assassiner les libertés doit être combattu, j'écris ce livre pour crier que : « Tout comme les ténèbres n'auront jamais raison de la lumière, l'obscurantisme ne pourra jamais engloutir ni enterrer l'humanisme. » Ce livre est un appel à la tolérance, à l'espoir.

    Création Studio Flammarion Raouf Oufkir © Philippe Matsas / Opale / Flammarion

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  • En 1972, le général Oufkir organise un coup d'État contre le roi
    Hassan II du Maroc, pour mettre fin à un régime de terreur et de
    corruption. Des proches du roi et la gauche marocaine y prennent
    part... C'est un échec. Le général est aussitôt assassiné et la fronde
    est matée. Pour la famille Oufkir, le cauchemar commence.
    Déportés, emprisonnés dans des conditions à peine imaginables,
    la femme et les enfants du général passeront vingt ans au secret,
    dans des geôles «spéciales», où aucune torture morale ou corporelle
    ne leur sera épargnée. Raouf, l'aîné des enfants, passera dix
    années dans l'isolement le plus complet, séparé de sa famille, privé
    de lumière et de tout contact humain.
    Voici un témoignage parfaitement documenté sur l'histoire et le
    fonctionnement du régime marocain, mais aussi le récit d'une
    expérience humaine, où les limites du courage sont sans cesse
    repoussées par l'espoir et l'amour.


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