Randa Kassis

  • Le présent essai est le fruit de mon expérience de terrain en tant que femme politique syrienne impliquée au premier plan dans la transition politique dans mon pays. Son objectif est de fournir au lecteur occidental un panorama de la situation géopolitique des grands pays de cette région stratégique, six ans après le début des révoltes dites du Printemps arabe. Celles-ci ont d'ailleurs vite tourné à "l'hiver islamiste", avec la percée de l'islamisme radical sunnite, tant dans sa version soft incarnée par les Frères musulmans victorieux de plusieurs élections démocratiques, que dans celle du terrorisme apocalyptique du califat incarné entre autres par Daesh qui n'est que la face émergée du totalitarisme vert.
    Les nouveaux rapports de force instaurés en Syrie depuis l'intervention militaire russe en septembre 2015 et la victoire face aux djihadistes ont créé les conditions pour enclencher la phase politique du règlement du conflit syrien. Cela prendra forme notamment dans le cadre du sommet de Sotchi, organisé par la Russie avec ses partenaires turcs et iraniens et dont le but sera de réunir autour d'une table tous les protagonistes du conflit.
    Pendant toute l'année 2017, la "plateforme d'Astana" que je préside a travaillé à l'élaboration du projet d'une Constitution destinée à organiser les nouveaux rapports de force intercommunautaires et la forme du futur régime sur des bases de garanties mutuelles.

  • Cent ans après les accords Sykes-Picot, les jihadistes de l'Etat islamique («Da'ech») ont fait sauter les frontères tracées artificiellement au début du siècle dernier par la France et la Grande-Bretagne au Moyen-Orient. En Syrie comme en Irak, Da'ech a réussi à tenir en échec des Etats constitués et leurs armées, instaurant le chaos et la terreur dans la région. Il aura pourtant fallu deux ans à la communauté internationale, jadis occupée à dénoncer le seul régime syrien de Bachar al-Assad et ses alliés (Russie, Iran), pour prendre enfin la mesure de la menace islamiste.

    Les auteurs de cet essai démontrent que le chaos syrien est devenu l'épicentre d'un conflit désormais globalisé qui oppose à la fois les musulmans sunnites aux chiites, et le nationalisme arabe à une utopie califale aux ambitions planétaires.

    Loin du géopolitiquement correct et refusant de tomber dans le piège du manichéisme, ils proposent une analyse historique et sociétale du chaos syrien tout en explorant des pistes de sortie de crise fondées sur le pragmatisme et le dialogue politique, seules voies susceptibles de permettre la réconciliation nationale, la protection des minorite´s et la lutte contre le «totalitarisme vert».

  • Avec les attentats de Paris et Bruxelles, Da'ech a voulu sidérer les citoyens européens en montrant, par l'assassinat aveugle que tout « mécréant » doit avoir peur des combattants d'Allah. Pour les jihadistes, l'Europe n'est plus seulement une base-arrière, elle est devenue un théâtre d'opération majeur dans un conflit désormais globalisé et dont le chaos syrien et moyen-oriental est l'épicentre.
    Il aura hélas fallu attendre ces effroyables attentats puis la mise en oeuvre de la stratégie de Vladimir Poutine en Syrie pour que les gouvernements occidentaux, jadis occupés à dénoncer le seul régime syrien et ses alliés, commencent à renouer avec le réalisme géopolitique.
    Mais l'Occident continue de considérer comme représentants légitimes de l'opposition syrienne des islamistes aussi fanatiques que Jaysh al-islam, ce qui en dit long sur l'alignement des Occidentaux sur leurs étranges alliés du Golfe et d'Ankara.
    Selon les auteurs, cet alignement explique en partie l'incroyable prolifération des cellules jihadistes en Europe, face immergée d'un iceberg islamiste qui ronge les démocraties de l'intérieur.
    Loin du géopolitiquement correct, les auteurs proposent une mise en perspective historique des révolutions arabes et du chaos syrien ainsi qu'une réflexion sur les principes de la realpolitik.

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